Bataille de Cambrai
Une action centenaire

En ce jour en 1917, le Royal Newfoundland Regiment et la Brigade de cavalerie canadienne prennent part au lancement de l’importante offensive du Commonwealth à Cambrai. Nommée « La grande expérience », l’attaque renonce au bombardement d’artillerie typique et s’appuie plutôt sur de l’arpentage avancé et sur la télémétrie pour lancer un agressif et inattendu barrage au moment de l’attaque. Au sein de l’opération se trouvent 300 chars d’assaut, suivis par l’infanterie, qui déploie des tactiques agressives de tir et de mouvement. La prochaine grande attaque sur le front occidental est désormais en cours.

« La grande expérience »

Lancés tôt le matin, l’artillerie massive, les mitrailleuses et les chars d’assaut ont rapidement submergé les positions de première ligne allemandes. Placé dans une deuxième vague, le Newfoundland Regiment a avancé avec les autres unités de la 88e unité. Pendant ce temps, la Brigade canadienne de cavalerie  (BCC) attendait la chance d’attaquer sur le terrain ouvert qui allait être dégagé par l’infanterie.

« British Mark IV Female and Male Tanks of ‘C’ Battalion, including ‘Crusty’ and ‘Centaur II’ loaded aboard a train at Plateau Station in preparation for movement to the forward area prior to the opening of the Battle of Cambrai. » © IWM Q 46941

À l’origine, Cambrai a été un énorme succès. L’armée britannique a gagné plus de terrain en une seule journée que durant toute la campagne de Passchendaele, et tout semblait bien se dérouler jusqu’à la première contrattaque allemande. Malheureusement, le BCC a été coincé jusqu’à la moitié de l’après-midi du 20 novembre, attendant la construction d’un pont improvisé pour permettre le passage de ses chevaux, et la troisième armée n’avait presque plus de réserves. Cette faiblesse a commencé à paraître alors que la bataille s’est mise à traîner en longueur, et le 29 novembre, la contrattaque allemande anticipée a repoussé la troisième armée, épuisée, en direction de son point de départ. Le 4 décembre, Byng s’est retiré dans une position le long de la ligne Hindenburg, où l’armée devait attendre la fin de l’hiver.

Les pertes furent lourdes autant pour le Newfoundland Regiment que pour la Brigade canadienne de cavalerie. Les pertes totales pour la troisième armée se sont élevées à 40 000 morts, blessés et disparus. Au moment de la nuit du 29 novembre, il ne restait au Newfoundland Regiment que 8 officiers et 230 autres soldats de différents rangs.

Personnages célèbres

Le caporal John Shiwak était un Inuk de Rigolet, au Labrador, et l’un des tireurs d’élite du Newfoundland Regiment. Il a été tué le 20 novembre 1917 par un obus allemand qui a tué neuf autres hommes. Shiwak correspondait avec le journaliste William Lacey Amy, qui l’avait encouragé à tenir un journal intime pendant qu’il était au front.

Le Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire, a servi  au sein du Fort Garry Horse et a reçu la Croix de Victoria après avoir mené l’escadron « B » au travers des lignes ennemies lorsque leur capitaine a été tué, éliminant une batterie de canons de campagne ennemie et plusieurs groupes d’infanterie en chemin. Strachan a survécu à la guerre et est retourné en Alberta, où il a vécu jusqu’à sa mort en 1982.

Capitaine Grant Paterson, Croix militaire et agrafe
Sergent-major de compagnie Albert Janes, Médaille de conduite distinguée
Sergent Albert Davis, Médaille de conduite distinguée
Sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman, Médaille militaire
Capitaine Bertram Butler, Ordre de service distingué, Croix militaire
Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire

20 novembre 1917 – Croix de Victoria à Cambrai
Une action centenaire

© IWM Q 6300

En ce jour en 1917, les membres du Royal Newfoundland Regiment et de la Brigade de cavalerie canadienne se sont distingués durant l’attaque sur Cambrai. Parmi les Terre-Neuviens, deux se sont mérité la Médaille de conduite distinguée, un autre a reçu la Médaille militaire, un quatrième a pu ajouter une agrafe à sa Croix militaire, et un cinquième a été décoré de l’Ordre du service distingué. Le lieutenant Harcus Strachan du Fort Garry Horse de la Brigade de cavalerie canadienne a reçu une autre Croix de Victoria pour le Canada.

Les Terre-Neuviens se sont joints à l’attaque sur Cambrai de la 3e Armée britannique deux heures et demie après son début, formant le flanc gauche de la formation en losange de la 88e brigade, qui était menée par quatre chars d’assaut. Au départ, l’avancée a eu lieu de façon presque calme dans des champs intacts couverts d’herbe à hauteur des genoux, les chardons et les orties remplaçant la boue et les trous d’obus habituels (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 411). Les quelques ennemis qui avaient survécu la première vague d’attaques ont été rapidement vaincus.

