Bataille de Fresnoy

3 au 8 mai 1917

Le village de Fresnoy-en-Gohelle était le prochain objectif du Corps expéditionnaire canadien après sa victoire à Arleux en avril. Fresnoy était le point de retraite des forces allemandes du village d’Arleux-en-Gohelle, et une partie importante de la ligne Oppy-Méricourt, l’un des objectifs de Haig pour ce qui était connu aux Britanniques comme la Troisième bataille de la Scarpe, ou bataille de Bullecourt.

Troupes Canadians marchent à travers un village français. Mai, 1917.
Crédit: Canada. Département de La Défense Nationale / Bibliothèque et Archives Canada / /PA-001365

Comme Arleux, Fresnoy était lourdement fortifié, et l’espace pour manoeuvrer était très petit. Haig décida que les opérations le long de la ligne allaient avoir lieu durant la nuit, ce qui était à la faveur des Canadiens puis qu’il n’y avait qu’un petit espace d’avancement. Le plan d’attaque à Fresnoy était très similaire à celui d’Arleux, avec des pratiques à l’avance et des longues étendues de tranchées creusées dans le terrain neutre afin de permettre une avancée plus rapide vers le village. Les 1re et 6e Brigades sont montées jusqu’au sommet le 3 mai à 3 h 45 sous le couvert de l’obscurité.

Fresnoy a été pris en quelques heures, mais les brigades canadiennes faisaient face au problème habituel des armées du front occidental: garder leurs positions. Les contre-attaques ont commencé presque immédiatement et le village a été bombardé pour les sept jours suivants, recevant quelque 100 000 obus allemands d’artillerie et de gaz. Pour les soldats des 1re et 6e Brigades dans le village, la période de temps entre le 3 et le 8 mai a dû paraître interminable.

Commençant à 4 h, les Allemands ont avancé sur le village, réussissant même à atteindre les tranchées canadiennes avant d’être combattus. La journée s’est terminée avec une retraite allemande, et les Canadiens ont été remplacés le lendemain. Cependant, la tragédie a frappé pendant que les Canadiens étaient remplacés le lendemain sous la forme d’une autre attaque allemande contre les troupes britanniques qui étaient alors dans le village. Fresnoy a été perdu le 9 mai 1917. Cette bataille a fait 1 259 victimes canadiennes, donc 1 080 faisaient partie de la 1re Brigade du Corps expéditionnaire canadien.

Avancées technologiques

En plus de l’utilisation de pratiques d’attaques et de tranchées étendues, l’attaque de Fresnoy a d’abord été faite dans le noir. Le Corps expéditionnaire canadien allait souvent utiliser les attaques de nuit, l’une des plus célèbres étant celle du Canal-du-Nord en 1918. Lorsque conduites avec succès, elles pouvaient être extrêmement efficaces. Pour l’attaque initiale, Currie était aussi assez chanceux de pouvoir utiliser l’artillerie de trois des quatre divisions canadiennes en plus des unités britanniques, permettant une concentration très lourde de tirs dans une très petite zone.

Personnalités

Wilfred Kerr, signaleur: Un étudiant de l’Université de Toronto, Kerr s’est enrôlé dans l’Artillerie de campagne canadienne en 1916. Ses mémoires de 1917, Shrieks and Crashes, ont été publiés en 1929. Kerr a survécu à Fresnoy et à la guerre, retournant à l’université où il a complété son doctorat. Il a travaillé à l’Université de Buffalo et est mort à Kenmore, New York, en 1950.

Ernst Junger, lieutenant: Junger est désormais connu comme l’auteur des mémoires de guerre allemands Storm of Steel, mais à Fresnoy en 1917, il était le dirigeant de compagnie de l’un des régiments postés à Fresnoy. Au sujet de la bataille, Junger a écrit: Fresnoy était une fontaine imposante de terre après l’autre. […] Les yeux et les oreilles étaient complètement contraints par cette dévastation. Après sa démobilisation, Junger est devenu un entomologiste et une critique publique célèbre de la république de Weimar. Il avait une relation compliquée avec le Parti nazi et n’a jamais été membre, bien qu’il ait servi dans l’armée à Paris avant d’être expulsé en 1944 après avoir été impliqué dans une tentative d’assassinat contre Adolf Hitler.