Le 4 novembre – Les femmes dans la Première Guerre mondiale
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

Le 4 novembre 2018, l’historienne et auteure Charlotte Gray a parlé aux participants à Cobourg, en Ontario, de « Les femmes dans la Première Guerre mondiale ».

Des dames organisent une tombola pour l’effort de guerre. Archives de la Ville de Toronto, Fonds 1244, article 872.

Elle a commencé sa conférence en discutant des histoires que nous racontons en tant que pays à propos de notre propre histoire :

«Des aspects de la Première Guerre mondiale sont passés de l’histoire à la mythologie. Les histoires que nous nous sommes racontées au sujet de nos origines nationales évoluent d’une génération à l’autre. La réémergence de Vimy dans la mémoire collective fait partie de l’histoire de ces origines.

C’est une histoire que le gouvernement fédéral a en réalité promu au début du XXe siècle: le Canada en tant que nation guerrière. Cette histoire est maintenant parallèle à d’autres histoires d’origine nationale.

Par exemple, à la fin du 19e siècle, l’histoire du Canada était perçue comme l’histoire du Dominion, entièrement britannique. C’est l’histoire impériale: c’est l’histoire de la colonie à la nation. Puis, au milieu du 20e siècle, une autre version de l’histoire canadienne est apparue, celle dans laquelle les liens est-ouest définissaient le pays. D’abord les voies navigables puissantes, puis les chemins de fer ont été la colle qui a gardé ce pays uni. Tout à coup, ce n’est pas l’histoire qui a défini le Canada, c’est notre géographie.

Pouvons-nous séparer le mythe de l’histoire en cette ère de post-vérité? La plupart d’entre nous ont finalement compris que chaque version de l’histoire est chargée de jugements de valeur, de préjugés et de suppositions quant aux voix qui doivent être entendues – et en particulier aux voix qui doivent être ignorées.»

Charlotte mentionne ensuite qu’il est maintenant admis que la Grande Guerre a révolutionné la vie des femmes: « On a toujours dit que cela libérait les femmes de la classe ouvrière des tâches pénibles du service domestique en leur ouvrant d’autres possibilités. Nous supposons également que, dans les limites des rôles de genre extrêmement ségrégés à l’époque, les femmes étaient toutes aussi engagées dans l’effort national que les hommes. » Toutefois, comme elle le fera remarquer, certaines des conséquences de la vie des femmes sur la Première Guerre mondiale n’ont pas été aussi simples que nous voudrions le supposer aujourd’hui. Mais pour les femmes, l’impact le plus radical sur leur vie fut que la plupart d’entre elles auraient le droit de voter aux élections fédérales.

Un dernier au revoir aux soldats qui partent pour la guerre, Archives de la ville de Toronto, Fonds 1244, article 824.

 

Dans cette courte vidéo, Charlotte Gray discute du dilemme auquel les suffragistes ont été confrontés lors du déclenchement de la guerre en 1914:

Qu’en est-il de notre compréhension traditionnelle des rôles des femmes pendant la guerre?

Margaret Atwood écrit dans La Guerre en Couleur au sujet de l’évolution des rôles des femmes à ce stade : « Nombreux étaient ceux qui avaient un travail relié à la guerre. Des femmes acceptaient des emplois qui auraient été confiés à des hommes si ceux-ci avaient été en nombre suffisant pour les occuper. Les femmes travail- laient la terre, elles étaient employées dans des usines qui fabriquaient des obus et autre matériel de guerre, elles cousaient des uniformes et autres accoutrements, notamment le trench-coat (littéralement le « manteau de tranchée») si essentiel pour ceux qui vivaient dans les tunnels de boue froide du front.

Les femmes jardinaient aussi et organisaient des cercles de mise en conserve pour la préservation des denrées. Elles vendaient des obligations de la Victoire et prenaient part aux campagnes de recrutement. Elles s’engageaient dans des comités de guerre, elles récoltaient des fonds pour envoyer des colis aux soldats ou former des infirmières qui, non seulement allaient servir outre-mer, mais aussi chez nous, soignant des soldats trop mutilés pour être renvoyés dans les tranchées. » (216)

Travailleuses au laboratoire du docteur Alexander Graham Bell, Beinn Bhreagh. Canada, Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-024363 (modification de l’image originale).

Mais même dans des rôles moins traditionnels, des tensions persistaient au sein du mouvement des femmes. Regardez ce clip de Charlotte Gray discutant du travail des femmes dans les usines de munitions:

Département d’assemblage, British Munitions Supply Co. Ltd., Verdun (Québec). Canada, Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-024436 (modification de l’image originale).

Après des années d’efforts, le droit de vote a finalement été étendu au niveau fédéral à (certaines) femmes. De Charlotte Gray : «Puis, en septembre 1917, le gouvernement d’union dirigé par le Premier ministre Robert Borden adopta la Loi des élections en temps de guerre. La motivation du gouvernement à présenter ce projet de loi était transparente et avait peu à voir avec l’engagement en faveur de l’égalité des droits ou de la justice sociale La préoccupation du gouvernement était son engagement à envoyer encore plus d’hommes au front, mais le nombre de volontaires était épuisé.

La conscription semblait être la seule solution mais elle était profondément impopulaire auprès de nombreux groupes, notamment au Québec. Le Premier ministre s’est rendu compte qu’il devait manifester son soutien populaire à la conscription. Il a donc étendu le droit de vote aux infirmières chargées des hôpitaux en France, puis aux femmes, veuves, mères et soeurs de soldats servant outre-mer. Tous fortement en faveur de la conscription. Leurs garçons étaient dans les tranchées. Ils savaient qu’ils avaient besoin d’aide. Beaucoup d’entre eux se battaient sans aucune forme de répit ni de soulagement depuis plus d’un an, plus de deux ans. C’était incroyablement difficile.

Mais quelle que soit la motivation machiavélique du gouvernement en 1917, le chat était maintenant sorti du sac. Il était impossible que le suffrage au niveau fédéral soit annulé. Il devait être accordé plus largement. Et en mai 1918, toutes les femmes âgées de plus de 21 ans et non nées à l’étranger, et répondant aux exigences de propriété de leur province, ont été autorisées à voter aux élections fédérales.

Cependant, la loi ne s’appliquait pas à toutes les femmes. Outre les personnes nées à l’étranger, les femmes appartenant à des groupes minoritaires, y compris les femmes d’origine asiatique, ne jouissaient pas du droit de vote. Et il faudra encore 42 ans avant que les femmes autochtones, aux côtés des hommes, obtiennent le droit inconditionnel de voter.»

Infirmières militaires à un hôpital canadien votant aux élections fédérales. Canada, Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002279 (modification de l’image originale).

En résumé, Charlotte Gray estime que : « Malgré les apparences, l’impact de la Première Guerre mondiale sur la vie des femmes a été moindre qu’il a souvent été décrit. »

 

Questions de discussion

– Charlotte Gray cite Nellie McClung selon laquelle, si les femmes avaient été à la tête du monde, la Première Guerre mondiale n’aurait pas eu lieu. Pensez-vous que c’est le cas? Les femmes sont-elles plus sensibles à l’établissement de la paix que les hommes? Les femmes gèrent-elles les pays différemment des hommes? Examinez les positions de vos dirigeantes politiques actuelles et passées à travers le monde.

