1 avril 1918 – Lieutenant James David Moses

Portrait en studio du Lt. Moses, en uniforme alors qu’il était membre du 114ème « Brock’s Rangers » (Haldimand) Bataillon.
Courtoisie : La famille Moses.

En ce jour en 1918, le Lieutenant James David Moses a été tué au combat alors qu’il servait dans la « Royal Air Force ». Moses, de la bande Delaware des « Six Nations of the Grand River Territory », est né le 10 juin 1891. Il était enseignant avant de s’enrôler, et a d’abord été officier au sein des 114ème « Brock’s Rangers » (Haldimand) et 107ème « Timber Wolf » (Winnipeg) Bataillons, pour ensuite devenir mitrailleur de bord et observateur avancé d’artillerie dans la 57 Escadron, « Royal Flying Corps ». Le 1 avril 1918, il était porté disparu, et son décès devait être confirmé par la suite. Malheureusement, la dépouille du Lt. Moses’ n’a jamais été retrouvée, et son nom est gravé sur le « Arras Flying Services Memorial ». Coïncidence malheureuse, le 1 avril 1918 était également la date officielle de création de la « Royal Air Force » (RAF) nouvellement constituée, et il semblerait donc que l’un des premiers membres de la fameuse RAF tombé au combat ait été en fait un Autochtone du Canada. Le Lieutenant James David Moses était alors âgé de seulement 26 ans.

Avisé du sort de son fils, le père éploré de James’, Nelson Moses, a écrit le poème « The Missing Airman ».
Courtoisie: La famille Moses.
Le télégramme « disparu au combat » reçu par le père du Lt. Moses’ le 5 avril 1918.
Courtoisie: La famille Moses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2017, notre groupe du Prix Beaverbrook Vimy a pu visiter le « Arras Flying Services Memorial » et rendre hommage au Lt. Moses.
Mention : Katy Whitfield, La Fondation Vimy 2017.
Mention : Katy Whitfield, La Fondation Vimy 2017.
Lt. Moses et des collègues officiers du 107ème « Timber Wolf » Bataillon, dont le futur brigadier et magistrat Oliver Milton Martin. Le 107ème Bataillon était l’une des deux formations canadiennes composées en grande partie d’Autochtones, l’autre étant le 114ème Bataillon auprès duquel Martin et Moses s’étaient enrôlés au départ.
Courtoisie: La famille Moses.

mars – avril 1918 – Les Canadiens en vol pendant l’Opération Michael
Une action centenaire

« Avion biplan R.E.8 de l’No. 59 Squadron en vol le 15 mai 1918. »
© IWM (Q 12172)

Les forces terrestres alliées se relevant de l’Operation Michael, un grand nombre d’escadrons aériens sont envoyés en urgence en renfort au sol. L’ennemi se déplaçant maintenant à découvert, le mitraillage et le bombardement à basse altitude sont de mise dans une tentative désespérée des Alliés de ralentir la progression de l’ennemi (Wise, Canadian Airmen and the First World War, p. 492-493).

« Le 52 Escadron Lieutenant T.E. Logan de New Glasgow, Nouvelle-Écosse, à bord de son RE8 au-dessus de Contescourt… découvre que le village est envahi d’unités de transport allemandes. Le pilote lâche huit bombes à une altitude de 350 pieds dont « l’effet est excellent » et longe la route de Contescourt-St Simon en direction de l’ouest à une centaine de pieds d’altitude et découvre que la route est aussi « bloquée par des unités de transport et d’infanterie » en progression. L’observateur tire quelque 250 cartouches sur ces unités avant que Logan soit atteint trois fois par des tirs antiaériens terriens; malgré ses blessures, le lieutenant T.E. Logan réussit à poser son avion derrière le front britannique. » (Wise, Canadian Airmen and the First World War, p. 496).

« Le pilote et le tireur du ‘Destiny II’, avion biplan R.E.8 de l’No. 52 Escadron, RFC, se préparent à décoller. »
© IWM (Q 3912)

Combat aérien à l’été de 1917
Une action centenaire

Dans les semaines précédant la lancée de la grande offensive connue sous le nom de Troisième bataille d’Ypres/bataille de Passchendaele ( du 31 juillet au 10 novembre 1917), les commandants britanniques cherchaient à obtenir une supériorité sur l’espace aérien au-dessus du champ de bataille. Cela était essentiel pour la protection de la reconnaissance et le repérage des avions, ainsi que pour l’artillerie et l’infanterie au sol. Conséquemment, les nombreux services des branches aériennes avaient reçu comme instructions d’attirer l’ennemi dans des batailles aériennes. De telles batailles aboutissaient en une masse d’avions tournoyant, plongeant et effectuant des boucles à travers le ciel, comme un essaim d’abeilles mécaniques. Un bon exemple de ce chaos: une seule bataille au-dessus du Bois du Polygone le 26 juillet 1917 a vu un total de quatre-vingt-quatorze avions monoplaces s’engager dans un combat féroce à travers 12 000 pieds d’espace aérien (Collishaw, The Black Flight, p. 139).

