Bataille de Cambrai
Une action centenaire

En ce jour en 1917, le Royal Newfoundland Regiment et la Brigade de cavalerie canadienne prennent part au lancement de l’importante offensive du Commonwealth à Cambrai. Nommée « La grande expérience », l’attaque renonce au bombardement d’artillerie typique et s’appuie plutôt sur de l’arpentage avancé et sur la télémétrie pour lancer un agressif et inattendu barrage au moment de l’attaque. Au sein de l’opération se trouvent 300 chars d’assaut, suivis par l’infanterie, qui déploie des tactiques agressives de tir et de mouvement. La prochaine grande attaque sur le front occidental est désormais en cours.

« La grande expérience »

Lancés tôt le matin, l’artillerie massive, les mitrailleuses et les chars d’assaut ont rapidement submergé les positions de première ligne allemandes. Placé dans une deuxième vague, le Newfoundland Regiment a avancé avec les autres unités de la 88e unité. Pendant ce temps, la Brigade canadienne de cavalerie  (BCC) attendait la chance d’attaquer sur le terrain ouvert qui allait être dégagé par l’infanterie.

« British Mark IV Female and Male Tanks of ‘C’ Battalion, including ‘Crusty’ and ‘Centaur II’ loaded aboard a train at Plateau Station in preparation for movement to the forward area prior to the opening of the Battle of Cambrai. » © IWM Q 46941

À l’origine, Cambrai a été un énorme succès. L’armée britannique a gagné plus de terrain en une seule journée que durant toute la campagne de Passchendaele, et tout semblait bien se dérouler jusqu’à la première contrattaque allemande. Malheureusement, le BCC a été coincé jusqu’à la moitié de l’après-midi du 20 novembre, attendant la construction d’un pont improvisé pour permettre le passage de ses chevaux, et la troisième armée n’avait presque plus de réserves. Cette faiblesse a commencé à paraître alors que la bataille s’est mise à traîner en longueur, et le 29 novembre, la contrattaque allemande anticipée a repoussé la troisième armée, épuisée, en direction de son point de départ. Le 4 décembre, Byng s’est retiré dans une position le long de la ligne Hindenburg, où l’armée devait attendre la fin de l’hiver.

Les pertes furent lourdes autant pour le Newfoundland Regiment que pour la Brigade canadienne de cavalerie. Les pertes totales pour la troisième armée se sont élevées à 40 000 morts, blessés et disparus. Au moment de la nuit du 29 novembre, il ne restait au Newfoundland Regiment que 8 officiers et 230 autres soldats de différents rangs.

Personnages célèbres

Le caporal John Shiwak était un Inuk de Rigolet, au Labrador, et l’un des tireurs d’élite du Newfoundland Regiment. Il a été tué le 20 novembre 1917 par un obus allemand qui a tué neuf autres hommes. Shiwak correspondait avec le journaliste William Lacey Amy, qui l’avait encouragé à tenir un journal intime pendant qu’il était au front.

Le Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire, a servi  au sein du Fort Garry Horse et a reçu la Croix de Victoria après avoir mené l’escadron « B » au travers des lignes ennemies lorsque leur capitaine a été tué, éliminant une batterie de canons de campagne ennemie et plusieurs groupes d’infanterie en chemin. Strachan a survécu à la guerre et est retourné en Alberta, où il a vécu jusqu’à sa mort en 1982.

Capitaine Grant Paterson, Croix militaire et agrafe
Sergent-major de compagnie Albert Janes, Médaille de conduite distinguée
Sergent Albert Davis, Médaille de conduite distinguée
Sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman, Médaille militaire
Capitaine Bertram Butler, Ordre de service distingué, Croix militaire
Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire

20 novembre 1917 – Croix de Victoria à Cambrai
Une action centenaire

© IWM Q 6300

En ce jour en 1917, les membres du Royal Newfoundland Regiment et de la Brigade de cavalerie canadienne se sont distingués durant l’attaque sur Cambrai. Parmi les Terre-Neuviens, deux se sont mérité la Médaille de conduite distinguée, un autre a reçu la Médaille militaire, un quatrième a pu ajouter une agrafe à sa Croix militaire, et un cinquième a été décoré de l’Ordre du service distingué. Le lieutenant Harcus Strachan du Fort Garry Horse de la Brigade de cavalerie canadienne a reçu une autre Croix de Victoria pour le Canada.

Les Terre-Neuviens se sont joints à l’attaque sur Cambrai de la 3e Armée britannique deux heures et demie après son début, formant le flanc gauche de la formation en losange de la 88e brigade, qui était menée par quatre chars d’assaut. Au départ, l’avancée a eu lieu de façon presque calme dans des champs intacts couverts d’herbe à hauteur des genoux, les chardons et les orties remplaçant la boue et les trous d’obus habituels (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 411). Les quelques ennemis qui avaient survécu la première vague d’attaques ont été rapidement vaincus.

Les Terre-Neuviens ont continué d’avancer, aidant leurs unités de flanc à capturer une batterie de canons de campagne, causant malheureusement la perte des quatre chars de soutien. Atteignant la ligne Marcoing, ils ont lancé leur assaut sur l’écluse de St-Quentin, aux abords ouest de Masnières. 

Capitaine Grant Paterson, Croix militaire et agrafe
Sergent-major de compagnie Albert Janes, Médaille de conduite distinguée
Sergent Albert Davis, Médaille de conduite distinguée
Sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman, Médaille militaire

De nombreux postes de mitrailleuse et de tireurs d’élite dans les maisons le long de la berge du canal défendaient l’écluse. Lorsqu’est arrivé un char britannique s’étant aventuré vers cet endroit provenant du côté de Masnières, les canons de six livres en porte-à-faux ont rapidement été utilisés contre les défenseurs allemands. Alors que l’ennemi battait en retraite, le capitaine Grant Paterson a mené un petit groupe contre la passerelle à côté de l’écluse, gagnant l’autre rive et protégeant la passerelle ainsi que l’écluse. Pour ses actions, le capitaine Grant Paterson a reçu une agrafe pour sa Croix militaire.

Trois autres hommes ont reçu des honneurs pour leurs actions durant la bataille à la passerelle et à l’écluse. Le sergent-major de compagnie Albert Janes a été l’un des premiers à traverser de l’autre côté, recevant la Médaille de conduite distinguée. Le sergent Albert Davis a aussi reçu la Médaille de conduite distinguée pour avoir continué d’avancer avec sa compagnie en courant seul à l’avant et tuant deux tireurs d’élite (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 414). Finalement, le sergent quartier-maître de compagnie Ernest Cheeseman a reçu la Médaille militaire pour son leadership courageux durant la bataille de la passerelle.