– Nous pensons souvent que la Première Guerre mondiale offrait aux femmes une chance d’occuper de nouveaux emplois et de jouer un nouveau rôle dans la société. Pourquoi l’impact de la Première Guerre mondiale sur la vie des femmes aurait-il été exagéré?

– Imaginez que vous êtes l’épouse, la fille ou la soeur d’une personne appartenant à un groupe ethnique qui a été interné pendant la guerre, telle qu’ukrainienne, allemande ou polonaise. Est-il juste que vous n’ayez pas le droit de voter en même temps que les autres femmes? Décrivez ce que vous ressentirez après la loi de 1917 sur les élections en temps de guerre.

– Imaginez que vous soyez une femme travaillant dans une usine pendant la guerre et fabriquant des munitions pour l’effort de guerre. À la fin de la guerre, vous n’avez plus de travail, car les anciens combattants qui reviennent au pays occupent des emplois dans les usines. Comment vous sentiriez-vous?

– La maternité est un thème qui revient régulièrement dans les discussions sur le mouvement du suffrage pendant la Première Guerre mondiale. Pourquoi était-ce si central dans les débats sur le vote des femmes?

– Charlotte Gray affirme que les voix que nous excluons de notre histoire sont aussi informatives que les voix que nous incluons. Y a-t-il encore des voix qui manquent dans notre compréhension de la Première Guerre mondiale? Où devrions-nous chercher à répondre à certaines de ces voix 100 ans plus tard?

– Cette page contient deux photos qui ont été colorisées. Utilisez le guide Vimy 100 en classe sur «La photographie et la Première Guerre mondiale» pour analyser les photos et l’ajout de couleurs.

 

 

 

 

La capture de Mons et l’armistice
Une action centenaire

Le gouvernement allemand avait entamé les négociations de paix avec les Alliés le 4 octobre, par l’envoi d’un télégramme au président Wilson. Étant donné que ses alliés se retiraient de la guerre (la Bulgarie a signé un armistice le 30 septembre, l’Empire ottoman le 30 octobre et l’Empire austro-hongrois le 3 novembre), que ses armées battaient complètement en retraite et que sa population était affamée, l’Allemagne n’avait d’autre choix que de conclure un armistice.

Cependant, les négociations d’armistice prennent du temps et les Alliés, surtout Wilson, refusaient de négocier si le gouvernement en place en Allemagne n’était pas élu démocratiquement. Même si les Allemands espéraient obtenir une paix négociée, il est vite devenu évident que les Alliés, et particulièrement la France, ne concluraient pas d’accord sans une capitulation inconditionnelle.

Dans la foulée de la retraite allemande rapide et générale, il y avait encore des embuscades, des attaques d’artillerie et d’intenses échanges de feu pour gagner les villages où des unités allemandes avaient décidé de livrer une dernière bataille. Les Canadiens ont pénétré en Belgique le 7 novembre, et le 9 novembre, ils parvenaient dans les banlieues de Mons.

Le général Currie avait l’ordre de prendre la ville et a donc ordonné une attaque contre Mons le 10 novembre. Même si Currie savait que la guerre achevait, il n’en avait aucune confirmation le 10 novembre, pas plus que de l’abdication du Kaiser. Néanmoins, cette décision a suscité beaucoup de controverse depuis, certains accusant Currie d’être un boucher et d’avoir sacrifié des vies canadiennes pour remporter une victoire symbolique, alors que la guerre était déjà gagnée.

La ville de Mons avait effectivement une valeur symbolique, car c’est à cet endroit que la Force expéditionnaire britannique avait mené son premier combat contre les Allemands en 1914. Reprendre la ville le dernier jour de la guerre revêtait donc une grande puissance symbolique. La ville avait également été sous l’occupation allemande pendant toute la guerre et avait servi de centre de logistique critique. Currie souhaitait prendre la ville pour briser le moral des Allemands et s’assurer que ces derniers n’aient pas l’impression de détenir des atouts pour la négociation. Les officiers supérieurs de Currie n’ont pas protesté; par ailleurs, les hommes sur le terrain étaient moins ravis de cette décision, mais ils ont tout de même obéi.

La bataille de Mons elle-même a été planifiée comme manœuvre d’encerclement : la deuxième division a attaqué à partir du sud et du sud-est, et la troisième division a attaqué depuis l’est. Le 10 novembre, les Canadiens ont pénétré dans les quartiers périphériques de la ville, avec des escarmouches en patrouille, mais sans attaque à grande échelle sur les postes allemands retranchés. Il n’y a pas eu de bombardement massif de la ville, selon les ordres du haut commandement.

Vers 23 h, les pelotons du 42e bataillon et du RCR ont percé les défenses du sud de la ville. À l’ouest, d’autres compagnies sont entrées dans la ville en franchissant des ponts. Le 11 novembre, tôt en matinée, ces unités menaient des combats urbains et des combats de rue pour pénétrer dans la ville. Les derniers défenseurs allemands se rendaient ou étaient tués lorsque, à 6 h 30, le quartier général du Corps canadien a été informé que l’armistice entrerait en vigueur à 11 h. Il a fallu un certain temps pour que le message atteigne le front, mais la plupart des unités étaient informées à 9 h. Les Canadiens ont fini de chasser les Allemands hors de la ville et les ont poursuivis vers l’est. À leur réveil, les civils de Mons étaient libérés.

Quatorze hommes du 42e bataillon et du RCR ont été tués, soixante-dix ont été blessés et deux sont disparus pendant l’attaque de Mons. Les pertes subies au sein de la deuxième division sont inconnues.

Le dernier soldat de l’Empire britannique mort pendant la Première Guerre mondiale était un Canadien. Le soldat George Price du 28ebataillon de la deuxième division a été tué le 11 novembre, à 10 h 58, atteint d’une balle à la poitrine tirée par un tireur embusqué. Deux minutes plus tard, les armes se taisaient.

Pendant la campagne des cent jours, du 8 août au 11 novembre, le Corps canadien a perdu plus de 45 000 soldats. Pendant toute la guerre, la Force expéditionnaire canadienne a envoyé environ 425 000 Canadiens en Europe. Le Corps canadien recense plus de 60 000 morts et 172 000 blessés.

Canadiens défilant dans les rues de Mons le matin du 11 novembre 1918.
Mention de source : Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003547. Colorisée par Canadian Colour.

 

Ouverture du Parc du centenaire de la Fondation Vimy
Le 5 novembre 2018

Le 9 novembre 2018, deux jours avant le 100eanniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la Fondation Vimy ouvrira au public un monument moderne commémorant le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, le premier mémorial du genre. Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy, sur un site adjacent au Mémorial de Vimy sur la crête de Vimy en France, accueillera les visiteurs dans ses sentiers de commémoration entourés de plus de 100 chênes rapatriés à Vimy depuis le Canada.

