Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, VC, DSO
Une action centenaire

Le Lieutenant-Colonel Temporaire Philip Eric Bent, 9e Bataillon, Régiment de Leicestershire. © IWM (VC 85)

En ce jour en 1917, le Canadien Philip Bent, D.S.O. reçoit la Croix de Victoria pour ses actions lors de la bataille du bois du Polygone.

Né en 1911 à Halifax, en Nouvelle-Écosse, Philip a plus tard fréquenté l’école au Royaume-Uni. En 1907, il s’est joint à la Marine marchande, mais s’est rapidement enrôlé dans l’armée britannique lorsque la guerre a éclaté, en 1914. Il s’est élevé dans les rangs, et en juillet 1915, il était en route vers le front occidental en tant qu’officier chargé du régiment de Leicestershire. Deux ans plus tard, après avoir reçu l’Ordre du service distingué en juin 1917, Bent servait temporairement à titre de Lieutenant-Colonel durant la troisième bataille d’Ypres, où il a mené une contre-attaque près du bois du Polygone, à Zonnebeke, en Belgique, le 1er octobre 1917. Tué en menant l’attaque, le corps du Lieutenant-Colonel Bent a été perdu durant les combats subséquents, et il n’a donc pas de tombe connue. Sa mémoire est honorée au Mémorial aux soldats disparus de Tyne Cot, au cimetière de Tyne Cot près d’Ypres, en Belgique.

La citation de sa Croix de Victoria se lit comme suit:

The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 722.
The London Gazette, date de publication:  8 January 1918, supplément:  30471, page: 723.

 

Soldat Harry Brown, VC
Une action centenaire

16 août 1917

Soldat Harry Brown, VC. 
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale, 2017.

Le soldat Harry Brown, de Gananoque, en Ontario, a servi au sein du 10e Bataillon (Canadiens) durant l’attaque de la côte 70. Le 16 août 1917, alors qu’un modeste poste était renforcé par un petit groupe du bataillon, l’ennemi avait été vu se regroupant. Afin d’épargner le poste, le groupe avait désespérément  besoin d’artillerie pour pouvoir combattre les contre-attaques ennemies. À ce stade de la bataille, toutes les communications avec le quartier général avaient été coupées par les tirs d’obus. Le soldat Brown et un deuxième coureur avaient été envoyés avec une demande urgente de soutien de l’artillerie lorsqu’ils ont été pris à découvert par un barrage hostile. Le compagnon de Brown a été tué, alors que Brown, lui, a vu son bras fracassé. Transportant toujours le message, Brown a continué son chemin au travers des trous d’obus et des tranchées saccagées, se rendant lentement jusqu’a un abri équipé d’un téléphone qui fonctionnait.  

Regardant depuis un autre de ces abris, se trouvait un officier qui « scrutait la dévastation » lorsque soudainement, « une silhouette sombre a rampé hors de la ruine et s’est avancée vers l’abri. C’était un soldat, sans chapeau, pâle, sale, ravagé, avec un bras ensanglanté ballant à son côté ». (Bureau canadien des registres de la guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 46). Ayant atteint une sécurité relative, Brown s’est effondré dans les escaliers de l’abri souterrain, complètement épuisé, ne restant conscient qu’« assez longtemps pour tendre son message en précisant “message important” » (The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678). Avec son message livré et du soutien d’artillerie en chemin, Brown a glissé dans l’inconscience, mourant de ses blessures quelques heures plus tard dans une station de pansement, aux petites heures du matin, le 17 août 1917. Le soldat Harry Brown, VC, est enterré au cimetière communal de Noeux-les-Mines.   

La citation officielle de la médaille pour le soldat Harry Brown, VC  (première inscription de la colonne de droite).
Crédit: The London Gazette, date de publication: 16 octobre 1917, supplément: 30338, page: 10678.

Croix De Victoria

La Croix de Victoria est décernée pour un acte de bravoure remarquable, pour un acte de vaillance ou d’abnégation audacieux ou extraordinaire, ou pour un dévouement extrême à son devoir en présence de l’ennemi. Cette décoration a été créée le 5 février 1856 et décernée rétroactivement à 1854. Elle a été décernée pour la première fois à un Canadien en février 1857; le récipiendaire était le lieutenant Alexander Dunn, qui avait participé à la charge de la Brigade légère. On a décerné en tout 1 351 Croix de Victoria (3 barrettes), dont 94 à des Canadiens (nés au Canada, servant dans l’Armée canadienne ou ayant un lien étroit avec le Canada).

Description: Une croix pattée de 1,375 po au fini brun foncé, faite du métal de canons pris aux Russes pendant la Guerre de Crimée.

Avers: La couronne royale coiffée d’un lion gardant. Sous la couronne, un listel portant l’inscription FOR VALOUR.

Revers: La bordure est en relief et la date de l’acte reconnu par la Croix est gravée dans un cercle lui aussi en relief.

Monture: Une barrette droite ornée de feuilles de laurier à fente intégrale pour le ruban porte au centre de son bord inférieur un V fixé par un petit chaînon à un oeillet en demi-cercle intégré à la branche supérieure de la croix.

Ruban: Le ruban cramoisi a 1,5 po de largeur. En petite tenue, une croix miniature est portée sur le ruban. Jusqu’en 1918, le ruban était bleu foncé pour les récipiendaires de la Marine. Le seul récipiendaire canadien de la V.C. à porter ce ruban bleu fut le matelot de 2e classe William Hall, RN. Identification Le grade, le nom du récipiendaire et le nom de son régiment sont gravés au revers de la barrette de la monture.

