Congé – iii partie
26 juillet 2017

Aujourd’hui, nous continuerons de porter notre attention sur le sujet des permissions des hommes au front.

Une fois dans les zones arrière, les soldats en permission avaient la chance de se laver, peut-être d’obtenir un nouvel uniforme. Ils se rendaient ensuite rapidement au train qui allait les amener aussi loin des tranchées qu’ils n’auraient pu imaginer depuis qu’ils étaient arrivés sur le continent.

Où un soldat passait son temps en permission dépendait du district autorisé selon sa permission de congé. Dans le cas des Canadiens, ils espéraient que ce soit la ville légendaire de Paris ou un retour à « Blighty », où bon nombre d’entre eux avaient encore de la famille, et dont les rues londoniennes pouvaient s’avérer aussi agitées que celles de Paris.

Autorisation de permission appartenant au sergent-major Harold W. Steel, pour la période du 15 au 23 novembre 1915. Les autorisations comme celle-ci étaient nécessaires pour assurer que les soldats ne soient pas accusés de désertion, alors qu’ils passaient les nombreux points de vérification derrière les frontières.
Crédit: Collection d’archives George-Metcalf, MCG 20040058-005.

Ces deux villes avaient été transformées par la guerre, au niveau physique, émotif et économique – l’arrivée massive de troupes étrangères jouant un rôle sur tous les plans. Les salles de danse, les théâtres et les restaurants offraient une distraction et des produits et services de luxe auxquels ils n’avaient pas accès depuis des années près des tranchées. Voici un extrait des lettres du lieutenant Bert Sargent, 6e brigade d’obusiers, Artillerie canadienne de campagne :

« J’ai passé un moment vraiment paisible et plaisant en ville. Je suis resté chez les James où je me suis senti un peu comme à la maison. Je ne voulais pas partir le dimanche soir. Imaginez-moi sortir d’un lit de vraies plumes (avec des draps, etc.) aux alentours de 10 h 15, après un bon bain, enfiler un complet à carreaux gris confortable et aller déjeuner près d’un feu de charbon où quelques belles jeunes filles me servaient. C’était bien le meilleur moment que j’ai passé depuis que j’étais arrivé ici. » (Sargent, Lettre du mardi 26 octobre 1915, de Grout, Thunder In The Skies – A Canadian Gunner In The Great War, p. 138)