La Commission de Secours d’Halifax

 

« Children getting food from a relief station »
Mention : Service international du film, Nathaniel N. Morse, Archives de la Nouvelle-Écosse. Numéro d’accession 1989-298 / négatif: N-7081.

L’explosion d’Halifax a suscité un élan international pour aider la ville. En plus des nombreux trains de secours à destination d’Halifax, les dons financiers ont commencé à arriver en réponse à un appel public des responsables municipaux au reste du Canada (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 221). Ces dons provenaient d’entreprises, de particuliers, d’églises et de gouvernements fédéraux. L’Australie a donné 250 000 dollars, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont tous deux versé des dons de 5 millions de dollars (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 222). À Boston, tous les billets d’un concert-bénéfice mettant en vedette la soprano australienne Nellie Melba, le violoniste autrichien Fritz Kreisler et le Boston Symphony se sont envolés le jour même de l’annonce (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 222). Lorsque la Eastern Steamships Company a fourni un autre navire pour effectuer des livraisons à Halifax, les donateurs étaient tellement nombreux qu’il a fallu faire appel à la police pour contrôler la foule (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 222). Les dons financiers au fonds de secours d’Halifax allaient finalement dépasser les 20 millions de dollars (environ 319 millions en dollars de 2017).

Donation au fonds de secours d’Halifax par le chef et les conseillers de la bande Samson, de Hobbema (maintenant Maskwacis) en Alberta.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada. Documents textuels : 90 : Ouvert, Bobine de microfilm C-10185, No dossier (créateur) : 507827, Documents textuels : Limites non établies, Volume 32 : Restreint selon la loi 4088, Ancien no de référence archivistique RG10. No d’instrument de recherche no. 10-13. No. MIKAN 2060459, Item 2.

Créée par des responsables municipaux le jour de l’explosion, la Commission de secours d’Halifax a été constituée en corporation en 1918 afin d’administrer un fonds de secours supplémentaire de 30 millions de dollars. La Commission était responsable des soins médicaux, de l’indemnisation et de la réhabilitation des personnes blessées ou handicapées à la suite de l’explosion, ainsi que d’initiatives de reconstruction. En 1976, la Commission de secours d’Halifax a finalement cessé ses activités, transférant à la Commission canadienne des pensions le solde de ses fonds de 1,5 million de dollars et la responsabilité de 68 personnes à charge (Historica Canada – Canadian Encyclopedia, “Halifax Relief Commission”, 2017).

 

7 décembre 1917 – des trains de secours à Halifax

« Looking north toward Pier 8 from Hillis foundry after great explosion, Halifax, Dec. 6, 1917 ».
Mention : W.G. MacLaughlan, Archives de la Nouvelle-Écosse, no. 1988-34 no. 14 / négatif : N-137.

En ce jour en 1917 des trains de secours en provenance de la cote est ont pris la direction d’Halifax, Nouvelle-Écosse. Après que les lignes télégraphiques vers Halifax ont été coupées, le dernier message de Vincent Coleman a circulé de gare en gare le long de la côte Est. Ne sachant pas très bien ce qui s’était passé, mais craignant une catastrophe, les communautés se sont mobilisées pour envoyer des secours. Les trains réguliers ont été retirés des voies et la priorité a été accordée à tous les trains de secours disponibles, qui avaient déjà commencé à arriver des villes de l’est du Canada avant la fin de la journée du 6 décembre 1917. (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 178).

Mention : Bibliothèque et Archives Canada / C-001833

Aux États-Unis, New York a envoyé son premier train dans les 24 heures qui ont suivi l’explosion, « rempli d’une vingtaine d’ingénieurs, de médecins et d’infirmières, d’outils d’une valeur de 15 000 $ et de 150 000 $ de bois, d’un millier de maisons mobiles et de 30 000 livres de pansements » (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 168). Avant l’aube le 7 décembre, le train de secours Boston & Maine était déjà arrivé à McAdam, au Nouveau-Brunswick; « de la jonction de McAdam à Saint John (Nouveau-Brunswick), les plateformes étaient jalonnées de travailleurs à l’air grave qui tenaient des pelles, des outils de menuiserie et des trousses médicales dans l’espoir de se rendre à Halifax ». (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 165).

