3 decembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, les Allemands ont renouvelé leur contre-attaque devant Cambrai. Tenant le coup à Marcoing depuis le 30 novembre, les Terre-neuviens subissent de terribles tirs d’obus. Des sections entières de la tranchée sont écrasées et les hommes sont projetés à l’extérieur de leurs postes par les explosions (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Refusant de perdre du terrain face à l’ennemi, le sergent Leo Fitzpatrick, de Conche, Terre-Neuve, s’est mérité la Médaille de conduite distinguée.

Sergent Leo Joseph Fitzpatrick, DCM, MM.
Crédit: Dennis Ruhl, « Great Canadian War Project », 2012.

Ayant déjà reçu la Médaille militaire huit semaines plus tôt durant la bataille de Poelcappelle, Fitzpatrick s’est porté volontaire pour diriger une escouade afin de reprendre une section perdue de la tranchée. Durant l’action qui a suivi, il a sauvé un officier qui avait été blessé et laissé derrière, il a battu en retraite et il est ensuite retourné avec des grenades pour faire sortir l’ennemi de la tranchée (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422).

Même s’il avait été repoussé jusqu’au côté ouest de l’écluse le long du canal, le régiment de Terre-Neuve a réussi à tenir le coup à Marcoing pour la journée. Pour leurs actions, la Médaille militaire a été remise à de nombreux soldats, dont trois brancardiers – les soldats William Fowlow, Hubert Dibben et John Hennebury (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Pour leur bravoure ce jour-là, le régiment terre-neuvien a perdu un officier et soixante-dix autres soldats ont été tués, blessés ou emprisonnés.

Le jour suivant, le 4 décembre 1917, le général Byng a ordonné un retrait général des unités de soutien à la ligne Hindenburg, établissant ce qui a été considéré comme une ligne plus forte pour l’hiver, malgré la perte des nombreux objectifs durement atteints de l’attaque à Cambrai (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 423). Pour les Terre-neuviens qui avaient été libérés la nuit du 3 décembre, il aurait été difficile de physiquement voir le retrait de Marcoing et Masnières.

“A British tank of “F” Battalion after it had crashed into St Quentin Canal destroying the vital bridge at Masnieres. Field Marshal Haig’s Cambrai Despatch gave the collapsed bridge at Masnieres as the reason for the cavalry’s failure to cross the canal in sufficient strength.”
© IWM (Q 568296

 

30 novembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, après avoir massé leurs troupes, les Allemands ripostent contre l’offensive à Cambrai. À un moment donné sur la ligne, quatre divisions britanniques font face à neuf divisions allemandes. Frappant fort en provenance de l’est, les Allemands ont l’intention de foncer sur le flanc britannique et d’ensuite se diriger vers le nord, nettoyant entièrement la saillie. Pris par surprise, le régiment terre-neuvien fonce vers l’avant alors que des combats désespérés éclatent le long de la ligne.

Avec seulement une nuit de repos, le matin du 30 novembre, le régiment de Terre-Neuve est envoyé pour relayer une unité à Masnières. Pris dans le barrage d’ouverture avant la contre-attaque des Allemands, les compagnies terre-neuviènes se dirigent vers l’avant une à une, chargées de se faire un chemin jusqu’au point de rassemblement.

Approchant du taillis de Marcoing, s’attendant à rencontrer les unités alliées de la 88e brigade, les Terre-neuviens sont plutôt tombés sur les Allemands qui s’avançaient. Leur riposte en chargeant cause une mêlée sauvage de tirs de baïonnettes et les Terre-neuviens font reculer progressivement l’avance allemande vers le sud, à l’aide des autres unités de la 88e brigade. Au beau milieu de toute cette activité, le capitaine J. K. McConnell, major de brigade, galope de long en large le long de la ligne, chevauchant à cru sa monture, dirigeant la défense (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 420). À la fin de la journée du 30 novembre, la 88e a repoussé l’ennemi de presque un mile. Les Terre-neuviens sont toutefois lourdement touchés, ayant perdu un officier et 130 autres soldats.

Le jour suivant est marqué par des tirs de mitrailleuses ennemies et des tirs d’embuscade alors que les forces du Commonwealth se cantonnent désespérément dans leurs positions précaires le long du canal St-Quentin. La situation est sauvée pour l’instant, mais moins de vingt-quatre heures plus tard, une autre contre-attaque allemande redéclenche la crise.

« Car used by a British official camera team evacuating refugees from Masnieres during the German counter-attack in the Cambrai sector, November 1917. »
© IWM (Q 3203)

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie VI

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 15.

« We Have Passed From Death Unto Life Because We Love The Brethren »

Épitaphe du soldat Ernest Fisher, numéro régimentaire 3516, Royal Newfoundland Regiment, 29 novembre 1917 (âgé de 18 ans).

Ernest, un boucher de St. John’s, s’est enrôlé le 6 mars 1917. Il a débarqué à Rouen, en France, le 27 septembre 1917, se joignant au Newfoundland Regiment alors qu’il se préparait pour la bataille de Poelcappelle au début du mois d’octobre.

Participant à la bataille de Cambrai, Ernest a été blessé le 21 novembre 1917 et a été admis au poste d’évacuation des blessés pour des coups de feu à la poitrine. Il est mort de ses blessures huit jours plus tard, le 29 novembre 1917.

Le soldat Ernest Fisher est enterré au cimetière britannique Rocquigny-Equancourt Road, à Manancourt, Somme, en France.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 12.

Bataille de Poelcappelle
Une action centenaire

« Lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. »
© IWM (Q 3007)

Ce jour-là en 1917, (9 octobre), le Royal Newfoundland Regiment a combattu à Poelcappelle, dans les Flandres, en Belgique.

