#100JoursdeVimy – 09 avril 2017

« Sans les morts, nous étions impuissants… C’est ce que j’ai essayé de démontrer dans ce monument aux victimes canadiennes, ce qu’on leur doit, et ce qu’on leur devra toujours. » (Walter Alward, 1921)
The Ghosts of Vimy Ridge – Captain William Longstaff, Musée canadien de la guerre, Numéro De l’Objet 19800724-001.

Vimy 100

2016 BVP Zoe McDaniel avec la statue de Canada Bereft.
Crédit: La Fondation Vimy/Pascal Brunet, 2016.

En cette journée mémorable de l’histoire canadienne, nous célébrons le 100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy. Pour cette occasion, et pour plusieurs années à suivre, les Canadiens se tiendront en admiration à la base du Mémorial national du Canada à Vimy, de Walter Allward. La puissance d’un tel monument et son dévouement au sacrifice sont d’autant plus évidents lorsque nous lisons la vision d’Allard pour le mémorial de Vimy:

« À la base de ce fort et imprenable mur de défense se trouvent les défenseurs. Un groupe montre le brisement du sabre, et l’autre la sympathie des Canadiens pour les sans défense. Sur le mur se tient une figure héroïque du Canada, pleurant sur les tombes de ses morts vaillants. Dessous est suggérée une tombe avec un casque et des lauriers. Derrière la figure se tiennent deux pylônes symbolisant les deux forces: Canadiens et Français. Entre eux, à la base, se trouve l’Esprit du sacrifice, qui, se donnant entièrement, lance un flambeau à son camarade. En regardant vers le haut, ils voient les figures de la paix, la justice, la vérité et le savoir, pour lesquelles ils se sont battus, chantant un hymne de paix. »

Et à propos de son inspiration pour le monument:

« J’ai rêvé que je me trouvais dans un grand champ de bataille. J’ai vu nos hommes qui avançaient par milliers et qui étaient fauchés par les faucilles de la mort… Souffrant plus que je ne pouvais le supporter devant cette vision, j’ai détourné les yeux et me suis retrouvé à regarder le long d’une avenue de peupliers. Soudainement, au travers de l’avenue, j’ai vu des milliers de personnes se déplaçant pour porter secours à nos armées. C’était les morts. Ils s’étaient levés en masses, ont passé silencieusement à mes côtés et se sont joints au combat afin d’aider les vivants… Sans les morts, nous étions impuissants… C’est ce que j’ai essayé de démontrer dans ce monument aux victimes canadiennes: ce qu’on leur doit, et ce qu’on leur devra toujours. » (Walter Alward, 1921)

2016 VPA Mana Moshkforoush
étudie l’Esprit de Sacrifice au Mémorial de Vimy.
Crédit: La Fondation Vimy/Pascal Brunet, 2016.

#100JoursdeVimy – 02 avril 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir. 

Crédit: Cdn. Govt. Motion Pict. Bureau/National Film Board of Canada. Photothèque/National Archives of_Canada/PA-148873.

Finalement, le 26 juillet 1936, le Mémorial national du Canada à Vimy était prêt pour son dévoilement. Les pèlerins de Vimy sont arrivés tôt dans la journée, prenant le temps d’explorer le champ de bataille dont leur avait parlé Will R. Bird en 1931, particulièrement les tunnels et les tranchées fortuitement préservées par le major Unwin Simson, des ingénieurs canadiens. Lorsque les cérémonies officielles ont commencé, les pèlerins se sont placés en rang, comme s’ils se préparaient à parader. Autour du Mémorial national du Canada à Vimy, plus de 100 000 personnes s’étaient amassées. Alors que le roi Edward VIII socialisait avec les foules d’anciens vétérans, les escadrons de l’aviation britannique et française survolaient le monument, baissant leurs ailes en guise de salut.

Crédit: Cdn. Govt. Motion Pict. Bureau/National Film Board of Canada. Photothèque/National Archives of_Canada/PA-148872.

