Bataille de Poelcappelle
Une action centenaire

« Lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. »
© IWM (Q 3007)

Ce jour-là en 1917, (9 octobre), le Royal Newfoundland Regiment a combattu à Poelcappelle, dans les Flandres, en Belgique.

Comme on pouvait s’y attendre, la boue des Flandres a grandement nui à la préparation de la bataille; « Les détachements de mitrailleuses avaient de la difficulté à transporter l’artillerie sur le terrain et, lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 392)

La boue avait tellement ralenti les Terre-Neuviens que la formation a mis cinq heures la veille de l’attaque pour marcher seulement cinq milles le long des routes délavées et des caillebotis couverts de boue, contournant invariablement les trous d’obus avant de tomber dans d’autres (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 393).

Alors qu’ils prenaient position pour appuyer le quatrième bataillon de Worcesters, les Terre-Neuviens ont vu soudainement un pistolet de signalisation Very traverser le ciel à partir des lignes ennemies à 5 h 10. Malgré le suspens, rien ne s’est passé et la lumière s’est éteinte. « Quelques minutes plus tard, un obus solitaire a été entendu au loin, suivi une minute plus tard par le son tranchant d’un canon français de modèle 75. Peu de temps après est venu le pandémonium à 5 h 30 lorsque le barrage s’est effondré. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

Crédit: Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 391.

Pataugeant pour traverser la Broembeek, le quatrième bataillon de Worcesters et le régiment de Terre-Neuve  sont devenus désorganisés et mêlés, tellement que les Terre-Neuviens ont fait partie de ceux qui menaient l’attaque. Heureusement, un plus grand nombre d’hommes sont restés pour nettoyer les abris ennemis le long du talus de la voie ferrée d’Ypres-Staden. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 395) À 7 h, la ligne verte pointillée avait été atteinte et les unités combinées ont continué à repousser la ligne pointillée bleue contre la résistance montante.

À Pascal Farm, les ruines de béton étaient envahies par le bruit des mitraillettes, mais des tactiques minutieuses de « tires et de mouvements » l’ont emporté. D’autres édifices le long de la route Poelcappelle-Houthulst Forest ont subi les feux de quatre chars d’assaut, mais la boue des  Flandres a empêché l’ennemi de dépasser la ligne de départ. Sur le flanc gauche, les Terre-Neuviens ont vu les équipes avec mitrailleuses Lewis des Irish Guards se tenir debout, leurs armes sur l’épaule pendant que leurs camarades continuaient d’attaquer la Cairo House. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

À midi, les Terre-Neuviens étaient en train de consolider leurs faibles positions le long de la ligne verte, le troisième et dernier objectif. Les contre-attaques des forces ennemies ont été repoussées avec succès, mais les difficultés dans les flancs ont forcé les troupes à prendre des positions plus solides juste au nord du chemin Poelcappelle-Houthulst Forest. Les Terre-Neuviens ont été libérés par le deuxième bataillon d’Hampshires à la brunante, indiquant la fin d’une autre victoire durement gagnée.

Le 9 octobre 1917, le Royal Newfoundland Regiment a compté 67 victimes et 127 blessés. Pour leur bravoure, trente-trois décorations ont été remises aux Terre-Neuviens; sept ont reçu la Croix militaire ou la Croix de guerre avec agrafe, cinq ont reçu la Médaille de conduite distinguée, et 20 autres ont reçu la Médaille militaire. La bataille à Poelcappelle a donné le seul gain important sur le flanc nord, dans le secteur du quatorzième corps. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 397)

Bataille de Passchendaele
Une action centenaire

Le Corps canadien est entré dans la bataille de Passchendaele en octobre 1917, après un printemps et un été de grandes victoires à Vimy et à la cote 70. Ils étaient confiants, bien entraînés et, plus important encore, reposés. La bataille de Passchendaele durait déjà depuis la fin de juillet et avait détruit des milliers de troupes britanniques pour prendre la crête qui a donné son nom à la bataille. Accablée par le mauvais temps, la bataille de Haig ne s’est pas bien déroulée. En octobre, il était devenu évident qu’ils auraient besoin de plus d’hommes pour renforcer la cinquième armée britannique.

La plan original consistait à ce que le Corps canadien attaque à nouveau Lens, la ville qu’il n’avait pas réussi à prendre à la fin de la campagne de la cote 70 en août. Haig a toutefois rencontré Currie à la place pour expliquer que le Corps était nécessaire à Passchendaele. Ici, Currie a tiré le maximum de la position du Corps dans la structure politique des alliés. Le Corps ne serait pas suborné par Gough et la cinquième armée puisque Haig a fourni une artillerie plus lourde et Currie a planifié l’attaque lui-même. Même dans ce cas, Currie avait prévu que le Corps perdrait probablement autour de 16 000 hommes, dont ils avaient tant besoin à Passchendaele.