Avant de pouvoir être aménagé sur des terres agricoles privées achetées par la Fondation Vimy, le Parc a nécessité d’importants travaux de déminage et de préparation du terrain. Au cours de ce processus de préparation, de nombreux artéfacts ont été découverts, notamment des obus (dont certains encore actifs), des grenades, des détonateurs et des fils de communication, ainsi que les restes des soldats qui ont combattu à la crête de Vimy il y a plus de 100 ans et qui reposent maintenant dans un cimetière militaire officiel.

En sa qualité de parc et mémorial vivant, le Parc du centenaire de la Fondation Vimy de quatre acres est à la fois un espace vert public pour les collectivités avoisinantes et un lieu de commémoration et d’éducation. Le Parc, qui évoque les liens naturels entre la France et le Canada, le désir de paix et notre devoir de mémoire, a été conçu par Linda Dicaire, architecte paysagiste canadienne renommée.

Parmi les principales composantes du Parc du centenaire de la Fondation Vimy, mentionnons le rapatriement des Chênes de Vimy (recueillis sur le champ de bataille en 1917 par un soldat canadien, qui allaient ensuite grandis au Canada pour maintenant être retournés en France) fournis par la Société de legs des Chênes de Vimy et la sculpture commémorative du clairon, conçue par l’artiste canadienne de renom Marlene Hilton Moore, un don de la Ville de Barrie et des collectivités environnantes de la Base des Forces canadiennes Borden. Le clairon du centenaire de Borden est l’une de deux statues jumelles, l’autre étant érigée à l’entrée de la BFC Borden. Les clairons sonnent pour toutes les générations, d’un continent à l’autre et au-dessus des tranchées désormais vides qui autrefois entraînaient des soldats avant qu’ils ne partent combattre à l’étranger.

« Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy est un lieu unique de commémoration et de réflexion sur l’impact durable de la guerre sur tous les pays et tous les peuples en cause », affirme Jeremy Diamond, directeur général de la Fondation Vimy. « Le Parc aura un impact sur tous les visiteurs et grâce à la générosité de nos donateurs, qui ont parrainé les nombreux aspects du Parc en commémoration des soldats qui ont combattu pour le Canada il y a plus de 100 ans, beaucoup d’entre eux y trouveront aussi un lien très personnel. »

Un siècle plus tard, la Première Guerre mondiale exerce toujours son impact, avec les cicatrices marquant le sol des champs de bataille. L’histoire de la création du Parc du centenaire de la Fondation Vimy témoigne de l’impact dévastateur de la Première Guerre mondiale, non seulement pour les soldats et les pays concernés, mais aussi sur les terres où se sont déroulés les combats.

Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy n’aurait pas été rendu possible sans le soutien généreux d’organismes publics et privés et de particuliers de partout au Canada, en particulier le commanditaire principal, la Province de la Colombie-Britannique, le commanditaire du mât du centenaire, Molson Coors, et le commanditaire de la sculpture commémorative du clairon, la BFC Borden.

 

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan :

« C’est un privilège de pouvoir apporter une contribution au nom de la population de la Colombie-Britannique pour le Parc du centenaire de la Fondation Vimy. C’est une façon importante de rendre hommage aux Canadiens courageux qui ont combattu si fort ici il y a un siècle, pour préserver nos droits et libertés. »

 

Frederic Landtmeters, Président et Chef de la direction, Molson Coors :

« À titre de plus ancien brasseur au Canada et fière entreprise canadienne, Molson Coors reconnaît l’importance de rendre hommage aux vétérans canadiens et d’honorer les sacrifices de nos frères et sœurs des Forces armées canadiennes. En commémorant le service du capitaine Percival Molson, CM, avec le don du mât de drapeau du Parc du centenaire, nous nous assurons que le drapeau canadien pourra flotter fièrement pour les prochaines générations de visiteurs. Nous sommes reconnaissants de pouvoir ainsi contribuer à la préservation de l’héritage canadien de la Première Guerre mondiale. »

 

Le colonel honoraire James G. Massie, BFC Borden :

« Le claison du centenaire de Borden souligne le 100e anniversaire de la Base des Forces canadiennes Borden, de la bataille pourla crête de Vimy et de l’armistice mettant fin à la Grande Guerre, en reconnaissant l’immense contribution de la Base des Forces canadiennes Borden à l’entraînement de la Force expéditionnaire canadienne et les liens de service et les sacrifices qui réunissent la Base des Forces canadiennes Borden, la Ville de Barrie et la Ville d’Arras par delà les grands océans de l’espace et du temps. »

 

Cliquez ici pour en savoir plus sur le Parc du centenaire de la Fondation Vimy

 

 

Le 18 octobre – Le sport et la Première Guerre mondiale
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale
Stephen Brunt et Bob Weeks
Temple de la renommée des sports du Manitoba
Winnipeg, MB
Le 18 octobre 2018

Le 18 octobre 2018 au Temple de la renommée des sports du Manitoba, Stephen Brunt de Sportsnet et Bob Weeks de TSN ont parlé du rôle important du sport et le divertissement pendant la Première Guerre mondiale.

En tant que contributeur à notre nouvelle publication La Guerre en couleur de Dundurn Press, Stephen Brunt a écrit :

« L’art et le sport révèlent notre humanité profonde à nous tous, même dans les conditions les plus inhumaines qui soient. Au cours de la Première Guerre mondiale, sur les lignes de front et partout où des troupes étaient assemblées, formées ou soignées, les jeux et les divertissements émergeaient organiquement dans les circonstances les plus atroces qu’on puisse imaginer. Nous sommes ainsi faits : nous aimons jouer, chanter et danser et être divertis; nous aimons rire et pleurer, applaudir et interagir collectivement. C’est encore plus vrai dans la proximité du champ de bataille. »

Lors de notre événement, il a expliqué pourquoi les militaires auraient encouragé les soldats à faire du sport et des jeux alors qu’ils étaient à l’étranger:

Et ils ont pratiqué différents types de sport dans l’armée. Un match improvisé de cricket, un match de rugby: c’était courant pour beaucoup de soldats britanniques et canadiens à l’époque. Le football était le passe-temps le plus populaire des deux côtés de la ligne, et le simple besoin de ballon et de quelques poteaux de but facilitait certainement la création d’un match.

Brunt écrit: « Les Canadiens et les Terre-Neuviens connaissaient sûrement ces jeux britanniques, mais ils emportèrent dans leurs bagages des sports qui étaient distinctement nord-américains : le baseball, chaque fois qu’on arrivait à trouver une balle, un bâton et des gants; et l’hiver, si l’on trouvait une surface glacée et des patins, un match de hockey ne tardait pas à se mettre en branle, procurant aux soldats une détente dont ils avaient grand be- soin ainsi qu’un rappel du pays. »

Des Néo-Écossais rentrent au camp après un match de baseball, février 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002464 (modification de l’image originale).