Retardé par une tempête qui avait bloqué les voies ferrées, le Boston & Maine est finalement arrivé à Halifax dans la matinée du samedi 8 décembre 1917. Il transportait une lettre du gouverneur du Massachusetts adressée au maire d’Halifax. À la lecture de la lettre, C. A. Hayes, président des Chemins de fer nationaux du Canada, a versé des larmes (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 178-179).

6 décembre 1917 – L’explosion d’Halifax

« Ruines du Army & Navy Brewery exploités par Halifax Breweries Limited à Turtle Grove, Dartmouth. »
Mention : Archives de la Nouvelle-Écosse / négatif: N-1271 (modifiée de l’orignale). Colorié par Canadian Colour.

La ville d’Halifax était un port grouillant d’activité pendant la Première Guerre mondiale, où transitaient des milliers de cargos et de transports de troupes chaque année. Le matin du 6 décembre 1917, le port était affairé comme à l’habitude, et deux navires s’apprêtaient à se croiser dans la partie la plus étroite du port, les Narrows, une section dangereuse entre le port et le bassin Bedford. Le SS Imo, navire belge de ravitaillement, avait été incapable de partir la veille avant la mise en place des filets anti-sous-marins fermant le port pour la nuit. Dans l’autre direction, le SS Mont Blanc, transport de munitions français, n’avait pas réussi à se rendre au port à temps. En ce matin du 6 décembre, les capitaines des deux navires se mettaient en route. Dans sa précipitation pour quitter le port achalandé, l’Imo s’est trouvé sur le trajet du Mont Blanc et n’a pas respecté la priorité de ce dernier, comme l’exige la réglementation maritime.

Lorsque les deux navires sont entrés en collision à la bouche des Narrows, la proue de l’Imo a transpercé le Mont Blanc. Conséquence plus grave, le choc a broyé quelques grains d’acide picrique sec, une matière extrêmement volatile. Peu de gens à quai étaient au courant de la cargaison explosive du Mont Blanc, qui transportait 5,85 millions de livres d’explosifs, notamment de l’acide picrique, du TNT, du fulmicoton et du benzène. Lorsque les grains libérés d’acide picrique ont été enflammés par le choc de la proue de l’Imo, les vapeurs denses s’échappant des barils de benzène sur le pont se sont embrasées, et ces flammes se sont propagées directement aux barils. Pendant ces quelques secondes, le destin du navire et d’Halifax s’est écrit. Craignant une explosion à tout moment, l’équipage du Mont Blanc a abandonné le navire et ramé frénétiquement vers le rivage, alors que pendant plus de 20 minutes, le navire dérivait dans les Narrows. Il s’est éventuellement arrêté sur le quai 6 du secteur industriel de Richmond, où une foule de curieux s’est réunie pour regarder l’incendie.

À 9 h 04:35, le Mont Blanc explosait dans une énorme boule de feu. Le fracas de la détonation a soufflé à 13 320 milles à l’heure, 23 fois la vitesse du son (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 63). L’onde de choc a suivi, aplatissant des bâtiments instantanément tout en faisant voler des éclats de verre qui coupaient tout sur leur passage, causant de terribles blessures. Toute la coque du navire a été projetée dans les airs, virevoltant dans la boule de feu, pour être presque entièrement vaporisée (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 62). Des fragments du navire ont percuté violemment les bâtiments et les gens qui se trouvaient dans le port et le chantier naval d’Halifax. La verge de l’ancre de 1 140 livres s’est envolée sur 3,78 km pour retomber à Armdale, tandis que le canon de 90 mm du navire atterrissait 2 km plus loin, dans le quartier Albro Lake de Dartmouth. L’explosion a également provoqué une énorme vague de 20 pieds qui s’est brisée sur les bâtiments, entraînant des gens dans la mer et décimant la communauté Mi’Kmaq de Tufts Cove.

« Vue nord-sud des dommages causés par l’explosion d’Halifax. »
Mention : Bibliothèque et Archives Canada / C-019944, article 5.

