Le 18 octobre – Le sport et la Première Guerre mondiale
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale
Stephen Brunt et Bob Weeks
Temple de la renommée des sports du Manitoba
Winnipeg, MB
Le 18 octobre 2018

Le 18 octobre 2018 au Temple de la renommée des sports du Manitoba, Stephen Brunt de Sportsnet et Bob Weeks de TSN ont parlé du rôle important du sport et le divertissement pendant la Première Guerre mondiale.

En tant que contributeur à notre nouvelle publication La Guerre en couleur de Dundurn Press, Stephen Brunt a écrit :

« L’art et le sport révèlent notre humanité profonde à nous tous, même dans les conditions les plus inhumaines qui soient. Au cours de la Première Guerre mondiale, sur les lignes de front et partout où des troupes étaient assemblées, formées ou soignées, les jeux et les divertissements émergeaient organiquement dans les circonstances les plus atroces qu’on puisse imaginer. Nous sommes ainsi faits : nous aimons jouer, chanter et danser et être divertis; nous aimons rire et pleurer, applaudir et interagir collectivement. C’est encore plus vrai dans la proximité du champ de bataille. »

Lors de notre événement, il a expliqué pourquoi les militaires auraient encouragé les soldats à faire du sport et des jeux alors qu’ils étaient à l’étranger:

Et ils ont pratiqué différents types de sport dans l’armée. Un match improvisé de cricket, un match de rugby: c’était courant pour beaucoup de soldats britanniques et canadiens à l’époque. Le football était le passe-temps le plus populaire des deux côtés de la ligne, et le simple besoin de ballon et de quelques poteaux de but facilitait certainement la création d’un match.

Brunt écrit: « Les Canadiens et les Terre-Neuviens connaissaient sûrement ces jeux britanniques, mais ils emportèrent dans leurs bagages des sports qui étaient distinctement nord-américains : le baseball, chaque fois qu’on arrivait à trouver une balle, un bâton et des gants; et l’hiver, si l’on trouvait une surface glacée et des patins, un match de hockey ne tardait pas à se mettre en branle, procurant aux soldats une détente dont ils avaient grand be- soin ainsi qu’un rappel du pays. »

Des Néo-Écossais rentrent au camp après un match de baseball, février 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002464 (modification de l’image originale).

De nombreux athlètes canadiens du début du XXe siècle se sont enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien et sont partis à l’étranger pour se joindre au combat. Six de ces athlètes exceptionnels avaient déjà représenté le Canada aux Jeux olympiques au moment du déclenchement de la guerre. Bob Weeks a évoqué leur motivation potentielle et a notamment souligné Alex Decoteau:

 

Apprenez-en plus sur Alex Decoteau en lisant son dossier du personnel à Bibliothèque et Archives Canada:

Alex Decoteau, avec la permission des Archives publiques de la Saskatchewan

Le jour du Dominion, au cours de la dernière année de la Première Guerre mondiale, cinquante mille Canadiens se rassemblèrent pour des événements sportifs à Tincques, à quatorze milles à l’ouest d’Arras, dans le nord de la France. Les Championnats du Corps canadien le Jour du Dominion – le 1er juillet 1918. 

Une vue des terrains depuis un avion, Tinques. Sports du Corps canadien.Juillet 1918. PA-003237. Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Les ingénieurs avaient mis en place un stade, une plate-forme VIP et une scène de théâtre. De nombreux invités de marque y ont assisté, dont sir Robert Borden, le général John J. Pershing (commandant en chef des forces expéditionnaires américaines) et le duc de Connaught, avec le lieutenant-général Arthur Currie comme président d’honneur de l’événement. Le YMCA canadien a fourni l’équipement et le décor, et a servi les rafraîchissements pour les non-officiers.

Les événements de la journée incluaient des compétitions sportives plus traditionnelles – courses à pied, baseball, boxe, crosse et tennis – ainsi que des événements plus inhabituels et amusants: combats d’oreillers, courses en sac et tir à la corde.

Les gagnants du match de baseball, les Championnats du Corps canadien. Juillet 1918. PA-002836
Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Stephen Brunt se penche également sur d’autres formes de divertissement durant la Première Guerre mondiale : « La musique jouait également un rôle important dans le divertissement des troupes. En marge des fanfares militaires établies, si un soldat pouvait jouer d’un instrument ou avait une belle voix, ses camarades pouvaient toujours lui demander de jouer ou de chanter quelque chose. À l’instar des athlètes, certains des plus grands musiciens professionnels du temps revêtirent l’uniforme, et leurs talents étaient particulièrement recherchés. »

«En 1917, près de la crête de Vimy, dix membres de la 3e Division de l’Armée canadienne se réunirent sous la direction de Mert Plunkett qui… organisait divers amusements et concerts populaires et d’où naquit sa troupe, les Dumbells. Le mot signifie haltère en français, et le nom venait de l’emblème de la 3e Division, un haltère rouge symbolisant la force. »

Les Dumbells ont diverti les troupes canadiennes pendant la guerre avec de la musique et des comédies. Leur popularité a été telle qu’ils ont continué à tourner pendant des années après la fin de la guerre. Vous pouvez avoir un aperçu de ce que leur comédie musicale impliquait en regardant un spectacle hommage de Soldiers of Song, basé sur les œuvres originales des Dumbells (en anglais seulement).

 

Questions de discussion :

– Les Jeux Olympiques sont mentionnés à plusieurs reprises ici. Les athlètes auraient voyagé dans d’autres régions du monde pour rivaliser avec d’autres pays dans le sport. Comparez cela à leurs expériences de voyage outre-mer pour combattre. La guerre et les Jeux olympiques sont souvent discutés à travers le prisme du « nationalisme ». Y aurait-il une fierté similaire dans son pays? Comment cela changerait-il d’une compétition sportive à une guerre?

– Êtes-vous d’accord avec la suggestion de Bob Weeks selon laquelle les athlètes seraient enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien pour devenir des héros? Pourquoi ou pourquoi pas? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de guerre? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de paix?

– Cette page contient deux photos qui ont été colorisées. Utilisez le guide Vimy 100 en classe sur «La photographie et la Première Guerre mondiale» pour analyser les photos et l’ajout de couleurs.

– Les sports ont contribué à maintenir les soldats en bonne condition physique et à la thérapie physique à la suite de blessures subies pendant la guerre. Pourquoi la musique et la comédie auraient-elles été importantes pour les soldats?

– Pourquoi était-il si important pour ses camarades soldats de récupérer la montre en argent d’Alex Decoteau? Comment imaginez-vous qu’ils se sentent lorsqu’ils l’envoient chez sa mère?