L’attaque canadienne a débuté le 26 octobre à 5 h 40 avec un barrage roulant alors que la troisième et la quatrième divisions ont commencé leur avancée. La communication était problématique et la boue, souvent aussi haute que la taille, entravait le mouvement vers l’avant. Il a fallu deux jours, mais les premiers objectifs, y compris l’éperon de Bellevue, ont été atteints avant le 27 octobre. La phase suivante de la bataille en quatre parties a commencé le 30 octobre, à nouveau avec la troisième et la quatrième divisions. Les avancées le 30 octobre ont été plus petites, et le barrage roulant a été un succès, particulièrement au front de la troisième division.

La troisième et la quatrième parties de l’avancée ont eu lieu après que les divisions ont été relayées, et la première et la deuxième divisions ont commencé leur travail le 6 novembre. Il était facile de se perdre au front à Passchendaele, même avec une carte, et un membre du Corps canadien s’est retrouvé par accident en terrain allemand et a révélé la date de la prochaine attaque – 6 novembre. Même avec cet avertissement, le barrage canadien a été suffisamment fort pour que les divisions puissent avancer de façon plutôt sécuritaire et, à la fin de la journée, le village de Passchendaele avait été capturé. Au 10 novembre, les dernières forces allemandes avaient été entièrement repoussées de la crête et l’offensive avait été annulée – Haig a déclaré victoire.

La prédiction de Currie était correcte. Le Corps canadien a perdu 16 404 hommes à Passchendaele. Bon nombre des blessés laissés sur le champ de bataille se sont noyés dans la boue et l’eau avant de pouvoir être secourus. Au total, Passchendaele a coûté la vie à 275 000 hommes de la Grande-Bretagne et du Dominium, comparativement à 220 000 victimes allemandes. Un prix élevé pour la victoire.

Avancements technologiques|

– Currie et ses commandants ont planifié la bataille de Passchendaele en 14 jours; en comparaison, la planification pour Vimy a pris trois mois et un mois pour la cote 70. En 1918, Currie a planifié ses deux cents assauts en moins de temps encore. Le Corps était devenu une armée professionnelle bien entraînée et avait besoin de moins en moins de temps pour s’entraîner.

– Currie a compris que l’artillerie et son utilisation étaient essentielles au succès des soldats sur les lignes de front. Sans un barrage roulant réussi et un fort soutien, les hommes étaient pris à leurs lignes et étaient des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes.

– Comme à Vimy, le transport pour se rendre et quitter Passchendaele était essentiel; le Corps de l’intendance de l’Armée canadienne et des ingénieurs ont d’ailleurs passé les 14 jours avant la bataille à bâtir des centaines de mètres de routes et de caillebotis dans un geste désespéré de créer des chemins sur lesquels ils pourraient marcher dans la boue. Dans bien des cas, les caillebotis ont sauvé des vies, puisque ne pas les suivre signifiait la noyade. Les équipes de transport de l’artillerie travaillaient la nuit pour déplacer les armes requises pour la bataille, et des milliers de chevaux et de mules ont été tués en service.

À noter|

Soldat Thomas William Holmes, VC,  a reçu la Croix de Victoria pour ses attaques sur une série de nids de mitrailleuses le 26 octobre 1917. Résident d’Annan, en Ontario, Holmes était fermier avant de s’engager en 1915. Il a servi avec le quatrième CMR et avait 19 ans lorsqu’il a reçu la Croix de Victoria. Holmes a survécu à la guerre et est décédé en 1950. Sa Croix de Victoria a été volée dans un cambriolage à domicile dans les années 1930.

Caporal Colin Fraser Barron, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 6 novembre 1917. Barron a attaché un nid de mitraillettes qui empêchait son unité d’avancer, tuant l’équipe, et retournant son arme contre l’ennemi. Il a survécu à la guerre et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du Royal Regiment of Canada.

Soldat Cecil Kinross, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 30 octobre 1917. Kinross a attaqué à lui seul un nid de mitraillettes avec rien d’autre que son fusil, permettant à sa compagnie de faire une avancée de 300 verges. Kinross a été blessé à Passchendaele, mais a survécu à la guerre.

Major Talbot Mercer Papineau,  a été tué le 30 octobre 1917, durant son service au sein de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI). Papineau, petit-fils du fameux patriote, Louis-Joseph Papineau, est surtout connu pour les lettres publiques envoyées à son cousin Henri Bourassa qui demandaient le soutien de l’effort de guerre. Papineau a été frappé par un obus et son corps n’a jamais été retrouvé.

Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, VC, DSO
Une action centenaire

Le Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, 9e Bataillon, Régiment de Leicestershire. © IWM (VC 85)

En ce jour en 1917, le Canadien Philip Bent, D.S.O. reçoit la Croix de Victoria pour ses actions lors de la bataille du bois du Polygone.

