4-6 decembre 1917 – Finale de la Bataille de Cambrai

Construction du mémorial terre-neuvien à Masnières en 1925.
Crédit: « The Rooms ». « Thomas Blair Browning fonds. Fonds MG 24, Item B 20-132, 1925. »

« The story of the defence of Masnières and of the part which the Newfoundland Battalion played in it is one which, I trust, will never be forgotten on our side of the Atlantic. » – Field Marshal Sir Douglas Haig

Cette semaine marque le 100e anniversaire de la fin de la première bataille de Cambrai (20 novembre – 7 décembre 1917). Au terme de la bataille, les Anglais ont abandonné la plupart des terrains conquis le 20 novembre. Cette attaque dont le succès initial avait été célébré par toutes les cloches des églises en Angleterre se terminait par un repli général. La pilule est amère.

Exhumation des corps des Terre-Neuviens Lieutenant Walter Green et Second Lieutenant James Tobin, dont nous avons partagé l’épitaphe le 22 novembre.
Crédit: « The Rooms ». « Gerald Joseph Whitty collection. Collection VA 157, Item VA 157-20, [after 20 Nov. 1917]. »
La bataille de Cambrai a eu un impact important sur le Régiment de Terre-Neuve, au point que les Terre-Neuviens ont érigé l’un de leurs six mémoriaux couronnés d’un caribou à Masnières. Au total, 110 hommes ont perdu la vie et 352 ont été blessés au cours de l’attaque et de la défense subséquente au cours de l’offensive de Cambrai. Deux semaines après la bataille, le roi George V a ajouté la dénomination « Royal » au Régiment de Terre-Neuve, honneur décerné trois fois seulement pendant que la Grande-Bretagne était encore en guerre (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 423).

 

3 decembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, les Allemands ont renouvelé leur contre-attaque devant Cambrai. Tenant le coup à Marcoing depuis le 30 novembre, les Terre-neuviens subissent de terribles tirs d’obus. Des sections entières de la tranchée sont écrasées et les hommes sont projetés à l’extérieur de leurs postes par les explosions (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Refusant de perdre du terrain face à l’ennemi, le sergent Leo Fitzpatrick, de Conche, Terre-Neuve, s’est mérité la Médaille de conduite distinguée.

Sergent Leo Joseph Fitzpatrick, DCM, MM.
Crédit: Dennis Ruhl, « Great Canadian War Project », 2012.

Ayant déjà reçu la Médaille militaire huit semaines plus tôt durant la bataille de Poelcappelle, Fitzpatrick s’est porté volontaire pour diriger une escouade afin de reprendre une section perdue de la tranchée. Durant l’action qui a suivi, il a sauvé un officier qui avait été blessé et laissé derrière, il a battu en retraite et il est ensuite retourné avec des grenades pour faire sortir l’ennemi de la tranchée (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422).

Même s’il avait été repoussé jusqu’au côté ouest de l’écluse le long du canal, le régiment de Terre-Neuve a réussi à tenir le coup à Marcoing pour la journée. Pour leurs actions, la Médaille militaire a été remise à de nombreux soldats, dont trois brancardiers – les soldats William Fowlow, Hubert Dibben et John Hennebury (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Pour leur bravoure ce jour-là, le régiment terre-neuvien a perdu un officier et soixante-dix autres soldats ont été tués, blessés ou emprisonnés.

Le jour suivant, le 4 décembre 1917, le général Byng a ordonné un retrait général des unités de soutien à la ligne Hindenburg, établissant ce qui a été considéré comme une ligne plus forte pour l’hiver, malgré la perte des nombreux objectifs durement atteints de l’attaque à Cambrai (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 423). Pour les Terre-neuviens qui avaient été libérés la nuit du 3 décembre, il aurait été difficile de physiquement voir le retrait de Marcoing et Masnières.

“A British tank of “F” Battalion after it had crashed into St Quentin Canal destroying the vital bridge at Masnieres. Field Marshal Haig’s Cambrai Despatch gave the collapsed bridge at Masnieres as the reason for the cavalry’s failure to cross the canal in sufficient strength.”
© IWM (Q 568296

 

Argot de la Première Guerre Mondiale
« Blue Puttee »

 

« Entre frères »
Comme seulement des capotes étaient fournies par le Canada, le reste des premiers uniformes des Terre-neuviens étaient composés de divers vêtements civils et militaires.
Crédit : The Rooms. Collection MG 110, article A 8-85, 1914.

En l’honneur du rôle qu’a joué le Royal Newfoundland Regiment dans l’attaque sur Cambrai du 20 novembre au 6 décembre 1917, le terme familier décrivant le régiment est « les Blue Puttees ».

