Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie VI

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 15.

« We Have Passed From Death Unto Life Because We Love The Brethren »

Épitaphe du soldat Ernest Fisher, numéro régimentaire 3516, Royal Newfoundland Regiment, 29 novembre 1917 (âgé de 18 ans).

Ernest, un boucher de St. John’s, s’est enrôlé le 6 mars 1917. Il a débarqué à Rouen, en France, le 27 septembre 1917, se joignant au Newfoundland Regiment alors qu’il se préparait pour la bataille de Poelcappelle au début du mois d’octobre.

Participant à la bataille de Cambrai, Ernest a été blessé le 21 novembre 1917 et a été admis au poste d’évacuation des blessés pour des coups de feu à la poitrine. Il est mort de ses blessures huit jours plus tard, le 29 novembre 1917.

Le soldat Ernest Fisher est enterré au cimetière britannique Rocquigny-Equancourt Road, à Manancourt, Somme, en France.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 12.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie V

Sous-lieutenant James John Tobin.
Crédit: Cramm, The First Five Hundred of the Royal Newfoundland Regiment, p. 300.

« We gave our son. He gave his all. »

Épitaphe du sous-lieutenant James John Tobin, matricule nº 69, Royal Newfoundland Regiment, 20 novembre 1917 (24 ans).

James s’est enrôlé le 2 septembre 1914 au sein du régiment de Terre-Neuve, quittant son emploi de barbier à 10 $ par semaine. Il a atterri à Suvla Bay, Gallipoli, en septembre 1915. Après l’évacuation des forces du Commonwealth de Suvla Bay en décembre 1915, il a été admis directement à l’hôpital en Angleterre avec la jaunisse. En juillet 1917, il a épousé par procuration une dame Margaret à Québec. Quatre mois plus tard seulement, le sous-lieutenant James John Tobin a été tué durant l’attaque sur Cambrai, laissant derrière lui sa nouvelle femme et son enfant.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Bobine T-18017, Volume 489, Numéro d’item : 654829, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 27.

La femme de James était infirmière à Québec pour les enfants de M.  A.J. Price de l’importante scierie et usine de pâtes et papiers Price Brothers & Co. de Québec. En décembre 1917, M. A.J. Price a écrit au sous-secrétaire colonial de Terre-Neuve pour lui demander quelle pension elle et son enfant allaient recevoir du gouvernement terre-neuvien, étant donné que le deuil de Mme Tobin l’empêchait de s’occuper des affaires de son mari.

Le frère de James, Walter Tobin, s’était également enrôlé au sein du régiment de Terre-Neuve, mais il a survécu à la guerre. En 1918, la femme de James est allée vivre avec la mère de celui-ci à Boston, Massachusetts.

Le sous-lieutenant James John Tobin est enterré au cimetière britannique de Marcoing, Nord, France.

L’épitaphe de Tobin se trouve dans l’ouvrage intitulé Canada’s Dream Shall Be of Them, p. 125, de McGeer. Veuillez toutefois prendre note que Tobin est enregistré par erreur sous le nom de James John « Tait ».

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie IV

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

Sergent Clifton Gordon Carpenter, 1er (« Western Ontario ») bataillon.

Clifton Gordon Carpenter est né en 1898 à Montréal, au Québec. Son père, Silas, a servi de premier chef de l’équipe de détectives de Montréal avant de déménager sa famille en Alberta en 1912. Lorsqu’il était jeune, Gordon était un grand sportif; il a joué au curling, patiné, joué au hockey et joué au baseball. Il adorait aussi le plein air. (Remarque : il utilisait son deuxième nom et a même signé ses documents d’engagement par Gordon Clifton Carpenter).

Lorsque la guerre a éclaté, la taille de Gordon semblait le prédestiner pour le service militaire, tellement qu’on l’arrêtait sur la rue pour lui demander pourquoi il n’était pas dans l’armée. En novembre 1915, Gordon s’est donc enrôlé au sein du 82bataillon à Calgary, en mentant au sujet de son âge (il n’avait que 17 ans). Dans son journal, il avait indiqué qu’il se sentait seul durant l’entraînement à Calgary, sans sa famille pour lui rendre visite. Avant de partir pour l’est, il a pu voir sa famille une dernière fois à Banff et il est même arrêté à Montréal pour rendre visite à des membres de sa famille.

Une fois en Angleterre, son journal portait sur l’entraînement, des visites à Folkestone, Shorncliffe et Hythe pour aller voir des films, manger au restaurant et jouer au baseball. Plus tard, après de nombreux renforts, Gordon s’est joint au 1er bataillon (Western Ontario) à la fin du mois d’avril 1917. En septembre 1917, il a été promu sergent, après le décès du Adam Young, numéro de service 406219 (présumément le prédécesseur de Gordon). Il a été envoyé à l’école de formation du Corps d’armée canadien et il a rejoint le bataillon le 3 novembre 1917.