Capitaine Bertram Butler, Ordre de service distingué, Croix militaire

Une fois de l’autre côté, les Terre-Neuviens se sont préparés à passer de l’abri procuré par un bâtiment aux rails de chemins de fer, à 60 verges d’où ils se trouvaient. Plusieurs tentatives ont été interrompues par de lourds tirs de mitrailleuses et il y a eu de nombreuses victimes avant que le capitaine Butler, CM, rallie ses hommes et se lance vers l’avant, suivi par les Terre-Neuviens et leurs encouragements (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 413). La position ennemie a été éliminée et Butler, maintenant blessé, a reçu l’Ordre du service distingué pour ses actions.

« Some of the 43 of the Fort Garry Horse who charged the Boche guns at Cambrai. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-002283.

Lieutenant Harcus Strachan, Croix de Victoria, Croix militaire

Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-006699.

À l’est de Masnières, le Hampshire Regiment et le Worcestershire Regiment de la 88e brigade avaient atteint l’autre côté du canal St-Quentin, et les Worcesters faisaient alors des avancées sur la ville en provenance de l’est, tandis que les Terre-Neuviens arrivaient de l’ouest. Le résultat de l’attaque sur Masnières était toujours incertain lorsque la Brigade de cavalerie canadienne a reçu des rapports erronés indiquant que la 88e brigade avait capturé tous ses objectifs de l’autre côté du canal. Voyant la possibilité que la cavalerie puisse y aller, le brigadier-général J. E. B. Seely a ordonné au Fort Garry Horse (FGH) de traverser le canal.

Après avoir galopé vers une crête surplombant Masnières, l’escadron B ne pouvait plus répondre à la commande de faire demi-tour et a dû affronter l’ennemi seul. Les commandes initiales consistaient à capturer les quartiers généraux ennemis et à aller de l’avant pour traverser un autre canal. Le capitaine Campbell a été tué peu de temps après alors qu’il menait une attaque dans une ouverture des clôtures ennemies; le lieutenant Harcus Strachan a alors pris les commandes. L’escadron B s’est rapidement trouvé face à face avec un bataillon d’artillerie ennemie et il a pris les armes, éliminant le bataillon en entier. Ayant vu l’infanterie ennemie au loin, Strachan a fait tourner ses hommes pour l’attaquer aussi, ce qui a malheureusement causé la perte de plusieurs de ses hommes sous de lourds tirs de mitrailleuse.

L’escadron B, à plus de trois kilomètres des lignes ennemies et à l’abri sur un chemin enfoncé, n’avais plus qu’à attendre le reste de la Brigade de cavalerie canadienne qui, il ne le savait pas, n’allait plus venir. Alors qu’il prenait abris, l’escadron a trouvé et coupé trois lignes téléphoniques ennemies. Alors que l’obscurité s’installe, avec seulement 43 hommes et l’ennemi refermant l’étau de trois côtés, Strachan a foulé les chevaux qui restaient pour attirer l’attention de l’ennemi, pendant que les hommes marchaient pour atteindre des lignes alliées. Toujours insatisfait de ce qui avait été accompli cette journée-là, ils ont attaqué de nombreux ennemis à la baïonnette, revenant plus tard dans les lignes du Newfoundland Regiment aux petites heures du matin le 21 novembre avec pas moins que 15 prisonniers.

Pour ses actions et son leadership à Cambrai, le lieutenant Harcus Strachan a reçu la Croix de Victoria. Il possédait déjà une Croix militaire pour ses actions à St-Quentin en mai 1917.

Harcus Strachan est né en Écosse et a immigré au Canada en 1908. Il s’est enrôlé en 1915. Strachan est retourné au Canada après la guerre et il est décédé à Vancouver, en Colombie-Britannique, en 1982.

« 38 N.C.O.s and Men of Fort Garry Horse who took part in famous charge. December, 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-002517.

 

6 novembre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Le 6 novembre 1917, les 1re et 2divisions canadiennes se sont jointes à l’attaque sur Passchendaele, après avoir libéré les 3e et 4e divisions canadiennes à la ligne bleue durant la nuit du 4 au 5 novembre. Les objectifs pour le 6 novembre comprenaient alors le village de Passchendaele lui-même et les petits hameaux de Mosselmarkt et de Goudberg, compris dans les limites de la ligne verte. 

Encore une fois, la boue était bien présente et les Canadiens devaient avancer dans des marais qui leur allaient jusqu’aux genoux ou jusqu’à la taille. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Pendant ce temps, dans le ciel, des pilotes des deux côtés se bombardaient l’un l’autre. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) 

En dépit de tout ceci, les Canadiens faisaient des avancées rapides. À Mosselmarkt, la surprise a causé la reddition de quatre officiers et de 50 autres rangs de la casemate menaçante et la ligne verte a été sécurisée en moins de deux heures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Au sud, en trois heures, le village de Passchendaele a été capturé, avec l’aide du soldat Private James Robertson, qui a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour ce qu’il a fait. À la fin de la journée, on a compté 2 238 victimes canadiennes, dont 734 hommes tués au combat ou ayant succombé à leurs blessures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 325) Deux autres Canadiens se sont mérité la Croix de Victoria pour leurs actions, établissant à neuf le nombre de Canadiens médaillés durant la bataille de Passchendaele.

Colin Fraser Barron, CV

Sergent Barron (à droite) avec confrère canadien Cecil Kinross, en Angleterre pour recevoir leurs médailles de la Croix de Victoria.
Crédit : ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006672.

Colin Fraser Barron est né à Mill of Boyndie, Banffshire, en Écosse, émigrant au Canada en 1910. Il a travaillé à Toronto comme camionneur avant de s’enrôler le 11 janvier 1915 au sein du 35e bataillon.

Le 31 juillet 1915, il s’est joint au 3e bataillon (Toronto Regiment)  comme renforcement en France. Sa première année en France a été marquée par la maladie, ayant été hospitalisé pour une bronchite, une infection au pied, une gastroentérite (diarrhée infectieuse) et une gonorrhée. Le 24 avril 1917, il s’est finalement rejoint à l’unité durant une longue période de bonne santé et, le 22 août 1917, il a été promu caporal.

Commentaire officiel pour la Croix de Victoria du caporal Collin Fraser Barron, CV. (avant-dernière entrée du bas dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page : 723.

Le 6 novembre 1917, le 3e bataillon a reçu la tâche de protéger le flanc gauche du Corps canadien au nord. Trois cent cinquante verges au sud-est de Vapour Farm, où le petit groupe de combattants de George Randolph Pearke avait gardé position le 30 novembre 1917, les Allemands occupaient un autre poste solide à Vine Cottage. Avant que le 3e bataillon puisse atteindre Goudberg Spur, Vine Cottage devait être capturé. 