De nombreux athlètes canadiens du début du XXe siècle se sont enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien et sont partis à l’étranger pour se joindre au combat. Six de ces athlètes exceptionnels avaient déjà représenté le Canada aux Jeux olympiques au moment du déclenchement de la guerre. Bob Weeks a évoqué leur motivation potentielle et a notamment souligné Alex Decoteau:

 

Apprenez-en plus sur Alex Decoteau en lisant son dossier du personnel à Bibliothèque et Archives Canada:

Alex Decoteau, avec la permission des Archives publiques de la Saskatchewan

Le jour du Dominion, au cours de la dernière année de la Première Guerre mondiale, cinquante mille Canadiens se rassemblèrent pour des événements sportifs à Tincques, à quatorze milles à l’ouest d’Arras, dans le nord de la France. Les Championnats du Corps canadien le Jour du Dominion – le 1er juillet 1918. 

Une vue des terrains depuis un avion, Tinques. Sports du Corps canadien.Juillet 1918. PA-003237. Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Les ingénieurs avaient mis en place un stade, une plate-forme VIP et une scène de théâtre. De nombreux invités de marque y ont assisté, dont sir Robert Borden, le général John J. Pershing (commandant en chef des forces expéditionnaires américaines) et le duc de Connaught, avec le lieutenant-général Arthur Currie comme président d’honneur de l’événement. Le YMCA canadien a fourni l’équipement et le décor, et a servi les rafraîchissements pour les non-officiers.

Les événements de la journée incluaient des compétitions sportives plus traditionnelles – courses à pied, baseball, boxe, crosse et tennis – ainsi que des événements plus inhabituels et amusants: combats d’oreillers, courses en sac et tir à la corde.

Les gagnants du match de baseball, les Championnats du Corps canadien. Juillet 1918. PA-002836
Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Stephen Brunt se penche également sur d’autres formes de divertissement durant la Première Guerre mondiale : « La musique jouait également un rôle important dans le divertissement des troupes. En marge des fanfares militaires établies, si un soldat pouvait jouer d’un instrument ou avait une belle voix, ses camarades pouvaient toujours lui demander de jouer ou de chanter quelque chose. À l’instar des athlètes, certains des plus grands musiciens professionnels du temps revêtirent l’uniforme, et leurs talents étaient particulièrement recherchés. »

«En 1917, près de la crête de Vimy, dix membres de la 3e Division de l’Armée canadienne se réunirent sous la direction de Mert Plunkett qui… organisait divers amusements et concerts populaires et d’où naquit sa troupe, les Dumbells. Le mot signifie haltère en français, et le nom venait de l’emblème de la 3e Division, un haltère rouge symbolisant la force. »

Les Dumbells ont diverti les troupes canadiennes pendant la guerre avec de la musique et des comédies. Leur popularité a été telle qu’ils ont continué à tourner pendant des années après la fin de la guerre. Vous pouvez avoir un aperçu de ce que leur comédie musicale impliquait en regardant un spectacle hommage de Soldiers of Song, basé sur les œuvres originales des Dumbells (en anglais seulement).

 

Questions de discussion :

– Les Jeux Olympiques sont mentionnés à plusieurs reprises ici. Les athlètes auraient voyagé dans d’autres régions du monde pour rivaliser avec d’autres pays dans le sport. Comparez cela à leurs expériences de voyage outre-mer pour combattre. La guerre et les Jeux olympiques sont souvent discutés à travers le prisme du « nationalisme ». Y aurait-il une fierté similaire dans son pays? Comment cela changerait-il d’une compétition sportive à une guerre?

– Êtes-vous d’accord avec la suggestion de Bob Weeks selon laquelle les athlètes seraient enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien pour devenir des héros? Pourquoi ou pourquoi pas? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de guerre? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de paix?

– Cette page contient deux photos qui ont été colorisées. Utilisez le guide Vimy 100 en classe sur «La photographie et la Première Guerre mondiale» pour analyser les photos et l’ajout de couleurs.

– Les sports ont contribué à maintenir les soldats en bonne condition physique et à la thérapie physique à la suite de blessures subies pendant la guerre. Pourquoi la musique et la comédie auraient-elles été importantes pour les soldats?

– Pourquoi était-il si important pour ses camarades soldats de récupérer la montre en argent d’Alex Decoteau? Comment imaginez-vous qu’ils se sentent lorsqu’ils l’envoient chez sa mère?

 

Bataille de Valenciennes
Une action centenaire

Bataille de Valenciennes
1 et 2 novembre 1918

Après un repli général en octobre 1918, l’armée allemande décide de défendre sa position à Valenciennes, ville de plusieurs milliers de civils français située dans une zone stratégique et dernière grande ville française encore contrôlée par les Allemands. Les commandants allemands, pensant que les Alliés ne bombarderont pas une ville avec autant de civils français, consolident leur position en envahissant la périphérie de la ville.

Le 27 octobre, le général Horne, le général Currie et le commandant du 22Corps d’armée britannique discutent de la meilleure façon de prendre Valenciennes. Ils décident de s’emparer d’abord du mont Houy, colline fortifiée qui surplombe la ville. Le plan consiste à ce que la 51Division du 22Corps d’armée britannique prenne le mont Houy et poursuive son chemin jusqu’à la route en contrebas (la « ligne rouge ») le 28 octobre, puis que la 4Division du Canada dépasse la 51Division et prenne la « ligne bleue » qui comprend les quartiers périphériques de Valenciennes. Puis le 1er novembre, la 4e Division doit envahir le terrain dominant à l’est de la ville pour permettre au reste du Corps de traverser le canal de l’Escaut et de prendre la « ligne verte » qui comprend la ville.

Le 28 octobre, la 51Division ne parvient pas à atteindre la ligne rouge en raison d’une forte résistance allemande, mais pendant la nuit, elle occupe la majeure partie du versant sud de la colline, la gare du Poirier et le village de Famars. Le plan de prise de Valenciennes doit donc être révisé, et rapidement, car la ville est un point clé dans le flanc gauche de la grande offensive britannique prévue pour le 3 novembre. Les lignes bleu et verte sont donc fusionnées dans le cadre d’une opération unique de la 10eBrigade d’infanterie canadienne, appuyée par une artillerie de masse et soutenue par la 49Division britannique à droite. La Brigade doit attaquer Valenciennes du sud à l’est et la 12Brigade canadienne faire le nettoyage après avoir traversé le canal de l’Escaut. Le nouveau plan est fixé pour le 1er novembre.

Dans la nuit du 29 octobre, les 47et 44bataillons canadiens prennent le contrôle des lignes britanniques et envoient des patrouilles de combat en reconnaissance pour déterminer les positions de l’ennemi et les barbelés. En préparation à la bataille, l’artillerie lourde du Corps canadien reçoit l’ordre de bombarder les positions allemandes jour et nuit. La 10e Brigade d’infanterie à elle seule compte plus de 250 pièces de campagne et canons de siège. La présence de nombreux civils dans la ville complique beaucoup l’opération. L’armée voudrait leur épargner les tirs de mortier et, par conséquent, décide d’effectuer des attaques ciblées de bastions militaires allemands connus tels que le village voisin de Marly.

