La bataille d’Amiens
Une action centenaire

Bataille d’Amiens du 8 au 12 août 1918

Qualifié par le général Erich Ludendorff de « journée noire de l’armée allemande », le premier jour de la bataille d’Amiens donne le ton des cent derniers jours de la Première Guerre mondiale. À 4 h 20 du matin, le 8 août, le barrage roulant canadien est lancé et les quatre divisions du Corps avancent derrière un nuage ronronnant d’éclats d’obus, de gaz toxique et de fumée.

La bataille d’Amiens a été planifiée dans le plus grand secret au cours de l’été 1918 par le feld-maréchal Haig, après une proposition du commandant australien John Monash d’utiliser une approche combinée d’infanterie et de chars pour percer les lignes allemandes déployées sur le front après l’offensive interrompue du printemps. L’attaque a été planifiée sans bombardement initial; les premiers coups de feu seraient tirés sur les canons allemands à minuit sous la protection d’un barrage roulant.

Le Corps canadien est secrètement déplacé vers le front d’Amiens pour ne pas laisser voir qu’une attaque est sur le point de se produire. Une force de diversion est envoyée dans les Flandres, amenant l’armée allemande à penser que l’offensive sera lancée là-bas, et les dernières unités canadiennes n’arrivent pas sur place avant le 7 août.

L’avancée du matin du 8 août est rapide et brutale; une grande partie de l’artillerie allemande est mise hors d’usage, mais les Canadiens doivent quand même affronter des nids de mitrailleuses dangereux tout le long des lignes défensives allemandes. Le Corps canadien doit franchir quatre lignes, ce qu’il réussit en fin de journée, avant que la défense allemande se durcisse et que la bataille ralentisse. Les gains canadiens de la journée représentent une zone de 13 km de largeur sur une façade de plus de 20 kilomètres.

La bataille d’Amiens est un véritable succès, le plus important de la guerre à ce jour pour les Alliés, et montre que l’armée allemande commence à perdre le moral; des milliers d’Allemands ont été faits prisonniers, certains sans coups de feu. Toutefois, la victoire finale a coûté cher : la journée du 8 août seulement, le Canada compte 1 036 morts et 2 803 blessés. La bataille d’Amiens a fait 11 822 victimes au sein du Corps canadien, ce que le Corps ne pouvait guère se permettre. Les pertes allemandes sont évaluées à 75 000 soldats morts, blessés ou prisonniers.

(Bataille d’Amiens) Avancée des chars. Des prisonniers ramènent des blessés portant des masques à gaz, août 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002951 (modification de l’image originale).

 

Progrès technologiques

Le succès d’Amiens repose en partie sur les techniques mises au point par les forces canadiennes et australiennes en 1917 et en 1918, notamment :

– la coordination de l’infanterie, des chars, de l’artillerie et des attaques aériennes contre l’ennemi, pour tirer parti de la concentration de toutes les avancées technologiques de la guerre;

– l’utilisation continue du travail de contre-batterie, y compris le repérage acoustique et les renseignements aériens, pour éliminer les pièces d’artillerie repérées avant leur utilisation;

– un barrage roulant extrêmement rapide qui progresse à la vitesse de 200 mètres par minute et permet au Corps canadien de foncer sur ses cibles et d’envahir les lignes défensives.

Personnalités

Dix (10) Croix de Victoria et 3 000 autres décorations pour acte de bravoure sont décernées aux soldats du Corps canadien pour leur combat à Amiens. Parmi les soldats décorés de la Croix de Victoria, mentionnons :

Lt Jean Brillant, 22eBataillon (Vandoos). Déjà décoré de la Médaille militaire, Jean Brillant a dirigé sa compagnie contre des nids de mitrailleuses à trois reprises et a été blessé trois fois. Jean Brillant est mort de ses blessures le 10 août.

Cpl Herman Good, 13eBataillon. Herman Good s’est emparé à lui seul d’un nid de mitrailleuses allemand et, plus tard le même jour, a organisé la prise de trois pièces d’artillerie allemandes. Herman Good a survécu à la guerre et a travaillé comme garde-chasse et pêche.

Sgt Robert Spall, PPCLI. Robert Spall a couvert son peloton isolé avec sa mitrailleuse Lewis pour lui permettre de se retirer, avant d’être tué le 13 août 1918.