Courcelette

Le 15 à 22 septembre 1915

La bataille de la Somme a débuté le 1er juillet 1916, mais les Corps canadiens ne sont pas arrivés sur le champ de bataille avant septembre 1916. Leur première épreuve? S’emparer du village fortifié de Courcelette le 15 septembre. Autre que la victoire canadienne de Flers-Courcelette, la bataille a aussi marqué l’entrée de la toute nouvelle arme du général Sir Douglas Haig, le char d’assaut.

Les 2e et 3e divisions ont attaqué les faubourgs du village à partir de 6 h 20 le 15 septembre, derrière un barrage roulant. Le barrage a eu un problème, se levant 100 mètres avant les lignes allemandes et laissant les hommes de la première vague d’avancée en proie aux tirs des mitrailleuses. Malgré ce contretemps, l’attaque a été un succès inattendu. Avec l’aide de l’un des quelques chars d’assaut qui ont pu rejoindre le champ de bataille, les 20e et 21e Bataillons se sont emparés de la raffinerie de sucre, un objectif à l’extérieur de la ville, et base des Allemands. Les tranchées devant Courcelette sont tombées vers 8 h.

À ce moment, Byng devait prendre une décision. Devrait-il considérer l’attaque comme un succès isolé et s’arrêter? Ou devrait-il continuer avec une deuxième attaque du village lui-même, utilisant l’avantage des succès canadiens du matin? Byng a décidé de sortir des réserves pour tenter une attaque du village à 18 h, avec le 26e Bataillon en guise de soutien. Les hommes ont dû marcher rapidement de leurs positions dans les réserves à leur point de départ, traversant le champ de bataille du matin alors que le personnel médical transportait les blessés et les mourants aux postes de secours régimentaires.

En raison de la nature spontanée de l’attaque de Byng, les deux bataillons allaient avancer en plein jour sans sauter hors des tranchées, et avec seulement un léger bombardement. Les 22e et 25e ont parcouru près de 2 km jusqu’aux abords du village, accusant de lourdes pertes. Au moment d’atteindre les premières tranchées allemandes occupées, ils ont attaqué à l’aide de baïonnettes, repoussant les Allemands à l’intérieur du village. Attaquant de la droite, les hommes du 22e se sont divisés en petits groupes afin de vider le village, avec le 25e Bataillon approchant de la gauche pour les rencontrer dans le milieu. Les Allemands ont été repoussés hors de Courcelette avant 18 h 30, mais personne ne savait pour combien de temps.

Les deux bataillons devaient maintenant attendre afin de faire face aux inévitables contre-attaques allemandes. Ils avaient peu de munitions, de nourriture et d’eau et avaient dû razzier les munitions des Allemands pour les utiliser. Les Allemands ont attaqué quatre fois durant la nuit du 15 septembre, et le jour suivant, il ne restait dans le 22e Bataillon que 200 hommes des 900 originaux. Les bataillons ont reçu de la nourriture et de l’eau de la part du 26e Bataillon le 17 septembre, leur premier repas en trois jours. Le 18 septembre, les 22e et 25e Bataillons étaient finalement déchargés, après 4 jours de contre-attaques constantes. Le total des victimes à Courcelette a été de 7 230 tués, blessés ou disparus.

Avancements technologiques

L’utilisation de chars d’assaut, une première durant la guerre, a sans aucun doute été le point culminant pour la technologie à Courcelette. La version britannique d’un véhicule de combat blindé était en développement depuis 1915, avec la formation de la Landships Commission. Haig avait espéré utiliser les nouveaux chars d’assaut le 1er juillet, mais des délais de production avaient affligé le projet, et ils n’ont pas pu être utilisés avant le mois de septembre. Malheureusement, il n’y avait que 32 chars d’assaut disponibles à Courcelette, et de ce nombre, 9 seulement sont arrivés à leur position de départ. La plupart d’entre eux ont été rapidement descendus par les armes allemandes. Les chars d’assaut se déplaçaient très lentement et avaient à l’époque une armure très mince qui pouvait facilement être percée par une balle. Les chars d’assauts durant la Première Guerre mondiale étaient encore au stade du développement et n’ont pas été utilisés autant qu’ils allaient l’être durant la Deuxième Guerre mondiale. Ils allaient apparaître à nouveau sur le front britannique en 1917 lors de la bataille de Cambrai, et lors de la Campagne de 100 jours, à la fin de la guerre.

Personnes notables

Le capitaine (plus tard lcol) Joseph Henry Chaballe (22e Bataillon), M.C.  pour la capture et la défense du village de Courcelette durant 13 contre-attaques. Chabelle a été blessé durant la défense du village mais a continué à se battre. Il a ensuite été promu puis retiré d’une position de combat pour cause d’invalidité après avoir reçu un diagnostic de syndrome post-traumatique en 1917. Il a écrit un article pour La Canadienne en 1920 décrivant ses expériences à Courcelette, ainsi que l’histoire du 22e Bataillon durant les deux guerres.

Caporal Arthur Fleming (26e Bataillon), M.M. pour avoir mené le déploiement qui a capturé une base ennemie dans le village de Courcelette. À la fin de la bataille, 4 jours plus tard, seulement Fleming et un autre homme de ce déploiement étaient encore en vie.

Le soldat John Chipman Kerr (49e Bataillon), V.C. pour avoir à lui seul fait 62 prisonniers et gagné plus de 200 verges de tranchées avec seulement un fusil durant le deuxième jour de Courcelette. Kerr a perdu les doigts d’une main durant le processus mais a survécu à la guerre.

Transport des soldats canadiens blessés au champ de bataille. Courcelette, september 1916. Bibliothèque et Archives Canada, PA-000664.
Transport des soldats canadiens blessés au champ de bataille. Courcelette, september 1916. Bibliothèque et Archives
Canada, PA-000664.

La bataille de la crête de Thiepval