Au total, on croit que près de 2 000 personnes ont perdu la vie, beaucoup n’ont jamais été retrouvés et quelque 250 corps n’ont pas pu être identifiés. Les hôpitaux de la ville étaient débordés, avec de nombreuses personnes blessées aux yeux par des éclats de verre ou brûlées par les incendies qui faisaient rage dans la ville. Plus de 1 600 maisons ont été détruites et de nombreux secteurs d’Halifax et des communautés environnantes étaient devenus inhabitables. Plus de 6 000 personnes se retrouvaient à la rue, et avec peu d’espoir de pouvoir se loger pour l’hiver.

« Women walking from Africville towards Halifax, on Campbell Road near Hanover Street. »
Mention : « James & Son », Archives de la Nouvelle-Écosse, gracieuseté des Archives de la ville de Toronto (2451).

Des trains remplis de dons sont parvenus du Canada Atlantique et de l’est des États-Unis, et une aide financière de plus de 30 millions de dollars a été réunie pour reconstruire la ville. Ces fonds n’ont cependant pas atteint la communauté Mi’kmaq de Tufts Cove, ni l’établissement noir d’Africville sur le bassin Bedford, tous deux endommagés par l’explosion ou la vague qui a suivi. Les activités de restauration ont commencé presque immédiatement, afin de garder le port accessible aux navires en provenance ou à destination d’Europe. Malgré une enquête judiciaire et plusieurs poursuites civiles, personne n’a jamais été blâmé officiellement pour l’explosion.

Faits notables|

Patrick Vincent Coleman, répartiteur ferroviaire

Patrick Vincent Coleman était télégraphiste à la gare de Richmond le jour de l’explosion. Lui-même et le commis en chef William Lovett avaient été informés, on ne sait comment, du contenu du navire et du danger d’une explosion imminente. Coleman et Lovett ont réalisé qu’un train de passagers était attendu pour 8 h 55 et ils espéraient pouvoir le stopper. Lovett a réussi à rejoindre l’agent de terminus en amont et l’avertir du danger, après quoi les deux hommes ont quitté la gare. Toutefois, Coleman est retourné à son bureau et a continué d’envoyer des avertissements par télégraphe, qui ont atteint les gares le long de la ligne Truro, pour tenter d’arrêter tous les trains à destination d’Halifax. Il a été tué à son poste lorsque l’explosion est survenue à 9 h 05, et Lovett a aussi perdu la vie. Lorsque les lignes avec Halifax ont été soudainement coupées, le message de Coleman a été retransmis d’urgence d’une gare à l’autre, annonçant au monde extérieur que quelque chose de terrible venait de frapper Halifax (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 103).

L’arbre de Noël du Boston Common

Lorsque la grippe espagnole a sévi en 1918, la Nouvelle-Écosse a envoyé une équipe de médecins à Boston, en témoignage de gratitude pour l’aide reçue du Massachusetts après l’explosion d’Halifax. En décembre 1918, cette reconnaissance a pris la forme d’un arbre de Noël, parti d’Halifax pour être installé dans le Boston Common. En 1971, cette tradition a été reprise et revient chaque année depuis, et les lumières de l’arbre sont allumées pour signaler le début des festivités de Noël à Boston. À Halifax, ce geste commémore solennellement les pertes subies en décembre 1917. (Mac Donald, Curse of The Narrows – The Halifax Explosion 1917, p. 273-274).

5 décembre 1917 – le port d’Halifax

« Halifax, N.S. from the Harbour. »
Mention : Canada. Ministère de l’Intérieur / Bibliothèque et Archives Canada / PA-047994.

En ce jour en 1917, le SS Imo, navire de ravitaillement à destination de la Belgique occupée, est retardé en s’approvisionnant en charbon dans le port d’Halifax. Pendant ce temps à l’entrée du port, le SS Mont-Blanc, navire de munitions français, est retenu par l’agent examinateur. Les filets anti-sous-marins qui traversent le port à l’île George sont fermés pendant la nuit, empêchant le trafic maritime dans les deux sens. Ainsi, l’Imo se retrouve enfermé à l’intérieur et le Mont-Blanc à l’extérieur. Il ne reste plus aux deux navires qu’à attendre que la nuit passe. Un inconvénient apparemment minime dont les conséquences s’avéreront désastreuses pour Halifax.

