Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie IV

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

Sergent Clifton Gordon Carpenter, 1er (« Western Ontario ») bataillon.

Clifton Gordon Carpenter est né en 1898 à Montréal, au Québec. Son père, Silas, a servi de premier chef de l’équipe de détectives de Montréal avant de déménager sa famille en Alberta en 1912. Lorsqu’il était jeune, Gordon était un grand sportif; il a joué au curling, patiné, joué au hockey et joué au baseball. Il adorait aussi le plein air. (Remarque : il utilisait son deuxième nom et a même signé ses documents d’engagement par Gordon Clifton Carpenter).

Lorsque la guerre a éclaté, la taille de Gordon semblait le prédestiner pour le service militaire, tellement qu’on l’arrêtait sur la rue pour lui demander pourquoi il n’était pas dans l’armée. En novembre 1915, Gordon s’est donc enrôlé au sein du 82bataillon à Calgary, en mentant au sujet de son âge (il n’avait que 17 ans). Dans son journal, il avait indiqué qu’il se sentait seul durant l’entraînement à Calgary, sans sa famille pour lui rendre visite. Avant de partir pour l’est, il a pu voir sa famille une dernière fois à Banff et il est même arrêté à Montréal pour rendre visite à des membres de sa famille.

Une fois en Angleterre, son journal portait sur l’entraînement, des visites à Folkestone, Shorncliffe et Hythe pour aller voir des films, manger au restaurant et jouer au baseball. Plus tard, après de nombreux renforts, Gordon s’est joint au 1er bataillon (Western Ontario) à la fin du mois d’avril 1917. En septembre 1917, il a été promu sergent, après le décès du Adam Young, numéro de service 406219 (présumément le prédécesseur de Gordon). Il a été envoyé à l’école de formation du Corps d’armée canadien et il a rejoint le bataillon le 3 novembre 1917.

Seulement trois jours plus tard, le 6 novembre 1917, durant la troisième phase de l’attaque du Corps canadien à Passchendaele, le 1er bataillon s’est avancé sur le village de Mosselmarkt. Malheureusement, juste au moment où les Canadiens allaient atteindre leurs derniers objectifs, un obus ennemi a frappé Gordon, le tuant sur le coup. Dans la boue et la destruction du champ de bataille de Passchendaele, le corps de Clifton Gordon Carpenter n’a jamais été retrouvé et son nom apparaît sur le monument commémoratif en hommage aux disparus à Ypres (Porte de Menin).

Comme Gordon a été porté disparu, sa famille n’a jamais eu la possibilité de déposer une épitaphe sur une pierre tombale pour lui. Toutefois, sa mère endeuillée, qui n’a jamais pu accepter d’avoir perdu son fils, a fait une entrée dans son journal personnel, laquelle étant peut-être la dernière épitaphe qu’elle n’a pas pu faire graver dans la pierre :

No one knows how much I miss you
No one knows the bitter pain
I have suffered since I lost you.
Life has never been the same.
In my heart your memory lingers
Sweetly tender, fond and true
There is not a day, dear Gordon
That I do not think of you.

L’histoire de Clifton Gordon Carpenter a été portée à notre attention par sa famille, qui espérait aider à commémorer le centenaire de son décès et de la bataille de Passchendaele. L’ensemble des notes, des détails de journal et les photographies font partie de la collection familiale.