Comme cela avait été le cas le 30 octobre, les terrains marécageux des affluents du ruisseau Lekkerboterbeekont ont fait en sorte que les hommes ont dû mener une lutte acharnée, alors que la compagnie de Barron s’attaquait précisément à Vine Cottage. Lorsque les Canadiens se sont trouvés sous les tirs massifs de pas moins que six mitrailleuses, le caporal Barron s’est réfugié dans un flanc. Prenant une position ouverte, Barron a déposé sa mitrailleuse Lewis et a lancé un jet de tirs précis, assommant méthodiquement une équipe ennemie après l’autre. Deux équipes ayant été éliminées, Barron s’est avancé avec sa baïonnette, éliminant quatre autres ennemis et faisant battre les autres en retraite avant que son peloton puisse le rejoindre. S’emparant de l’une des mitrailleuses ennemies, Barron lui a fait faire demi-tour et a attaqué l’ennemi en déroute avec des tirs dévastateurs. Le point fort à Vine Cottage est alors devenu dans les mains des Canadiens, Goudberg Spur suivant peu de temps après.

Pour ses actions ce jour-là, Colin Fraser Barron a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre au rang de sergent. Barron s’est plus tard enrôlé à nouveau au début de la Deuxième Guerre mondiale, au service du Canada. Il a survécu à cette guerre également et il est décédé à Toronto en 1958. 

 

James Peter Robertson, CV

Soldat James Peter Robertson, CV.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada/C-0026832.

James Peter Robertson est né à Picton County, en Nouvelle-Écosse, en 1883. Il avait presque 32 ans, travaillant comme ingénieur ferroviaire en Alberta, lorsqu’il s’est enrôlé le 14 juin 1915. En Angleterre à l’été de 1916, il a été ajouté à la Lord Strathcona’s. Horse (Royal Canadians), mais il a été envoyé au 11e bataillon d’infanterie de la Réserve deux mois plus tard. Deux semaines plus tard, il a été envoyé comme renforcement au 27e bataillon (City of Winnipeg), se joignant à l’unité en France en novembre 1916. 

Robertson s’est avéré un soldat difficile, son dossier de service indiquant certains de ces moments les plus mouvementés à l’étranger. Peu de temps après son arrivée en France, il a été hospitalisé pour ce que l’on soupçonnait être une grippe, celle-ci s’étant rapidement développé en une ulcération de la langue. Comme ces maux n’étaient pas guéris la deuxième semaine de décembre, on a rapidement déterminé qu’il était atteint de syphilis. Robertson a alors été puni, perdant son indemnité de 50 cents par jour pour la durée de son hospitalisation (54 jours). Les problèmes de Robertson ne se sont pas arrêtés là. En juillet 1917, il a perdu trois jours de paie pour avoir désobéi à l’ordre d’un officier supérieur en se trouvant dans un café durant les heures interdites. En septembre 1917, il a reçu une punition de 10 jours pour infraction d’ivresse.

Le 6 novembre 1917, Robertson était dégagé de toute mesure disciplinaire et de retour au sein du bataillon, prenant part à l’attaque sur le village de Passchendaele. Lorsque l’avancée de son peloton a été prise en échec par des barbelés et des tires de mitrailleuses ennemis, Robertson s’est faufilé pour atteindre le flanc. Chargeant l’arme lui-même, il a éliminé quatre membres de l’équipe dans une mêlée désespérée. Prenant charge de la mitrailleuse qu’il venait de capturer, Robertson l’a retourné et il a fait feu sur l’ennemi maintenant en retraite. Il a ensuite mené l’avancée de son peloton contre la dernière cible avec la mitrailleuse en question dans les bras, l’utilisant à nouveau pour éliminer les groupes ennemis en retraite. Plus tard dans la journée, deux tireurs d’élite canadiens ont été blessés alors qu’ils se trouvaient devant la tranchée. Ignorant le danger, Robertson est sortie de sa cachette et a transporté le premier blessé à un endroit sécuritaire. Lorsqu’il est retourné pour la deuxième victime, on a vu Robertson tomber, présumément blessé, mais il s’est relevé et il a transporté le tireur d’élite blessé. Juste au moment où il atteignait une sécurité relative avec le deuxième homme, un obus a explosé tout près et Robertson a été tué instantanément.

Pour ses actions ce jour-là, James Peter Robertson a reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Enterré sur le terrain, son corps a plus tard été exhumé et enterré à nouveau dans le cimetière Tyne Cot.

Commentaire officiel pour le Croix de Victoria du soldat James Peter Robertson, CV. (dernière entrée dans la colonne de droite avec suite dans le haut de la page 725).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 724.
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 725.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30-31 octobre 1917 – George Randolph Pearkes, VC, DSO, MC, CDG
Une action centenaire

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG

Major George Pearkes, VC, CM, en décembre 1917 montrant son ruban de la CM (il n’avait pas encore reçu son ruban de la CV) et quatre galons de blessé..
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002310.

George Pearkes est né à Watford, en Angleterre. Immigrant au Canada, il a servi cinq ans dans la Police montée du Nord-Ouest avant de s’enrôler à Victoria, en Colombie-Britannique, le 2 mars 1915, au sein du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Le service de Pearkes est un exemple remarquable d’avancement dans les rangs, médailles et blessures à l’appui.

Avant d’embarquer pour l’Angleterre, Pearkes avait déjà été promu caporal suppléant. En septembre 1915, le 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval est atterri en France, où Pearkes a rapidement suivi un cours de la Grenade School, devenant un tireur de bombes. Au début du printemps de 1916, il était lieutenant intérimaire et affecté à la 8e brigade en tant qu’officier de bombardement de brigade. En mai 1916, Pearkes a été hospitalisé avec de graves blessures par balle à la tête et au bras. En septembre 1916, il a été transféré au 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval, devenant rapidement capitaine intérimaire, puis ensuite major intérimaire. En octobre 1916, il avait été blessé à nouveau.

En décembre 1916, Pearkes a reçu la première de plusieurs médailles – la Croix militaire, pour ses actions le 21 novembre 1916 (Voir l’image ci-dessous).

Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 101.

Le 30 octobre 1917, le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a attaqué le flanc gauche de la 8e Brigade d’infanterie canadienne, en bordure du 18e Corps britannique. Le fait de se battre le long d’une frontière tend à créer des avances maladroites et ceci s’est avéré vrai encore une fois lorsque la contrepartie britannique du 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a été incapable de tenir le rythme, créant un flanc ouvert dangereux.