Né en 1911 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Philip a plus tard fréquenté l’école au Royaume-Uni. En 1907, il s’est joint à la Marine marchande, mais s’est rapidement enrôlé dans l’armée britannique lorsque la guerre a éclaté, en 1914. Il s’est élevé dans les rangs, et en juillet 1915, il était en route vers le front occidental en tant qu’officier chargé du régiment de Leicestershire. Deux ans plus tard, après avoir reçu l’Ordre du service distingué en juin 1917, Bent servait temporairement à titre de Lieutenant-Colonel durant la troisième bataille d’Ypres, où il a mené une contre-attaque près du bois du Polygone, à Zonnebeke, en Belgique, le 1er octobre 1917. Tué en menant l’attaque, le corps du Lieutenant-Colonel Bent a été perdu durant les combats subséquents, et il n’a donc pas de tombe connue. Sa mémoire est honorée au Mémorial aux soldats disparus de Tyne Cot, au cimetière de Tyne Cot près d’Ypres, en Belgique.

La citation de sa Croix de Victoria se lit comme suit:

The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 722.
The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 723.

 

Bataille de la Côte 70 Prenait Fin
Une action centenaire

« Des Écossais canadiens se reposant dans un village près de Lens. La main qui berce l’enfant domine l’Allemand. Septembre 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001853.

25 août – En ce jour, en 1917, la bataille de la Côte 70 prenait fin. À la fin de la journée du 24 août, les survivants du 44e Bataillon (Manitoba) avaient été forcés de se retirer de Green Crassier, ayant été attaqués de tous côtés et ayant accumulé 257 pertes (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p.296). Dans une dernière manœuvre, le 50e Bataillon (Calgary) a attaqué la tranchée fortifiée Aloof le 25 août. À la tombée, le 25 août, le retrait des troupes canadiennes à la Côte 70 et à Lens était complété, marquant ainsi la fin de la bataille du Corps expéditionnaire canadien à la Côte 70.

Alors que l’attaque de la Côte 70 avait été un succès retentissant, la ville de Lens allait demeurer en mains allemandes jusqu’à leur retrait en 1918. Pour leurs succès, les Canadiens ont reçu plusieurs marques de reconnaissance, dont six Croix de Victoria et l’Honneur de bataille de la Côte 70. Du 15 au 25 août 1917, le nombre de victimes canadiennes s’est élevé à 9198 soldats tués, blessés ou faits prisonniers.  

« Des maisons allemandes renforcées avec du béton, en périphérie de Lens. Septembre 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003890.

Corporal Filip Konowal, V.C. 
Une action centenaire

Filip Konowal, à Londres, avant de recevoir sa Croix de Victoria.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006732.

22-24 août 1917

Filip Konowal photographié à Londres après avoir reçu la Croix de Victoria.
© IWM (Q 69170)

Filip Konowal a immigré au Canada, en provenance de la Sibérie, en 1913. Né dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine, Konowal avait servi comme instructeur de combat à la main et à la baïonnette dans l’armée impériale russe avant de travailler comme bûcheron dans une compagnie d’exploitation du bois en Sibérie. En 1916, il s’est enrôlé dans le 77e Bataillon (Ottawa), mais une fois outre-mer, il a été transféré dans le 47e Bataillon  (Colombie-Britannique).   

Durant les batailles de la côte 70 et de Lens, Konowal a servi au sein d’un groupe de ratissage, avançant derrière la première vague, se débarrassant des pochettes de résistance ennemie encore présentes. À plusieurs occasions, Konowal est descendu seul dans les sous-sols et les caves sombres qui avaient été convertis en postes de mitrailleuses, attaquant des équipages ennemis entiers avec des massues et des baïonnettes, émergeant chaque fois sans une seule égratignure. À un certain moment, il a foncé sur un groupe de sept soldats qui se déplaçaient à vue, les abattant tous (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Durant l’une de ses dernières actions, il a pénétré dans un tunnel près de Fosse 4, lançant deux charges d’ammonium sur une garnison avant de foncer sur elle avec une baïonnette, et éliminant le poste entier (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.60). Le corporal Konowal a peu après été grièvement blessé par un coup de feu au cou et à la figure. Il a été évacué, a récupéré et a même servi au sein du Corps expéditionnaire canadien en Sibérie plus tard durant la guerre. 

Cependant, tout comme cela fut le cas pour un autre récipiendaire de la Croix de Victoria, le soldat Michael O’Rourke, la vie du corporal Filip Konowal après la guerre a été marquée par la tragédie. Le jour après avoir mené la Parade de la paix des vétérans au travers des rues du centre-ville d’Ottawa, le 19 juillet 1919, Konowal allait être accusé du meurtre au couteau de William (Vasyl) Artich à Hull, au Québec. L’ami de Konowal, Leonti Diedek, avait été attaqué par Artich, et Konowal a porté secours à Diedek. Durant la lutte qui s’en est suivie, durant laquelle Artich a frappé Konowal sur le crâne et a ensuite coupé et poignardé son bras, Konowal a pris le contrôle du couteau, frappant Artich une seule fois, droit au cœur. Lorsque la police est arrivée, Konowal se tenait calmement sur la scène du crime et a affirmé de façon stoïque: « J’en ai tué 52 (à la guerre), c’est le 53» (Sorobey, “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero, Canadian Military History, Vol. 5: Iss. 2, Article 6).  