Le premier objectif est le mont Houy, pour lequel on prépare un barrage d’artillerie unique constitué d’un barrage roulant frontal et de tirs d’enfilade et d’écharpe; et soutenu par l’artillerie lourde de l’autre côté du canal (les pièces ne pouvaient pas encore traverser). Deux bataillons de mitrailleuses sont également prévus pour soutenir le barrage, tandis que d’autres pièces d’artillerie doivent produire un écran de fumée pendant l’attaque. Les Canadiens mobilisent également de la main-d’œuvre et près de 50 canons dans une vaste contrebatterie visant à trouver les nids de mitrailleuses allemands dans les bâtiments de la ville et à les bombarder, puis à enlever les pièces d’artillerie ennemies.

Les jours précédant les attaques, et le 1er novembre lui-même, le mauvais temps sévit, et les soldats des 44et 46bataillons prennent leur position à 5 h 15 du matin le 1er novembre sous une pluie battante. Les Canadiens avancent rapidement derrière le barrage roulant, mais doivent porter leurs masques à gaz pour se protéger des obus toxiques allemands. Toutefois, les tirs d’artillerie allemands sont faibles, grâce à l’efficacité des actions de contrebatterie canadiennes des jours précédents ainsi qu’à la piètre qualité des obus.

Le premier peloton canadien à entrer dans Valenciennes à partir de l’ouest, en direction du Canal. nov. 1918. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-003377.

L’objectif de la ligne rouge est atteint dans le temps imparti; le 44Bataillon a en effet pris le mont Houy en quarante-cinq minutes. Les soldats allemands « stupéfiés par le barrage écrasant » commencent à se rendre massivement. Le 46Bataillon, malgré son infériorité en nombre puisqu’il compte deux combattants contre trois défenseurs, enlève la ligne bleue en périphérie de Valenciennes à 10 h 20. Le 47Bataillon atteint le canal au même moment. Peu après, les Canadiens se heurtent à une forte résistance dans la ville de Marly, de l’autre côté du canal, et à des tirs nourris de mitrailleuses dans le sud de la ville. Pendant la matinée, la 12Brigade et la 3Division établissent des têtes de pont au-dessus de l’Escaut, tandis que les autres unités encerclent la ville et avancent dans l’agglomération. À midi, les Canadiens ont gagné le cœur de la ville.

À la fin de la journée, les Allemands occupent encore certaines parties de la ville, mais la 12Brigade canadienne les repousse progressivement pendant la nuit. Le 54e Bataillon attaque le village de Marly le matin du 2 novembre, mais découvre en arrivant au village que l’armée allemande a déjà battu en retraite. À 8 h 30, les Canadiens atteignent les abords de la ville et à la fin de la journée, la ville est prise au complet.

 

Victimes : Allemagne : 1800 prisonniers, 800 morts. Canada : 80 morts, 300 blessés. Le rapport tués/capturés allemand, anormalement élevé, fait l’objet d’une controverse depuis la bataille. Certains disent que les soldats canadiens étaient moins disposés à faire des prisonniers après quatre ans de combat, surtout après avoir vu les mauvais traitements infligés par les occupants aux populations françaises locales.

Progrès technologiques : Le barrage d’artillerie écrasant a constitué la principale innovation technologique et le meilleur appui d’artillerie pour une seule brigade canadienne de toute la guerre.

Stratégies : Les stratégies clés qui ont permis de prendre Valenciennes malgré les obstacles ont été de s’emparer d’un terrain dominant en dehors de la ville (mont Houy) en premier lieu, puis de regrouper l’artillerie dans un barrage, de tirer de trois côtés, de former une contrebatterie et d’exécuter des attaques ciblées. La Bataille de Valenciennes a également été l’un des rares exemples de combat urbain pendant la guerre. Les commandants militaires s’étaient efforcés d’éviter ce type de combat; le général Currie, en particulier, craignait que le Corps canadien ne soit pas entraîné adéquatement à la guerre urbaine.

Personnalité remarquable : Le sergent Hugh Cairns au 46Bataillon avait déjà obtenu la Médaille de conduite distinguée (DCM) à Vimy. À Valenciennes, il reçoit la dernière Croix de Victoria canadienne de la guerre, pour ses attaques à lui seul de deux nids de mitrailleuses. Hugh Cairns est blessé en fin de journée le 1ernovembre et succombe à ses blessures le 2 novembre.

Canadiens avec gendarmes français et civils devant l’hôtel de ville, Valenciennes. Novembre 1918. Crédit: Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-003445.

 

Le 28 september – Dr Lee Windsor
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale
Dr. Lee Windsor
La Galerie d’art Beaverbrook
Fredericton, Nouveau Brunswick

Lee Windsor, Ph.D., est professeur d’histoire à l’Université du Nouveau-Brunswick où il occupe la chaire Fredrik-Eaton en histoire militaire canadienne. Il est également le directeur adjoint du Centre Gregg pour l’étude de la guerre et de la société.

Le 28 septembre 2018, le Dr Lee Windsor a parlé avec des invités rassemblés à la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, au sujet des actions du Canada durant les cent derniers jours de la Première Guerre mondiale, il y a cent ans.

Après avoir battu en retraite de la ligne Drocourt-Quéant, l’armée allemande s’est retirée vers ses dernières lignes de défense dans le système Hindenburg. Le secteur le long du front canadien comprenait la ville de Cambrai, un important centre logistique pour les Allemands, le canal du Nord et le bois de Bourlon, une position de défense fortifiée. Pendant près d’un mois après leur victoire à la ligne Drocourt-Quéant, les Canadiens ont attendu, alors que Currie planifiait une façon de permettre au Corps de traverser le canal, puis de traverser le bois pour avancer vers Cambrai.

La Section des transmissions du Canada posant un câble. L’avancée à l’est d’Arras, septembre 1918. Canada, Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003080 (modification de l’image originale).

 

À 5 h 20 le 27 septembre, le barrage roulant s’est ouvert et seulement quatre bataillons canadiens se sont avancés pour traverser le canal. Ils ont atteint l’autre côté avec succès, et un plus grand nombre de bataillons ont commencé à progresser par dépassement devant leurs positions, avançant lentement et se déployant vers les objectifs le long d’un front de plus de 9 000 m.

Le Dr Lee Windsor nous explique les actions qui ont suivi, après que les Canadiens se soient préparés à creuser pour la nuit:

Les progrès lors de la deuxième journée étaient plus lents et difficiles, alors que les Canadiens tentaient de franchir la ligne Marcoing, ce qu’ils ne réussiraient pas à faire avant le 29 septembre. Les bataillons canadiens étaient trop dispersés en tentant de contrôler plus de 10 000 m de front. « Monter une deuxième grande attaque délibérée un jour après l’une des opérations les plus compliquées de l’histoire militaire canadienne, après avoir pénétré à 5 km dans une zone ennemie bien défendue, demande beaucoup. »

Regardez comme le Dr Windsor discute que la première vue de la ligne Marcoing du Royal Canadian Regiment, qui se sont concentrés sur un coup direct à Cambrai a permis au reste du Corps canadien se balancer autour au nord. Il discute de certaines des actions de Milton Gregg le 28 septembre en lisant des extraits du journal de Gregg:

 

Le Dr Lee Windsor poursuit: «La lutte a duré toute la journée, mais les actions de D Company du RCR ont permis de maintenir cette brèche ouverte. Gregg et Duplessis avaient fixé l’attention de l’ennemi sur le régiment et l’ensemble du secteur de la 7e Brigade, tandis que le reste de l’unité se dirigeait vers le nord en passant par un fossé de plus en plus large sur la route qui mène d’Arras à Cambrai. Ils ont ouvert la porte à Cambrai. Il faudrait encore plusieurs jours de durs combats pour l’achever complètement, mais ils l’ont ouvert. »

Même s’il s’agissait d’une autre victoire éclatante pour le Corps canadien, la traversée du canal du Nord a davantage épuisé ses forces : plus de 10 000 Canadiens ont été tués, blessés ou portés disparus à cette occasion, ce qui a amené le nombre total de pertes à plus de 42 000 pour la seule campagne des Cent jours.

