10 novembre 1917 – Finale de la Bataille de Passchendaele

« Passchendaele, désormais un champ de boue. Novembre 1917. »
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada / PA-040139.

En ce jour en 1917, le Corps canadien a entamé la phase finale de la bataille de Passchendaele. Avec la prise subséquente des hauteurs de Vindictive Crossroads et de la côte 52, l’offensive de Passchendaele s’est conclue. Lors de la dernière journée, il y a eu 1094 victimes canadiennes de plus, incluant 420 morts. Au total, le nombre de victimes canadiennes s’est élevé à 15 654 pour la bataille de Passchendaele (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 327).

Cent ans plus tard, c’est le souvenir de toute cette boue, cette misère et cette destruction qui perdure dans la mémoire collective au sujet de cette parcelle de terre épouvantable.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie IV

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

Sergent Clifton Gordon Carpenter, 1er (« Western Ontario ») bataillon.

Clifton Gordon Carpenter est né en 1898 à Montréal, au Québec. Son père, Silas, a servi de premier chef de l’équipe de détectives de Montréal avant de déménager sa famille en Alberta en 1912. Lorsqu’il était jeune, Gordon était un grand sportif; il a joué au curling, patiné, joué au hockey et joué au baseball. Il adorait aussi le plein air. (Remarque : il utilisait son deuxième nom et a même signé ses documents d’engagement par Gordon Clifton Carpenter).

Lorsque la guerre a éclaté, la taille de Gordon semblait le prédestiner pour le service militaire, tellement qu’on l’arrêtait sur la rue pour lui demander pourquoi il n’était pas dans l’armée. En novembre 1915, Gordon s’est donc enrôlé au sein du 82bataillon à Calgary, en mentant au sujet de son âge (il n’avait que 17 ans). Dans son journal, il avait indiqué qu’il se sentait seul durant l’entraînement à Calgary, sans sa famille pour lui rendre visite. Avant de partir pour l’est, il a pu voir sa famille une dernière fois à Banff et il est même arrêté à Montréal pour rendre visite à des membres de sa famille.

Une fois en Angleterre, son journal portait sur l’entraînement, des visites à Folkestone, Shorncliffe et Hythe pour aller voir des films, manger au restaurant et jouer au baseball. Plus tard, après de nombreux renforts, Gordon s’est joint au 1er bataillon (Western Ontario) à la fin du mois d’avril 1917. En septembre 1917, il a été promu sergent, après le décès du Adam Young, numéro de service 406219 (présumément le prédécesseur de Gordon). Il a été envoyé à l’école de formation du Corps d’armée canadien et il a rejoint le bataillon le 3 novembre 1917.

Seulement trois jours plus tard, le 6 novembre 1917, durant la troisième phase de l’attaque du Corps canadien à Passchendaele, le 1er bataillon s’est avancé sur le village de Mosselmarkt. Malheureusement, juste au moment où les Canadiens allaient atteindre leurs derniers objectifs, un obus ennemi a frappé Gordon, le tuant sur le coup. Dans la boue et la destruction du champ de bataille de Passchendaele, le corps de Clifton Gordon Carpenter n’a jamais été retrouvé et son nom apparaît sur le monument commémoratif en hommage aux disparus à Ypres (Porte de Menin).

Comme Gordon a été porté disparu, sa famille n’a jamais eu la possibilité de déposer une épitaphe sur une pierre tombale pour lui. Toutefois, sa mère endeuillée, qui n’a jamais pu accepter d’avoir perdu son fils, a fait une entrée dans son journal personnel, laquelle étant peut-être la dernière épitaphe qu’elle n’a pas pu faire graver dans la pierre :

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

L’histoire de Clifton Gordon Carpenter a été portée à notre attention par sa famille, qui espérait aider à commémorer le centenaire de son décès et de la bataille de Passchendaele. L’ensemble des notes, des détails de journal et les photographies font partie de la collection familiale.

6 novembre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Le 6 novembre 1917, les 1re et 2divisions canadiennes se sont jointes à l’attaque sur Passchendaele, après avoir libéré les 3e et 4e divisions canadiennes à la ligne bleue durant la nuit du 4 au 5 novembre. Les objectifs pour le 6 novembre comprenaient alors le village de Passchendaele lui-même et les petits hameaux de Mosselmarkt et de Goudberg, compris dans les limites de la ligne verte. 

Encore une fois, la boue était bien présente et les Canadiens devaient avancer dans des marais qui leur allaient jusqu’aux genoux ou jusqu’à la taille. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Pendant ce temps, dans le ciel, des pilotes des deux côtés se bombardaient l’un l’autre. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) 

En dépit de tout ceci, les Canadiens faisaient des avancées rapides. À Mosselmarkt, la surprise a causé la reddition de quatre officiers et de 50 autres rangs de la casemate menaçante et la ligne verte a été sécurisée en moins de deux heures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Au sud, en trois heures, le village de Passchendaele a été capturé, avec l’aide du soldat Private James Robertson, qui a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour ce qu’il a fait. À la fin de la journée, on a compté 2 238 victimes canadiennes, dont 734 hommes tués au combat ou ayant succombé à leurs blessures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 325) Deux autres Canadiens se sont mérité la Croix de Victoria pour leurs actions, établissant à neuf le nombre de Canadiens médaillés durant la bataille de Passchendaele.

Colin Fraser Barron, CV

Sergent Barron (à droite) avec confrère canadien Cecil Kinross, en Angleterre pour recevoir leurs médailles de la Croix de Victoria.
Crédit : ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006672.

Colin Fraser Barron est né à Mill of Boyndie, Banffshire, en Écosse, émigrant au Canada en 1910. Il a travaillé à Toronto comme camionneur avant de s’enrôler le 11 janvier 1915 au sein du 35e bataillon.