Seulement trois jours plus tard, le 6 novembre 1917, durant la troisième phase de l’attaque du Corps canadien à Passchendaele, le 1er bataillon s’est avancé sur le village de Mosselmarkt. Malheureusement, juste au moment où les Canadiens allaient atteindre leurs derniers objectifs, un obus ennemi a frappé Gordon, le tuant sur le coup. Dans la boue et la destruction du champ de bataille de Passchendaele, le corps de Clifton Gordon Carpenter n’a jamais été retrouvé et son nom apparaît sur le monument commémoratif en hommage aux disparus à Ypres (Porte de Menin).

Comme Gordon a été porté disparu, sa famille n’a jamais eu la possibilité de déposer une épitaphe sur une pierre tombale pour lui. Toutefois, sa mère endeuillée, qui n’a jamais pu accepter d’avoir perdu son fils, a fait une entrée dans son journal personnel, laquelle étant peut-être la dernière épitaphe qu’elle n’a pas pu faire graver dans la pierre :

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

L’histoire de Clifton Gordon Carpenter a été portée à notre attention par sa famille, qui espérait aider à commémorer le centenaire de son décès et de la bataille de Passchendaele. L’ensemble des notes, des détails de journal et les photographies font partie de la collection familiale.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie III

« Would some thoughtful hand in this distant land please scatter some flowers for me »

Épitaphe du soldat Edwin Grant, numéro de service 703562, compagnie B, 47e Bataillon (Colombie-Britannique), 26-28 october 1917 (âgé de 33 ans).

Le soldat Edwin Grant.
Crédit: Mémorial virtuel de guerre du Canada, Anciens combattants Canada 2017.

Un travailleur de l’acier venu d’Aberdeen, en Écosse, Edwin Grant s’est enrôlé à Vancouver en 1916. Son examen médical énumère ses marques d’identification, dont des tatouages représentant un papillon et un oiseau sur son bras gauche, et un papillon et une geisha sur son bras droit. Edwin a été tué durant l’attaque initiale à Passchendaele, la date indiquée de décès ne déterminant seulement qu’il soit mort entre le 26 et le 28 octobre 1917. Il a laissé dans le deuil sa femme Bella, qui après la guerre a quitté Vancouver afin de vivre avec les parents d’Edwin à Duluth, au Minnesota.

Les formulaires tirés du dossier de service d’Edwin indiquent son admissibilité à la réception de médailles de service posthume, incluant deux Croix du souvenir remises à sa veuve et à sa mère, qui vivaient alors ensemble au Minnesota après sa mort.
Crédit : Blibiotheques et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 3727 – 20, Numéro d’item : 429315, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

 

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie II

« I genitori inconsolabili villa S-Lucia, Caserta »
(Les parents inconsolable villa s-Lucia, caserte)

Épitaphe du sapeur Glorio Mita, numéro de service 2497765, 9e Bataillon, Troupes ferroviaires canadiennes, 19 octobre 1917 (âgé de 20 ans).

Glorio Mita s’est enrôlé en juillet 1917 comme renforcement lors d’un projet de construction ferroviaire et de foresterie. Le 3 octobre 1917, il s’est joint au 9e Bataillon, Troupes ferroviaires canadiennes, en France. 16 jours plus tard seulement, il est décédé des suites de blessures sévères, ayant reçu des éclats d’obus à la tête et à l’épaule droite, et souffrant d’une fracture ouverte au fémur. Jeune célibataire ayant immigré d’Italie, Glorio travaillait comme ouvrier à Toronto avant de s’enrôler, faisant son testament au nom de ses parents vivant toujours à Santa Lucia, à Caserta, Italie.

Le sapeur Glorio Mita est enterré au cimetière militaire Lijssenthoek, en Belgique.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie I

Pour nos prochaines postes les mercredis, nous partageons des épitaphes des pierres tombales de la Première Guerre Mondiale. Beaucoup d’entre eux viennent du nouveau livre « Canada’s Dream Shall Be of Them »

« Spirit in heaven, body in France, memory in Canada. »
Soldat Earl Orington MacKinnon, 10e (Canadiens) Bataillon, 9 avril 1917 – St. Catherine British Cemetery, Pas de Calais, France.

Credit: McGeer, Canada’s Dream Shall Be of Them, p. 26.

Earl MacKinnon était avec le 10e bataillon (Canadiens) seulement 16 jours avant qu’il soit tué au combat à la crête de Vimy le 9 avril 1917.
Crédit : Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale – CEC 531398a, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7001 – 20, Numéro d’item : 166537, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC)
Voir la rangée 1202/1D.
Crédit: Commonwealth War Graves Commission, 2017.