Blessés canadiens profitant d’une tasse de thé à un poste de secours avancé. L’avancée à l’est d’Arras, octobre 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-003192 (modification de l’image originale).

 

On se souvient des actions de Milton F. Gregg, VC lors de la bataille du Canal du Nord. « Le courage exceptionnel de cet officier a épargné de nombreuses vies et permis de poursuivre l’avancée. » Lire la citation complète de sa Croix de Victoria. Retrouvez ses papiers d’attestation à Bibliothèque et Archives Canada.

Milton F. Gregg. Bibliothèque et Archives Canada PA-004877.

Questions de discussion:

– Les actions menées pendant la campagne des cent jours, en particulier ici le 28 septembre, sont décrites comme se déroulant très rapidement. Le Corps canadien progresse sans trop de temps pour planifier, préparer et apporter des fournitures. En quoi est-ce différent des autres batailles de la Première Guerre mondiale?

– À Vimy, les soldats attendaient dans des tunnels souterrains à la craie avant la bataille. Ici, nous entendons comment les soldats se sont « reposé » dans des trous de boue, attendant d’attaquer. Selon vous, qu’est-ce qui a traversé l’esprit des soldats la nuit?

– Cette page contient deux photos qui ont été colorisées. Utilisez le guide Vimy 100 en classe sur «La photographie et la Première Guerre mondiale» pour analyser les photos et l’ajout de couleurs.

– Lorsqu’ils étudient la Première Guerre mondiale, les étudiants doivent généralement affronter les mêmes quatre batailles: Ypres, la Somme, la crête de Vimy et Passchendaele. Bien que chacun ait joué un rôle crucial dans la guerre à sa manière, les Canadiens ont servi et fait des sacrifices dans d’autres combats moins connus, comme ceux de Canal du Nord et de Cambrai. Utilisez les ressources de la Fondation Vimy tirées de «Batailles canadiennes de la Première Guerre mondiale» et faites un cas pour la bataille qui était le plus important pour le Canada.

– Milton Gregg reçut la Croix de Victoria pour ses actions au cours de cette période, la plus haute distinction de l’ensemble du système des honneurs et récompenses de l’Empire britannique. Pensez-vous que c’était mérité? Pourquoi ou pourquoi pas? Retrouvez la liste complète des Canadiens ayant reçu la Croix de Victoria à Anciens Combattants Canada.

– La Croix de Victoria appartenant à Milton Gregg est maintenant en prêt permanent au musée militaire du Royal Canadian Regiment. Au Canada, les médailles et décorations militaires sont achetées et vendues régulièrement et aucune règle n’y est opposée. Cette pratique est-elle fausse? Pourquoi ou pourquoi pas?

La capture de Cambrai
Une action centenaire

La capture de Cambrai
Le 9 octobre 1918

Après leur succès au Canal du Nord, les Canadiens poursuivaient leur grand objectif –  la ville de Cambrai. Cambrai fut un centre de chemins de fer pour l’armée allemande et aussi le lieu d’une bataille importante l’année précédente, qui a marqué le premier déploiement massif des chars en bataille. En octobre 1918 les blindés roulaient vers Cambrai encore une fois. 

Le 30 septembre, les 3et 4e Divisions avaient atteint les abords de Cambrai, mais les efforts pour s’emparer de la ville se sont ensuite essoufflés alors que le Corps l’encerclait, et Currie a alors tenté d’élaborer un plan pour prendre la ville. Les Canadiens, ni d’ailleurs la plupart des armées alliées, avaient peu d’expérience en matière de combats urbains, et la lutte contre l’armée allemande de maison en maison allait non seulement être extrêmement difficile, mais était aussi susceptible d’entraîner des pertes très élevées.

 

 

La ville elle-même n’était que légèrement défendu, mais les Canadiens devaient encore faire face à des mines et des pièges laissés par les Allemands. La ville a été libérée le 9 octobre 1918. Le Corps canadien a perdu plus de 10,000 soldats pendant la bataille de Cambrai et ses alentours.

 

Le Winnipeg Tribute, 9 octobre 1918.

 

Personnalités 

Le 8 octobre 1918, tard dans la nuit, Coulson Mitchell de Winnipeg a sauvé un pont stratégique qui allait être détruit par les Allemands pendant la bataille de Cambrai. Les ponts traversant le Canal d’Escaut étaient très importants pour l’infanterie et l’artillerie canadienne. Pour ralentir l’avancé des Canadiens, les Allemands détruisaient ces ponts, empêchant ainsi les Canadiens de traverser le canal. Pendant une patrouille de nuit, Mitchell a coupé des fils d’explosives et a défendu le pont des attaques ennemis. Pour ses actions héroïques, Mitchell fut accordé la Croix Victoria. Lisez son dossier du personnel ici: http://central.bac-lac.gc.ca/.item/?op=pdf&app=CEF&id=B6248-S044.

 

Bataille du canal du Nord
Une action centenaire

La Bataille du canal du Nord
27 septembre au 11 octobre 1918

Après avoir battu en retraite de la ligne Drocourt-Quéant, l’armée allemande s’est retirée vers ses dernières lignes de défense dans le système Hindenburg. Le secteur le long du front canadien comprenait la ville de Cambrai, un important centre logistique pour les Allemands, le canal du Nord et le bois de Bourlon, une position de défense fortifiée. Pendant près d’un mois après leur victoire à la ligne Drocourt-Quéant, les Canadiens ont attendu, alors que Currie planifiait une façon de permettre au Corps de traverser le canal, puis de traverser le bois pour avancer vers Cambrai.

Le canal était à sec, mais demeurait un obstacle important; les berges faisaient plusieurs mètres de haut et on ne savait pas exactement ce qui attendait les Canadiens de l’autre côté. La zone autour du canal avait été délibérément inondée par l’armée allemande, laissant une petite zone d’environ 2 km de large encore sèche. Pour traverser le canal, le Corps serait concentré sur un petit front, puis devrait se déployer pour sécuriser le reste de sa section. De plus, même si les chars d’assaut et l’infanterie pouvaient le traverser assez facilement, ce n’était pas le cas de l’artillerie. Le plan de Currie exigeait que les ingénieurs canadiens installent plusieurs ponts mobiles, vraisemblablement sous un feu nourri, pour permettre à l’artillerie de franchir le canal.