Bien qu’il avait été blessé par des éclats d’obus aux fesses, Pearkes a mené le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval dans des batailles difficiles. Le renforcement entravé par les basses terres marécageuses des affluents de la rivière Lekkerboterbeek (littéralement  « ruisseau de beurre succulent »), les hommes étaient laissés à eux-mêmes pour faire face à des contre-attaques ennemies croissantes. Déterminant que des tirs d’enfilage provenaient d’un point fort appelé « Source Farm », Pearkes a rallié ses hommes et a mené une attaque à la frontière, prenant la place d’assaut. Son bataillon beaucoup moins fort (certaines sources affirment qu’il restait seulement 20 hommes – voir le Bureau canadien des archives de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 69), Pearkes a établi une ligne défensive de « Source Farm » à « Vapour Farm », et ils ont continué à repousser les contre-attaques ennemies. Tout ce temps, Pearkes avait gardé le quartier général du bataillon au courant de la situation au moyen de pigeons voyageurs (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 322).

Réalisant l’importance des gains faits par Pearkes, le général Currie a émis l’ordre qu’à 19 h tous les efforts devaient être déployés pour protéger la ligne. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 323). Lorsque les renforcements du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval ont fait des avancées sur le sol marécageux pour les rejoindre, de nombreux hommes sous les tirs lourds de mitrailleuses ennemies. Ceux qui ont pu continuer ont renforcé la position précaire de Pearkes et ont sauvé la situation.

Pour ses actions et son leadership durant les journées du 30 et du 31 octobre 1917, Pearkes a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à guerre, bien qu’il ait été blessé à cinq occasions distinctes. Il a d’ailleurs reçu plus tard une citation à l’ordre du jour, la Croix militaire, l’Ordre du service distingué, la Croix de Guerre et la Croix de Victoria. Il a terminé la guerre à titre de lieutenant-colonel aux commandes du 116e bataillon (Ontario County) il est demeuré un soldat de métier, servant durant la Deuxième Guerre mondiale. Il a ensuite pris sa retraite et fait son entrée en politique, son dernier poste ayant été celui de ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960.

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG est décédé à Victoria, C.-B., en 1984.

Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du capitaine (major intérimaire) George Pearkes, CM (deuxième entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 722.
Commentaire officiel sur l’Ordre du service distingué du lieutenant-colonel George Pearkes, VC, CM, tiré de son dossier de service.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 102.

30 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

En ce jour en 1917, le Corps expéditionnaire canadien renouvelle son assaut à Passchendaele. Le plan consistait à conquérir ce qui restait de la ligne rouge, et de faire une avancée de 600-700 verges de plus à l’est de la ligne bleue. Sur papier, les Canadiens font face à des positions avec des noms pacifiques trompeurs comme « Vienna Cottage », « Crest Farm » et « Duck Lodge ». Mais à la tombée de la nuit, trois Canadiens s’étaient mérité la Croix de Victoria, tandis que 884 avaient été tués et 1 429 blessés (Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322).

Cecil John Kinross, VC

Soldat Cecil John Kinross, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006734.

Cecil John Kinross d’Uxbridge, en Angleterre, a émigré à Lougheed, en Alberta, où il a travaillé sur la ferme familiale avant de s’enrôler dans le 51e bataillon (Edmonton) en 1915. Une fois en France, il a été transféré au 49e bataillon (régiment Edmonton). En octobre 1916, il a été blessé pour la première fois, recevant des éclats d’obus au bras et au cou.

Le 30 octobre 1917, alors que le 49e bataillon avançait de la ligne rouge à la ligne bleue, la compagnie de Kinross a été arrêtée par des mitrailleurs. Kinross s’est réfugié à l’abri et a retiré tout son équipement. Plus légé, portant seulement son fusil et des cartouchières, Kinross s’est faufilé au travers du champ de bataille criblé de trous d’obus, prenant le mitrailleur par surprise. S’étant rapproché, Kinross s’est levé et a attaqué de plein fouet, tuant l’équipe de six hommes et détruisant l’arme. Soulagé et inspiré par ses actions, la compagnie de Kinross s’est avancée de 300 autres verges, attaquant deux autres points forts.

Plus tard durant la journée, Kinross a été victime d’une explosion d’obus et a souffert de graves blessures au bras droit et à la tempe gauche. Ces blessures l’ont finalement laissé incapable de servir pour des raisons médicales, ce qui a entraîné sa libération en février 1919.

Cecil John Kinross, VC, est décédé à Lougheed, Alberta, en 1957. Le mont Kinross du chaînon Victoria Cross dans les Rocheuses canadiennes a été nommé en son honneur.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise au soldat Cecil John Kinross (dernière entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 724.
Le document « Medical History Of An Invalid » (antécédents médicaux d’un invalide) dans le dossier de service de Kinross indique que ses blessures avaient eu des effets à long terme sur son corps.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 5190 – 38, Numéro d’item : 500752, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hugh McKenzie, VC, DCM

Lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Inverness, en Écosse, Hugh McKenzie a émigré à Verdun, au Québec, en 1911. Six ans de service dans diverses unités d’artillerie à son actif, Hugh s’est enrôlé presque immédiatement, le 12 août 1914.

Le 22 mai 1915, McKenzie est atterri à Rouen, en Franche. Le 11 mars 1916, il a reçu la Médaille de conduite distinguée (voir commentaire dans son dossier de service). Il a plus tard reçu la Croix de Guerre et une commission de lieutenant. S’étant d’abord enrôlé dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI ), il a plus tard été transféré dans la 7e Compagnie canadienne de mitrailleuses sur le terrain.

Commentaire officiel de la London Gazette pour la Médaille de conduite distinguée reçue par Hugh McKenzie, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

Le 30 octobre 1917, alors que le régiment attaquait les carrefours de la crête de Meetcheele, McKenzie et sa section du 7e Corps des mitrailleurs canadiens ont fait des avancées à leur côté en appui rapproché. Lorsque les casemates de mitrailleuses allemandes le long du chemin ont coupé la PPCLI, McKenzie a vu tomber les officiers de son ancienne unité et la compagnie entière a commencé à faiblir. Agissant rapidement, McKenzie a laissé les commandes de sa section à un caporal et il a pris contrôle de l’infanterie. Ralliant la Princess Patricia’s Infantry, McKenzie a pris connaissance des positions et a lancé des attaques de flanc, dont l’une comprenait le sergent Sergeant G.H. Mullin, qui a également reçu une Croix de Victoria pour ses actions. Lorsque ces hommes ont été en position, McKenzie s’est placé à l’avant de l’attaque frontale et ils ont attaqué. McKenzie attirant l’attention de l’ennemi, les équipes d’attaque de flanc ont rapidement profité de la position, mais pas avant que McKenzie soit abattu et meurt.

Pour ces actions cette journée-là, Hugh McKenzie a reçu, à titre posthume, la Croix de Victoria. Son corps a été perdu dans les bourbiers du champ de bataille de Passchendaele durant les batailles qui ont suivi. Son nom figure sur le Monument commémoratif de la Porte de Menin (panneau 31) à Ypres.