Un plus vieux Filip Konowal, photographié après la guerre. Les cicatrices et les traumatismes de ses blessures sont devenus plus évidents alors qu’il a pris de l’âge.
Crédit: Vladimir J. Kaye/Bibliothèque et Archives Canada/C-010023.

Mis au banc des accusés, Konowal a reçu un soutien inébranlable de la part de l’Association des vétérans de la Grande Guerre (un précurseur à la Légion royale canadienne), et des fonds ont été amassés pour assurer sa défense. Il a été déterminé que les blessures et traumatismes soufferts par Konowal durant la guerre avaient causé du dommage à son cerveau, donnant lieu à des hallucinations et des sautes d’humeur dramatiques. (Parfois, il croyait qu’il était encore à la côte 70, et les étrangers étaient des ennemis attaquant ses hommes) Reconnu comme n’étant pas criminellement responsable du meurtre, Konowal a été admis à l’hôpital Satin Jean de Dieu de Montréal (maintenant nommé Institut universitaire  en santé mentale de Montréal) le 27 avril 1921. 

Approximativement sept ans plus tard, après un traitement progressif et un rétablissement stupéfiant, Konowal a été relâché. Trouver un emploi tout comme le monde glissait dans la Grande Dépression était particulièrement difficile, mais grâce à un heureux hasard, Konowal a trouvé un poste au sein du personnel d’entretien des édifices du parlement. Lors d’une autre rencontre fortuite, William Lyon Mackenzie King, le premier ministre de l’époque, a remarqué les rubans de médailles épinglés à l’uniforme d’entretien de Konowal, incluant le ruban cramoisi de la Croix de Victoria. À partir de ce moment, Konowal fut assigné comme concierge personnel et messager de la chambre no.16, soit le bureau du premier ministre sur la Colline du Parlement. 

Plusieurs années plus tard, des groupes de vétérans et des branches de la Légion royale canadienne allaient être nommés en l’honneur de Filip Konowal, et plusieurs plaques allaient être érigées à travers le pays. Des fonds allaient aussi être recueillis afin de l’aider à aller en Angleterre pour rencontrer la famille royale lors du centenaire de la création de la Croix de Victoria. Plus récemment, la ville natale de Konowal en Ukraine, Kutkivtsi (Kudkiv), a dévoilé un grand mémorial de pierre et de bronze à son nom; la ville de Lens, en France, a dévoilé une plaque et un bas-relief; et le nouveau mémorial de la côte 70, dévoilé en avril 2017, inclut un chemin nommé « chemin Konowal ». Il semblerait aussi que, malgré qu’il ait cru qu’elles avaient été tuées lors des purges de Stalin, la femme et la fille de Konowal avaient en effet survécu, et que ses petits-enfants seraient encore vivants aujourd’hui à Kutkivtsi (Kudkiv), en Ukraine.  

Filip Konowal, décédé le 3 juin 1959, est enterré au cimetière Notre-Dame-de-Lourdes à Ottawa, en Ontario.  

La citation officielle pour la médaille de Filip Konowal, alors caporal, V.C (deuxième à partir du bas, colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  23 novembre 1917, supplément:  30400, page: 12329.

Pour une histoire plus complète de la vie du corporal Filip Konowal, V.C., consultez: Sorobey, Ron (1996), “FilipKonowal, VC: The Rebirth of a Canadian Hero,Canadian Military History: Vol. 5 : Iss. 2 , Article 6.  Disponible au: http://scholars.wlu.ca/cmh/vol5/iss2/6 

Note de l’éditeur – Il existe quelques contradictions au sujet des dates durant lesquelles les actions qui ont mené à la Croix de Victoria de Konowal ont eu lieu. Plusieurs sources affirment que cela s’est déroulé sur une période de deux jours, du 22 au 24 août 1917. Cependant, son rapport de service indique que Konowal aurait été sérieusement blessé le 21 août 1917 et admis à l’hôpital. Il est clair que Konowal a été gravement blessé à un certain moment durant la bataille, mais si ses actions ont eu lieu durant le ratissage de l’attaque de Lens, alors les dates du 22 au 24 août 1917 sont plus plausibles. L’attaque de Lens n’a pas débuté avant les petites heures du matin le 21 août 1917. Toutefois, dans le brouillard du combat dans les tranchées, il est possible que Konowal se soit trouvé à se battre la journée avant que l’attaque de Lens ne commence officiellement, et cela pourrait avoir été pris en considération dans la « période de deux jours ».  