Le 31 juillet 1915, il s’est joint au 3e bataillon (Toronto Regiment)  comme renforcement en France. Sa première année en France a été marquée par la maladie, ayant été hospitalisé pour une bronchite, une infection au pied, une gastroentérite (diarrhée infectieuse) et une gonorrhée. Le 24 avril 1917, il s’est finalement rejoint à l’unité durant une longue période de bonne santé et, le 22 août 1917, il a été promu caporal.

Commentaire officiel pour la Croix de Victoria du caporal Collin Fraser Barron, CV. (avant-dernière entrée du bas dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page : 723.

Le 6 novembre 1917, le 3e bataillon a reçu la tâche de protéger le flanc gauche du Corps canadien au nord. Trois cent cinquante verges au sud-est de Vapour Farm, où le petit groupe de combattants de George Randolph Pearke avait gardé position le 30 novembre 1917, les Allemands occupaient un autre poste solide à Vine Cottage. Avant que le 3e bataillon puisse atteindre Goudberg Spur, Vine Cottage devait être capturé. 

Comme cela avait été le cas le 30 octobre, les terrains marécageux des affluents du ruisseau Lekkerboterbeekont ont fait en sorte que les hommes ont dû mener une lutte acharnée, alors que la compagnie de Barron s’attaquait précisément à Vine Cottage. Lorsque les Canadiens se sont trouvés sous les tirs massifs de pas moins que six mitrailleuses, le caporal Barron s’est réfugié dans un flanc. Prenant une position ouverte, Barron a déposé sa mitrailleuse Lewis et a lancé un jet de tirs précis, assommant méthodiquement une équipe ennemie après l’autre. Deux équipes ayant été éliminées, Barron s’est avancé avec sa baïonnette, éliminant quatre autres ennemis et faisant battre les autres en retraite avant que son peloton puisse le rejoindre. S’emparant de l’une des mitrailleuses ennemies, Barron lui a fait faire demi-tour et a attaqué l’ennemi en déroute avec des tirs dévastateurs. Le point fort à Vine Cottage est alors devenu dans les mains des Canadiens, Goudberg Spur suivant peu de temps après.

Pour ses actions ce jour-là, Colin Fraser Barron a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre au rang de sergent. Barron s’est plus tard enrôlé à nouveau au début de la Deuxième Guerre mondiale, au service du Canada. Il a survécu à cette guerre également et il est décédé à Toronto en 1958. 

 

James Peter Robertson, CV

Soldat James Peter Robertson, CV.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada/C-0026832.

James Peter Robertson est né à Picton County, en Nouvelle-Écosse, en 1883. Il avait presque 32 ans, travaillant comme ingénieur ferroviaire en Alberta, lorsqu’il s’est enrôlé le 14 juin 1915. En Angleterre à l’été de 1916, il a été ajouté à la Lord Strathcona’s. Horse (Royal Canadians), mais il a été envoyé au 11e bataillon d’infanterie de la Réserve deux mois plus tard. Deux semaines plus tard, il a été envoyé comme renforcement au 27e bataillon (City of Winnipeg), se joignant à l’unité en France en novembre 1916. 

Robertson s’est avéré un soldat difficile, son dossier de service indiquant certains de ces moments les plus mouvementés à l’étranger. Peu de temps après son arrivée en France, il a été hospitalisé pour ce que l’on soupçonnait être une grippe, celle-ci s’étant rapidement développé en une ulcération de la langue. Comme ces maux n’étaient pas guéris la deuxième semaine de décembre, on a rapidement déterminé qu’il était atteint de syphilis. Robertson a alors été puni, perdant son indemnité de 50 cents par jour pour la durée de son hospitalisation (54 jours). Les problèmes de Robertson ne se sont pas arrêtés là. En juillet 1917, il a perdu trois jours de paie pour avoir désobéi à l’ordre d’un officier supérieur en se trouvant dans un café durant les heures interdites. En septembre 1917, il a reçu une punition de 10 jours pour infraction d’ivresse.

Le 6 novembre 1917, Robertson était dégagé de toute mesure disciplinaire et de retour au sein du bataillon, prenant part à l’attaque sur le village de Passchendaele. Lorsque l’avancée de son peloton a été prise en échec par des barbelés et des tires de mitrailleuses ennemis, Robertson s’est faufilé pour atteindre le flanc. Chargeant l’arme lui-même, il a éliminé quatre membres de l’équipe dans une mêlée désespérée. Prenant charge de la mitrailleuse qu’il venait de capturer, Robertson l’a retourné et il a fait feu sur l’ennemi maintenant en retraite. Il a ensuite mené l’avancée de son peloton contre la dernière cible avec la mitrailleuse en question dans les bras, l’utilisant à nouveau pour éliminer les groupes ennemis en retraite. Plus tard dans la journée, deux tireurs d’élite canadiens ont été blessés alors qu’ils se trouvaient devant la tranchée. Ignorant le danger, Robertson est sortie de sa cachette et a transporté le premier blessé à un endroit sécuritaire. Lorsqu’il est retourné pour la deuxième victime, on a vu Robertson tomber, présumément blessé, mais il s’est relevé et il a transporté le tireur d’élite blessé. Juste au moment où il atteignait une sécurité relative avec le deuxième homme, un obus a explosé tout près et Robertson a été tué instantanément.

Pour ses actions ce jour-là, James Peter Robertson a reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Enterré sur le terrain, son corps a plus tard été exhumé et enterré à nouveau dans le cimetière Tyne Cot.

Commentaire officiel pour le Croix de Victoria du soldat James Peter Robertson, CV. (dernière entrée dans la colonne de droite avec suite dans le haut de la page 725).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 724.
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 725.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30-31 octobre 1917 – George Randolph Pearkes, VC, DSO, MC, CDG
Une action centenaire

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG

Major George Pearkes, VC, CM, en décembre 1917 montrant son ruban de la CM (il n’avait pas encore reçu son ruban de la CV) et quatre galons de blessé..
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002310.