« Looking north from grain elevator towards Acadia Sugar Refinery showing the area later devastated by the 1917 Halifax Explosion. Circa 1900. »
Mention : Archives de la Nouvelle-Écosse / négatif: N-7014.

4-6 decembre 1917 – Finale de la Bataille de Cambrai

Construction du mémorial terre-neuvien à Masnières en 1925.
Crédit: « The Rooms ». « Thomas Blair Browning fonds. Fonds MG 24, Item B 20-132, 1925. »

« The story of the defence of Masnières and of the part which the Newfoundland Battalion played in it is one which, I trust, will never be forgotten on our side of the Atlantic. » – Field Marshal Sir Douglas Haig

Cette semaine marque le 100e anniversaire de la fin de la première bataille de Cambrai (20 novembre – 7 décembre 1917). Au terme de la bataille, les Anglais ont abandonné la plupart des terrains conquis le 20 novembre. Cette attaque dont le succès initial avait été célébré par toutes les cloches des églises en Angleterre se terminait par un repli général. La pilule est amère.

Exhumation des corps des Terre-Neuviens Lieutenant Walter Green et Second Lieutenant James Tobin, dont nous avons partagé l’épitaphe le 22 novembre.
Crédit: « The Rooms ». « Gerald Joseph Whitty collection. Collection VA 157, Item VA 157-20, [after 20 Nov. 1917]. »
La bataille de Cambrai a eu un impact important sur le Régiment de Terre-Neuve, au point que les Terre-Neuviens ont érigé l’un de leurs six mémoriaux couronnés d’un caribou à Masnières. Au total, 110 hommes ont perdu la vie et 352 ont été blessés au cours de l’attaque et de la défense subséquente au cours de l’offensive de Cambrai. Deux semaines après la bataille, le roi George V a ajouté la dénomination « Royal » au Régiment de Terre-Neuve, honneur décerné trois fois seulement pendant que la Grande-Bretagne était encore en guerre (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 423).

 

3 decembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, les Allemands ont renouvelé leur contre-attaque devant Cambrai. Tenant le coup à Marcoing depuis le 30 novembre, les Terre-neuviens subissent de terribles tirs d’obus. Des sections entières de la tranchée sont écrasées et les hommes sont projetés à l’extérieur de leurs postes par les explosions (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Refusant de perdre du terrain face à l’ennemi, le sergent Leo Fitzpatrick, de Conche, Terre-Neuve, s’est mérité la Médaille de conduite distinguée.

Sergent Leo Joseph Fitzpatrick, DCM, MM.
Crédit: Dennis Ruhl, « Great Canadian War Project », 2012.

Ayant déjà reçu la Médaille militaire huit semaines plus tôt durant la bataille de Poelcappelle, Fitzpatrick s’est porté volontaire pour diriger une escouade afin de reprendre une section perdue de la tranchée. Durant l’action qui a suivi, il a sauvé un officier qui avait été blessé et laissé derrière, il a battu en retraite et il est ensuite retourné avec des grenades pour faire sortir l’ennemi de la tranchée (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422).

Même s’il avait été repoussé jusqu’au côté ouest de l’écluse le long du canal, le régiment de Terre-Neuve a réussi à tenir le coup à Marcoing pour la journée. Pour leurs actions, la Médaille militaire a été remise à de nombreux soldats, dont trois brancardiers – les soldats William Fowlow, Hubert Dibben et John Hennebury (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 422). Pour leur bravoure ce jour-là, le régiment terre-neuvien a perdu un officier et soixante-dix autres soldats ont été tués, blessés ou emprisonnés.

Le jour suivant, le 4 décembre 1917, le général Byng a ordonné un retrait général des unités de soutien à la ligne Hindenburg, établissant ce qui a été considéré comme une ligne plus forte pour l’hiver, malgré la perte des nombreux objectifs durement atteints de l’attaque à Cambrai (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 423). Pour les Terre-neuviens qui avaient été libérés la nuit du 3 décembre, il aurait été difficile de physiquement voir le retrait de Marcoing et Masnières.