 

 

 

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C. 
Une action centenaire

Le sergent-major de compagnie Robert Hanna, V.C., (D) et le soldat Michael James O’Rourke, V.C., M.M., (G) à Londres, après la réception de leurs Croix de Victoria (celle d’O’Rourke peut être vue, épinglée sur sa poitrine). 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006656.

21 August 1917

CSM Robert Hanna, V.C.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Robert Hanna a immigré au Canada depuis Kilkeel, en Irlande, en 1905. Lorsque la guerre a éclaté, il s’est enrôlé au sein du 29e Bataillon (Vancouver) le 7 novembre 1914. En août 1917, il s’était déjà élevé au rang de sergent-major de compagnie (CSM) lorsque, durant une tentative pour saisir un certain nombre de tranchées au sommet de la côte 70, tous les officiers de la compagnie « B » ont été faits victimes. La commande de cette force en détresse est donc passée aux mains du CSM Hanna. Dans une position précaire, la compagnie voisine « C », et maintenant la compagnie «B » d’Hanna, accumulaient un nombre croissant de pertes dues à une ligne ennemie défensive centrée à l’entour d’un poste de mitrailleuse. Ayant déjà vu les trois attaques précédentes échouer,  le CSM Hanna a tout de même rassemblé un petit groupe d’hommes, le menant dans une avancée au travers d’enchevêtrements de fils barbelés et de tirs ennemis. Atteignant le poste de mitrailleuse, Hanna a mené la charge jusqu’à la fin, attaquant trois des membres de la troupe avec sa baïonnette et le quatrième avec la crosse de son fusil (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). Durant une courte pause, Hanna et les quelques hommes qui avaient survécu ont créé une position de blocage dans le système de tranchées, avant que les Allemands ne lancent une série de contre-attaques. Chaque nouvelle attaque a été refoulée par la petite bande de Canadiens menée par le CSM Hanna, et ils ont tenu bon jusqu’à ce que du renfort arrive plus tard ce jour-là (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.49). 

Pour ses actions immédiates, son leadership et ses habiletés au combat cette journée-là, le sergent-major de compagnie Robert Hanna a reçu la Croix de Victoria. Il allait survivre à la guerre, retournant en Colombie-Britannique, au Canada. Il est décédé le 15 juin 1967 et est enterré au Masonic Cemetery, à Burnaby, en Colombie-Britannique. Sa tombe a depuis reçu une pierre tombale traditionnelle de la Commonwealth War Graves Commission (Commission des tombes de guerre du Commonwealth).   

 

La citation officielle de la médaille pour le CSM Robert Hanna, V.C. (avant-dernière au bas de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication:  6 novembre 1917, supplément:  30372, page: 11568.

La bataille de Lens
Une action centenaire

21 au 25 aoû1917 

« 124th Pioneer Battalion resting outside a shrapnel shattered house near Lens. September, 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001862.

Avec le succès remporté par le Corps expéditionnaire canadien lors de la bataille de la côte 70, Currie avait maintenant jeté son dévolu sur la ville derrière la colline: Lens. Malgré qu’elle avait forcé les Allemands à livrer une bataille coûteuse leur ayant infligé quelque 20 000 pertes, la prise de la côte 70 ne les avait pas forcés à se retirer de la ville. Currie avait originalement planifié la bataille de la côte 70 afin d’éviter de devoir forcer le Corps canadien à attaquer une ville fortifiée, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant, mais avec l’absence d’un retrait des Allemands et une pression croissante de la part de son supérieur, Currie a été forcé de considérer tenter d’envahir Lens.  

Avec la contribution de ses commandants divisionnaires, Currie a ordonné aux 2e et 4e Divisions d’avancer sur la ville dans une attaque serrée et inquisitrice. La première attaque a eu lieu à 4 h 35 le 21 août avec des bataillons des deux divisions avançant de leurs lignes jusqu’aux limites de la ville. Ils ont été accueillis avec une résistance extrêmement puissante, et dans le labyrinthe des caves fortifiées, des maisons en ruines et des rues bloquées, ils étaient constamment harcelés par les Allemands. À la fin de la journée, les Canadiens ont été forcés de se retirer; ils avaient perdu 1154 soldats en une seule journée.  

Currie savait maintenant ce qui l’attendait à Lens, une puissante force allemande, mais il a fait une erreur de calcul non caractéristique: plutôt que de bombarder Lens depuis les airs, et d’ainsi éviter une bataille à l’intérieur de la ville, il a décidé d’y envoyer la 4e Division de nouveau afin d’essayer de s’emparer de Green Crassier, une grande étendue de déchets au sud de la ville. Le 44e Bataillon a reçu l’ordre de marcher sur Lens le 23 août et d’essayer de s’emparer du crassier, et alors qu’il a initialement réussi à s’en emparer, il a fini par devoir le tenir tout en étant coupé de toutes communications et sans renfort. Le 44l’a tenu jusqu’à la fin de la journée le 24 août, mais a dû de retirer, et Currie a suspendu l’opération de Lens le 25 août 1917. La ville est demeurée en mains allemandes jusqu’au retrait général des Allemands en 1918. Le nombre total de pertes du 15 au 25 août s’est élevé à 9198 soldats tués, blessés ou disparus. 