Après que le roi se fut installé au sommet du monument, plusieurs dignitaires sont venus livrer différents discours. Ian Mackenzie, le ministre canadien de la Défense nationale, a été accueilli au son d’exclamations retentissantes s’écriant « Vive La France! Longue vie au président! Que Dieu protège le roi! ». Le roi a alors fait une courte allocution en anglais et en français avant de tirer la ficelle du drapeau britannique qui couvrait la statue Le Canada en deuil, dévoilant officiellement le Mémorial national du Canada à Vimy. La Dernière sonnerie a alors été jouée, suivie par deux minutes de silence, puis par l’appel de Reveille. Dans la vallée menant à la plaine Douai, l’artillerie a tiré une salve de 21 coups qui s’est fait entendre partout au travers du vieux champ de bataille. Au Canada, la cérémonie était diffusée en direct par la Société Radio-Canada.

Crédit: Cdn. Govt. Motion Pict. Bureau/National Film Board of Canada. Photothèque/National Archives of_Canada/PA-148880.

Randall Christie, l’un des 6200 pèlerins canadiens, a remarqué: « malgré notre grand nombre, il y avait une étrange quiétude parmi les pèlerins… les esprits retournaient quelques années en arrière et les souvenirs de ceux avec qui ils avaient servi et qui avaient sacrifié leurs vies sur ces mêmes champs refaisaient surface ». (Christie & Roncetti, For Our Old Comrades, p.74)

Cliquez sur ce lien pour écouter le discours du roi Edward VIII: http://www.cbc.ca/archives/entry/1936-vimy-ridge-memorial-unveiled

De plus, des photographies et des films amateurs de tout le Pèlerinage de Vimy peuvent être vus dans cette collection rare: https://www.youtube.com/watch?v=XG8YF74ABIQ

#100JoursdeVimy – 26 mars 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir.

Après leur arrivée en Europe, les pèlerins de Vimy ont pris le train pour se rendre à leurs destinations respectives, d’où des douzaines de quartiers généraux de voyages guidés se tenaient, ayant organisé de navettes qui allaient transporter les pèlerins au travers de la France et de la Belgique. Durant le processus d’application, chaque pèlerin avait dû choisir les champs de bataille spécifiques qu’il désirait visiter. Cela allait aider à diminuer la pression mise sur les douzaines de petits villages qui ne pouvaient tout simplement pas accommoder 6200 visiteurs d’un seul coup. De plus, les pèlerins pouvaient faire la demande de visites de cimetières spécifiques afin de leur permettre de visiter la tombe d’un être cher. Au total, 1400 pèlerins ont demandé à visiter une tombe en particulier sur un total de 300 sites. Dans une démonstration remarquable de respect, toutes ces 1400 demandes ont été remplies par les agences de voyages.

Le Pèlerinage de Vimy a donné lieu à la création de plusieurs souvenirs créés par les Français pour l’occasion, dont des médailles et des cendriers commémoratifs.
Gracieuseté: Le Centre canadien pour la Grande Guerre, 2017.

Les pèlerins faisaient sans aucun doute fureur en Europe à l’époque. Malgré leurs petites tailles, les villages et hameaux libérés par les Canadiens insistaient pour tenir des cérémonies et des parades pour le retour des pèlerins. À Londres, les pèlerins ont paradé jusqu’à Westminster Hall pour une énorme cérémonie à la tombe du Soldat inconnu. Une fête de jardin a été organisée à Buckingham Palace à laquelle a assisté le roi Edward VIII, qui a socialisé avec les pèlerins.

Après la fin officielle du Pèlerinage, les 5 000 pèlerins qui avaient accepté l’invitation de la France ont été reçus dans des réceptions extravagantes dans des villes plus grandes comme Rouen et Blois, où des banquets bruyants culminaient souvent avec des chants en chorale de Tipperary, au grand plaisir des foules françaises. À Paris, les pèlerins ont défilé sous les acclamations à l’hôtel de ville.

Menus, programmes et invitations pour différentes réceptions du Pèlerinage de Vimy. 8000 personnes ont assisté au banquet de Rouen.
Gracieuseté: Le Centre canadien pour la Grande Guerre, 2017.

#100JoursdeVimy – 19 mars 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir.

Le formulaire d’inscription pour le Pèlerinage de Vimy. Les pèlerins devaient être des membres de la famille immédiate de quelqu’un qui avait servi.
Gracieuseté: le Centre canadien pour la Grande Guerre, 2017.