Le télégramme envoyé à la femme de Hugh, Marjorie McKenzie, expliquant qu’il a été porté disparu et que l’on croit qu’il a été tué.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 26.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2003.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2004.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Harry Mullin, VC, MM

Sergent George Mullin photographié sur le terrain, affichant le ruban de la Croix de Victoria et un galon de blessé sur son uniforme. Janvier 1918.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada/PA-002361.

George Harry Mullin est né à Portland, en Oregon. Sa famille a déménagé à Moosomin, en Saskatchewan, lorsque George avait deux ans, où il a plus tard travaillé comme fermier avant de s’enrôler. Le 14 décembre 1914, George s’est enrôlé à Winnipeg dans le 32e bataillon, se joignant plus tard à la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI).

En juin 1916, Mullin a subi des blessures par balle au front, à l’oreille et à l’aine. Évacué en Angleterre, il s’est rétabli pendant deux mois, vivant sa convalescence à Dartford et Epsom. Se rejoignant à la PPCLI, Mullin a reçu la Médaille militaire pour la bravoure sur le terrain à la fin de 1916. Il a rapidement été promu de soldat à caporal. En août 1917, il a atteint le rang de sergent.

Le 30 octobre 1917, Mullin et la compagnie de la PPCLI ont été embusqués par les mitrailleuses dans des casemates à la crête de Meetcheele, comme il est décrit relativement au lieutenant McKenzie, VC. Lorsque le lieutenant McKenzie a quitté sa mitrailleuse pour prendre charge de la PPCLI qui faiblissait, le sergent Mullin a été affecté à une patrouille de flanc-garde. Alors que McKenzie se préparait pour le front, Mullin s’est faufilé dans la patrouille par lui-même. Au moment de l’attaque, McKenzie allant de l’avant, Mullin a embusqué et détruit un poste de tireur d’élite, avant de ramper au sommet de la casemate en béton. Avec une vue sur l’ensemble des autres Canadiens, Mullin a utilisé son revolver pour éliminer deux mitrailleurs allemands, avant de descendre de la casemate et de prendre les dix défenseurs qui restaient. La casemate ennemie avant été éliminée, mais pas avant que le lieutenant McKenzie ne soit tiré et abattu lors de son assaut courageux.

Pour ses actions cette journée-là, le sergent Mullin a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre, terminant son service au rang de lieutenant, et il est retourné en Saskatchewan. Il est décédé en 1963.

Le commentaire officiel de la London Gazette pour la Croix de Victoria de George Mullin, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6474 – 21, Numéro d’item : 206507, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 3.

26 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

En ce jour en 1917, Canadiens attaquent Passchendaele. Trois Canadiens recevront la Croix de Victoria (VC).

Thomas William Holmes, VC

Thomas Holmes, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002352.

Né à Montréal, Thomas William Holmes travaillait comme employé de ferme à Owen Sound, en Ontario, lorsqu’il s’est enrôlé dans le 147e bataillon (Grey) en 1915. S’étant joint au 4e bataillon canadien de fusiliers à cheval comme renfort le 7 avril 1917, il a été tiré au bras à la crête de Vimy que quelques jours plus tard. Il a regagné les rangs du bataillon canadien de fusiliers à cheval le 13 octobre 1917, à temps pour la bataille de Passchendaele.

Le soldat Holmes a reçu la Croix de Victoria le 26 octobre 1917, lorsqu’il a pris d’assaut par lui-même une casemate de béton avec son fusil et quelques grenades seulement. Après avoir tué et blessé certains membres des deux groupes de mitrailleurs, il est revenu chercher une troisième grenade auprès de ses compagnons d’armes et il a attaqué la casemate à nouveau, après quoi les 19 occupants qui restaient ont capitulé.

Holmes a survécu à la guerre, terminant avec le grade de sergent. Il s’est embarqué pour le Canada à partir du camp du parc Kinmel le 30 mars 1919, curieusement seulement 25 jours après les massives émeutes canadiennes qui ont eu lieu à cet endroit. En 1935, sa Croix de Victoria a été volée à son domicile à Owen Sound. Thomas William Holmes, VC, est décédé le 4 janvier 1950. Sa Croix de Victoria n’a pas été retrouvée.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise à Holmes tiré de son dossier militaire publié dans la London Gazzette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 4464 – 25, Notes : Victoria Cross, Numéro d’item : 457701, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 53.

Christopher Patrick John O’Kelly, VC, MC

Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002298.

Né à Winnipeg, au Manitoba, Christopher Patrick John O’Kelly s’est enrôlé dans le 144e bataillon (Winnipeg Rifles) en 1916. En tant que membre du 90e régiment de la Milice active, Winnipeg Rifles, O’Kelly est entré au rang préexistant de lieutenant. Le 2 mars 1917, il s’est joint au 52bataillon (New Ontario) outre-mer.

Le 26 septembre 1917, il a mené une patrouille de bombardement contre une mitrailleuse, bombardant les hommes et capturant l’arme, mettant fin à une menace contre leurs flancs. Pour cet acte, O’Kelly a reçu la Croix de Victoria. Quelques jours plus tard, il a été temporairement promu au poste de capitaine par intérim.

Le 26 octobre 1917, après l’échec de l’attaque d’ouverture de son bataillon, O’Kelly a regroupé deux compagnies et ils se sont avancés de 1 000 verges, se protégeant contre les tranchées ennemies et menant d’autres attaques contre des casemates de béton. La compagnie d’O’Kelly a capturé six des casemates, totalisant 100 prisonniers et 10 mitrailleuses. Une contre-attaque a plus tard été repoussée, faisant plus de prisonniers. Durant la nuit, un raid ennemi a été contrecarré, entraînant la capture d’un officier, de dix hommes et d’une mitrailleuse.

Plus tard durant la guerre, le 28 septembre 1918, le capitaine O’Kelly a été frappé à l’aine par une mitrailleuse et ensuite par des éclats d’obus à la jambe alors qu’il était blessé au sol. Évacué à l’hôpital, où on a découvert que son pied était fracturé, la balle de mitrailleuse a été retirée de sa fesse gauche. Malgré tout, il s’est remis de ses blessures.

O’Kelly a survécu à la guerre et il est retourné au Canada. Malheureusement, on croit qu’il s’est noyé durant une tempête sur le lac Seul, district de Kenora, Ontario, en novembre 1922. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Les citations pour la Croix Militaire de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 76.
Les citations pour la Croix de Victoria de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 77.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Shankland, VC, DCM

Robert Shankland, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Ayr, en Écosse, Robert Shankland a immigré au Canada en 1911, s’établissant à Winnipeg, au Manitoba, sur la rue Pine. Avant la guerre, il a travaillé comme commis à la Crescent Creamery Company (il a plus tard demandé qu’une partie de son solde de service soit envoyé directement au caissier de la compagnie).