George Pearkes est né à Watford, en Angleterre. Immigrant au Canada, il a servi cinq ans dans la Police montée du Nord-Ouest avant de s’enrôler à Victoria, en Colombie-Britannique, le 2 mars 1915, au sein du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Le service de Pearkes est un exemple remarquable d’avancement dans les rangs, médailles et blessures à l’appui.

Avant d’embarquer pour l’Angleterre, Pearkes avait déjà été promu caporal suppléant. En septembre 1915, le 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval est atterri en France, où Pearkes a rapidement suivi un cours de la Grenade School, devenant un tireur de bombes. Au début du printemps de 1916, il était lieutenant intérimaire et affecté à la 8e brigade en tant qu’officier de bombardement de brigade. En mai 1916, Pearkes a été hospitalisé avec de graves blessures par balle à la tête et au bras. En septembre 1916, il a été transféré au 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval, devenant rapidement capitaine intérimaire, puis ensuite major intérimaire. En octobre 1916, il avait été blessé à nouveau.

En décembre 1916, Pearkes a reçu la première de plusieurs médailles – la Croix militaire, pour ses actions le 21 novembre 1916 (Voir l’image ci-dessous).

Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 101.

Le 30 octobre 1917, le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a attaqué le flanc gauche de la 8e Brigade d’infanterie canadienne, en bordure du 18e Corps britannique. Le fait de se battre le long d’une frontière tend à créer des avances maladroites et ceci s’est avéré vrai encore une fois lorsque la contrepartie britannique du 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a été incapable de tenir le rythme, créant un flanc ouvert dangereux.

Bien qu’il avait été blessé par des éclats d’obus aux fesses, Pearkes a mené le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval dans des batailles difficiles. Le renforcement entravé par les basses terres marécageuses des affluents de la rivière Lekkerboterbeek (littéralement  « ruisseau de beurre succulent »), les hommes étaient laissés à eux-mêmes pour faire face à des contre-attaques ennemies croissantes. Déterminant que des tirs d’enfilage provenaient d’un point fort appelé « Source Farm », Pearkes a rallié ses hommes et a mené une attaque à la frontière, prenant la place d’assaut. Son bataillon beaucoup moins fort (certaines sources affirment qu’il restait seulement 20 hommes – voir le Bureau canadien des archives de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 69), Pearkes a établi une ligne défensive de « Source Farm » à « Vapour Farm », et ils ont continué à repousser les contre-attaques ennemies. Tout ce temps, Pearkes avait gardé le quartier général du bataillon au courant de la situation au moyen de pigeons voyageurs (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 322).

Réalisant l’importance des gains faits par Pearkes, le général Currie a émis l’ordre qu’à 19 h tous les efforts devaient être déployés pour protéger la ligne. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 323). Lorsque les renforcements du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval ont fait des avancées sur le sol marécageux pour les rejoindre, de nombreux hommes sous les tirs lourds de mitrailleuses ennemies. Ceux qui ont pu continuer ont renforcé la position précaire de Pearkes et ont sauvé la situation.

Pour ses actions et son leadership durant les journées du 30 et du 31 octobre 1917, Pearkes a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à guerre, bien qu’il ait été blessé à cinq occasions distinctes. Il a d’ailleurs reçu plus tard une citation à l’ordre du jour, la Croix militaire, l’Ordre du service distingué, la Croix de Guerre et la Croix de Victoria. Il a terminé la guerre à titre de lieutenant-colonel aux commandes du 116e bataillon (Ontario County) il est demeuré un soldat de métier, servant durant la Deuxième Guerre mondiale. Il a ensuite pris sa retraite et fait son entrée en politique, son dernier poste ayant été celui de ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960.

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG est décédé à Victoria, C.-B., en 1984.

Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du capitaine (major intérimaire) George Pearkes, CM (deuxième entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 722.
Commentaire officiel sur l’Ordre du service distingué du lieutenant-colonel George Pearkes, VC, CM, tiré de son dossier de service.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 102.

30 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

En ce jour en 1917, le Corps expéditionnaire canadien renouvelle son assaut à Passchendaele. Le plan consistait à conquérir ce qui restait de la ligne rouge, et de faire une avancée de 600-700 verges de plus à l’est de la ligne bleue. Sur papier, les Canadiens font face à des positions avec des noms pacifiques trompeurs comme « Vienna Cottage », « Crest Farm » et « Duck Lodge ». Mais à la tombée de la nuit, trois Canadiens s’étaient mérité la Croix de Victoria, tandis que 884 avaient été tués et 1 429 blessés (Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322).

Cecil John Kinross, VC

Soldat Cecil John Kinross, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006734.

Cecil John Kinross d’Uxbridge, en Angleterre, a émigré à Lougheed, en Alberta, où il a travaillé sur la ferme familiale avant de s’enrôler dans le 51e bataillon (Edmonton) en 1915. Une fois en France, il a été transféré au 49e bataillon (régiment Edmonton). En octobre 1916, il a été blessé pour la première fois, recevant des éclats d’obus au bras et au cou.

Le 30 octobre 1917, alors que le 49e bataillon avançait de la ligne rouge à la ligne bleue, la compagnie de Kinross a été arrêtée par des mitrailleurs. Kinross s’est réfugié à l’abri et a retiré tout son équipement. Plus légé, portant seulement son fusil et des cartouchières, Kinross s’est faufilé au travers du champ de bataille criblé de trous d’obus, prenant le mitrailleur par surprise. S’étant rapproché, Kinross s’est levé et a attaqué de plein fouet, tuant l’équipe de six hommes et détruisant l’arme. Soulagé et inspiré par ses actions, la compagnie de Kinross s’est avancée de 300 autres verges, attaquant deux autres points forts.