 

Avancées technologiques| 

« Canadians wounded at Lens on way to Blighty via Light Railway, September 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001823.

La bataille à Lens a démontré un type de combat qui allait devenir central à la Deuxième Guerre mondiale: le combat en milieu urbain. Saisir la ville demandait au Corps expéditionnaire canadien de passer à travers chaque rue de Lens afin de les vider de toute force ennemie restante, ce pour quoi il n’avait pas les ressources ni la formation nécessaires. Lens a été la dernière fois ou le corps s’est battu dans une ville jusqu’à la bataille de Valenciennes, en 1918.  

Personnalités| 

Corporel Filip Konowal (47e (Colombie-Britannique) Bataillon)- Immigrant provenant de ce qui est maintenant l’Ukraine, Filip Konowal était un vétéran de l’armée russe qui s’est enrôlé en 1915. Son bataillon faisait partie de la 4e Division et a été déployé dans la ville de Lens le 21 août 1917. Pour une durée de deux jours, Konowal a été occupé à vider les caves de la ville, et il a attaqué à lui seul deux nids de mitrailleuses, tuant leurs équipages et détruisant leurs fusils. Il a reçu la Croix e Victoria pour sa bravoure, le seul Ukrainien à avoir reçu cet honneur. La vie de Konowal à la suite de la guerre a été tragique: sa famille en Ukraine a été tuée lors du plan de collectivisation de Stalin dans les années 1930, et Konowal n’est jamais retourné dans sa terre natale. Il a été accusé de meurtre en 1919 et a passé du temps dans un hôpital psychiatrique, avant de trouver du travail comme concierge à la Chambre des Communes. 

Le sergent-major de compagnie Robert Hill Hanna (29th (Vancouver) Battalion) est le deuxième Canadien à avoir reçu la Croix de Victoria à Lens. Les deux sont comptées comme des reconnaissances pour la bataille de la côte 70.

« Un docteur canadien examine des Canadiens blessés avant de quitter un poste de soins près de Lens. Septembre 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003816.

Sergent Frederick Hobson, VC  & Major Okill Massey Learmonth, VC, MC 
Une action centenaire

Sergent Frederick Hobson, VC

Le Sergent Frederick Hobson, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le 15 août 1917, à l’âge de 41 ans, le sergent Frederick Hobson, de Galt/Cambridge, en Ontario, a participé à l’attaque de la côte 70 aux côtés des hommes de la compagnie « A  » du 20e Bataillon (centre de l’Ontario). Dégageant une section des tranchées ennemies connue sous le nom de Nabob Alley, le sergent Hobson et ses hommes ont établi une position de blocage pour les inévitables contre-attaques. Pendant les trois jours suivants, le poste a tenu bon, jusqu’au moment ou un lourd bombardement au petit matin, le 18 août, a éradiqué le quartier général du 20Bataillon ainsi que tous les fusils Lewis, à l’exception de l’un d’entre eux, dans les positions avancées. Alors que l’unique fusil Lewis a commencé à tirer, un obus allemand l’a frappé, enterrant le fusil et le seul survivant de l’équipage dans la boue et les débris. Comprenant ce qui se passait, Hobson s’est élancé pour déterrer l’homme.

« Nous nous en sommes tirés de justesse », a dit le survivant, le soldat A.G. Fuller.  « Oui j’imagine: déterrons le fusil » a répliqué Hobson. (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 52) Alors qu’ils ont commencé à creuser, l’ennemi s’est mis à tirer sur eux et à avancer au travers de la terre abandonnée.

« Une balle a frappé Hobson, mais il n’a pas porté attention à sa blessure. Ensemble, lui et Fuller ont remis le fusil en position et se sont mis à tirer sur les Allemands, qui déferlaient en masses dans la tranchée. Ils réussissaient à bien repousser l’ennemi lorsque le fusil a bloqué. Hobson a alors pris son arme. “Je vais les retenir”, a-t-il dit à Fuller, “si tu répares le fusil!” » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 52)  

Déjà blessé, le sergent Hobson a chargé contre le groupe qui pénétrait la tranchée, les repoussant avec son arme, une massue et une baïonnette. Au cœur de la mêlée, un simple coup de fusil a atteint le sergent Hobson, le tuant tout juste comme le soldat Fuller était parvenu à réanimer le fusil Lewis, mettant fin à la menace ennemie. Du renfort est arrivé quelques minutes plus tard. Le sergent Frederick Hobson a reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Son corps a été perdu dans le combat qui s’en est suivi, et il est donc commémoré au Mémorial national du Canada à Vimy. 