Le 18 décembre 1914, Shankland s’est enrôlé. À l’âge de 27 ans, après avoir servi au sein du 79e régiment de la Milice active, Shankland a été nommé sergent-major de compagnie au sein du 43e bataillon (Cameron Highlanders of Canada) à son arrivée en Angleterre.

Un mois après son arrivée en France, pour ce qu’il avait fait le 22 juillet 1916, Shankland a reçu la Médaille de conduite distinguée; « Pour un acte insigne de bravoure consistant à se porter volontaire pour mener une troupe de brancardiers, sous un feu de mortier très dense, et à ramener des hommes blessés et partiellement enterrés. Son courage et son dévouement ont été grandement remarqués. » (traduction libre d’un article de The London Gazette, 18 août 1916, suppplément : 29713, page 8248).

Le 26 octobre 1917, le 43e bataillon a participé à l’ouverture des attaques dans la bataille de Passchendaele. En dépit d’un succès initial, alors que les 43e et 58e bataillons atteignaient l’objectif de la ligne rouge pointillée, les Allemands ont utilisé de l’artillerie lourde sur leurs anciennes positions (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 319). Maintenant lieutenant, Shankland a agi rapidement alors que la brigade entière commençait à faiblir et a battu en retraite. Réunissant des renforts désordonnés pour renforcer son propre peloton, Shankland a légèrement pris le dessus à l’éperon de Bellevue. Les hommes de Shankland sont demeurés fermes, permettant au 52e bataillon (New Ontario) d’avancer et de rétablir le front pendant que d’autres compagnies contournaient le terrain par le sud et attaquaient des casemates ennemies, puisqu’ils travaillaient pour le groupe de Shankland et étaient armés de grenades à fusil et de mitrailleuse Lewis. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 320).

Pour ses actions ce jour-là, Shankland a reçu la Croix de Victoria. Au cœur de la bataille, malgré un coup de feu reçu dans le dos, Shankland est demeuré au front. Des blessures semblables à la tête et au cou subies en novembre 1917 n’ont été signalées qu’après la guerre, durant son examen médical avant la démobilisation.

La rue Pine à Winnipeg, Manitoba, a plus tard été renommée le chemin Valour, puisque le domicile de Shankland et de deux autres personnes ayant reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale (Leo Clarke et Frederick Willian Hall) s’y trouvait. Shankland a servi aussi durant la Deuxième Guerre mondiale avant de prendre sa retraite et d’aller vivre à Vancouver. Il est décédé le 20 janvier 1968.

La citation officielle de la Croix de Victoria de Robert Shankland (dernière entrée, en bas de la colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, Date de publication: 14 décembre 1917, Supplément: 30433, Page: 13222.

Bataille de Passchendaele
Une action centenaire

« Champ de boue après la bataille de Passchendaele. »
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-040139.

Le Corps canadien est entré dans la bataille de Passchendaele en octobre 1917, après un printemps et un été de grandes victoires à Vimy et à la cote 70. Ils étaient confiants, bien entraînés et, plus important encore, reposés. La bataille de Passchendaele durait déjà depuis la fin de juillet et avait détruit des milliers de troupes britanniques pour prendre la crête qui a donné son nom à la bataille. Accablée par le mauvais temps, la bataille de Haig ne s’est pas bien déroulée. En octobre, il était devenu évident qu’ils auraient besoin de plus d’hommes pour renforcer la cinquième armée britannique.

La plan original consistait à ce que le Corps canadien attaque à nouveau Lens, la ville qu’il n’avait pas réussi à prendre à la fin de la campagne de la cote 70 en août. Haig a toutefois rencontré Currie à la place pour expliquer que le Corps était nécessaire à Passchendaele. Ici, Currie a tiré le maximum de la position du Corps dans la structure politique des alliés. Le Corps ne serait pas suborné par Gough et la cinquième armée puisque Haig a fourni une artillerie plus lourde et Currie a planifié l’attaque lui-même. Même dans ce cas, Currie avait prévu que le Corps perdrait probablement autour de 16 000 hommes, dont ils avaient tant besoin à Passchendaele.

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

L’attaque canadienne a débuté le 26 octobre à 5 h 40 avec un barrage roulant alors que la troisième et la quatrième divisions ont commencé leur avancée. La communication était problématique et la boue, souvent aussi haute que la taille, entravait le mouvement vers l’avant. Il a fallu deux jours, mais les premiers objectifs, y compris l’éperon de Bellevue, ont été atteints avant le 27 octobre. La phase suivante de la bataille en quatre parties a commencé le 30 octobre, à nouveau avec la troisième et la quatrième divisions. Les avancées le 30 octobre ont été plus petites, et le barrage roulant a été un succès, particulièrement au front de la troisième division.

La troisième et la quatrième parties de l’avancée ont eu lieu après que les divisions ont été relayées, et la première et la deuxième divisions ont commencé leur travail le 6 novembre. Il était facile de se perdre au front à Passchendaele, même avec une carte, et un membre du Corps canadien s’est retrouvé par accident en terrain allemand et a révélé la date de la prochaine attaque – 6 novembre. Même avec cet avertissement, le barrage canadien a été suffisamment fort pour que les divisions puissent avancer de façon plutôt sécuritaire et, à la fin de la journée, le village de Passchendaele avait été capturé. Au 10 novembre, les dernières forces allemandes avaient été entièrement repoussées de la crête et l’offensive avait été annulée – Haig a déclaré victoire.

La prédiction de Currie était correcte. Le Corps canadien a perdu 16 404 hommes à Passchendaele. Bon nombre des blessés laissés sur le champ de bataille se sont noyés dans la boue et l’eau avant de pouvoir être secourus. Au total, Passchendaele a coûté la vie à 275 000 hommes de la Grande-Bretagne et du Dominium, comparativement à 220 000 victimes allemandes. Un prix élevé pour la victoire.

Avancements technologiques|

– Currie et ses commandants ont planifié la bataille de Passchendaele en 14 jours; en comparaison, la planification pour Vimy a pris trois mois et un mois pour la cote 70. En 1918, Currie a planifié ses deux cents assauts en moins de temps encore. Le Corps était devenu une armée professionnelle bien entraînée et avait besoin de moins en moins de temps pour s’entraîner.

– Currie a compris que l’artillerie et son utilisation étaient essentielles au succès des soldats sur les lignes de front. Sans un barrage roulant réussi et un fort soutien, les hommes étaient pris à leurs lignes et étaient des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes.