Plus tard durant la journée, Kinross a été victime d’une explosion d’obus et a souffert de graves blessures au bras droit et à la tempe gauche. Ces blessures l’ont finalement laissé incapable de servir pour des raisons médicales, ce qui a entraîné sa libération en février 1919.

Cecil John Kinross, VC, est décédé à Lougheed, Alberta, en 1957. Le mont Kinross du chaînon Victoria Cross dans les Rocheuses canadiennes a été nommé en son honneur.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise au soldat Cecil John Kinross (dernière entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 724.
Le document « Medical History Of An Invalid » (antécédents médicaux d’un invalide) dans le dossier de service de Kinross indique que ses blessures avaient eu des effets à long terme sur son corps.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 5190 – 38, Numéro d’item : 500752, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hugh McKenzie, VC, DCM

Lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Inverness, en Écosse, Hugh McKenzie a émigré à Verdun, au Québec, en 1911. Six ans de service dans diverses unités d’artillerie à son actif, Hugh s’est enrôlé presque immédiatement, le 12 août 1914.

Le 22 mai 1915, McKenzie est atterri à Rouen, en Franche. Le 11 mars 1916, il a reçu la Médaille de conduite distinguée (voir commentaire dans son dossier de service). Il a plus tard reçu la Croix de Guerre et une commission de lieutenant. S’étant d’abord enrôlé dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI ), il a plus tard été transféré dans la 7e Compagnie canadienne de mitrailleuses sur le terrain.

Commentaire officiel de la London Gazette pour la Médaille de conduite distinguée reçue par Hugh McKenzie, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

Le 30 octobre 1917, alors que le régiment attaquait les carrefours de la crête de Meetcheele, McKenzie et sa section du 7e Corps des mitrailleurs canadiens ont fait des avancées à leur côté en appui rapproché. Lorsque les casemates de mitrailleuses allemandes le long du chemin ont coupé la PPCLI, McKenzie a vu tomber les officiers de son ancienne unité et la compagnie entière a commencé à faiblir. Agissant rapidement, McKenzie a laissé les commandes de sa section à un caporal et il a pris contrôle de l’infanterie. Ralliant la Princess Patricia’s Infantry, McKenzie a pris connaissance des positions et a lancé des attaques de flanc, dont l’une comprenait le sergent Sergeant G.H. Mullin, qui a également reçu une Croix de Victoria pour ses actions. Lorsque ces hommes ont été en position, McKenzie s’est placé à l’avant de l’attaque frontale et ils ont attaqué. McKenzie attirant l’attention de l’ennemi, les équipes d’attaque de flanc ont rapidement profité de la position, mais pas avant que McKenzie soit abattu et meurt.

Pour ces actions cette journée-là, Hugh McKenzie a reçu, à titre posthume, la Croix de Victoria. Son corps a été perdu dans les bourbiers du champ de bataille de Passchendaele durant les batailles qui ont suivi. Son nom figure sur le Monument commémoratif de la Porte de Menin (panneau 31) à Ypres.

Le télégramme envoyé à la femme de Hugh, Marjorie McKenzie, expliquant qu’il a été porté disparu et que l’on croit qu’il a été tué.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 26.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2003.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2004.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Harry Mullin, VC, MM

Sergent George Mullin photographié sur le terrain, affichant le ruban de la Croix de Victoria et un galon de blessé sur son uniforme. Janvier 1918.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada/PA-002361.

George Harry Mullin est né à Portland, en Oregon. Sa famille a déménagé à Moosomin, en Saskatchewan, lorsque George avait deux ans, où il a plus tard travaillé comme fermier avant de s’enrôler. Le 14 décembre 1914, George s’est enrôlé à Winnipeg dans le 32e bataillon, se joignant plus tard à la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI).

En juin 1916, Mullin a subi des blessures par balle au front, à l’oreille et à l’aine. Évacué en Angleterre, il s’est rétabli pendant deux mois, vivant sa convalescence à Dartford et Epsom. Se rejoignant à la PPCLI, Mullin a reçu la Médaille militaire pour la bravoure sur le terrain à la fin de 1916. Il a rapidement été promu de soldat à caporal. En août 1917, il a atteint le rang de sergent.

Le 30 octobre 1917, Mullin et la compagnie de la PPCLI ont été embusqués par les mitrailleuses dans des casemates à la crête de Meetcheele, comme il est décrit relativement au lieutenant McKenzie, VC. Lorsque le lieutenant McKenzie a quitté sa mitrailleuse pour prendre charge de la PPCLI qui faiblissait, le sergent Mullin a été affecté à une patrouille de flanc-garde. Alors que McKenzie se préparait pour le front, Mullin s’est faufilé dans la patrouille par lui-même. Au moment de l’attaque, McKenzie allant de l’avant, Mullin a embusqué et détruit un poste de tireur d’élite, avant de ramper au sommet de la casemate en béton. Avec une vue sur l’ensemble des autres Canadiens, Mullin a utilisé son revolver pour éliminer deux mitrailleurs allemands, avant de descendre de la casemate et de prendre les dix défenseurs qui restaient. La casemate ennemie avant été éliminée, mais pas avant que le lieutenant McKenzie ne soit tiré et abattu lors de son assaut courageux.

Pour ses actions cette journée-là, le sergent Mullin a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre, terminant son service au rang de lieutenant, et il est retourné en Saskatchewan. Il est décédé en 1963.

Le commentaire officiel de la London Gazette pour la Croix de Victoria de George Mullin, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6474 – 21, Numéro d’item : 206507, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 3.

26 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

En ce jour en 1917, Canadiens attaquent Passchendaele. Trois Canadiens recevront la Croix de Victoria (VC).