Comme on pouvait s’y attendre, la boue des Flandres a grandement nui à la préparation de la bataille; « Les détachements de mitrailleuses avaient de la difficulté à transporter l’artillerie sur le terrain et, lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 392)

La boue avait tellement ralenti les Terre-Neuviens que la formation a mis cinq heures la veille de l’attaque pour marcher seulement cinq milles le long des routes délavées et des caillebotis couverts de boue, contournant invariablement les trous d’obus avant de tomber dans d’autres (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 393).

Alors qu’ils prenaient position pour appuyer le quatrième bataillon de Worcesters, les Terre-Neuviens ont vu soudainement un pistolet de signalisation Very traverser le ciel à partir des lignes ennemies à 5 h 10. Malgré le suspens, rien ne s’est passé et la lumière s’est éteinte. « Quelques minutes plus tard, un obus solitaire a été entendu au loin, suivi une minute plus tard par le son tranchant d’un canon français de modèle 75. Peu de temps après est venu le pandémonium à 5 h 30 lorsque le barrage s’est effondré. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

Crédit: Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 391.

Pataugeant pour traverser la Broembeek, le quatrième bataillon de Worcesters et le régiment de Terre-Neuve  sont devenus désorganisés et mêlés, tellement que les Terre-Neuviens ont fait partie de ceux qui menaient l’attaque. Heureusement, un plus grand nombre d’hommes sont restés pour nettoyer les abris ennemis le long du talus de la voie ferrée d’Ypres-Staden. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 395) À 7 h, la ligne verte pointillée avait été atteinte et les unités combinées ont continué à repousser la ligne pointillée bleue contre la résistance montante.

À Pascal Farm, les ruines de béton étaient envahies par le bruit des mitraillettes, mais des tactiques minutieuses de « tires et de mouvements » l’ont emporté. D’autres édifices le long de la route Poelcappelle-Houthulst Forest ont subi les feux de quatre chars d’assaut, mais la boue des  Flandres a empêché l’ennemi de dépasser la ligne de départ. Sur le flanc gauche, les Terre-Neuviens ont vu les équipes avec mitrailleuses Lewis des Irish Guards se tenir debout, leurs armes sur l’épaule pendant que leurs camarades continuaient d’attaquer la Cairo House. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

À midi, les Terre-Neuviens étaient en train de consolider leurs faibles positions le long de la ligne verte, le troisième et dernier objectif. Les contre-attaques des forces ennemies ont été repoussées avec succès, mais les difficultés dans les flancs ont forcé les troupes à prendre des positions plus solides juste au nord du chemin Poelcappelle-Houthulst Forest. Les Terre-Neuviens ont été libérés par le deuxième bataillon d’Hampshires à la brunante, indiquant la fin d’une autre victoire durement gagnée.

Le 9 octobre 1917, le Royal Newfoundland Regiment a compté 67 victimes et 127 blessés. Pour leur bravoure, trente-trois décorations ont été remises aux Terre-Neuviens; sept ont reçu la Croix militaire ou la Croix de guerre avec agrafe, cinq ont reçu la Médaille de conduite distinguée, et 20 autres ont reçu la Médaille militaire. La bataille à Poelcappelle a donné le seul gain important sur le flanc nord, dans le secteur du quatorzième corps. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 397)

La bataille de Langemarck
Une action centenaire

Le Newfoundland Regiment a avancé sur le front de Langemarck sur une route faite de planches ensevelie dans la boue, similaire à celle montrée ici.
© IWM (Q 2217)

16-18 août 1917

Pendant que le Corps expéditionnaire canadien (CEC) se battait à la côte 70, le Newfoundland Regiment prenait part à la bataille de Langemarck, du 16 au 18 août 1917. Traversant un ruisseau et approximativement 1 000 verges de front ennemi, le régiment s’est battu de façon splendide et plus de dix Médailles militaires ont été décernées aux soldats de ses rangs. La 29e Division, au sein de laquelle le régiment servait, était la seule unité à avoir capturé tous ses objectifs durant l’offensive (Nicholson, The Fighting Newfoundlander,p.385). Mais la victoire n’a pas eu lieu dans pertes: 103 Terre-Neuviens ont été victimes de la bataille, dont 27 qui y sont morts. 

Le souvenir qui perdure le plus de la bataille de Langemarck est peut-être la boue. Présageant le bourbier qu’allait être Passchendaele à l’automne, le Newfoundland Regiment a avancé vers la ligne de départ le long d’une planche de bois qui était enfouie dans une boue qui allait à la hauteur des genoux. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander,p.380).  Pendant ce temps, dans le milieu de la bataille, un soldat, « un homme qui n’avait pas été choyé en matière de hauteur », chargé d’un panier de pigeons voyageurs, « s’est trouvé pris dans la boue de la tourbière jusqu’à la moitié de son corps ». (Nicholson, The Fighting Newfoundlander,p.384). Une longue journée dans la boue a défilé avant qu’un pigeon n’arrive au quartier général du bataillon, transportant un message informel au sujet de l’état des choses sur le front et racontant le sort d’un courageux soldat pris dans la boue. Rapidement, « un groupe s’en est allé afin de sortir le porteur de pigeons de sa situation critique. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander,p.384).  

Note du rédacteur: Il est important de noter que le Newfoundland Regiment servait au sein des forces du Commonwealth en tant que contribution à l’effort de guerre complètement séparée du Dominion de Terre-Neuve. Conséquemment, il ne faisait pas partie du CEC et participait souvent à des engagements entièrement différents.