6 novembre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Le 6 novembre 1917, les 1re et 2divisions canadiennes se sont jointes à l’attaque sur Passchendaele, après avoir libéré les 3e et 4e divisions canadiennes à la ligne bleue durant la nuit du 4 au 5 novembre. Les objectifs pour le 6 novembre comprenaient alors le village de Passchendaele lui-même et les petits hameaux de Mosselmarkt et de Goudberg, compris dans les limites de la ligne verte. 

Encore une fois, la boue était bien présente et les Canadiens devaient avancer dans des marais qui leur allaient jusqu’aux genoux ou jusqu’à la taille. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Pendant ce temps, dans le ciel, des pilotes des deux côtés se bombardaient l’un l’autre. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) 

En dépit de tout ceci, les Canadiens faisaient des avancées rapides. À Mosselmarkt, la surprise a causé la reddition de quatre officiers et de 50 autres rangs de la casemate menaçante et la ligne verte a été sécurisée en moins de deux heures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 324) Au sud, en trois heures, le village de Passchendaele a été capturé, avec l’aide du soldat Private James Robertson, qui a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour ce qu’il a fait. À la fin de la journée, on a compté 2 238 victimes canadiennes, dont 734 hommes tués au combat ou ayant succombé à leurs blessures. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 325) Deux autres Canadiens se sont mérité la Croix de Victoria pour leurs actions, établissant à neuf le nombre de Canadiens médaillés durant la bataille de Passchendaele.

Colin Fraser Barron, CV

Sergent Barron (à droite) avec confrère canadien Cecil Kinross, en Angleterre pour recevoir leurs médailles de la Croix de Victoria.
Crédit : ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006672.

Colin Fraser Barron est né à Mill of Boyndie, Banffshire, en Écosse, émigrant au Canada en 1910. Il a travaillé à Toronto comme camionneur avant de s’enrôler le 11 janvier 1915 au sein du 35e bataillon.

Le 31 juillet 1915, il s’est joint au 3e bataillon (Toronto Regiment)  comme renforcement en France. Sa première année en France a été marquée par la maladie, ayant été hospitalisé pour une bronchite, une infection au pied, une gastroentérite (diarrhée infectieuse) et une gonorrhée. Le 24 avril 1917, il s’est finalement rejoint à l’unité durant une longue période de bonne santé et, le 22 août 1917, il a été promu caporal.

Commentaire officiel pour la Croix de Victoria du caporal Collin Fraser Barron, CV. (avant-dernière entrée du bas dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page : 723.

Le 6 novembre 1917, le 3e bataillon a reçu la tâche de protéger le flanc gauche du Corps canadien au nord. Trois cent cinquante verges au sud-est de Vapour Farm, où le petit groupe de combattants de George Randolph Pearke avait gardé position le 30 novembre 1917, les Allemands occupaient un autre poste solide à Vine Cottage. Avant que le 3e bataillon puisse atteindre Goudberg Spur, Vine Cottage devait être capturé. 

Comme cela avait été le cas le 30 octobre, les terrains marécageux des affluents du ruisseau Lekkerboterbeekont ont fait en sorte que les hommes ont dû mener une lutte acharnée, alors que la compagnie de Barron s’attaquait précisément à Vine Cottage. Lorsque les Canadiens se sont trouvés sous les tirs massifs de pas moins que six mitrailleuses, le caporal Barron s’est réfugié dans un flanc. Prenant une position ouverte, Barron a déposé sa mitrailleuse Lewis et a lancé un jet de tirs précis, assommant méthodiquement une équipe ennemie après l’autre. Deux équipes ayant été éliminées, Barron s’est avancé avec sa baïonnette, éliminant quatre autres ennemis et faisant battre les autres en retraite avant que son peloton puisse le rejoindre. S’emparant de l’une des mitrailleuses ennemies, Barron lui a fait faire demi-tour et a attaqué l’ennemi en déroute avec des tirs dévastateurs. Le point fort à Vine Cottage est alors devenu dans les mains des Canadiens, Goudberg Spur suivant peu de temps après.

Pour ses actions ce jour-là, Colin Fraser Barron a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre au rang de sergent. Barron s’est plus tard enrôlé à nouveau au début de la Deuxième Guerre mondiale, au service du Canada. Il a survécu à cette guerre également et il est décédé à Toronto en 1958. 

 

James Peter Robertson, CV

Soldat James Peter Robertson, CV.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada/C-0026832.

James Peter Robertson est né à Picton County, en Nouvelle-Écosse, en 1883. Il avait presque 32 ans, travaillant comme ingénieur ferroviaire en Alberta, lorsqu’il s’est enrôlé le 14 juin 1915. En Angleterre à l’été de 1916, il a été ajouté à la Lord Strathcona’s. Horse (Royal Canadians), mais il a été envoyé au 11e bataillon d’infanterie de la Réserve deux mois plus tard. Deux semaines plus tard, il a été envoyé comme renforcement au 27e bataillon (City of Winnipeg), se joignant à l’unité en France en novembre 1916. 

Robertson s’est avéré un soldat difficile, son dossier de service indiquant certains de ces moments les plus mouvementés à l’étranger. Peu de temps après son arrivée en France, il a été hospitalisé pour ce que l’on soupçonnait être une grippe, celle-ci s’étant rapidement développé en une ulcération de la langue. Comme ces maux n’étaient pas guéris la deuxième semaine de décembre, on a rapidement déterminé qu’il était atteint de syphilis. Robertson a alors été puni, perdant son indemnité de 50 cents par jour pour la durée de son hospitalisation (54 jours). Les problèmes de Robertson ne se sont pas arrêtés là. En juillet 1917, il a perdu trois jours de paie pour avoir désobéi à l’ordre d’un officier supérieur en se trouvant dans un café durant les heures interdites. En septembre 1917, il a reçu une punition de 10 jours pour infraction d’ivresse.

Le 6 novembre 1917, Robertson était dégagé de toute mesure disciplinaire et de retour au sein du bataillon, prenant part à l’attaque sur le village de Passchendaele. Lorsque l’avancée de son peloton a été prise en échec par des barbelés et des tires de mitrailleuses ennemis, Robertson s’est faufilé pour atteindre le flanc. Chargeant l’arme lui-même, il a éliminé quatre membres de l’équipe dans une mêlée désespérée. Prenant charge de la mitrailleuse qu’il venait de capturer, Robertson l’a retourné et il a fait feu sur l’ennemi maintenant en retraite. Il a ensuite mené l’avancée de son peloton contre la dernière cible avec la mitrailleuse en question dans les bras, l’utilisant à nouveau pour éliminer les groupes ennemis en retraite. Plus tard dans la journée, deux tireurs d’élite canadiens ont été blessés alors qu’ils se trouvaient devant la tranchée. Ignorant le danger, Robertson est sortie de sa cachette et a transporté le premier blessé à un endroit sécuritaire. Lorsqu’il est retourné pour la deuxième victime, on a vu Robertson tomber, présumément blessé, mais il s’est relevé et il a transporté le tireur d’élite blessé. Juste au moment où il atteignait une sécurité relative avec le deuxième homme, un obus a explosé tout près et Robertson a été tué instantanément.

Pour ses actions ce jour-là, James Peter Robertson a reçu la Croix de Victoria à titre posthume. Enterré sur le terrain, son corps a plus tard été exhumé et enterré à nouveau dans le cimetière Tyne Cot.

Commentaire officiel pour le Croix de Victoria du soldat James Peter Robertson, CV. (dernière entrée dans la colonne de droite avec suite dans le haut de la page 725).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 724.
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, pages : 725.