Thomas William Holmes, VC

Thomas Holmes, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002352.

Né à Montréal, Thomas William Holmes travaillait comme employé de ferme à Owen Sound, en Ontario, lorsqu’il s’est enrôlé dans le 147e bataillon (Grey) en 1915. S’étant joint au 4e bataillon canadien de fusiliers à cheval comme renfort le 7 avril 1917, il a été tiré au bras à la crête de Vimy que quelques jours plus tard. Il a regagné les rangs du bataillon canadien de fusiliers à cheval le 13 octobre 1917, à temps pour la bataille de Passchendaele.

Le soldat Holmes a reçu la Croix de Victoria le 26 octobre 1917, lorsqu’il a pris d’assaut par lui-même une casemate de béton avec son fusil et quelques grenades seulement. Après avoir tué et blessé certains membres des deux groupes de mitrailleurs, il est revenu chercher une troisième grenade auprès de ses compagnons d’armes et il a attaqué la casemate à nouveau, après quoi les 19 occupants qui restaient ont capitulé.

Holmes a survécu à la guerre, terminant avec le grade de sergent. Il s’est embarqué pour le Canada à partir du camp du parc Kinmel le 30 mars 1919, curieusement seulement 25 jours après les massives émeutes canadiennes qui ont eu lieu à cet endroit. En 1935, sa Croix de Victoria a été volée à son domicile à Owen Sound. Thomas William Holmes, VC, est décédé le 4 janvier 1950. Sa Croix de Victoria n’a pas été retrouvée.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise à Holmes tiré de son dossier militaire publié dans la London Gazzette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 4464 – 25, Notes : Victoria Cross, Numéro d’item : 457701, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 53.

Christopher Patrick John O’Kelly, VC, MC

Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002298.

Né à Winnipeg, au Manitoba, Christopher Patrick John O’Kelly s’est enrôlé dans le 144e bataillon (Winnipeg Rifles) en 1916. En tant que membre du 90e régiment de la Milice active, Winnipeg Rifles, O’Kelly est entré au rang préexistant de lieutenant. Le 2 mars 1917, il s’est joint au 52bataillon (New Ontario) outre-mer.

Le 26 septembre 1917, il a mené une patrouille de bombardement contre une mitrailleuse, bombardant les hommes et capturant l’arme, mettant fin à une menace contre leurs flancs. Pour cet acte, O’Kelly a reçu la Croix de Victoria. Quelques jours plus tard, il a été temporairement promu au poste de capitaine par intérim.

Le 26 octobre 1917, après l’échec de l’attaque d’ouverture de son bataillon, O’Kelly a regroupé deux compagnies et ils se sont avancés de 1 000 verges, se protégeant contre les tranchées ennemies et menant d’autres attaques contre des casemates de béton. La compagnie d’O’Kelly a capturé six des casemates, totalisant 100 prisonniers et 10 mitrailleuses. Une contre-attaque a plus tard été repoussée, faisant plus de prisonniers. Durant la nuit, un raid ennemi a été contrecarré, entraînant la capture d’un officier, de dix hommes et d’une mitrailleuse.

Plus tard durant la guerre, le 28 septembre 1918, le capitaine O’Kelly a été frappé à l’aine par une mitrailleuse et ensuite par des éclats d’obus à la jambe alors qu’il était blessé au sol. Évacué à l’hôpital, où on a découvert que son pied était fracturé, la balle de mitrailleuse a été retirée de sa fesse gauche. Malgré tout, il s’est remis de ses blessures.

O’Kelly a survécu à la guerre et il est retourné au Canada. Malheureusement, on croit qu’il s’est noyé durant une tempête sur le lac Seul, district de Kenora, Ontario, en novembre 1922. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Les citations pour la Croix Militaire de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 76.
Les citations pour la Croix de Victoria de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 77.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Shankland, VC, DCM

Robert Shankland, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Ayr, en Écosse, Robert Shankland a immigré au Canada en 1911, s’établissant à Winnipeg, au Manitoba, sur la rue Pine. Avant la guerre, il a travaillé comme commis à la Crescent Creamery Company (il a plus tard demandé qu’une partie de son solde de service soit envoyé directement au caissier de la compagnie).

Le 18 décembre 1914, Shankland s’est enrôlé. À l’âge de 27 ans, après avoir servi au sein du 79e régiment de la Milice active, Shankland a été nommé sergent-major de compagnie au sein du 43e bataillon (Cameron Highlanders of Canada) à son arrivée en Angleterre.

Un mois après son arrivée en France, pour ce qu’il avait fait le 22 juillet 1916, Shankland a reçu la Médaille de conduite distinguée; « Pour un acte insigne de bravoure consistant à se porter volontaire pour mener une troupe de brancardiers, sous un feu de mortier très dense, et à ramener des hommes blessés et partiellement enterrés. Son courage et son dévouement ont été grandement remarqués. » (traduction libre d’un article de The London Gazette, 18 août 1916, suppplément : 29713, page 8248).

Le 26 octobre 1917, le 43e bataillon a participé à l’ouverture des attaques dans la bataille de Passchendaele. En dépit d’un succès initial, alors que les 43e et 58e bataillons atteignaient l’objectif de la ligne rouge pointillée, les Allemands ont utilisé de l’artillerie lourde sur leurs anciennes positions (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 319). Maintenant lieutenant, Shankland a agi rapidement alors que la brigade entière commençait à faiblir et a battu en retraite. Réunissant des renforts désordonnés pour renforcer son propre peloton, Shankland a légèrement pris le dessus à l’éperon de Bellevue. Les hommes de Shankland sont demeurés fermes, permettant au 52e bataillon (New Ontario) d’avancer et de rétablir le front pendant que d’autres compagnies contournaient le terrain par le sud et attaquaient des casemates ennemies, puisqu’ils travaillaient pour le groupe de Shankland et étaient armés de grenades à fusil et de mitrailleuse Lewis. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 320).