Le plan de Currie était ambitieux, et plusieurs personnes, y compris Byng, l’ont prévenu que cela pourrait ne pas fonctionner. Cependant, Haig et Foche voulaient pousser l’armée allemande autant que possible, pour voir si elle pourrait craquer, et une incursion non loin de Cambrai la forcerait à retirer des hommes du reste des lignes allemandes. À 5 h 20 le 27 septembre, le barrage roulant s’est ouvert et seulement quatre bataillons canadiens se sont avancés pour traverser le canal. Ils ont atteint l’autre côté avec succès, et un plus grand nombre de bataillons ont commencé à progresser par dépassement devant leurs positions, avançant lentement et se déployant vers les objectifs le long d’un front de plus de 9 000 m.

Une fois la berge opposée sécurisée, les ingénieurs pouvaient commencer à installer les ponts; les premières pièces d’artillerie ont tenté de traverser à 8 h 40 avant d’être repoussées; toutefois, au milieu de l’après‑midi, plusieurs étaient en place et les unités d’artillerie le traversaient régulièrement. À la fin de la journée, le Corps avait sécurisé le canal, le bois de Bourlon et le village de Bourlon, avant de se retrancher pour la nuit. On s’attendait à des attaques massives des Allemands le matin, et les bataillons canadiens étaient trop dispersés en tentant de contrôler plus de 10 000 m de front.

Les progrès lors de la deuxième journée étaient plus lents et difficiles, alors que les Canadiens tentaient de franchir la ligne Marcoing, ce qu’ils ne réussiraient pas à faire avant le 29 septembre. Le 30 septembre, les 3et 4e Divisions avaient atteint les abords de Cambrai, mais les efforts pour s’emparer de la ville se sont ensuite essoufflés alors que le Corps l’encerclait, et Currie a alors tenté d’élaborer un plan pour prendre la ville. Les Canadiens, ni d’ailleurs la plupart des armées alliées, avaient peu d’expérience en matière de combats urbains, et la lutte contre l’armée allemande de maison en maison allait non seulement être extrêmement difficile, mais était aussi susceptible d’entraîner des pertes très élevées.

Pendant les préparatifs canadiens, l’armée allemande s’est retirée de Cambrai le 8 octobre, laissant derrière elle une ville en feu, truffée de pièges et de fils-pièges. Le Corps a occupé Cambrai et a continué à avancer avec précaution, suivant les Allemands à mesure qu’ils faisaient retraite vers l’Est. Même s’il s’agissait d’une autre victoire éclatante pour le Corps canadien, la traversée du canal du Nord a davantage épuisé ses forces : plus de 10 000 Canadiens ont été tués, blessés ou portés disparus à cette occasion, ce qui a amené le nombre total de pertes à plus de 42 000 pour la seule campagne des Cent jours.

Le Devoir, 28 septembre 1918.

 

Progrès technologiques 

La traversée réussie du canal du Nord et l’avancée vers Cambrai ont reposé sur un solide barrage roulant et sur la capacité de l’artillerie à continuer son barrage à mesure que l’infanterie s’enfonçait de plus en plus dans le territoire allemand. La coordination entre l’infanterie, qui se déplaçait assez rapidement sur de grandes distances, et l’artillerie constituait un problème qui a affligé Currie et le Corps tout au long de la campagne des Cent jours. Dans les jours qui ont suivi les premières réussites, le rythme des batailles a ralenti ou même cessé en raison des bombardements irréguliers.

Pour s’attaquer au problème posé par le canal, les ingénieurs canadiens ont passé les semaines qui ont précédé la bataille à construire des ponts mobiles derrière les lignes, qui ont été mis en place une fois que la berge de l’autre côté a été sécurisée et ont permis le passage des pièces d’artillerie et de leurs équipages. L’installation des ponts était un travail extrêmement dangereux, et toute la journée du 27 septembre, les ponts étaient souvent bombardés. Comme à Vimy l’année précédente, les ingénieurs ont joué un rôle très important pour assurer le succès de la bataille; sans leurs ponts, le Corps aurait rapidement distancé son artillerie et cessé sa progression, ce qui aurait coûté beaucoup plus de vies qu’il ne pouvait se permettre.

Currie a également utilisé un barrage roulant qui se déplaçait dans deux sens, vers l’avant et vers l’arrière. À mesure que le Corps atteignait ses objectifs, le barrage pouvait avancer comme à l’habitude; cependant, un barrage mobile vers l’arrière donnait aux artilleurs allemands l’impression qu’ils tiraient sur leurs propres positions. Comme d’habitude, Currie a également utilisé des tirs de contre-batterie pour détruire les canons allemands à l’avance; en tout, 785 pièces d’artillerie ont été utilisées le premier jour de la bataille du canal du Nord, dont la plupart suivraient par la suite l’infanterie vers Cambrai.

 

Personnalités 

Comme à l’occasion des précédentes batailles de la campagne des Cent jours, les combats qui se sont déroulés au canal du Nord ont été difficiles et ont exigé beaucoup de bravoure. Huit Croix de Victoria ont été décernées pendant les combats :

Lt George Fraser Kerr, 3Bataillon

Lt Graham Thomson Lyall, 102Bataillon

Lt Samuel Lewis Honey, 76Bataillon

Lt Milton Fowler Gregg, The Royal Canadian Regiment, plus tard politicien et ministre des Anciens Combattants

Capitaine John MacGregor, 2Bataillon canadien de fusiliers à cheval

Sgt William Merrifield, 4Bataillon

Capitaine Coulson Norman Mitchell, 1re Compagnie de tunneliers, Génie canadien

Lt. Wallace Lloyd Algie, 20Bataillon

 

Bataille de la ligne Drocourt-Quéant
Une action centenaire

Bataille de la ligne Drocourt-Quéant, 2 septembre 1918

Connu par l’armée allemande sous le nom de Wotung Stellung, le système défensif Drocourt-Quéant représentait un obstacle important pour les Alliés, tandis qu’ils tentaient de faire progresser davantage leur offensive vers l’Est. La cohue créée par les batailles d’Arras avait poussé le Corps à la ligne D-Q, mais les militaires avaient peu de temps pour se préparer et le général Haig n’était pas en mesure de fournir de l’artillerie ou des chars supplémentaires. En fait, on doutait, parmi les commandants du Corps, que la tentative réussirait. Les survivants du mois d’août étaient épuisés et les nouvelles troupes de réserve, dont bon nombre étaient conscrites, avaient peu d’expérience du combat. Néanmoins, pour que l’armée française avance dans le Sud, il fallait briser la ligne D-Q.

Le plan initial prévoyait que les Canadiens brisent la ligne D-Q, puis progressent rapidement vers le Canal du Nord en utilisant le groupe de véhicules blindés de Raymond Brutinel, le tout dans le cadre d’une seule bataille. Mais comme le découvrirent le général Currie et les 1re et 4e divisions, cela n’était pas possible. Les deux divisions ont pris la ligne D-Q, après une journée de durs combats. Toutefois, les véhicules blindés n’ont pas pu avancer aussi rapidement qu’il le fallait et le soutien à l’artillerie était très faible. Le Corps s’est retranché pour la nuit, prévoyant une contre-attaque, qui n’a finalement jamais eu lieu. Comme à Amiens, les troupes ont avancé derrière un barrage d’artillerie concentré et ont été confrontées à des lignes de nids de mitrailleuses, d’abris fortifiés et de barbelés, dont une grande partie a dû être enlevée lors de combats corps à corps.