Avec le succès retentissant de la réunion du Corps expéditionnaire canadien de 1934, des préparatifs sérieux ont commencé pour un pèlerinage à Vimy. En 1936, le chef d’œuvre de Walter Seymour Allard au sommet de la crête de Vimy était finalement complété. Supervisé par la Légion royale canadienne, le pèlerinage à Vimy était un voyage de groupe organisé, ouvert aux vétérans et à leur famille immédiate, qui allait les ramener sur les champs de bataille d’Europe dans un tourbillon d’événements d’une durée de trois semaines et demi.

Le pèlerinage est devenu un événement social majeur au Canada et plusieurs s’arrachaient la chance d’y participer. En charge de l’organisation du voyage, l’agence Thomas Cook & Son a offert des escapades organisées additionnelles pour les pèlerins qui désiraient découvrir l’Europe plus amplement après la fin du pèlerinage. En plus de cela, le gouvernement de la France s’est impliqué et a offert cinq jours additionnels de tournée en France gratuitement à tous ceux qui étaient intéressés de participer. Les pèlerins ont reçu des passeports canadiens spéciaux du Pèlerinage de Vimy, des bérets et macarons codés par couleurs, une médaille du Pèlerinage de Vimy, une musette de pèlerin et un grand nombre de billets et de certificats pour leurs repas, voyages en train, autobus ou bateau.

Souvenirs divers du Pèlerinage de Vimy, incluant des cartes d’embarquement pour le voyage en mer et des macarons d’identification. L’enveloppe de la lettre était officiellement «postée» de la crête de Vimy, dans un bureau de poste temporaire créé expressément à l’occasion du dévoilement.
Gracieuseté: le Centre canadien pour la Grande Guerre, 2017.

En juillet 1936, plus de 6 200 pèlerins ont quitté le port de Montréal sur des navires à vapeur de la compagnie Allan Line et du Canadien Pacifique, au son des fanfares et des acclamations de la foule, le tout n’étant pas sans rappeler les départs en temps de guerre.

Les ponts bondés du bateau à vapeur «Montrose» du Canadien Pacifique, jonché de confettis de papier télégraphique, quittant le port de Montréal pour le Pèlerinage de Vimy de 1936. En arrière-plan, on voit le pont Jacques-Cartier.
Crédit: Clifford M. Johnston/Bibliothèque et Archives Canada/PA-056950.

 

 

#100JoursdeVimy – 12 mars 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir. Aujourd’hui:

La réunion du Corps canadien de 1934

Tous les vétérans de la réunion du Corps canadien de 1934 ont reçu un brassard et un béret basé sur leur unité de service. Montré ici, le brassard d’un des membres des ingénieurs canadiens.
Gracieuseté: Centre canadien pour la Grande Guerre.

La mort de Sir Arthur Currie en 1933 a été la dernière étincelle servant à raviver l’esprit de corps au sein des vétérans canadiens. En réponse à la forte démonstration de passion et de fierté, la réunion du Corps canadien a été planifiée du 4 au 6 août 1934. En hommage à Currie, le slogan de la réunion était sa célèbre citation «Ils ont donné leur vie au service, pourquoi pas nous?».

Coïncidant avec le centenaire de la ville de Toronto, la réunion a été organisée sur le terrain de la Canadian National Exhibition (Exposition nationale canadienne). En plein cœur de la Grande Dépression, les vétérans sont arrivés en masses, utilisant tous les moyens de transport: trains, en auto-stop, dans des voitures débordantes, et certains, même, en marchant. Dans un effort de recréer la vie telle qu’elle avait été derrière les lignes du front, durant les périodes de repos outre-mer, un village français en entier avait été reconstitué sur les lieux, incluants des places centrales, des cafés français servant de l’alcool (connus sous le nom d’estaminets par les vétérans) ainsi que des fermes avec des piles de fumier.

Bien que ce programme soit celui de la réunion du Corps canadien de 1938, l’horaire des événements était presque identique à celle organisée en 1934.
Gracieuseté: Centre canadien pour la Grande Guerre.

La vie durant cette réunion se concentrait à l’entour de ces estaminets, avec de vieilles chansons de la guerre, des pianos, des rires et le son des bouteilles se faisant entendre jusqu’au petit matin. Les vétérans ont marché dans les rues des villages français dont ils reconnaissaient les noms: la rue Plug, l’avenue Whiz Bang, le chemin Ypres (Christie, Roncetti, For Our Old Comrades, 34).