Pour ses actions ce jour-là, Shankland a reçu la Croix de Victoria. Au cœur de la bataille, malgré un coup de feu reçu dans le dos, Shankland est demeuré au front. Des blessures semblables à la tête et au cou subies en novembre 1917 n’ont été signalées qu’après la guerre, durant son examen médical avant la démobilisation.

La rue Pine à Winnipeg, Manitoba, a plus tard été renommée le chemin Valour, puisque le domicile de Shankland et de deux autres personnes ayant reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale (Leo Clarke et Frederick Willian Hall) s’y trouvait. Shankland a servi aussi durant la Deuxième Guerre mondiale avant de prendre sa retraite et d’aller vivre à Vancouver. Il est décédé le 20 janvier 1968.

La citation officielle de la Croix de Victoria de Robert Shankland (dernière entrée, en bas de la colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, Date de publication: 14 décembre 1917, Supplément: 30433, Page: 13222.

Bataille de Poelcappelle
Une action centenaire

« Lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. »
© IWM (Q 3007)

Ce jour-là en 1917, (9 octobre), le Royal Newfoundland Regiment a combattu à Poelcappelle, dans les Flandres, en Belgique.

Comme on pouvait s’y attendre, la boue des Flandres a grandement nui à la préparation de la bataille; « Les détachements de mitrailleuses avaient de la difficulté à transporter l’artillerie sur le terrain et, lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 392)

La boue avait tellement ralenti les Terre-Neuviens que la formation a mis cinq heures la veille de l’attaque pour marcher seulement cinq milles le long des routes délavées et des caillebotis couverts de boue, contournant invariablement les trous d’obus avant de tomber dans d’autres (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 393).

Alors qu’ils prenaient position pour appuyer le quatrième bataillon de Worcesters, les Terre-Neuviens ont vu soudainement un pistolet de signalisation Very traverser le ciel à partir des lignes ennemies à 5 h 10. Malgré le suspens, rien ne s’est passé et la lumière s’est éteinte. « Quelques minutes plus tard, un obus solitaire a été entendu au loin, suivi une minute plus tard par le son tranchant d’un canon français de modèle 75. Peu de temps après est venu le pandémonium à 5 h 30 lorsque le barrage s’est effondré. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

Crédit: Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 391.

Pataugeant pour traverser la Broembeek, le quatrième bataillon de Worcesters et le régiment de Terre-Neuve  sont devenus désorganisés et mêlés, tellement que les Terre-Neuviens ont fait partie de ceux qui menaient l’attaque. Heureusement, un plus grand nombre d’hommes sont restés pour nettoyer les abris ennemis le long du talus de la voie ferrée d’Ypres-Staden. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 395) À 7 h, la ligne verte pointillée avait été atteinte et les unités combinées ont continué à repousser la ligne pointillée bleue contre la résistance montante.

À Pascal Farm, les ruines de béton étaient envahies par le bruit des mitraillettes, mais des tactiques minutieuses de « tires et de mouvements » l’ont emporté. D’autres édifices le long de la route Poelcappelle-Houthulst Forest ont subi les feux de quatre chars d’assaut, mais la boue des  Flandres a empêché l’ennemi de dépasser la ligne de départ. Sur le flanc gauche, les Terre-Neuviens ont vu les équipes avec mitrailleuses Lewis des Irish Guards se tenir debout, leurs armes sur l’épaule pendant que leurs camarades continuaient d’attaquer la Cairo House. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

À midi, les Terre-Neuviens étaient en train de consolider leurs faibles positions le long de la ligne verte, le troisième et dernier objectif. Les contre-attaques des forces ennemies ont été repoussées avec succès, mais les difficultés dans les flancs ont forcé les troupes à prendre des positions plus solides juste au nord du chemin Poelcappelle-Houthulst Forest. Les Terre-Neuviens ont été libérés par le deuxième bataillon d’Hampshires à la brunante, indiquant la fin d’une autre victoire durement gagnée.

Le 9 octobre 1917, le Royal Newfoundland Regiment a compté 67 victimes et 127 blessés. Pour leur bravoure, trente-trois décorations ont été remises aux Terre-Neuviens; sept ont reçu la Croix militaire ou la Croix de guerre avec agrafe, cinq ont reçu la Médaille de conduite distinguée, et 20 autres ont reçu la Médaille militaire. La bataille à Poelcappelle a donné le seul gain important sur le flanc nord, dans le secteur du quatorzième corps. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 397)

Bataille de Passchendaele
Une action centenaire

« Champ de boue après la bataille de Passchendaele. »
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-040139.

Le Corps canadien est entré dans la bataille de Passchendaele en octobre 1917, après un printemps et un été de grandes victoires à Vimy et à la cote 70. Ils étaient confiants, bien entraînés et, plus important encore, reposés. La bataille de Passchendaele durait déjà depuis la fin de juillet et avait détruit des milliers de troupes britanniques pour prendre la crête qui a donné son nom à la bataille. Accablée par le mauvais temps, la bataille de Haig ne s’est pas bien déroulée. En octobre, il était devenu évident qu’ils auraient besoin de plus d’hommes pour renforcer la cinquième armée britannique.

La plan original consistait à ce que le Corps canadien attaque à nouveau Lens, la ville qu’il n’avait pas réussi à prendre à la fin de la campagne de la cote 70 en août. Haig a toutefois rencontré Currie à la place pour expliquer que le Corps était nécessaire à Passchendaele. Ici, Currie a tiré le maximum de la position du Corps dans la structure politique des alliés. Le Corps ne serait pas suborné par Gough et la cinquième armée puisque Haig a fourni une artillerie plus lourde et Currie a planifié l’attaque lui-même. Même dans ce cas, Currie avait prévu que le Corps perdrait probablement autour de 16 000 hommes, dont ils avaient tant besoin à Passchendaele.