Les Terre-Neuviens ont continué d’avancer, aidant leurs unités de flanc à capturer une batterie de canons de campagne, causant malheureusement la perte des quatre chars de soutien. Atteignant la ligne Marcoing, ils ont lancé leur assaut sur l’écluse de St-Quentin, aux abords ouest de Masnières. 

Capitaine Grant Paterson, Croix militaire et agrafe
Sergent-major de compagnie Albert Janes, Médaille de conduite distinguée
Sergent Albert Davis, Médaille de conduite distinguée
Sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman, Médaille militaire

De nombreux postes de mitrailleuse et de tireurs d’élite dans les maisons le long de la berge du canal défendaient l’écluse. Lorsqu’est arrivé un char britannique s’étant aventuré vers cet endroit provenant du côté de Masnières, les canons de six livres en porte-à-faux ont rapidement été utilisés contre les défenseurs allemands. Alors que l’ennemi battait en retraite, le capitaine Grant Paterson a mené un petit groupe contre la passerelle à côté de l’écluse, gagnant l’autre rive et protégeant la passerelle ainsi que l’écluse. Pour ses actions, le capitaine Grant Paterson a reçu une agrafe pour sa Croix militaire.

Trois autres hommes ont reçu des honneurs pour leurs actions durant la bataille à la passerelle et à l’écluse. Le sergent-major de compagnie Albert Janes a été l’un des premiers à traverser de l’autre côté, recevant la Médaille de conduite distinguée. Le sergent Albert Davis a aussi reçu la Médaille de conduite distinguée pour avoir continué d’avancer avec sa compagnie en courant seul à l’avant et tuant deux tireurs d’élite (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 414). Finalement, le sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman a reçu la Médaille militaire pour son leadership courageux durant la bataille de la passerelle.

Capitaine Bertram Butler, Ordre de service distingué, Croix militaire

Une fois de l’autre côté, les Terre-Neuviens se sont préparés à passer de l’abri procuré par un bâtiment aux rails de chemins de fer, à 60 verges d’où ils se trouvaient. Plusieurs tentatives ont été interrompues par de lourds tirs de mitrailleuses et il y a eu de nombreuses victimes avant que le capitaine Butler, CM, rallie ses hommes et se lance vers l’avant, suivi par les Terre-Neuviens et leurs encouragements (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 413). La position ennemie a été éliminée et Butler, maintenant blessé, a reçu l’Ordre du service distingué pour ses actions.

« Some of the 43 of the Fort Garry Horse who charged the Boche guns at Cambrai. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-002283.

Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire

Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-006699.

À l’est de Masnières, le Hampshire Regiment et le Worcestershire Regiment de la 88e brigade avaient atteint l’autre côté du canal St-Quentin, et les Worcesters faisaient alors des avancées sur la ville en provenance de l’est, tandis que les Terre-Neuviens arrivaient de l’ouest. Le résultat de l’attaque sur Masnières était toujours incertain lorsque la Brigade de cavalerie canadienne a reçu des rapports erronés indiquant que la 88e brigade avait capturé tous ses objectifs de l’autre côté du canal. Voyant la possibilité que la cavalerie puisse y aller, le brigadier-général J. E. B. Seely a ordonné au Fort Garry Horse (FGH) de traverser le canal.

Après avoir galopé vers une crête surplombant Masnières, l’escadron B ne pouvait plus répondre à la commande de faire demi-tour et a dû affronter l’ennemi seul. Les commandes initiales consistaient à capturer les quartiers généraux ennemis et à aller de l’avant pour traverser un autre canal. Le capitaine Campbell a été tué peu de temps après alors qu’il menait une attaque dans une ouverture des clôtures ennemies; le lieutenant Harcus Strachan a alors pris les commandes. L’escadron B s’est rapidement trouvé face à face avec un bataillon d’artillerie ennemie et il a pris les armes, éliminant le bataillon en entier. Ayant vu l’infanterie ennemie au loin, Strachan a fait tourner ses hommes pour l’attaquer aussi, ce qui a malheureusement causé la perte de plusieurs de ses hommes sous de lourds tirs de mitrailleuse.

L’escadron B, à plus de trois kilomètres des lignes ennemies et à l’abri sur un chemin enfoncé, n’avais plus qu’à attendre le reste de la Brigade de cavalerie canadienne qui, il ne le savait pas, n’allait plus venir. Alors qu’il prenait abris, l’escadron a trouvé et coupé trois lignes téléphoniques ennemies. Alors que l’obscurité s’installe, avec seulement 43 hommes et l’ennemi refermant l’étau de trois côtés, Strachan a foulé les chevaux qui restaient pour attirer l’attention de l’ennemi, pendant que les hommes marchaient pour atteindre des lignes alliées. Toujours insatisfait de ce qui avait été accompli cette journée-là, ils ont attaqué de nombreux ennemis à la baïonnette, revenant plus tard dans les lignes du Newfoundland Regiment aux petites heures du matin le 21 novembre avec pas moins que 15 prisonniers.