Rècipiendaires De La Croix De Victoria À Vimy

COURAGE ET VAILLANCE À VIMY : DES CANADIENS REÇOIVENT LA CROIX DE VICTORIA, LA PLUS HAUTE DÉCORATION DE L’EMPIRE

Dans cette première d’une série historique sur la Bataille de la Crête-de-Vimy, la Fondation présente certains des soldats qui ont participé à la bataille et souligne l’héroïsme dont ils ont fait preuve lors de cette victoire mémorable des forces canadiennes.

Il est extrêmement difficile de comprendre le chaos qui règne dans une bataille, surtout dans un combat aussi intense que la Bataille de la Crête-de-Vimy. Le 9 avril 1917, ce n’était pas la première fois que les soldats alliés osaient traverser le No Man’s Land à Vimy, et chacune des tentatives précédentes s’était soldée par des pertes importantes aux mains des Allemands, dont les défenses étaient considérées comme quasi impénétrables. Les troupes alliées qui s’y opposaient devenaient malheu reusement de la chair à canon.

Mais tout a changé rapidement à partir du 9 avril, quand les quatre divisions du Corps d’armée canadien, combattant ensemble pour la première fois, ont donné l’assaut à Vimy. Leur détermination était palpable et, grâce à une nouvelle stratégie et une nouvelle ardeur, ils ont réussi à s’emparer de la Crête-de-Vimy.

À n’en pas douter, tous les soldats canadiens ont fait preuve d’un courage remarquable dans cette bataille acharnée, mais quatre d’entre eux se sont démarqués par leur bravoure exceptionnelle et ont été décorés de la très convoitée Croix de Victoria, la plus haute décoration militaire de l’Empire britannique. Trois d’entre eux se sont distingués le premier jour de la bataille:

William_Johnstone_Milne Le soldat William Milne, du 16e Bataillon: Le 9 avril, près de Thelus, le jeune soldat de 24 ans repère une mitrailleuse ennemie qui tire sur ses compagnons. En rampant sur les mains et les genoux, il réussit à atteindre la mitrailleuse, il tue les équipiers et s’empare de l’arme. Il répète le même exploit contre une deuxième équipe de mitrailleuses, mais il est tué peu après. La dépouille de M. Milne ne fut pas récupérée du champs de bataille. On lui rend hommage sur le Monument commémoratif du Canada à Vimy, en France.

lanceLe sergent suppléant Ellis Sifton, du 18e Bataillon: Durant l’attaque dans les tranchées ennemies, la compagnie du sergent Sifton est arrêtée par le feu des mitrailleuses. Le sergent Sifton repère l’arme, il se jette à l’assaut, à main nue, et tue toute l’équipe ennemie. Un petit groupe d’Allemands s’avancent ensuite dans la tranchée, mais il réussit à les tenir à distance jusqu’à l’arrivée de nos hommes. Il est tué en accomplissant cet acte de bravoure, mais son courage a sans aucun doute permis de sauver plusieurs vies et a contribué grandement au succès de l’opération. Le sergent Sifton a été enseveli dans le cimetière au cratère Lichfield, près de Neuville-Saint-Vaast, en France.

John_George_Pattison Le soldat John Pattison, du 50e Bataillon: Le 10 avril, quand l’avance des troupes canadiennes est arrêtée par une rafale de mitrailleuse, le soldat Pattison, sans se préoccuper de sa sécurité, saute d’un trou d’obus à un autre pour s’approcher à 30 verges de la mitrailleuse ennemie. De là, malgré le feu nourri, il lance des grenades sur le poste ennemi et réussit à tuer ou à blesser une partie des artilleurs. Puis il donne l’assaut à la baïonnette aux cinq tireurs qui restent. Il est tué plus tard sur le champ de bataille. Pattison fut tué le 3 juin 1917 pendant une attaque à une centrale électrique près de Lens, en France. Il est inhumé au cimetière militaire La Chaudiere, en France, à environ 3 kilomètres au sud de Lens, aux abords nord-ouest de Vimy.

220px-Thain_Wendell_MacDowell Le Capitaine Thain MacDowell, du 38e Bataillon: Le 9 avril, le capitaine MacDowell, avec l’aide de deux estafettes (les soldats James T. Kobus et Arthur James Hay, plantons de la compagnie, qui de leur côté ont tous deux reçu la Médaille de conduite distinguée) atteint la position allemande avant sa compagnie. Après avoir détruit un nid de mitrailleuses, il poursuit l’équipe d’un deuxième poste. MacDowell aperçoit ensuite un Allemand qui s’enfuit dans un tunnel. Au fond du tunnel, MacDowell réussit à faire croire aux Allemands qu’il fait partie d’un groupe beaucoup plus nombreux; ce faisant, il capture deux officiers et 75 soldats allemands. Il fait monter les prisonniers par groupes de 12, afin que Kobus et Hay puissent les ramener à la ligne canadienne. Malgré une blessure à la main et le feu intensif de l’ennemi, il réussit à tenir la position pendant cinq jours, jusqu’à l’arrivée de son bataillon. Il est le seul des récipiendaires de la Croix de Victoria à survivre à la bataille. Le capitaine MacDowell est mort le 29 mars 1960 et est inhumé au cimetière Oakland, à Brockville, en Ontario.