– Comme à Vimy, le transport pour se rendre et quitter Passchendaele était essentiel; le Corps de l’intendance de l’Armée canadienne et des ingénieurs ont d’ailleurs passé les 14 jours avant la bataille à bâtir des centaines de mètres de routes et de caillebotis dans un geste désespéré de créer des chemins sur lesquels ils pourraient marcher dans la boue. Dans bien des cas, les caillebotis ont sauvé des vies, puisque ne pas les suivre signifiait la noyade. Les équipes de transport de l’artillerie travaillaient la nuit pour déplacer les armes requises pour la bataille, et des milliers de chevaux et de mules ont été tués en service.

À noter|

Major Talbot Mercer Papineau,  a été tué le 30 octobre 1917, durant son service au sein de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI). Papineau, petit-fils du fameux patriote, Louis-Joseph Papineau, est surtout connu pour les lettres publiques envoyées à son cousin Henri Bourassa qui demandaient le soutien de l’effort de guerre. Papineau a été frappé par un obus et son corps n’a jamais été retrouvé.

Neuf Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions à Passchendaele. Lors du centenaire, un récit complet des actions des bénéficiaires de la croix sera disponible en cliquant sur les hyperliens par-dessus de leurs noms.

Soldat Thomas Holmes, VCa reçu la Croix de Victoria pour ses attaques sur une série de nids de mitrailleuses le 26 octobre 1917. Résident d’Annan, en Ontario, Holmes était fermier avant de s’engager en 1915. Il a servi avec le quatrième CMR et avait 19 ans lorsqu’il a reçu la Croix de Victoria. Holmes a survécu à la guerre et est décédé en 1950. Sa Croix de Victoria a été volée dans un cambriolage à domicile dans les années 1930.

Christopher O’Kelly, VC, MC – 26 octobre 1917

Robert Shankland, VC, DCM – 26 octobre 1917

Cecil Kinross, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 30 octobre 1917. Kinross a attaqué à lui seul un nid de mitraillettes avec rien d’autre que son fusil, permettant à sa compagnie de faire une avancée de 300 verges. Kinross a été blessé à Passchendaele, mais a survécu à la guerre.

Hugh McKenzie, VC, DCM – 30 octobre 1917

George Mullin, VC – 30 octobre 1917

George Pearkes, VC, DSO, MC, CDG – 30-31 octobre 1917

Colin Barron, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 6 novembre 1917. Barron a attaché un nid de mitraillettes qui empêchait son unité d’avancer, tuant l’équipe, et retournant son arme contre l’ennemi. Il a survécu à la guerre et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du Royal Regiment of Canada.

James Robertson, VC – 6 novembre 1917

 

 

Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, VC, DSO
Une action centenaire

Le Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, 9e Bataillon, Régiment de Leicestershire. © IWM (VC 85)

En ce jour en 1917, le Canadien Philip Bent, D.S.O. reçoit la Croix de Victoria pour ses actions lors de la bataille du bois du Polygone.

Né en 1911 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Philip a plus tard fréquenté l’école au Royaume-Uni. En 1907, il s’est joint à la Marine marchande, mais s’est rapidement enrôlé dans l’armée britannique lorsque la guerre a éclaté, en 1914. Il s’est élevé dans les rangs, et en juillet 1915, il était en route vers le front occidental en tant qu’officier chargé du régiment de Leicestershire. Deux ans plus tard, après avoir reçu l’Ordre du service distingué en juin 1917, Bent servait temporairement à titre de Lieutenant-Colonel durant la troisième bataille d’Ypres, où il a mené une contre-attaque près du bois du Polygone, à Zonnebeke, en Belgique, le 1er octobre 1917. Tué en menant l’attaque, le corps du Lieutenant-Colonel Bent a été perdu durant les combats subséquents, et il n’a donc pas de tombe connue. Sa mémoire est honorée au Mémorial aux soldats disparus de Tyne Cot, au cimetière de Tyne Cot près d’Ypres, en Belgique.

La citation de sa Croix de Victoria se lit comme suit:

The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 722.
The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 723.

 

Corporal Filip Konowal, V.C. 
Une action centenaire

Filip Konowal, à Londres, avant de recevoir sa Croix de Victoria.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006732.

22-24 août 1917

Filip Konowal photographié à Londres après avoir reçu la Croix de Victoria.
© IWM (Q 69170)

Filip Konowal a immigré au Canada, en provenance de la Sibérie, en 1913. Né dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine, Konowal avait servi comme instructeur de combat à la main et à la baïonnette dans l’armée impériale russe avant de travailler comme bûcheron dans une compagnie d’exploitation du bois en Sibérie. En 1916, il s’est enrôlé dans le 77e Bataillon (Ottawa), mais une fois outre-mer, il a été transféré dans le 47e Bataillon  (Colombie-Britannique).   

Durant les batailles de la côte 70 et de Lens, Konowal a servi au sein d’un groupe de ratissage, avançant derrière la première vague, se débarrassant des pochettes de résistance ennemie encore présentes. À plusieurs occasions, Konowal est descendu seul dans les sous-sols et les caves sombres qui avaient été convertis en postes de mitrailleuses, attaquant des équipages ennemis entiers avec des massues et des baïonnettes, émergeant chaque fois sans une seule égratignure. À un certain moment, il a foncé sur un groupe de sept soldats qui se déplaçaient à vue, les abattant tous (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Durant l’une de ses dernières actions, il a pénétré dans un tunnel près de Fosse 4, lançant deux charges d’ammonium sur une garnison avant de foncer sur elle avec une baïonnette, et éliminant le poste entier (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Le corporal Konowal a peu après été grièvement blessé par un coup de feu au cou et à la figure. Il a été évacué, a récupéré et a même servi au sein du Corps expéditionnaire canadien en Sibérie plus tard durant la guerre. 

Cependant, tout comme cela fut le cas pour un autre récipiendaire de la Croix de Victoria, le soldat Michael O’Rourke, la vie du corporal Filip Konowal après la guerre a été marquée par la tragédie. Le jour après avoir mené la Parade de la paix des vétérans au travers des rues du centre-ville d’Ottawa, le 19 juillet 1919, Konowal allait être accusé du meurtre au couteau de William (Vasyl) Artich à Hull, au Québec. L’ami de Konowal, Leonti Diedek, avait été attaqué par Artich, et Konowal a porté secours à Diedek. Durant la lutte qui s’en est suivie, durant laquelle Artich a frappé Konowal sur le crâne et a ensuite coupé et poignardé son bras, Konowal a pris le contrôle du couteau, frappant Artich une seule fois, droit au cœur. Lorsque la police est arrivée, Konowal se tenait calmement sur la scène du crime et a affirmé de façon stoïque: « J’en ai tué 52 (à la guerre), c’est le 53» (Sorobey, “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero, Canadian Military History, Vol. 5: Iss. 2, Article 6).  

Un plus vieux Filip Konowal, photographié après la guerre. Les cicatrices et les traumatismes de ses blessures sont devenus plus évidents alors qu’il a pris de l’âge.
Crédit: Vladimir J. Kaye/Bibliothèque et Archives Canada/C-010023.