Pour ses actions et son leadership à Cambrai, le lieutenant Harcus Strachan a reçu la Croix de Victoria. Il possédait déjà une Croix militaire pour ses actions à St-Quentin en mai 1917.

Harcus Strachan est né en Écosse et a immigré au Canada en 1908. Il s’est enrôlé en 1915. Strachan est retourné au Canada après la guerre et il est décédé à Vancouver, en Colombie-Britannique, en 1982.

« 38 N.C.O.s and Men of Fort Garry Horse who took part in famous charge. December, 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-002517.

 

Corporal Filip Konowal, V.C. 
Une action centenaire

Filip Konowal, à Londres, avant de recevoir sa Croix de Victoria.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006732.

22-24 août 1917

Filip Konowal photographié à Londres après avoir reçu la Croix de Victoria.
© IWM (Q 69170)

Filip Konowal a immigré au Canada, en provenance de la Sibérie, en 1913. Né dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine, Konowal avait servi comme instructeur de combat à la main et à la baïonnette dans l’armée impériale russe avant de travailler comme bûcheron dans une compagnie d’exploitation du bois en Sibérie. En 1916, il s’est enrôlé dans le 77e Bataillon (Ottawa), mais une fois outre-mer, il a été transféré dans le 47e Bataillon  (Colombie-Britannique).   

Durant les batailles de la côte 70 et de Lens, Konowal a servi au sein d’un groupe de ratissage, avançant derrière la première vague, se débarrassant des pochettes de résistance ennemie encore présentes. À plusieurs occasions, Konowal est descendu seul dans les sous-sols et les caves sombres qui avaient été convertis en postes de mitrailleuses, attaquant des équipages ennemis entiers avec des massues et des baïonnettes, émergeant chaque fois sans une seule égratignure. À un certain moment, il a foncé sur un groupe de sept soldats qui se déplaçaient à vue, les abattant tous (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Durant l’une de ses dernières actions, il a pénétré dans un tunnel près de Fosse 4, lançant deux charges d’ammonium sur une garnison avant de foncer sur elle avec une baïonnette, et éliminant le poste entier (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Le corporal Konowal a peu après été grièvement blessé par un coup de feu au cou et à la figure. Il a été évacué, a récupéré et a même servi au sein du Corps expéditionnaire canadien en Sibérie plus tard durant la guerre. 

Cependant, tout comme cela fut le cas pour un autre récipiendaire de la Croix de Victoria, le soldat Michael O’Rourke, la vie du corporal Filip Konowal après la guerre a été marquée par la tragédie. Le jour après avoir mené la Parade de la paix des vétérans au travers des rues du centre-ville d’Ottawa, le 19 juillet 1919, Konowal allait être accusé du meurtre au couteau de William (Vasyl) Artich à Hull, au Québec. L’ami de Konowal, Leonti Diedek, avait été attaqué par Artich, et Konowal a porté secours à Diedek. Durant la lutte qui s’en est suivie, durant laquelle Artich a frappé Konowal sur le crâne et a ensuite coupé et poignardé son bras, Konowal a pris le contrôle du couteau, frappant Artich une seule fois, droit au cœur. Lorsque la police est arrivée, Konowal se tenait calmement sur la scène du crime et a affirmé de façon stoïque: « J’en ai tué 52 (à la guerre), c’est le 53» (Sorobey, “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero, Canadian Military History, Vol. 5: Iss. 2, Article 6).  

Un plus vieux Filip Konowal, photographié après la guerre. Les cicatrices et les traumatismes de ses blessures sont devenus plus évidents alors qu’il a pris de l’âge.
Crédit: Vladimir J. Kaye/Bibliothèque et Archives Canada/C-010023.

Mis au banc des accusés, Konowal a reçu un soutien inébranlable de la part de l’Association des vétérans de la Grande Guerre (un précurseur à la Légion royale canadienne), et des fonds ont été amassés pour assurer sa défense. Il a été déterminé que les blessures et traumatismes soufferts par Konowal durant la guerre avaient causé du dommage à son cerveau, donnant lieu à des hallucinations et des sautes d’humeur dramatiques. (Parfois, il croyait qu’il était encore à la côte 70, et les étrangers étaient des ennemis attaquant ses hommes) Reconnu comme n’étant pas criminellement responsable du meurtre, Konowal a été admis à l’hôpital Satin Jean de Dieu de Montréal (maintenant nommé Institut universitaire  en santé mentale de Montréal) le 27 avril 1921. 

Approximativement sept ans plus tard, après un traitement progressif et un rétablissement stupéfiant, Konowal a été relâché. Trouver un emploi tout comme le monde glissait dans la Grande Dépression était particulièrement difficile, mais grâce à un heureux hasard, Konowal a trouvé un poste au sein du personnel d’entretien des édifices du parlement. Lors d’une autre rencontre fortuite, William Lyon Mackenzie King, le premier ministre de l’époque, a remarqué les rubans de médailles épinglés à l’uniforme d’entretien de Konowal, incluant le ruban cramoisi de la Croix de Victoria. À partir de ce moment, Konowal fut assigné comme concierge personnel et messager de la chambre no.16, soit le bureau du premier ministre sur la Colline du Parlement. 