Le major Raymond Collishaw, commandant, à bord d’un avion Sopwith F.1 Camel de l’escadron no. 203, R.A.F., Izel-le-Hameau (ferme Filescamp Farm), France, 12 juillet 1918.  
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002788.

Le jour suivant, une bataille stratégique allait se dérouler à l’est d’Ypres, impliquant nombre de soldats canadiens, dont Raymond Collishaw de Nanaimo, en Colombie-Britannique, qui était alors en service dans la division B de l’escadron naval no.10 du Royal Naval Air Service. Ayant déjà reçu la Croix de guerre française et une Croix du service distingué, Collishaw avait une feuille de route impressionnante à l’été 1917, livrant bataille au Jagdgeschwader1le « cirque volant » de Manfred von Richthofen.

Le 27 juillet 1917, le plan était d’envoyer des F.E.2d plus lents et moins agiles au-dessus des lignes ennemies afin de leurrer les avions allemands vers l’ouest, sur les lieux d’un point de rendez-vous déterminé (Collishaw, The Black Flight, p. 140). « Les FE allaient alors faire demi-tour et se battre, et des formations écrasantes d’avions de combat allaient s’abattre sur les Allemands… » (Collishaw, The Black Flight, p. 140).  

Par conséquent, le 27 juillet 1917 à 18 h 15, sept F.E.2d britanniques de l’escadron no. 20, Royal Flying Corps, se sont dirigés vers les lignes allemandes. Au-dessus de Menin, près de 32 kilomètres derrière les lignes ennemies, approximativement 24 avions de combat Albatros les ont accueillis. Plutôt que de se placer dans leur formation défensive circulaire habituelle, les F.E.2d, qui étaient en infériorité numérique importante, ont fait demi-tour et ont tenté de se rendre vers les lignes alliées, espérant attirer avec eux les Albatros allemands. Atteignant le lieu du rendez-vous, au-dessus du Bois du Polygone, « au moment où les F.E. étaient arrivés ici, se battant toujours furieusement contre leurs attaquants, un nombre important de machines allemandes s’étaient jointes au peloton. Les attendant, se trouvaient pas moins de 59 avions de combat alliés… » (Collishaw, The Black Flight, p. 141). Plongeant dans les masses formées plus bas, ce qui a suivi pourrait être considéré comme un pur chahut, tel que décrit par Collishaw:   

« J’ai plongé sur une formation de trois Albatros D-V, en ciblant un et commençant à lui tirer dessus… le pilote, j’en suis sur, a été atteint, mais autre chose aussi, puisque les ailes se sont pliées et l’Albatros s’est mis à planter directement vers le sol, perdant des pièces tout au long de sa descente. D’un côté, j’ai vu un autre avion de combat allemand être abattu… et alors une demi-douzaine d’avions ennemis se sont mis à plonger sur moi depuis très haut dans le ciel » (Collishaw, The Black Flight, p. 141-2).   

La London Gazette du 11 août 1917, annonçant l’attribution de la Croix du service distingué au sous-lieutenant de vol Ellis Reid. L’inscription de Reid est l’avant-dernière de la colonne de gauche. Notez qu’à l’époque, il est inscrit comme manquant à l’appel. Son surnom est aussi épelé incorrectement, ce qui a été corrigé dans des publications subséquentes.
Crédit: The London Gazette, 10 août 1917, supplément: 30227, page: 8207

Dans la mêlée qui s’en est suivie, les « restes s’étendaient de 16 000 jusqu’à     4 000 pieds » (Collshaw, The Black Flight, p.141). L’ami de Collishaw, Ellis Reid, de Belleville en Ontario, a à lui seul combattu les attaques de cinq appareils ennemis dans une succession rapide, en abattant trois avant d’être capable de se retirer (Collishaw, The Black Flight, p. 142) « Le combat s’est déroulé furieusement pendant approximativement une heure et ensuite, comme c’était souvent le cas, s’est terminé soudainement, et plus un seul avion ennemi n’était visible » (Collishaw, The Black Flight, p. 142). 

De grandes batailles aériennes comme celles-ci ont aidé à obtenir la supériorité dans l’espace aérien avant le début de la troisième offensive d’Ypres. Malheureusement, quelques jours plus tard seulement, le sous-lieutenant de vol Ellis Vair Reid allait être tué au combat, sa Croix de service distingué pour ses actions en juin 1917 lui étant remise à titre posthume. Le corps de Reid n’a jamais été retrouvé, et il est aujourd’hui honoré dans le Mémorial des services aériens d’Arras. 

Note: The Black Flight a originalement été publié sous le nom Air Commanden 1973 par Raymond Collishaw et Ronald Dodds.