“A British tank of “F” Battalion after it had crashed into St Quentin Canal destroying the vital bridge at Masnieres. Field Marshal Haig’s Cambrai Despatch gave the collapsed bridge at Masnieres as the reason for the cavalry’s failure to cross the canal in sufficient strength.”
© IWM (Q 568296

 

Argot de la Première Guerre Mondiale
« Blue Puttee »

 

« Entre frères »
Comme seulement des capotes étaient fournies par le Canada, le reste des premiers uniformes des Terre-neuviens étaient composés de divers vêtements civils et militaires.
Crédit : The Rooms. Collection MG 110, article A 8-85, 1914.

En l’honneur du rôle qu’a joué le Royal Newfoundland Regiment dans l’attaque sur Cambrai du 20 novembre au 6 décembre 1917, le terme familier décrivant le régiment est « les Blue Puttees ».

Après que la guerre ait éclaté en 1914, les Terre-neuviens ont soudainement eu besoin de vêtements pour des centaines de bénévoles et ils n’avaient pas d’uniformes en stock ni de tissu approprié pour les faire eux-mêmes. En désespoir de cause, le comité du matériel de la Patriotic Association a engagé des fabricants de vêtements locaux pour créer des uniformes, des sous-vêtements, des tapis de sol et des couvertures le plus rapidement possible (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 110). Comme il n’y avait pas de laine de couleur kaki pour faire les jambières, du tissu bleu marin a été utilisé à la place.

« Soldats s’exerçant à donner les premiers soins. »
Les premières pénuries de vêtements ont entraîné une myriade d’uniformes en 1914.
Crédit : The Rooms. Série, article E 19-25, 1914. Holloway, Robert Palfrey, 1887-1917; Holloway Studio (St. John’s, T.-N.).

Par conséquent, les 500 hommes du premier contingent du régiment de Terre-Neuve ont quitté St. John’s en octobre 1914 avec des jambières bleues. Comme ils étaient les seuls Terre-neuviens équipés de jambières de cette couleur, ces dernières sont devenues un badge d’honneur.

Pour être un « Blue Puttee », il fallait donc être un membre des fameux 500 soldats (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 110).

Pendant de nombreuses années après la guerre, les anciens combattants du régime terre-neuvien, fiers d’être des « Blue Puttees », se sont réunis annuellement le 4 octobre, date qui marque l’anniversaire du départ du premier groupe de 500 hommes de St. John’s en 1914.

30 novembre 1917
Une action centenaire

« About 8 kilometres beyond the Hindenburg Line, where the Royal Newfoundland Regiment made such a gallant stand against the German counter attack on November 30th., 1917. »
Crédit: The Rooms. « The Canal at Marcoing », Séries , Item VA 36-38.7.

En ce jour en 1917, après avoir massé leurs troupes, les Allemands ripostent contre l’offensive à Cambrai. À un moment donné sur la ligne, quatre divisions britanniques font face à neuf divisions allemandes. Frappant fort en provenance de l’est, les Allemands ont l’intention de foncer sur le flanc britannique et d’ensuite se diriger vers le nord, nettoyant entièrement la saillie. Pris par surprise, le régiment terre-neuvien fonce vers l’avant alors que des combats désespérés éclatent le long de la ligne.

Avec seulement une nuit de repos, le matin du 30 novembre, le régiment de Terre-Neuve est envoyé pour relayer une unité à Masnières. Pris dans le barrage d’ouverture avant la contre-attaque des Allemands, les compagnies terre-neuviènes se dirigent vers l’avant une à une, chargées de se faire un chemin jusqu’au point de rassemblement.

Approchant du taillis de Marcoing, s’attendant à rencontrer les unités alliées de la 88e brigade, les Terre-neuviens sont plutôt tombés sur les Allemands qui s’avançaient. Leur riposte en chargeant cause une mêlée sauvage de tirs de baïonnettes et les Terre-neuviens font reculer progressivement l’avance allemande vers le sud, à l’aide des autres unités de la 88e brigade. Au beau milieu de toute cette activité, le capitaine J. K. McConnell, major de brigade, galope de long en large le long de la ligne, chevauchant à cru sa monture, dirigeant la défense (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 420). À la fin de la journée du 30 novembre, la 88e a repoussé l’ennemi de presque un mile. Les Terre-neuviens sont toutefois lourdement touchés, ayant perdu un officier et 130 autres soldats.