Plusieurs années plus tard, des groupes de vétérans et des branches de la Légion royale canadienne allaient être nommés en l’honneur de Filip Konowal, et plusieurs plaques allaient être érigées à travers le pays. Des fonds allaient aussi être recueillis afin de l’aider à aller en Angleterre pour rencontrer la famille royale lors du centenaire de la création de la Croix de Victoria. Plus récemment, la ville natale de Konowal en Ukraine, Kutkivtsi (Kudkiv), a dévoilé un grand mémorial de pierre et de bronze à son nom; la ville de Lens, en France, a dévoilé une plaque et un bas-relief; et le nouveau mémorial de la côte 70, dévoilé en avril 2017, inclut un chemin nommé « chemin Konowal ». Il semblerait aussi que, malgré qu’il ait cru qu’elles avaient été tuées lors des purges de Stalin, la femme et la fille de Konowal avaient en effet survécu, et que ses petits-enfants seraient encore vivants aujourd’hui à Kutkivtsi (Kudkiv), en Ukraine.  

Filip Konowal, décédé le 3 juin 1959, est enterré au cimetière Notre-Dame-de-Lourdes à Ottawa, en Ontario.  

La citation officielle pour la médaille de Filip Konowal, alors caporal, V.C (deuxième à partir du bas, colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  23 novembre 1917, supplément:  30400, page: 12329.

Pour une histoire plus complète de la vie du corporal Filip Konowal, V.C., consultez: Sorobey, Ron (1996), “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero,Canadian Military History: Vol. 5 : Iss. 2 , Article 6.  Disponible au: http://scholars.wlu.ca/cmh/vol5/iss2/6 

Note de l’éditeur – Il existe quelques contradictions au sujet des dates durant lesquelles les actions qui ont mené à la Croix de Victoria de Konowal ont eu lieu. Plusieurs sources affirment que cela s’est déroulé sur une période de deux jours, du 22 au 24 août 1917. Cependant, son rapport de service indique que Konowal aurait été sérieusement blessé le 21 août 1917 et admis à l’hôpital. Il est clair que Konowal a été gravement blessé à un certain moment durant la bataille, mais si ses actions ont eu lieu durant le ratissage de l’attaque de Lens, alors les dates du 22 au 24 août 1917 sont plus plausibles. L’attaque de Lens n’a pas débuté avant les petites heures du matin le 21 août 1917. Toutefois, dans le brouillard du combat dans les tranchées, il est possible que Konowal se soit trouvé à se battre la journée avant que l’attaque de Lens ne commence officiellement, et cela pourrait avoir été pris en considération dans la « période de deux jours ».  

 

 

 

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C. 
Une action centenaire

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C., (D) et le soldat Michael James O’Rourke, V.C., M.M., (G) à Londres, après la réception de leurs Croix de Victoria (celle d’O’Rourke peut être vue, épinglée sur sa poitrine). 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006656.

21 August 1917

CSM Robert Hanna, V.C.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Robert Hanna a immigré au Canada depuis Kilkeel, en Irlande, en 1905. Lorsque la guerre a éclaté, il s’est enrôlé au sein du 29e Bataillon (Vancouver) le 7 novembre 1914. En août 1917, il s’était déjà élevé au rang de sergent-major de compagnie (CSM) lorsque, durant une tentative pour saisir un certain nombre de tranchées au sommet de la côte 70, tous les officiers de la compagnie « B » ont été faits victimes. La commande de cette force en détresse est donc passée aux mains du CSM Hanna. Dans une position précaire, la compagnie voisine « C », et maintenant la compagnie «B » d’Hanna, accumulaient un nombre croissant de pertes dues à une ligne ennemie défensive centrée à l’entour d’un poste de mitrailleuse. Ayant déjà vu les trois attaques précédentes échouer,  le CSM Hanna a tout de même rassemblé un petit groupe d’hommes, le menant dans une avancée au travers d’enchevêtrements de fils barbelés et de tirs ennemis. Atteignant le poste de mitrailleuse, Hanna a mené la charge jusqu’à la fin, attaquant trois des membres de la troupe avec sa baïonnette et le quatrième avec la crosse de son fusil (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). Durant une courte pause, Hanna et les quelques hommes qui avaient survécu ont créé une position de blocage dans le système de tranchées, avant que les Allemands ne lancent une série de contre-attaques. Chaque nouvelle attaque a été refoulée par la petite bande de Canadiens menée par le CSM Hanna, et ils ont tenu bon jusqu’à ce que du renfort arrive plus tard ce jour-là (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). 

