Bataille de Poelcappelle
Une action centenaire

« Lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. »
© IWM (Q 3007)

Ce jour-là en 1917, (9 octobre), le Royal Newfoundland Regiment a combattu à Poelcappelle, dans les Flandres, en Belgique.

Comme on pouvait s’y attendre, la boue des Flandres a grandement nui à la préparation de la bataille; « Les détachements de mitrailleuses avaient de la difficulté à transporter l’artillerie sur le terrain et, lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 392)

La boue avait tellement ralenti les Terre-Neuviens que la formation a mis cinq heures la veille de l’attaque pour marcher seulement cinq milles le long des routes délavées et des caillebotis couverts de boue, contournant invariablement les trous d’obus avant de tomber dans d’autres (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 393).

Alors qu’ils prenaient position pour appuyer le quatrième bataillon de Worcesters, les Terre-Neuviens ont vu soudainement un pistolet de signalisation Very traverser le ciel à partir des lignes ennemies à 5 h 10. Malgré le suspens, rien ne s’est passé et la lumière s’est éteinte. « Quelques minutes plus tard, un obus solitaire a été entendu au loin, suivi une minute plus tard par le son tranchant d’un canon français de modèle 75. Peu de temps après est venu le pandémonium à 5 h 30 lorsque le barrage s’est effondré. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

Crédit: Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 391.

Pataugeant pour traverser la Broembeek, le quatrième bataillon de Worcesters et le régiment de Terre-Neuve  sont devenus désorganisés et mêlés, tellement que les Terre-Neuviens ont fait partie de ceux qui menaient l’attaque. Heureusement, un plus grand nombre d’hommes sont restés pour nettoyer les abris ennemis le long du talus de la voie ferrée d’Ypres-Staden. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 395) À 7 h, la ligne verte pointillée avait été atteinte et les unités combinées ont continué à repousser la ligne pointillée bleue contre la résistance montante.

À Pascal Farm, les ruines de béton étaient envahies par le bruit des mitraillettes, mais des tactiques minutieuses de « tires et de mouvements » l’ont emporté. D’autres édifices le long de la route Poelcappelle-Houthulst Forest ont subi les feux de quatre chars d’assaut, mais la boue des  Flandres a empêché l’ennemi de dépasser la ligne de départ. Sur le flanc gauche, les Terre-Neuviens ont vu les équipes avec mitrailleuses Lewis des Irish Guards se tenir debout, leurs armes sur l’épaule pendant que leurs camarades continuaient d’attaquer la Cairo House. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

À midi, les Terre-Neuviens étaient en train de consolider leurs faibles positions le long de la ligne verte, le troisième et dernier objectif. Les contre-attaques des forces ennemies ont été repoussées avec succès, mais les difficultés dans les flancs ont forcé les troupes à prendre des positions plus solides juste au nord du chemin Poelcappelle-Houthulst Forest. Les Terre-Neuviens ont été libérés par le deuxième bataillon d’Hampshires à la brunante, indiquant la fin d’une autre victoire durement gagnée.

Le 9 octobre 1917, le Royal Newfoundland Regiment a compté 67 victimes et 127 blessés. Pour leur bravoure, trente-trois décorations ont été remises aux Terre-Neuviens; sept ont reçu la Croix militaire ou la Croix de guerre avec agrafe, cinq ont reçu la Médaille de conduite distinguée, et 20 autres ont reçu la Médaille militaire. La bataille à Poelcappelle a donné le seul gain important sur le flanc nord, dans le secteur du quatorzième corps. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 397)

Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, VC, DSO
Une action centenaire

Le Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, 9e Bataillon, Régiment de Leicestershire. © IWM (VC 85)

En ce jour en 1917, le Canadien Philip Bent, D.S.O. reçoit la Croix de Victoria pour ses actions lors de la bataille du bois du Polygone.

Né en 1911 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Philip a plus tard fréquenté l’école au Royaume-Uni. En 1907, il s’est joint à la Marine marchande, mais s’est rapidement enrôlé dans l’armée britannique lorsque la guerre a éclaté, en 1914. Il s’est élevé dans les rangs, et en juillet 1915, il était en route vers le front occidental en tant qu’officier chargé du régiment de Leicestershire. Deux ans plus tard, après avoir reçu l’Ordre du service distingué en juin 1917, Bent servait temporairement à titre de Lieutenant-Colonel durant la troisième bataille d’Ypres, où il a mené une contre-attaque près du bois du Polygone, à Zonnebeke, en Belgique, le 1er octobre 1917. Tué en menant l’attaque, le corps du Lieutenant-Colonel Bent a été perdu durant les combats subséquents, et il n’a donc pas de tombe connue. Sa mémoire est honorée au Mémorial aux soldats disparus de Tyne Cot, au cimetière de Tyne Cot près d’Ypres, en Belgique.

La citation de sa Croix de Victoria se lit comme suit:

The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 722.
The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 723.