Le jour suivant est marqué par des tirs de mitrailleuses ennemies et des tirs d’embuscade alors que les forces du Commonwealth se cantonnent désespérément dans leurs positions précaires le long du canal St-Quentin. La situation est sauvée pour l’instant, mais moins de vingt-quatre heures plus tard, une autre contre-attaque allemande redéclenche la crise.

« Car used by a British official camera team evacuating refugees from Masnieres during the German counter-attack in the Cambrai sector, November 1917. »
© IWM (Q 3203)

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie VI

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 15.

« We Have Passed From Death Unto Life Because We Love The Brethren »

Épitaphe du soldat Ernest Fisher, numéro régimentaire 3516, Royal Newfoundland Regiment, 29 novembre 1917 (âgé de 18 ans).

Ernest, un boucher de St. John’s, s’est enrôlé le 6 mars 1917. Il a débarqué à Rouen, en France, le 27 septembre 1917, se joignant au Newfoundland Regiment alors qu’il se préparait pour la bataille de Poelcappelle au début du mois d’octobre.

Participant à la bataille de Cambrai, Ernest a été blessé le 21 novembre 1917 et a été admis au poste d’évacuation des blessés pour des coups de feu à la poitrine. Il est mort de ses blessures huit jours plus tard, le 29 novembre 1917.

Le soldat Ernest Fisher est enterré au cimetière britannique Rocquigny-Equancourt Road, à Manancourt, Somme, en France.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Volume 653, Numéro d’item : 650626, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 12.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie V

Sous-lieutenant James John Tobin.
Crédit: Cramm, The First Five Hundred of the Royal Newfoundland Regiment, p. 300.

« We gave our son. He gave his all. »

Épitaphe du sous-lieutenant James John Tobin, matricule nº 69, Royal Newfoundland Regiment, 20 novembre 1917 (24 ans).

James s’est enrôlé le 2 septembre 1914 au sein du régiment de Terre-Neuve, quittant son emploi de barbier à 10 $ par semaine. Il a atterri à Suvla Bay, Gallipoli, en septembre 1915. Après l’évacuation des forces du Commonwealth de Suvla Bay en décembre 1915, il a été admis directement à l’hôpital en Angleterre avec la jaunisse. En juillet 1917, il a épousé par procuration une dame Margaret à Québec. Quatre mois plus tard seulement, le sous-lieutenant James John Tobin a été tué durant l’attaque sur Cambrai, laissant derrière lui sa nouvelle femme et son enfant.

Crédit: The Rooms, Archives provinciales de Terre-Neuve-et-Labrador, provenant de Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG38-A-2-e, Instrument de recherche 38-27, Bobine T-18017, Volume 489, Numéro d’item : 654829, Groupe d’archives : Royal Newfoundland Regiment and Forestry Corps, p. 27.

La femme de James était infirmière à Québec pour les enfants de M.  A.J. Price de l’importante scierie et usine de pâtes et papiers Price Brothers & Co. de Québec. En décembre 1917, M. A.J. Price a écrit au sous-secrétaire colonial de Terre-Neuve pour lui demander quelle pension elle et son enfant allaient recevoir du gouvernement terre-neuvien, étant donné que le deuil de Mme Tobin l’empêchait de s’occuper des affaires de son mari.

Le frère de James, Walter Tobin, s’était également enrôlé au sein du régiment de Terre-Neuve, mais il a survécu à la guerre. En 1918, la femme de James est allée vivre avec la mère de celui-ci à Boston, Massachusetts.

Le sous-lieutenant James John Tobin est enterré au cimetière britannique de Marcoing, Nord, France.

L’épitaphe de Tobin se trouve dans l’ouvrage intitulé Canada’s Dream Shall Be of Them, p. 125, de McGeer. Veuillez toutefois prendre note que Tobin est enregistré par erreur sous le nom de James John « Tait ».