Pour ses actions immédiates, son leadership et ses habiletés au combat cette journée-là, le sergent-major de compagnie Robert Hanna a reçu la Croix de Victoria. Il allait survivre à la guerre, retournant en Colombie-Britannique, au Canada. Il est décédé le 15 juin 1967 et est enterré au Masonic Cemetery, à Burnaby, en Colombie-Britannique. Sa tombe a depuis reçu une pierre tombale traditionnelle de la Commonwealth War Graves Commission (Commission des tombes de guerre du Commonwealth).   

 

La citation officielle de la médaille pour le CSM Robert Hanna, V.C. (avant-dernière au bas de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  6 novembre 1917, supplément:  30372, page: 11568.

La bataille de Lens
Une action centenaire

21 au 25 aoû1917 

« 124th Pioneer Battalion resting outside a shrapnel shattered house near Lens. September, 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001862.

Avec le succès remporté par le Corps expéditionnaire canadien lors de la bataille de la côte 70, Currie avait maintenant jeté son dévolu sur la ville derrière la colline: Lens. Malgré qu’elle avait forcé les Allemands à livrer une bataille coûteuse leur ayant infligé quelque 20 000 pertes, la prise de la côte 70 ne les avait pas forcés à se retirer de la ville. Currie avait originalement planifié la bataille de la côte 70 afin d’éviter de devoir forcer le Corps canadien à attaquer une ville fortifiée, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant, mais avec l’absence d’un retrait des Allemands et une pression croissante de la part de son supérieur, Currie a été forcé de considérer tenter d’envahir Lens.  

Avec la contribution de ses commandants divisionnaires, Currie a ordonné aux 2e et 4e Divisions d’avancer sur la ville dans une attaque serrée et inquisitrice. La première attaque a eu lieu à 4 h 35 le 21 août avec des bataillons des deux divisions avançant de leurs lignes jusqu’aux limites de la ville. Ils ont été accueillis avec une résistance extrêmement puissante, et dans le labyrinthe des caves fortifiées, des maisons en ruines et des rues bloquées, ils étaient constamment harcelés par les Allemands. À la fin de la journée, les Canadiens ont été forcés de se retirer; ils avaient perdu 1154 soldats en une seule journée.  

Currie savait maintenant ce qui l’attendait à Lens, une puissante force allemande, mais il a fait une erreur de calcul non caractéristique: plutôt que de bombarder Lens depuis les airs, et d’ainsi éviter une bataille à l’intérieur de la ville, il a décidé d’y envoyer la 4e Division de nouveau afin d’essayer de s’emparer de Green Crassier, une grande étendue de déchets au sud de la ville. Le 44e Bataillon a reçu l’ordre de marcher sur Lens le 23 août et d’essayer de s’emparer du crassier, et alors qu’il a initialement réussi à s’en emparer, il a fini par devoir le tenir tout en étant coupé de toutes communications et sans renfort. Le 44l’a tenu jusqu’à la fin de la journée le 24 août, mais a dû de retirer, et Currie a suspendu l’opération de Lens le 25 août 1917. La ville est demeurée en mains allemandes jusqu’au retrait général des Allemands en 1918. Le nombre total de pertes du 15 au 25 août s’est élevé à 9198 soldats tués, blessés ou disparus. 

 

Avancées technologiques| 

« Canadians wounded at Lens on way to Blighty via Light Railway, September 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001823.

La bataille à Lens a démontré un type de combat qui allait devenir central à la Deuxième Guerre mondiale: le combat en milieu urbain. Saisir la ville demandait au Corps expéditionnaire canadien de passer à travers chaque rue de Lens afin de les vider de toute force ennemie restante, ce pour quoi il n’avait pas les ressources ni la formation nécessaires. Lens a été la dernière fois ou le corps s’est battu dans une ville jusqu’à la bataille de Valenciennes, en 1918.  

Personnalités| 

Corporel Filip Konowal (47e (Colombie-Britannique) Bataillon)- Immigrant provenant de ce qui est maintenant l’Ukraine, Filip Konowal était un vétéran de l’armée russe qui s’est enrôlé en 1915. Son bataillon faisait partie de la 4e Division et a été déployé dans la ville de Lens le 21 août 1917. Pour une durée de deux jours, Konowal a été occupé à vider les caves de la ville, et il a attaqué à lui seul deux nids de mitrailleuses, tuant leurs équipages et détruisant leurs fusils. Il a reçu la Croix e Victoria pour sa bravoure, le seul Ukrainien à avoir reçu cet honneur. La vie de Konowal à la suite de la guerre a été tragique: sa famille en Ukraine a été tuée lors du plan de collectivisation de Stalin dans les années 1930, et Konowal n’est jamais retourné dans sa terre natale. Il a été accusé de meurtre en 1919 et a passé du temps dans un hôpital psychiatrique, avant de trouver du travail comme concierge à la Chambre des Communes. 

Le sergent-major de compagnie Robert Hill Hanna (29th (Vancouver) Battalion) est le deuxième Canadien à avoir reçu la Croix de Victoria à Lens. Les deux sont comptées comme des reconnaissances pour la bataille de la côte 70.

« Un docteur canadien examine des Canadiens blessés avant de quitter un poste de soins près de Lens. Septembre 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003816.

