Bataille de Passchendaele
Une action centenaire

Le Corps canadien est entré dans la bataille de Passchendaele en octobre 1917, après un printemps et un été de grandes victoires à Vimy et à la cote 70. Ils étaient confiants, bien entraînés et, plus important encore, reposés. La bataille de Passchendaele durait déjà depuis la fin de juillet et avait détruit des milliers de troupes britanniques pour prendre la crête qui a donné son nom à la bataille. Accablée par le mauvais temps, la bataille de Haig ne s’est pas bien déroulée. En octobre, il était devenu évident qu’ils auraient besoin de plus d’hommes pour renforcer la cinquième armée britannique.

La plan original consistait à ce que le Corps canadien attaque à nouveau Lens, la ville qu’il n’avait pas réussi à prendre à la fin de la campagne de la cote 70 en août. Haig a toutefois rencontré Currie à la place pour expliquer que le Corps était nécessaire à Passchendaele. Ici, Currie a tiré le maximum de la position du Corps dans la structure politique des alliés. Le Corps ne serait pas suborné par Gough et la cinquième armée puisque Haig a fourni une artillerie plus lourde et Currie a planifié l’attaque lui-même. Même dans ce cas, Currie avait prévu que le Corps perdrait probablement autour de 16 000 hommes, dont ils avaient tant besoin à Passchendaele.

L’attaque canadienne a débuté le 26 octobre à 5 h 40 avec un barrage roulant alors que la troisième et la quatrième divisions ont commencé leur avancée. La communication était problématique et la boue, souvent aussi haute que la taille, entravait le mouvement vers l’avant. Il a fallu deux jours, mais les premiers objectifs, y compris l’éperon de Bellevue, ont été atteints avant le 27 octobre. La phase suivante de la bataille en quatre parties a commencé le 30 octobre, à nouveau avec la troisième et la quatrième divisions. Les avancées le 30 octobre ont été plus petites, et le barrage roulant a été un succès, particulièrement au front de la troisième division.

La troisième et la quatrième parties de l’avancée ont eu lieu après que les divisions ont été relayées, et la première et la deuxième divisions ont commencé leur travail le 6 novembre. Il était facile de se perdre au front à Passchendaele, même avec une carte, et un membre du Corps canadien s’est retrouvé par accident en terrain allemand et a révélé la date de la prochaine attaque – 6 novembre. Même avec cet avertissement, le barrage canadien a été suffisamment fort pour que les divisions puissent avancer de façon plutôt sécuritaire et, à la fin de la journée, le village de Passchendaele avait été capturé. Au 10 novembre, les dernières forces allemandes avaient été entièrement repoussées de la crête et l’offensive avait été annulée – Haig a déclaré victoire.

La prédiction de Currie était correcte. Le Corps canadien a perdu 16 404 hommes à Passchendaele. Bon nombre des blessés laissés sur le champ de bataille se sont noyés dans la boue et l’eau avant de pouvoir être secourus. Au total, Passchendaele a coûté la vie à 275 000 hommes de la Grande-Bretagne et du Dominium, comparativement à 220 000 victimes allemandes. Un prix élevé pour la victoire.

Avancements technologiques|

– Currie et ses commandants ont planifié la bataille de Passchendaele en 14 jours; en comparaison, la planification pour Vimy a pris trois mois et un mois pour la cote 70. En 1918, Currie a planifié ses deux cents assauts en moins de temps encore. Le Corps était devenu une armée professionnelle bien entraînée et avait besoin de moins en moins de temps pour s’entraîner.

– Currie a compris que l’artillerie et son utilisation étaient essentielles au succès des soldats sur les lignes de front. Sans un barrage roulant réussi et un fort soutien, les hommes étaient pris à leurs lignes et étaient des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes.

– Comme à Vimy, le transport pour se rendre et quitter Passchendaele était essentiel; le Corps de l’intendance de l’Armée canadienne et des ingénieurs ont d’ailleurs passé les 14 jours avant la bataille à bâtir des centaines de mètres de routes et de caillebotis dans un geste désespéré de créer des chemins sur lesquels ils pourraient marcher dans la boue. Dans bien des cas, les caillebotis ont sauvé des vies, puisque ne pas les suivre signifiait la noyade. Les équipes de transport de l’artillerie travaillaient la nuit pour déplacer les armes requises pour la bataille, et des milliers de chevaux et de mules ont été tués en service.

À noter|

Soldat Thomas William Holmes, VC,  a reçu la Croix de Victoria pour ses attaques sur une série de nids de mitrailleuses le 26 octobre 1917. Résident d’Annan, en Ontario, Holmes était fermier avant de s’engager en 1915. Il a servi avec le quatrième CMR et avait 19 ans lorsqu’il a reçu la Croix de Victoria. Holmes a survécu à la guerre et est décédé en 1950. Sa Croix de Victoria a été volée dans un cambriolage à domicile dans les années 1930.

Caporal Colin Fraser Barron, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 6 novembre 1917. Barron a attaché un nid de mitraillettes qui empêchait son unité d’avancer, tuant l’équipe, et retournant son arme contre l’ennemi. Il a survécu à la guerre et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du Royal Regiment of Canada.

Soldat Cecil Kinross, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 30 octobre 1917. Kinross a attaqué à lui seul un nid de mitraillettes avec rien d’autre que son fusil, permettant à sa compagnie de faire une avancée de 300 verges. Kinross a été blessé à Passchendaele, mais a survécu à la guerre.

Major Talbot Mercer Papineau,  a été tué le 30 octobre 1917, durant son service au sein de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI). Papineau, petit-fils du fameux patriote, Louis-Joseph Papineau, est surtout connu pour les lettres publiques envoyées à son cousin Henri Bourassa qui demandaient le soutien de l’effort de guerre. Papineau a été frappé par un obus et son corps n’a jamais été retrouvé.

Batailles canadiennes de la PGM

De 2014 à 2018, nous commémorons le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale. 100 ans plus tard, la Fondation Vimy travaille activement à assurer qu’on se souvienne des grandes batailles de la Première Guerre mondiale impliquant les Canadiens et qu’on commémore nos pertes.

Mai et juin 1915 – Festubert et Givenchy

Juin 1916 – Bataille de Mont Sorrel

1 juillet 1916 – Beaumont Hamel

15 à 22 septembre 1916 – Courcelette

26 septembre 1916 – Bataille de la crête de Thiepval

1 octobre – 11 novembre 1916 – la tranchée Regina

9 au 12 avril 1917 – Bataille de la Crête de Vimy

14 avril 1917 – Monchy-le-Preux

28 au 29 avril 1917 – Arleux-en-Gohelle

3 au 8 mai 1917 – Fresnoy

15 au 18 août 1917 – Bataille de la côte 70

16 au 18 août 1917 – Bataille de Langemarck

21 au 25 août 1917 – Bataille de Lens

9 octobre 1917 – Bataille de Poelcappelle

 

Nous nous souviendrons d’eux.

 

Aidez-nous à poursuivre notre travail pour mettre en évidence les batailles de la Première Guerre mondiale du Canada et commémorer ces anniversaires importants. S’il vous plaît, faites un don aujourd’hui pour nous soutenir.