La victoire remportée à la ligne D-Q, bien qu’inattendue, a été un autre jalon du Corps pendant les cent jours du Canada, couronnés de succès. Currie croyait que les combats menés au cours des batailles d’Arras étaient les plus difficiles que le Corps ait jamais affrontés. Toutefois, le rythme ne ralentirait pas. Dans le camp canadien, 5 622 personnes ont été tuées ou blessées le 2 septembre seulement, mais les pertes allemandes ne sont pas connues.

Un brancard canadien corrige une blessure. Avance à l’est d’Arras. Août 1918. Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-003179.

 

Progrès technologiques|

Le plan de bataille original de Currie prévoyait l’utilisation de la brigade canadienne d’automitrailleuses, organisée et commandée par Raymond Brutinel. La BCAM avait été constituée en 1914, mais avait rarement été utilisée sur un champ de bataille jusqu’aux cent jours, car les conditions de la zone de combat au cours des premières années n’étaient pas propices à l’utilisation des véhicules. Les véhicules de la BCAM sont entrés dans la bataille à 8 heures le matin du 2 septembre, en utilisant une brèche de 900 mètres dans le barrage rampant, mais n’ont pu passer. Les véhicules n’ont pas pu s’adapter au terrain accidenté, et beaucoup sont tombés sous la pluie de tirs d’artillerie et de mitrailleuses provenant des lignes ennemies.

Personnalités dignes de mention|

Sept soldats canadiens ont reçu la Croix de Victoria en raison de la bravoure dont ils ont fait preuve le 2 septembre 1918, soit Bellenden Hutcheson, Arthur George Knight, William Henry Metcalf, Claude Nunney, Cyrus Wesley Peck, Walter Leigh Rayfield et John Frances Young. Lisez-en plus sur Anciens Combattants Canada.

Le brigadier­-général Raymond Brutinel était un homme d’affaires et un journaliste français qui s’était installé dans l’Ouest canadien avant la guerre. Brutinel croyait que les véhicules motorisés armés constituaient l’avenir de la guerre moderne et, lorsque la guerre a éclaté, il a constitué un des groupes d’automitrailleuses de base qui, éventuellement, a formé la brigade canadienne d’automitrailleuses. Brutinel a commandé la brigade et a participé aux attaques de celle-ci lors de la poussée allemande de mars 1918, ainsi que pendant la période des cent jours.

Des véhicules blindés canadiens en action à la bataille d’Amiens. Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-003016

 

Bataille de Chérisy
Une action centenaire

Bataille de Chérisy, 27 et 28 août 1918

Dans le cadre de la bataille de la Scarpe, la bataille du village de Chérisy offre un exemple de combat sanglant mené par le Corps canadien les jours précédant la bataille pour prendre la ligne Drocourt-Quéant. La 5brigade participe à une avancée visant à percer la ligne Frenses-Rouvroy, autre défense fortifiée avant la grande ligne Drocourt-Quéant. Le 22bataillon (the Vandoos) a pour mission de s’emparer de Chérisy avec les 26et 24bataillons. La pluie et les mauvaises conditions retardent le départ de l’offensive et la bataille commence à 10 heures seulement.

Le 132erégiment d’infanterie allemand résiste farouchement – ses mitrailleuses fauchent les soldats canadiens dans leur avancée, mais le village est capturé en milieu de journée. Le Vandoos a perdu beaucoup de ses officiers dans l’attaque initiale à Chérisy et l’officier au rang le plus élevé restant, le major Georges Vanier, organise la défense de la position du bataillon en collaboration avec le 24e bataillon. Cette nuit-là, le commandement divisionnaire informe les officiers de la 5brigade qu’ils ne seront pas relevés et qu’ils devront se battre le lendemain matin pour continuer de gagner du terrain en direction de la ligne Drocourt-Quéant.

Dans l’attaque du 28 août, Vanier est blessé et le commandement des deux bataillons est confié au commandant du 24bataillon, le lieutenant-colonel William Clark-Kennedy, qui continue de tenir la position devant Chérisy jusqu’à l’arrivée de la relève le lendemain. Seulement 39 membres du 22e bataillon répondent à l’appel du 29 août : 634 hommes sont morts, blessés ou disparus, y compris tous les officiers.

Progrès technologiques

Chérisy s’est inscrite dans une série de petites batailles planifiées, missions progressives visant à franchir de grandes distances; Amiens est atteinte le 8 août et la ligne Drocourt-Quéant le 3 septembre. Currie et les Alliés en général ont recouru à des engagements planifiés pour éviter les problèmes inhérents à la poursuite d’objectifs lointains; ce type d’engagement a été de plus en plus souvent employé après la Somme en 1916 dans l’idée de « prendre et tenir » pour gagner des petits morceaux du territoire ennemi.

La bataille de Chérisy illustre l’une des difficultés rencontrées par le Corps canadien dans les jours qui ont suivi Amiens. Le rythme des batailles depuis le 8 août rend la coordination du soutien de plus en plus difficile, et compte tenu du mauvais temps qui sévit le 26 août, les bataillons qui participent à la bataille de Chérisy ne disposent pas de suffisamment de soutien de contre-barrage.

L’artillerie allemande continue de leur tirer dessus, et des nids de mitraillettes dans le village même font des ravages dans les troupes qui avancent, qui ont été retardées par des fils barbelés non coupés et un terrain accidenté. Si le Corps canadien commandé par Currie devait réussir dans les batailles à venir – qui se déplaçaient encore plus rapidement – la fourniture de soutien en temps opportun était cruciale.

Personnalités

Chérisy a été une bataille acharnée dans laquelle de nombreux actes de bravoure sont passés inaperçus pendant les deux jours de conflit; toutefois, deux Canadiens se sont démarqués.

Le major Georges-Philéas Vanier, officier au rang le plus élevé restant à la fin de la journée du 27 août. Vanier organisa l’attaque du lendemain, sachant qu’il avait peu de chances de survivre, et conduisit ses soldats au sommet à 12 h 30 le 28 août. Vanier, touché à l’estomac et la jambe brisée par un obus, a été évacué et a survécu à la bataille. Vanier s’est remis de ses blessures et a occupé plus tard les fonctions de gouverneur général du Canada.

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VANIER, GEORGES PHILIAS

Le lieutenant-colonel William Clark-Kennedy, dernier officier supérieur du 24bataillon, rassembla les soldats encore debout du 22bataillon et tint la position du bataillon à l’extérieur de Chérisy jusqu’à l’arrivée de la relève. Bien que gravement blessé, Clark-Kennedy a refusé de quitter ses hommes et a continué de diriger la bataille jusqu’au retrait des deux unités. Clark-Kennedy a été décoré de la Croix de Victoria et a vécu le reste de sa vie à Montréal.

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CLARK-KENNEDY, WILLIAM HEW