75e anniversaire du raid de Dieppe
19 août 1942 – 2017 

La côte atlantique comprend une échancrure en forme de soucoupe devant Dieppe, formant un anneau de falaises, desquelles les Canadiens sont devenus la proie des tirs ennemis. Dans cette photo, des Canadiens qui sont revenus à Dieppe en 1944 examinent les fortifications allemandes.
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-134448.
Débarquement de soldats blessés lors de l’opération « Jubilee », le raid sur Dieppe.
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-183773.

Aujourd’hui marque le 75e anniversaire du raid de Dieppe. Le 19 août 1942, 4963 Canadiens ont mené une force de 6100 hommes qui ont débarqué sur 8 différents points de la côte atlantique. Alors que des commandos britanniques, qui attaquaient des batteries d’artillerie dans les villes voisines de Varangéville et Berneval, remportaient des succès locaux, les Canadiens avaient de la difficulté à pénétrer la ville depuis les principales plages du débarquement. La moitié seulement des forces blindées du Régiment de Calgary (tank) ont passé la digue, le reste s’embourbant ou brisant les chenilles des tanks sur la plage de galets. Une bataille d’infanterie vicieuse s’est alors déroulée à l’intérieur du casino de bord de mer et dans les rues avoisinantes, alors que les tanks restants, bloqués par des obstacles anti-tank, offraient du soutien en faisant feu. À 9 h 30, six heures seulement après les premiers débarquements, un retrait général a débuté. Les tanks qui avaient passé la digue ont offert une couverture pour la retraite jusqu’aux plages. Alors que les tanks faisaient demi-tour, ils sont, eux aussi, restés pris sur la plage de galets. Se battant vaillamment, leurs équipages sont restés dans leurs tanks, servant de soutien de fusil immobile. À 14 h, le retrait était complété.   

Le nombre de victimes canadiennes au travers des trois branches de service s’est élevé  à 916. Seulement 2210 des 4963 Canadiens, dont plusieurs étaient blessés, sont retournés en Angleterre. Le nombre total des victimes s’est élevé à 3367, incluant 1946 prisonniers de guerre (POW).   

Deux Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions ce jour-là, ainsi qu’un commando britannique.

 

Reverend John W. Foote, VC.
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-501320.

Le révérend John W. Foote, VC, de Madoc, en Ontario, est devenu le premier membre de la Branche des services de l’aumônerie à recevoir la Croix de Victoria. En tant qu’aumônier de la Royal Hamilton Light Infantry, Foote s’est déplacé le long de la plage, offrant de l’aide aux blessés et aux mourants. Durant le retrait, Foote a fait d’innombrables voyages pour amener les blessés aux bateaux d’évacuation qui arrivaient à la plage. Finalement, à la toute fin, Foote est débarqué du dernier bateau et a rejoint ceux qui étaient pris sur la plage afin d’offrir du confort et ses services d’aumônier aux milliers de prisonniers de guerre canadiens. 

Lt.-Col. Charles Cecil Ingersoll Merritt, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le lieutenant-colonel Cecil Merritt, VC, de Vancouver, en Colombie-Britannique, a mené de Régiment South Saskatchewan sur la rive à Pourville. Lorsque le nombre de victimes du régiment s’est mis à augmenter alors que les hommes tentaient de traverser un pont, Merritt s’est avancé et a calmement aidé plusieurs personnes à traverser les tirs meurtriers.  Lorsque l’ordre de se retirer a été donné, Merritt, bien que blessé à deux reprises, a monté une action en arrière-garde qui a permis à beaucoup d’autres de s’échapper de la plage. Il est, lui aussi, devenu prisonnier de guerre. 

 

 

 

 

 

La citation officielle de la médaille pour le capitaine John Weir Foote, VC. 
Crédit: The London Gazette, date de publication: 12 février 1946, supplément: 37466, page: 941.
La citation officielle de la médaille pour le lieutenant-colonel Cecil Merritt, VC.
Crédit: The London Gazette, date de publication: 2 octobre 1942,  supplément: 35729, page: 4323.
La citation officielle de la médaille pour le lieutenant-colonel Cecil Merritt, VC.
Credit: The London Gazette, Publication date: 2 October 1942,  supplément: 35729, page: 4324.

 

 

 

Sergent Frederick Hobson, VC  & Major Okill Massey Learmonth, VC, MC 
Une action centenaire

Sergent Frederick Hobson, VC

Le Sergent Frederick Hobson, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le 15 août 1917, à l’âge de 41 ans, le sergent Frederick Hobson, de Galt/Cambridge, en Ontario, a participé à l’attaque de la côte 70 aux côtés des hommes de la compagnie « A  » du 20e Bataillon (centre de l’Ontario). Dégageant une section des tranchées ennemies connue sous le nom de Nabob Alley, le sergent Hobson et ses hommes ont établi une position de blocage pour les inévitables contre-attaques. Pendant les trois jours suivants, le poste a tenu bon, jusqu’au moment ou un lourd bombardement au petit matin, le 18 août, a éradiqué le quartier général du 20Bataillon ainsi que tous les fusils Lewis, à l’exception de l’un d’entre eux, dans les positions avancées. Alors que l’unique fusil Lewis a commencé à tirer, un obus allemand l’a frappé, enterrant le fusil et le seul survivant de l’équipage dans la boue et les débris. Comprenant ce qui se passait, Hobson s’est élancé pour déterrer l’homme.