Pendant une semaine, les hommes du Corps canadien ont eu carte blanche dans Toronto, qu’il s’agisse de marcher dans des parades composées de milliers d’hommes, de s’improviser soudainement directeurs de la circulation ou de s’adonner à des parties de «couronne & ancre» sur le trottoir. Il est estimé que 120 000 personnes ont assisté à la réunion du Corps canadien, et que 300 000 personnes ont assisté à la grande parade finale dans le parc Riverdale. Avec le Mémorial national du Canada à Vimy presque complété, la réunion s’est terminée avec le cri de ralliement «À Vimy!». (Christie, Roncetti, For Our Old Comrades, 36).

Il est estimé que 300 000 personnes ont assisté à la grande parade finale de la réunion du Corps canadien de 1934 dans le parc Riverdale à Toronto, où une réplique en carton du Mémorial national du Canada à Vimy s’élevait au-dessus de la foule.
Gracieuseté: Willa Rivett, 2017.

#100JoursdeVimy – 05 mars 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir.

La publication des articles de la tournée du vétéran Will R. Bird, M.M., dans le magazine Maclean’s a ravivé la nostalgie du temps de la guerre parmi les vétérans. Lors de son retour au Canada en 1932, Bird a passé plus d’un an à voyager partout au Canada pour partager ses récits et photographies avec ses confrères vétérans dans leurs légions et salles locales. Pendant ce temps, un désir d’unité et de camaraderie a grandi au sein des vétérans, mécontents de leur manque de représentation dans la sphère publique.

En 1933, ils allaient perdre un de leurs militants, lorsque l’ancien commandant du Corps canadien, Sir Arthur Currie, est décédé à l’âge de 57 ans. Une figure importante du Canada de l’après-guerre, il a servi comme directeur et vice-chancelier de l’Université McGill, ainsi que comme président du Fonds du Souvenir. La mort de «Guts and Gaiters» (tripes et guêtres), comme il avait été surnommé par les troupes, a envoyé une onde de choc dans le mouvement en plein essor des vétérans, faisant écho et redonnant vie au désir de ressentir une fois de plus la passion et la fierté vécues par plusieurs comme membres du Corps canadien durant la guerre.

Le roi George V conférant l’honneur de Chevalier au général Arthur William Currie, commandant du Corps canadien à Albert, en France, le 12 juillet 1917.
Crédit: © IWM (Q 5656).

#100joursdeVimy – 26 février 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir.  Aujourd’hui nous continuons l’histoire du Mémorial national du Canada à Vimy. 

En 1927, avec l’arrivée des premières livraisons de pierre calcaire de type Seget en France, la sculpture du Mémorial national du Canada à Vimy pouvait finalement commencer. Les blocs ont tout d’abord été coupés à la bonne taille dans des ateliers au sol avant d’être hissés au sommet du mémorial. Cela a requis la construction d’énormes studios, encerclant les deux pylônes du mémorial et suspendus à près de 200 mètres du sol. Un pantographe a été utilisé par les sculpteurs afin de reproduire à l’échelle les modèles en plâtre d’Allward.

Les studios étaient suspendus à des centaines de pieds dans les airs pour la phase de la sculpture. Crédit : Pylônes centraux entourés, vue de la gauche. Musée des beaux-arts du Canada.

 

Les statues partiellement complétées et les blocs indiquent le montant de sculpture qui devait être faite dans les studios suspendus. Crédit : Musée des beaux-arts du Canada. Cadeau de Peter Allward, 1986.

 

Les sculpteurs ont utilisé un pantographe (partiellement visible au sommet de la photo), afin de reproduire les figures. Le modèle en plâtre d’Allard peut être vu à la droite. Crédit : Duplication de La Pleureuse. Musée des beaux-arts du Canada. Cadeau de Peter Allward, 1986.

#100JoursdeVimy – 19 février 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir. 

En raison de la difficulté que représente le transport de si grandes dalles de pierre, ainsi qu’en raison de la longue route à parcourir, le premier envoi de pierre calcaire de type Seget choisie par Allard n’est pas arrivé en France avant 1927. Dans un effort de garder ses ouvriers occupés, dont plusieurs étaient des vétérans français et britanniques, le Major Unwin Simson, ingénieur de l’armée canadienne, a décidé de préserver une section des lignes des tranchées qui se détérioraient tranquillement depuis 1918. Les ouvriers ont renforcé les lignes allemandes et canadiennes près du groupe de cratères Grange en remplissant de béton des sacs de sable et en réaménageant les murs des remparts. Une partie du souterrain Grange a aussi été excavée, une entrée en béton coulée, et de l’éclairage électrique installé. La chance de pouvoir aujourd’hui vivre l’expérience de ces tranchées et tunnels préservés au Mémorial national du Canada à Vimy est due en grande partie aux efforts du Major Simson.