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

L’attaque canadienne a débuté le 26 octobre à 5 h 40 avec un barrage roulant alors que la troisième et la quatrième divisions ont commencé leur avancée. La communication était problématique et la boue, souvent aussi haute que la taille, entravait le mouvement vers l’avant. Il a fallu deux jours, mais les premiers objectifs, y compris l’éperon de Bellevue, ont été atteints avant le 27 octobre. La phase suivante de la bataille en quatre parties a commencé le 30 octobre, à nouveau avec la troisième et la quatrième divisions. Les avancées le 30 octobre ont été plus petites, et le barrage roulant a été un succès, particulièrement au front de la troisième division.

La troisième et la quatrième parties de l’avancée ont eu lieu après que les divisions ont été relayées, et la première et la deuxième divisions ont commencé leur travail le 6 novembre. Il était facile de se perdre au front à Passchendaele, même avec une carte, et un membre du Corps canadien s’est retrouvé par accident en terrain allemand et a révélé la date de la prochaine attaque – 6 novembre. Même avec cet avertissement, le barrage canadien a été suffisamment fort pour que les divisions puissent avancer de façon plutôt sécuritaire et, à la fin de la journée, le village de Passchendaele avait été capturé. Au 10 novembre, les dernières forces allemandes avaient été entièrement repoussées de la crête et l’offensive avait été annulée – Haig a déclaré victoire.

La prédiction de Currie était correcte. Le Corps canadien a perdu 16 404 hommes à Passchendaele. Bon nombre des blessés laissés sur le champ de bataille se sont noyés dans la boue et l’eau avant de pouvoir être secourus. Au total, Passchendaele a coûté la vie à 275 000 hommes de la Grande-Bretagne et du Dominium, comparativement à 220 000 victimes allemandes. Un prix élevé pour la victoire.

Avancements technologiques|

– Currie et ses commandants ont planifié la bataille de Passchendaele en 14 jours; en comparaison, la planification pour Vimy a pris trois mois et un mois pour la cote 70. En 1918, Currie a planifié ses deux cents assauts en moins de temps encore. Le Corps était devenu une armée professionnelle bien entraînée et avait besoin de moins en moins de temps pour s’entraîner.

– Currie a compris que l’artillerie et son utilisation étaient essentielles au succès des soldats sur les lignes de front. Sans un barrage roulant réussi et un fort soutien, les hommes étaient pris à leurs lignes et étaient des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes.

– Comme à Vimy, le transport pour se rendre et quitter Passchendaele était essentiel; le Corps de l’intendance de l’Armée canadienne et des ingénieurs ont d’ailleurs passé les 14 jours avant la bataille à bâtir des centaines de mètres de routes et de caillebotis dans un geste désespéré de créer des chemins sur lesquels ils pourraient marcher dans la boue. Dans bien des cas, les caillebotis ont sauvé des vies, puisque ne pas les suivre signifiait la noyade. Les équipes de transport de l’artillerie travaillaient la nuit pour déplacer les armes requises pour la bataille, et des milliers de chevaux et de mules ont été tués en service.

À noter|

Major Talbot Mercer Papineau,  a été tué le 30 octobre 1917, durant son service au sein de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI). Papineau, petit-fils du fameux patriote, Louis-Joseph Papineau, est surtout connu pour les lettres publiques envoyées à son cousin Henri Bourassa qui demandaient le soutien de l’effort de guerre. Papineau a été frappé par un obus et son corps n’a jamais été retrouvé.

Neuf Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions à Passchendaele. Lors du centenaire, un récit complet des actions des bénéficiaires de la croix sera disponible en cliquant sur les hyperliens par-dessus de leurs noms.

Soldat Thomas Holmes, VCa reçu la Croix de Victoria pour ses attaques sur une série de nids de mitrailleuses le 26 octobre 1917. Résident d’Annan, en Ontario, Holmes était fermier avant de s’engager en 1915. Il a servi avec le quatrième CMR et avait 19 ans lorsqu’il a reçu la Croix de Victoria. Holmes a survécu à la guerre et est décédé en 1950. Sa Croix de Victoria a été volée dans un cambriolage à domicile dans les années 1930.

Christopher O’Kelly, VC, MC – 26 octobre 1917

Robert Shankland, VC, DCM – 26 octobre 1917

Cecil Kinross, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 30 octobre 1917. Kinross a attaqué à lui seul un nid de mitraillettes avec rien d’autre que son fusil, permettant à sa compagnie de faire une avancée de 300 verges. Kinross a été blessé à Passchendaele, mais a survécu à la guerre.

Hugh McKenzie, VC, DCM – 30 octobre 1917

George Mullin, VC – 30 octobre 1917

George Pearkes, VC, DSO, MC, CDG – 30-31 octobre 1917

Colin Barron, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 6 novembre 1917. Barron a attaché un nid de mitraillettes qui empêchait son unité d’avancer, tuant l’équipe, et retournant son arme contre l’ennemi. Il a survécu à la guerre et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du Royal Regiment of Canada.

James Robertson, VC – 6 novembre 1917

 

 

Blog Prix Vimy Beaverbrook – 13 août 2017

Crédit: Rachel Collishaw, Fondation Vimy 2017.

Aujourd’hui en France, les étudiants de la PVB2017 ont visité des sites importants de la bataille de la Somme, y compris Beaumont Hamel, Thiepval et le musée de l’Historial de la Grande Guerre. Au cimetière de Neuve Chapelle, Yaman a donné une présentation puissante sur les contributions des soldats Sikhs dans la Première Guerre mondiale.
Noter bien que: les étudiants se présenteront dans leur langue maternelle.

