100e anniversaire de la CWGC – vi partie
20 juillet 2017

Aujourd’hui, nous continuons notre série sur la Commission des tombes de guerre du Commonwealth, partageant une lettre d’un porteur de civière canadien et de ses opinions concernant les enterrements dans les champs, des hommes tombés au combat.

(Voir la semaine dernière ici: http://www.fondationvimy.ca/100e-anniversaire-de-la-cwgc-ve-partie/ )

Au milieu de l’émoi public causé par la discussion sur les intentions à long terme de Sir Fabian Ware pour la Commission, le simple besoin d’une forme quelconque de registre pour les tombes était bien reconnu par les hommes servant au front. En effet, c’est l’absence totale d’un tel système qui leur causait tant de détresse. Le porteur de civière Ralph Watson s’état plaint à sa femme dans une lettre datée du 8 juillet 1917:

Piles de croix, Ypres.
IWM, Q 100350 – © Jeremy Gordon-Smith.

« Les morts restent là où ils sont, avec un drap de plastique ou un vieux sac de sable pour couvrir leurs visages. Plus tard, peut-être cette nuit-là ou la suivante, un groupe de soldats sortira des tranchées et ira creuser une tombe à quelques mètres des tranchées, maudissant les fusées et s’abattant au sol puisque Fritz joue de la mitrailleuse au hasard, juste au cas, le long du sol derrière eux, tout comme un homme jouerait de l’arrosoir sur une pelouse. »

« Cest tombes ne sont pas identifiées. Comment pourraient-elles l’être. Quelqu’un enlève toutes les lettres et autres items des poches des soldats; éventuellement, si l’homme qui a ces choses ne se fait pas mitrailler, elles se rendent dans les mains de l’intendant, qui les renvoie à la maison. Quelqu’un écrit une lettre et c’est tout. Pas d’avance, pas de raid spectaculaire, pas même une attaque pour les repousser. Tant de soldats morts, tant de Britanniques morts. Et c’est ainsi. C’est ça, vu de l’intérieur. »  (Watson, Letters of a Canadian Stretcher-Bearer (Lettres d’un canadien porteur de civière), 1914-1917, p. 138).