Un hommage à Joseph Bernard Hill

Pour honorer la Journée nationale des peuples autochtones le 21 Juin, nous partageons les mots d’un de nos anciens participants du Prix Vimy Beaverbrook, Andrew Yin de l’Ontario.

En faisant des recherches en prévision de la remise du Prix Vimy Beaverbrook 2017, je me suis informé au sujet de Joseph Bernard Hill, un membre de Première Nation qui a combattu pendant la Première Guerre mondiale et qui a été tué en septembre 1918. En août 2016, pendant l’exécution du programme en France, j’ai visité le cimetière de l’Ontario, où Joseph a été enterré, afin de commémorer sa vie. Ce fut une expérience puissante qui a eu un effet durable sur moi. Je souhaite faire part de mes sentiments, en hommage à Joseph Bernard Hill.

2016. Je me tiens debout devant vous. Après que j’ai trouvé votre nom par hasard, un parcours historique de toute votre vie a débuté.

1914. Septembre. L’atmosphère était de plus en plus tendue, car le Canada était forcé d’entrer en guerre. Cependant, il y avait aussi un sentiment de patriotisme. Vous, en tant qu’homme membre d’une Première Nation, étiez préparé et prêt à combattre pour votre pays.

1915. Mars. Vous aviez 19 ans, n’étiez pas beaucoup plus âgé que je le suis aujourd’hui. On vous a enfin permis de vous enrôler dans l’armée, avec le numéro de service 89648. Loin de votre patrie, vous avez pris la mer avec des milliers d’hommes et traversé l’Atlantique, à destination d’une terre étrangère.

1918. Le 30 septembre. Trois ans et demi après votre enrôlement. L’armistice était sur le point d’être déclaré, mais c’était un mois trop tard. Dans le nord de la France, vous faisiez partie d’un groupe courageux de Canadiens qui avançaient lentement malgré les tirs intenses. Malheureusement, ce jour fatidique, vous avez été atteint par une balle.

1918, 22 ans. Vous êtes devenu un des 60 000 Canadiens, y compris 300 Autochtones, dont la vie a été à jamais perdue loin de la patrie. Toutefois, par votre sacrifice, vous avez prouvé au reste du Canada qu’en tant que membre d’une Première Nation, vous vous souciiez profondément de votre pays. Vous avez aidé le Canada à faire un petit pas vers l’avant. Votre nom, à jamais gravé sur une pierre tombale dans le nord de la France, témoigne de votre détermination et de votre persévérance, et inspire discrètement, mais avec puissance, la génération qui suit la vôtre. Vous avez eu un impact durable sur votre collectivité.

2016. Joseph, vos contributions n’ont pas été oubliées. J’ai suivi le parcours de votre vie, qui raconte une histoire de courage et de caractère. Maintenant, cette histoire a une signification plus profonde pour moi. Inspiré par vous, je sais que je n’abandonnerai jamais sur la route qui me mènera vers mes objectifs à atteindre, quel que soit le degré de difficulté. Je continuerai de me battre aussi longtemps que possible.

Votre sacrifice est une leçon que nous nous devons de respecter. Vous vous étiez enrôlé au cours d’une période de discrimination endémique à l’égard de votre peuple, mais vous avez prouvé que ces comportements discriminatoires étaient injustifiés. Le respect à l’endroit des Canadiens autochtones est attendu depuis longtemps.

Enfin, à cause de vous, je me suis demandé ce que je peux faire pour faire du Canada un meilleur endroit. Je fais partie d’une jeune génération dont les actions détermineront ce que sera le Canada de demain. Joseph, vos actions nobles m’inspirent et me poussent à me consacrer davantage à apporter des changements positifs au sein de ma collectivité.

Joseph Bernard Hill, un nom qui est gravé dans mon cœur. Aujourd’hui, je suis ici pour apprécier et respecter la vie que vous avez sacrifiée. Je suis ici pour vous remercier de m’avoir inspiré à partager le flambeau du souvenir.

En novembre 2016, j’ai visité les Mohawks de la baie de Quinte, où Joseph habitait, et j’ai fait don d’un estampage de la pierre tombale de Joseph, rapportant une partie de lui à la maison. À la suite de mon périple en prévision de la remise du Prix Vimy Beaverbrook, j’ai été stimulé par la flamme du souvenir, dans l’espoir de contribuer à la création d’un Canada meilleur pour tous.

(Lisez un article sur la visite d’Andrew au conseil – en anglais.)

Joseph Bernard Hill, né le 26 novembre 1895, fils de Joseph et de Bernadetta Hill, de Deseronto (Ontario). Il a reçu la Médaille militaire pour bravoure au champ en juillet 1917, qui portait la citation suivante : « Pour actes insignes de bravoure et dévouement au devoir à FARBUS le 3 mai 1917. Ce sous-officier, responsable des poseurs de lignes, a continué de patrouiller les lignes malgré les tirs d’obus intenses de l’ennemi. Non seulement il a supervisé la réparation des lignes, mais il a aussi transmis les messages de la brigade aux autres batteries dont les lignes étaient hors d’usage. Les lignes étaient constamment brisées, mais les communications n’ont jamais été perdues pendant plus de quelques minutes à la fois. Le cpl HILL, par sa splendide démonstration de courage et de sang­froid sous les tirs d’obus intenses, a donné un exemple magnifique aux hommes qui étaient sous ses ordres. » Tué le 30 septembre 1918.

Vous pouvez accéder a son dossier de service ici, grace à Bibliothèque et Archives Canada.