« Nous nous en sommes tirés de justesse », a dit le survivant, le soldat A.G. Fuller.  « Oui j’imagine: déterrons le fusil » a répliqué Hobson. (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 52) Alors qu’ils ont commencé à creuser, l’ennemi s’est mis à tirer sur eux et à avancer au travers de la terre abandonnée.

« Une balle a frappé Hobson, mais il n’a pas porté attention à sa blessure. Ensemble, lui et Fuller ont remis le fusil en position et se sont mis à tirer sur les Allemands, qui déferlaient en masses dans la tranchée. Ils réussissaient à bien repousser l’ennemi lorsque le fusil a bloqué. Hobson a alors pris son arme. “Je vais les retenir”, a-t-il dit à Fuller, “si tu répares le fusil!” » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 52)  

Déjà blessé, le sergent Hobson a chargé contre le groupe qui pénétrait la tranchée, les repoussant avec son arme, une massue et une baïonnette. Au cœur de la mêlée, un simple coup de fusil a atteint le sergent Hobson, le tuant tout juste comme le soldat Fuller était parvenu à réanimer le fusil Lewis, mettant fin à la menace ennemie. Du renfort est arrivé quelques minutes plus tard. Le sergent Frederick Hobson a reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Son corps a été perdu dans le combat qui s’en est suivi, et il est donc commémoré au Mémorial national du Canada à Vimy. 

Page 1 - La citation officielle de la médaille pour le sergent Frederick Hobson, VC (bas de la colonne de droite). 
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10677.
Page 2 – La citation officielle de la médaille pour le sergent Frederick Hobson, VC (haut de la colonne de gauche). 
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le MajorOkillMasseyLearmonth, VC, MC 

« Le major O.M. Learmonth, M.C., D.S.O. (tué) » (Droite) 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-007451.

Ayant déjà reçu la Croix militaire pour ses actions précédentes en 1917, le major Okill Massey Learmonth, de la ville de Québec, a participé à l’attaque sur la côte 70 avec le 2e Bataillon (Régiment de l’est de l’Ontario). Le 18 août, ayant tenu sa ligne pendant trois jours,  le 2e Bataillon n’avait plus en ses rangs que 614 hommes lorsque l’ennemi a laissé déferler sur eux un terrifiant bombardement dans les petites heures du matin. Attaquant avec des lance-flammes, l’ennemi a été capable de pénétrer les tranchées du 2e Bataillon avant qu’une mission de bombardement ne puisse les en déloger.

Les attaques ont continué toute la matinée, avec Learmonth chargeant personnellement sur une force ennemie qui menaçait toute sa compagnie, attrapant et relançant les grenades ennemies et criant des encouragements depuis le parapet. Blessé deux fois, il a « continué comme s’il était parfaitement en santé et sans une égratignure » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.57). Une troisième blessure a cassé la jambe de Learmonth mais n’a pas réussi à briser son esprit. « Gisant dans la tranchée, il a continué à diriger ses hommes, à les encourager, à les applaudir, à les conseiller » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.57). Alors que les attaques ennemies se sont tranquillement dissoutes, Learmonth a finalement été installé sur une civière et emporté, transmettant d’importants détails à ses officiers juniors en chemin. Il allait mourir le même jour de ses blessures, à l’hôpital.   

Le major Okill Massey Learmonth, VC, MC a reçu la Croix de Victoria à titre posthume et à plus tard été enterré au cimetière communal de Nouex-les-Mines. Il avait 23 ans.

La citation officielle pour la médaille du major Okill Massey Learmonth, VC (colonne de gauche). 
The London Gazette, date de publication:  6 novembre  1917,  supplément: 30372, page: 1567.

Soldat Michael James O’Rourke, VC, MM
Une action centenaire

15-17 août 1917

Le soldat Michael James O’Rourke, V.C., M.M., représenté ici en novembre 1917 avec les rubans des deux médailles exposées sur sa tunique. 
Crédit: Ministère canadien de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002250.

Né dans les années 1870 (les dates varient), Michael James O’Rourke a émigré de  Limerick, en Irlande, à Victoria, en Colombie-Britannique. Avant de s’enrôler, O’Rourke travaillait comme mineur et creusait des tunnels pour des projets d’infrastructure majeurs du chemin de fer du Canadien Pacifique. Le 8 décembre 1916, O’Rourke a reçu la Médaille militaire pour sa bravoure durant son service au sein du 7e Bataillon (1er, Colombie-Britannique) à la Somme. Bien qu’il était un porteur de civière sans arme, O’Rourke a lancé une offensive personnelle contre une contre-attaque allemande en pleine avancée, repoussant l’ennemi pendant quelques heures.  