Après que la guerre ait éclaté en 1914, les Terre-neuviens ont soudainement eu besoin de vêtements pour des centaines de bénévoles et ils n’avaient pas d’uniformes en stock ni de tissu approprié pour les faire eux-mêmes. En désespoir de cause, le comité du matériel de la Patriotic Association a engagé des fabricants de vêtements locaux pour créer des uniformes, des sous-vêtements, des tapis de sol et des couvertures le plus rapidement possible (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 110). Comme il n’y avait pas de laine de couleur kaki pour faire les jambières, du tissu bleu marin a été utilisé à la place.

« Soldats s’exerçant à donner les premiers soins. »
Les premières pénuries de vêtements ont entraîné une myriade d’uniformes en 1914.
Crédit : The Rooms. Série, article E 19-25, 1914. Holloway, Robert Palfrey, 1887-1917; Holloway Studio (St. John’s, T.-N.).

Par conséquent, les 500 hommes du premier contingent du régiment de Terre-Neuve ont quitté St. John’s en octobre 1914 avec des jambières bleues. Comme ils étaient les seuls Terre-neuviens équipés de jambières de cette couleur, ces dernières sont devenues un badge d’honneur.

Pour être un « Blue Puttee », il fallait donc être un membre des fameux 500 soldats (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 110).

Pendant de nombreuses années après la guerre, les anciens combattants du régime terre-neuvien, fiers d’être des « Blue Puttees », se sont réunis annuellement le 4 octobre, date qui marque l’anniversaire du départ du premier groupe de 500 hommes de St. John’s en 1914.

30 novembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, après avoir massé leurs troupes, les Allemands ripostent contre l’offensive à Cambrai. À un moment donné sur la ligne, quatre divisions britanniques font face à neuf divisions allemandes. Frappant fort en provenance de l’est, les Allemands ont l’intention de foncer sur le flanc britannique et d’ensuite se diriger vers le nord, nettoyant entièrement la saillie. Pris par surprise, le régiment terre-neuvien fonce vers l’avant alors que des combats désespérés éclatent le long de la ligne.

Avec seulement une nuit de repos, le matin du 30 novembre, le régiment de Terre-Neuve est envoyé pour relayer une unité à Masnières. Pris dans le barrage d’ouverture avant la contre-attaque des Allemands, les compagnies terre-neuviènes se dirigent vers l’avant une à une, chargées de se faire un chemin jusqu’au point de rassemblement.

Approchant du taillis de Marcoing, s’attendant à rencontrer les unités alliées de la 88e brigade, les Terre-neuviens sont plutôt tombés sur les Allemands qui s’avançaient. Leur riposte en chargeant cause une mêlée sauvage de tirs de baïonnettes et les Terre-neuviens font reculer progressivement l’avance allemande vers le sud, à l’aide des autres unités de la 88e brigade. Au beau milieu de toute cette activité, le capitaine J. K. McConnell, major de brigade, galope de long en large le long de la ligne, chevauchant à cru sa monture, dirigeant la défense (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 420). À la fin de la journée du 30 novembre, la 88e a repoussé l’ennemi de presque un mile. Les Terre-neuviens sont toutefois lourdement touchés, ayant perdu un officier et 130 autres soldats.

Le jour suivant est marqué par des tirs de mitrailleuses ennemies et des tirs d’embuscade alors que les forces du Commonwealth se cantonnent désespérément dans leurs positions précaires le long du canal St-Quentin. La situation est sauvée pour l’instant, mais moins de vingt-quatre heures plus tard, une autre contre-attaque allemande redéclenche la crise.

« Car used by a British official camera team evacuating refugees from Masnieres during the German counter-attack in the Cambrai sector, November 1917. »
© IWM (Q 3203)

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie VI

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 15.

« We Have Passed From Death Unto Life Because We Love The Brethren »

Épitaphe du soldat Ernest Fisher, numéro régimentaire 3516, Royal Newfoundland Regiment, 29 novembre 1917 (âgé de 18 ans).

Ernest, un boucher de St. John’s, s’est enrôlé le 6 mars 1917. Il a débarqué à Rouen, en France, le 27 septembre 1917, se joignant au Newfoundland Regiment alors qu’il se préparait pour la bataille de Poelcappelle au début du mois d’octobre.

Participant à la bataille de Cambrai, Ernest a été blessé le 21 novembre 1917 et a été admis au poste d’évacuation des blessés pour des coups de feu à la poitrine. Il est mort de ses blessures huit jours plus tard, le 29 novembre 1917.

Le soldat Ernest Fisher est enterré au cimetière britannique Rocquigny-Equancourt Road, à Manancourt, Somme, en France.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 12.