Mis au banc des accusés, Konowal a reçu un soutien inébranlable de la part de l’Association des vétérans de la Grande Guerre (un précurseur à la Légion royale canadienne), et des fonds ont été amassés pour assurer sa défense. Il a été déterminé que les blessures et traumatismes soufferts par Konowal durant la guerre avaient causé du dommage à son cerveau, donnant lieu à des hallucinations et des sautes d’humeur dramatiques. (Parfois, il croyait qu’il était encore à la côte 70, et les étrangers étaient des ennemis attaquant ses hommes) Reconnu comme n’étant pas criminellement responsable du meurtre, Konowal a été admis à l’hôpital Satin Jean de Dieu de Montréal (maintenant nommé Institut universitaire  en santé mentale de Montréal) le 27 avril 1921. 

Approximativement sept ans plus tard, après un traitement progressif et un rétablissement stupéfiant, Konowal a été relâché. Trouver un emploi tout comme le monde glissait dans la Grande Dépression était particulièrement difficile, mais grâce à un heureux hasard, Konowal a trouvé un poste au sein du personnel d’entretien des édifices du parlement. Lors d’une autre rencontre fortuite, William Lyon Mackenzie King, le premier ministre de l’époque, a remarqué les rubans de médailles épinglés à l’uniforme d’entretien de Konowal, incluant le ruban cramoisi de la Croix de Victoria. À partir de ce moment, Konowal fut assigné comme concierge personnel et messager de la chambre no.16, soit le bureau du premier ministre sur la Colline du Parlement. 

Plusieurs années plus tard, des groupes de vétérans et des branches de la Légion royale canadienne allaient être nommés en l’honneur de Filip Konowal, et plusieurs plaques allaient être érigées à travers le pays. Des fonds allaient aussi être recueillis afin de l’aider à aller en Angleterre pour rencontrer la famille royale lors du centenaire de la création de la Croix de Victoria. Plus récemment, la ville natale de Konowal en Ukraine, Kutkivtsi (Kudkiv), a dévoilé un grand mémorial de pierre et de bronze à son nom; la ville de Lens, en France, a dévoilé une plaque et un bas-relief; et le nouveau mémorial de la côte 70, dévoilé en avril 2017, inclut un chemin nommé « chemin Konowal ». Il semblerait aussi que, malgré qu’il ait cru qu’elles avaient été tuées lors des purges de Stalin, la femme et la fille de Konowal avaient en effet survécu, et que ses petits-enfants seraient encore vivants aujourd’hui à Kutkivtsi (Kudkiv), en Ukraine.  

Filip Konowal, décédé le 3 juin 1959, est enterré au cimetière Notre-Dame-de-Lourdes à Ottawa, en Ontario.  

La citation officielle pour la médaille de Filip Konowal, alors caporal, V.C (deuxième à partir du bas, colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  23 novembre 1917, supplément:  30400, page: 12329.

Pour une histoire plus complète de la vie du corporal Filip Konowal, V.C., consultez: Sorobey, Ron (1996), “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero,Canadian Military History: Vol. 5 : Iss. 2 , Article 6.  Disponible au: http://scholars.wlu.ca/cmh/vol5/iss2/6 

Note de l’éditeur – Il existe quelques contradictions au sujet des dates durant lesquelles les actions qui ont mené à la Croix de Victoria de Konowal ont eu lieu. Plusieurs sources affirment que cela s’est déroulé sur une période de deux jours, du 22 au 24 août 1917. Cependant, son rapport de service indique que Konowal aurait été sérieusement blessé le 21 août 1917 et admis à l’hôpital. Il est clair que Konowal a été gravement blessé à un certain moment durant la bataille, mais si ses actions ont eu lieu durant le ratissage de l’attaque de Lens, alors les dates du 22 au 24 août 1917 sont plus plausibles. L’attaque de Lens n’a pas débuté avant les petites heures du matin le 21 août 1917. Toutefois, dans le brouillard du combat dans les tranchées, il est possible que Konowal se soit trouvé à se battre la journée avant que l’attaque de Lens ne commence officiellement, et cela pourrait avoir été pris en considération dans la « période de deux jours ».  

 

 

 

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C. 
Une action centenaire

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C., (D) et le soldat Michael James O’Rourke, V.C., M.M., (G) à Londres, après la réception de leurs Croix de Victoria (celle d’O’Rourke peut être vue, épinglée sur sa poitrine). 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006656.

21 August 1917

CSM Robert Hanna, V.C.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Robert Hanna a immigré au Canada depuis Kilkeel, en Irlande, en 1905. Lorsque la guerre a éclaté, il s’est enrôlé au sein du 29e Bataillon (Vancouver) le 7 novembre 1914. En août 1917, il s’était déjà élevé au rang de sergent-major de compagnie (CSM) lorsque, durant une tentative pour saisir un certain nombre de tranchées au sommet de la côte 70, tous les officiers de la compagnie « B » ont été faits victimes. La commande de cette force en détresse est donc passée aux mains du CSM Hanna. Dans une position précaire, la compagnie voisine « C », et maintenant la compagnie «B » d’Hanna, accumulaient un nombre croissant de pertes dues à une ligne ennemie défensive centrée à l’entour d’un poste de mitrailleuse. Ayant déjà vu les trois attaques précédentes échouer,  le CSM Hanna a tout de même rassemblé un petit groupe d’hommes, le menant dans une avancée au travers d’enchevêtrements de fils barbelés et de tirs ennemis. Atteignant le poste de mitrailleuse, Hanna a mené la charge jusqu’à la fin, attaquant trois des membres de la troupe avec sa baïonnette et le quatrième avec la crosse de son fusil (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). Durant une courte pause, Hanna et les quelques hommes qui avaient survécu ont créé une position de blocage dans le système de tranchées, avant que les Allemands ne lancent une série de contre-attaques. Chaque nouvelle attaque a été refoulée par la petite bande de Canadiens menée par le CSM Hanna, et ils ont tenu bon jusqu’à ce que du renfort arrive plus tard ce jour-là (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). 

Pour ses actions immédiates, son leadership et ses habiletés au combat cette journée-là, le sergent-major de compagnie Robert Hanna a reçu la Croix de Victoria. Il allait survivre à la guerre, retournant en Colombie-Britannique, au Canada. Il est décédé le 15 juin 1967 et est enterré au Masonic Cemetery, à Burnaby, en Colombie-Britannique. Sa tombe a depuis reçu une pierre tombale traditionnelle de la Commonwealth War Graves Commission (Commission des tombes de guerre du Commonwealth).   

 

La citation officielle de la médaille pour le CSM Robert Hanna, V.C. (avant-dernière au bas de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  6 novembre 1917, supplément:  30372, page: 11568.