Page 1 - La citation officielle de la médaille pour le sergent Frederick Hobson, VC (bas de la colonne de droite). 
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10677.
Page 2 – La citation officielle de la médaille pour le sergent Frederick Hobson, VC (haut de la colonne de gauche). 
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le MajorOkillMasseyLearmonth, VC, MC 

« Le major O.M. Learmonth, M.C., D.S.O. (tué) » (Droite) 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-007451.

Ayant déjà reçu la Croix militaire pour ses actions précédentes en 1917, le major Okill Massey Learmonth, de la ville de Québec, a participé à l’attaque sur la côte 70 avec le 2e Bataillon (Régiment de l’est de l’Ontario). Le 18 août, ayant tenu sa ligne pendant trois jours,  le 2e Bataillon n’avait plus en ses rangs que 614 hommes lorsque l’ennemi a laissé déferler sur eux un terrifiant bombardement dans les petites heures du matin. Attaquant avec des lance-flammes, l’ennemi a été capable de pénétrer les tranchées du 2e Bataillon avant qu’une mission de bombardement ne puisse les en déloger.

Les attaques ont continué toute la matinée, avec Learmonth chargeant personnellement sur une force ennemie qui menaçait toute sa compagnie, attrapant et relançant les grenades ennemies et criant des encouragements depuis le parapet. Blessé deux fois, il a « continué comme s’il était parfaitement en santé et sans une égratignure » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.57). Une troisième blessure a cassé la jambe de Learmonth mais n’a pas réussi à briser son esprit. « Gisant dans la tranchée, il a continué à diriger ses hommes, à les encourager, à les applaudir, à les conseiller » (Bureau canadien des registres de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p.57). Alors que les attaques ennemies se sont tranquillement dissoutes, Learmonth a finalement été installé sur une civière et emporté, transmettant d’importants détails à ses officiers juniors en chemin. Il allait mourir le même jour de ses blessures, à l’hôpital.   

Le major Okill Massey Learmonth, VC, MC a reçu la Croix de Victoria à titre posthume et à plus tard été enterré au cimetière communal de Nouex-les-Mines. Il avait 23 ans.

La citation officielle pour la médaille du major Okill Massey Learmonth, VC (colonne de gauche). 
The London Gazette, date de publication:  6 novembre  1917,  supplément: 30372, page: 1567.

Soldat Harry Brown, VC
Une action centenaire

16 août 1917

Soldat Harry Brown, VC. 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le soldat Harry Brown, de Gananoque, en Ontario, a servi au sein du 10e Bataillon (Canadiens) durant l’attaque de la côte 70. Le 16 août 1917, alors qu’un modeste poste était renforcé par un petit groupe du bataillon, l’ennemi avait été vu se regroupant. Afin d’épargner le poste, le groupe avait désespérément  besoin d’artillerie pour pouvoir combattre les contre-attaques ennemies. À ce stade de la bataille, toutes les communications avec le quartier général avaient été coupées par les tirs d’obus. Le soldat Brown et un deuxième coureur avaient été envoyés avec une demande urgente de soutien de l’artillerie lorsqu’ils ont été pris à découvert par un barrage hostile. Le compagnon de Brown a été tué, alors que Brown, lui, a vu son bras fracassé. Transportant toujours le message, Brown a continué son chemin au travers des trous d’obus et des tranchées saccagées, se rendant lentement jusqu’a un abri équipé d’un téléphone qui fonctionnait.  

Regardant depuis un autre de ces abris, se trouvait un officier qui « scrutait la dévastation » lorsque soudainement, « une silhouette sombre a rampé hors de la ruine et s’est avancée vers l’abri. C’était un soldat, sans chapeau, pâle, sale, ravagé, avec un bras ensanglanté ballant à son côté ». (Bureau canadien des registres de la guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 46). Ayant atteint une sécurité relative, Brown s’est effondré dans les escaliers de l’abri souterrain, complètement épuisé, ne restant conscient qu’« assez longtemps pour tendre son message en précisant “message important” » (The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678). Avec son message livré et du soutien d’artillerie en chemin, Brown a glissé dans l’inconscience, mourant de ses blessures quelques heures plus tard dans une station de pansement, aux petites heures du matin, le 17 août 1917. Le soldat Harry Brown, VC, est enterré au cimetière communal de Noeux-les-Mines.   

La citation officielle de la médaille pour le soldat Harry Brown, VC  (première inscription de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678.

Blog Prix Vimy Beaverbrook – 15 août 2017

Courcelette Canadian Memorial
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.

Aujourd’hui en France, les participants PVB2017 ont commémoré le 100e Anniversaire de la Bataille de Côte 70. A cette occasion Cecilia a présenté le Sergent japonais-canadien Masumi Mitsui qui a reçu la Médaille Militaire pour la bravoure, et Maddy pour sa part a présenté Sergent ukrainien-canadien Filip Konowal qui a reçu la Croix de Victoria.