 

Les gagnants du prix Pèlerinage de Vimy 2015 descendant dans les tunnels de la Maison Blanche, près de la crête de Vimy, courtoisie du Groupe Durand.
Crédit : La Fondation/Marc Cayez.

 

Les gagnants du prix Pèlerinage de Vimy 2015 dans les tunnels de la Maison Blanche, courtoisie du Groupe Durand.
Crédit : La Fondation/Marc Cayez

#100JoursdeVimy – 12 février 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir. 

Le processus du concours pour les mémoriaux de la Première Guerre mondiale du Canada a été supervisé par la Commission des monuments commémoratifs canadiens érigés sur des champs de bataille. Au total, 160 ont été soumis, et 17 ont été choisis pour une étude plus approfondie. Bien que sa conception ait été choisie en 1921, Walter Allward n’avait alors pas encore décidé quel type de pierre il désirait utiliser pour le mémorial. Lorsqu’il a reçu l’approbation de la commission, Allward s’est lancé dans un voyage de deux ans pour trouver la pierre souhaitée. Dans une vieille carrière romaine en Yougoslavie, Allward a trouvé ce qu’il désirait : la pierre calcaire de type Seget. Six mille tonnes de cette pierre allaient être envoyées par voie maritime jusqu’à Venise, où elles seraient ensuite transférées par voie ferroviaire jusqu’en France. La statue nommée Le Canada en deuil a été taillée dans un seul bloc pesant vingt-huit tonnes.

Moules de plâtre des 17 conceptions des mémoriaux, avec le Mémorial national du Canada à Vimy au fond. Complètement à la droite se trouve Le soldat en méditation, conçu par F.C. Clemesha, un vétéran canadien du 46 e (South Saskatchewan), la seule autre soumission à avoir finalement été construite. Arrivé en deuxième position après la conception d’Allward, Le soldat en méditation a été choisi comme monument commémoratif de la deuxième bataille d’Ypres. Malgré sa petite taille, en comparaison avec le monument de Vimy, l’impact émotionnel du Soldat en méditation a poussé la commission à annuler ses plans d’érection de reproductions de la statue, afin de ne pas diminuer son effet profond. Crédit: Compétition CBMC. Anciens Combattants Canada Canada.
Étant finalement arrivés sur le site, les blocs de calcaire de type Seget ont été placés en ordre d’installation. Ici, le champ de travail peut être aperçu, avec la base du Mémorial national du Canada à Vimy en arrière-plan.
Crédit: W. et M. le Chat. Musée des beaux-arts du Canada.

#100JoursdeVimy – 05 février 2017

Chaque dimanche, nous partagerons une histoire du Souvenir.

Lorsque Will R. Bird a visité la crête de Vimy pour le magazine Maclean’s en 1932, le travail de Walter Allward sur le Mémorial national du Canada à Vimy était déjà avancé, ayant débuté en 1925. Le progrès du mémorial avait été lent et fastidieux, puisque Allward et son équipe faisaient face aux mêmes périls auxquels Bird avait dû faire face lors de sa tournée des tranchées.

Le terrain étant jonché de grenades et d’obus non explosés, d’armes et de fils rouillés, 100 000 verges de terre avaient dû être enlevées à la main afin de le préparer à recevoir la base du monument. D’autres reliques de la guerre, les souterrains et les tunnels, avaient dû, lorsque découverts, être vidés des munitions explosives qui y étaient souvent emmagasinées, et remplis de craie mouillée ou de ciment. De trouver ces cavernes souterraines sous la base du monument était crucial, puisque le monument allait peser, au total, 50 000 tonnes.

Plus a venir la semaine prochaine!

 

Des ouvriers construisent la fondation de la base du mémorial de Vimy. Crédit : Canada - Anciens Combattants Canada/Bibliothèque et Archives Canada/e002852545
Des ouvriers construisent la fondation de la base du mémorial de Vimy. Crédit : Canada – Anciens Combattants Canada/Bibliothèque et Archives Canada/e002852545