Lorsque le 7e Bataillon a participé à l’attaque sur la côte 70, seize porteurs de civière, dont O’Rourke, sont entrés dans le combat; deux ont été tués et onze ont été blessés, « parce que les Allemands tiraient dessus alors qu’ils s’affairaient à transporter les blessés hors du champ de bataille. Pendant ces jours et nuits, O’Rourke a travaillé incessamment afin de secourir les blessés, pansant leurs blessures au milieu des tirs et leur amenant nourriture et eau… plusieurs fois, il a été renversé et partiellement enterré par les explosions des obus. Une fois, voyant un camarade qui avait été aveuglé tituber en pleine vue de l’ennemi, qui tirait dessus, O’Rourke a sauté hors de la tranchée afin de le ramener… »  

La bravoure et le travail de sauvetage d’O’Rourke pendant plus de trois jours et trois nuits (du 15 au 17 août 1917) de bataille incessante ont été reconnus par l’attribution de la Croix de Victoria.   

Le soldat Michael James O’Rourke, VC, MM,  démontrait déjà des signes de stress post-traumatique en avril 1918, tel que noté ici dans ses formulaires médicaux. (Voir section 9).
Crédit: Ministère canadien de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7484 – 42
Numéro d’item : 544552.

Le soldat Michael James O’Rourke, VC, MM, a réussi a survivre à la guerre, mais la vie après n’était pas facile. Des traumatismes émotionnels et physiques ont mené à ce qui serait aujourd’hui sans aucun doute diagnostiqué comme un trouble de stress post-traumatique. O’Rourke était incapable d’obtenir un travail stable, se promenant sur la côte ouest d’un emploi à l’autre, étant plus ou moins pauvre, et survivant grâce à une maigre pension d’invalidité. En 1935, il a notamment été placé à la tête d’une grève des débardeurs de Vancouver qui s’est terminée avec la bataille du quai Ballantyne.    

La vie d’O’Rourke est un triste exemple du traitement des vétérans après la guerre, bien que ses funérailles aient offert un dernier honneur à un homme brisé et appauvri. Les articles des journaux affirment que la procession comprenait au moins sept autres récipiendaires de la Croix de Victoria, des fonctionnaires de la ville, des officiers militaires, les autres vétérans du 7e Bataillon, ainsi que d’anciens collègues des quais et de vieux amis sans abri. Le soldat Michael James O’Rourke, VC, MM, est enterré au Forest Lawn Memorial Park à Burnaby, en Colombie-Britannique, sous une pierre tombale modeste.

La citation officielle de la médaille pour le soldat Michael James O’Rourke, VC, MM  (inscription de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication: 6 November 1917, supplément: 30372, page: 11569.

 

 

 

 

Soldat Harry Brown, VC
Une action centenaire

16 août 1917

Soldat Harry Brown, VC. 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le soldat Harry Brown, de Gananoque, en Ontario, a servi au sein du 10e Bataillon (Canadiens) durant l’attaque de la côte 70. Le 16 août 1917, alors qu’un modeste poste était renforcé par un petit groupe du bataillon, l’ennemi avait été vu se regroupant. Afin d’épargner le poste, le groupe avait désespérément  besoin d’artillerie pour pouvoir combattre les contre-attaques ennemies. À ce stade de la bataille, toutes les communications avec le quartier général avaient été coupées par les tirs d’obus. Le soldat Brown et un deuxième coureur avaient été envoyés avec une demande urgente de soutien de l’artillerie lorsqu’ils ont été pris à découvert par un barrage hostile. Le compagnon de Brown a été tué, alors que Brown, lui, a vu son bras fracassé. Transportant toujours le message, Brown a continué son chemin au travers des trous d’obus et des tranchées saccagées, se rendant lentement jusqu’a un abri équipé d’un téléphone qui fonctionnait.  

Regardant depuis un autre de ces abris, se trouvait un officier qui « scrutait la dévastation » lorsque soudainement, « une silhouette sombre a rampé hors de la ruine et s’est avancée vers l’abri. C’était un soldat, sans chapeau, pâle, sale, ravagé, avec un bras ensanglanté ballant à son côté ». (Bureau canadien des registres de la guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 46). Ayant atteint une sécurité relative, Brown s’est effondré dans les escaliers de l’abri souterrain, complètement épuisé, ne restant conscient qu’« assez longtemps pour tendre son message en précisant “message important” » (The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678). Avec son message livré et du soutien d’artillerie en chemin, Brown a glissé dans l’inconscience, mourant de ses blessures quelques heures plus tard dans une station de pansement, aux petites heures du matin, le 17 août 1917. Le soldat Harry Brown, VC, est enterré au cimetière communal de Noeux-les-Mines.   

La citation officielle de la médaille pour le soldat Harry Brown, VC  (première inscription de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678.