Today was our first day in France. After all we did today, our visit to Beaumont-Hamel left an impression so deep and significant that I will truly never forget it. Being a Newfoundlander myself, Beaumont-Hamel and the tragic story of the “Blue Puttees” is forever seared into our cultural memory. We lost a whole generation of young men from which our Dominion, (and now province), has never fully healed. Seeing the Caribou Monument, the shell craters, and trenches triggered something inside me to the point where I was overcome with emotion. The fact that I was there in remembrance of my great-grandfather and that I was commemorating my soldier there added to this emotional connection. I had never been to Beaumont-Hamel, having only seen the monument through photographs and video at home, but for some reason it felt like I had seen it before. The overwhelming response of love and support I received from my fellow Beaverbrook Vimy Prize participants after doing my soldier presentation was inspiring and heart warming. The connection I have developed not only to the fallen comrades, but also to my fellow BVP recipients is overwhelming, and I have never been filled with so much emotion. I hope that my great-grandfather, Fred, and my soldier, Cecil, would be proud and touched by my actions here today.

-Abigail Garret, Conception Bay, Newfoundland & Labrador

 

Aujourd’hui, je me suis senti très fier de présenter au groupe – lorsque nous étions en train de visiter le monument commémoratif de Neuve Chapelle – le soldat canadien sikh Buckam Singh, dont l’histoire a été oubliée pendant plusieurs décennies. Cet homme a souffert beaucoup et il est mort seul, sans avoir droit à un rituel religieux. Dû à l’absence de Sikhs au Canada à son époque, personne n’est venu visité sa tombe… jusqu’à ce qu’un historien ait retrouvé sa médaille de victoire dans une boutique anglaise.

Ensuite, nous avons visité Beaumont Hamel. J’ai adoré observer les réseaux de tranchées qui zigzaguaient dans l’herbe. Un caribou symbolique dominant le paysage se tenait majestueusement par-dessus un support. Abbey, l’une des participantes, nous a distribué à chacun deux drapeaux de Terre-Neuve et Labrador que nous avons planté devant les tombes de nos choix.

Finalement, lorsque j’ai aperçu le monument à Thiepval, c’était immense ! Les drapeaux français et britannique donnaient l’impression que ces deux pays se serraient la main. Il y avait un cimetière derrière la structure, séparé en deux sections : une section pour les soldats français où se tenaient des rangées de croix portant la mention « Inconnu » ; et une section pour les soldats anglais un peu différente, où les tombes étaient conçues d’après les standards de la CWGC, malgré que la plupart étaient également des tombes de soldats inconnus.

-Yaman Awad, Anjou, Quebec

 

Immense archways, thousands of inscribed names, a cemetery placed against the background of a picturesque countryside; today we visited the Thiépval Memorial to the Missing of the Somme, dedicated to the missing British and South African soldiers who fought at the Battle of the Somme. As I walked through the memorial, my heart dropped at the sight of all the names of the soldiers who lost their lives in one of the bloodiest battles of the First World War, and whose bodies have not yet been found. Continuing down the stairs of the memorial to the cemetery, I saw the graves of the French and British soldiers; the French on one side and the British soldiers on the other. The difference between the two nationalities could be easily spotted as there were stone crosses erected at the graves of the French soldiers, while for the English soldiers, there were the rounded Commonwealth tombstones that we had seen previously at other cemeteries. As I approached the French crosses, I realized that they all bore the same inscription, “Inconnu,” or “Unknown.” Row after row, there were crosses without the names of those who were buried there. When I saw this, my heart shattered. All these fallen soldiers once had names and identities, which have been buried under the horrors of the war. I now have an understanding of the contributions made by those who served their countries and felt a greater need to commemorate the fallen soldiers. I will continue to remember these soldiers and to search for and share their stories with others so that we will never forget those who gave up their lives so that we may live ours in peace.

-Cecilia Kim, Surrey, British Columbia

Y Ravine Cemetery, Beaumont Hamel
Crédit: Rachel Collishaw, Fondation Vimy 2017.
Historial de la Grande Guerre – Musée de la Première Guerre Mondiale
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.
Thiepval Memorial to the Missing of the Somme
Crédit: Rachel Collishaw, Fondation Vimy 2017.
Y Ravine Cemetery, Beaumont Hamel
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.

Cimetière Militaire Lijssenthoek

Cette fin de semaine, le groupe du prix Beaverbrook Vimy a visité un grand nombre de cimetières et de mémoriaux dans le saillant d’Ypres, ainsi que le Mémorial terre-neuvien à Beaumont-Hamel, sur la Somme. Des visites comme celles-ci soulignent l’ampleur du travail entrepris par la Commonwealth War Graves Commission (Commission des tombes de guerre du Commonwealth), mais aussi de l’impact émotionnel des cimetières et mémoriaux. À cet égard, et pour la publication d’aujourd’hui, nous partageons une autre vidéo qui a originalement été diffusée en direct par le cimetière militaire Lijssenthoek, de la Commonwealth War Graves Commission, dans le cadre de leurs commémorations de #Passchendaele100.   

Le cimetière militaire Lijssenthoek offre une histoire très intéressante de ses origines, avec un récit de romance en temps de guerre qui allait assurer son existence future. De plus, il s’y trouve, en son côté, une commémoration unique d’art moderne qui aide à visualiser les dates auxquelles sont morts les gens qui y sont enterrés. 

Suivez le lien suivant afin de visionner une vidéo sur le deuxième plus grand cimetière de la CWGC en Belgique: https://www.facebook.com/commonwealthwargravescommission/videos/10154850115546094/# 

Live from #CWGC Lijssenthoek Military Cemetery. #Passchendaele100

Posted by Commonwealth War Graves Commission on Tuesday, August 1, 2017