(À noter: les participants blogueront dans leur langue de préférence)

Canadian Hill 70 Memorial
Crédit: Peter Last, The Hill 70 Monument Project

Filip Konowal may have been born in the Ukraine, but everything he had, he gave to Canada. Today, I had the opportunity to visit Hill 70 to commemorate his life, his sacrifice, and his valour. In 1915, Konowal he enlisted with the 77th (Ottawa) Battalion. Once overseas he was transferred to the 47th (British Columbia) Battalion.

Three days before the Battle of Vimy Ridge, he was promoted to acting corporal, successfully leading his men to their objectives. During the fighting at Hill 70 and Lens, Konowal served on a mopping-up party. Even after the quick capture of Hill 70, Konowal grew restless, claiming in a later interview “I was so fed up standing in the trench with water to my waist that I said to hell with it and started after the German army.” Acting alone, Konowal accounted for no less than three enemy machine gun posts, taking them with just his rifle, bayonet, grenades and bare hands. This act earned Filip a Victoria Cross for bravery. Late in the day of 22 August 1917, Konowal was severely wounded by a gunshot wound to the neck and face. He was evacuated, recovered, and even went on to serve with the Canadian Siberian Expeditionary Force late in the war.

Back in Canada, Filip Konowal’s physical and emotional injuries began to take their toll; he began to suffer hallucinations and in one instance, killed a man while coming to the aid of his friend who was being attacked. Due to his war injuries, which included severe brain trauma, Konowal was found not criminally responsible for the murder and placed in a hospital for treatment. Gradually healing from his wounds, upon release, Filip married a war widow. He wasn’t honored for his service until 1956, when other veterans raised awareness and funds to send Konowal to meet the queen who awarded him with a Branch Merit award. He would later work as the personal caretaker and messenger of the Prime Minister’s office on Parliament Hill. When Filip Konowal passed at the age of 72, his government record was labelled “died in service”, as he devoted himself entirely to our country. I am honored to have been able to commemorate him.

-Madelyn Burgess, Bow Island, Alberta

Enshia & Alisia, Villers Station Cemetery
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.

On this day 100 years ago, the Canadians attacked Hill 70 and today we visited the site where the battle took place. It was there that I shared the story of Japanese-Canadian soldier Masumi Mitsui. Although he was one of many Japanese soldiers who served during the war, his story applies to many of these brave soldiers. Due to discriminatory recruiting, Japanese-Canadians had a difficult time enlisting when the war broke out; some even travelled to different provinces to enlist.

They were also treated poorly at the front, as other soldiers made racist remarks and doubted their abilities. Additionally, there was a language barrier between the soldiers of different races, which was one of the reasons Mitsui was put in command of the Japanese soldiers from the 10th Battalion as he was fluent in English. Thirty of Mitsui’s thirty-five men lost their lives during the Battle of Hill 70 and all of them showed great courage in the face of danger. It is heartbreaking to know that later, during the Second World War, the veterans and their families, along with 21,000 other Japanese-Canadians were interned. Throughout the years, the Japanese-Canadian soldiers persevered through many different struggles and hardships. These soldiers, though they were not as recognized, also lived, loved and laughed in their homes and in their communities and made the ultimate sacrifice for us. “At the going down of the sun and in the morning, we will remember them.”

-Cecilia Kim, Surrey, British Columbia

Fauberg d’Amiens Arras Memorial (Flying Services Memorial)
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.

I didn’t want to show tears in front of him because he was such a strong and resilient character; Captain Gordon Budd Irving didn’t fear the war. He occasionally complained about how boring his journey started but more often he wrote to his sister Fern, thanking her for fresh cake in a tin or telling her funny stories about the pals they knew. The worst parts of war never seemed to have gotten to him, the loneliness of being in the Royal Air Force never disconnected him from family and home. Reading the seventy-five letters that he sent home made me realize that he was truly daring and loving – he gave advice to his dad about selling the car and worried if his family would overwork themselves.

When I got to the Arras Flying Services Memorial, it took a while to find his name because subconsciously I wished for his name to be inscribed somewhere reachable, down to earth, just like his personality. But he was near the top of the rectangular column. Looking all the way up, I realized that is where he belonged – against the background of the clear sky that he fought so hard in. There is no longer a need for the Sopwith Dolphin to soar in the sky and Captain Gord is no longer flying in the skies. Never have I ever wished for more beautiful words to flow from my pen, these words just don’t seem enough. I do hope the words I whispered to him at the Memorial were enough to give him a sense of direction back to his school, his home, so that although he was reported missing on the August 11, 1918, he does not feel lost and can find his way home.

-Alisia Pan, North York, Ontario

Villers Station Cemetery
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.
Lochnagar Crater
Crédit: Hanna Smyth, Fondation Vimy 2017.