22 mars – 5 avril 1918 – Villers-Bretonneux
Une action centenaire

La « Canadian Motor Machine Gun Brigade » à Villers-Bretonneux – 22 mars – 5 avril 1918

Tandis que les Allemands attaquent les lignes de la 5e armée britannique autour de Villers-Bretonneux pendant l’Operation Michael, la « Canadian Motor Machine Gun Brigade » (CMMGB) suscite un grand intérêt pendant cette période critique des combats. La « CMMGB » est envoyée sur le front avec la « Canadian Cavalry Brigade » pour harceler les Allemands qui progressent et empêcher à tout prix une percée.

L’insigne de col – « 1st Canadian Motor Machine Gun Brigade ».
Mention : MCG 19750556-175.

Formée en 1914, la « CMMGB » est l’idée du millionnaire Raymond Brutinel, ancien soldat du contingent français et homme d’affaires canadien prospère. Brutinel comprit que des unités mobiles qui utiliseraient des mitrailleuses à la fine pointe de la technologie joueraient un rôle important dans la guerre à venir et s’efforça de financer et d’approvisionner personnellement la « 1st Canadian Motor Machine Gun Brigade ». La brigade finit par croître pour inclure les batteries de Eaton, Borden et Yukon, financées majoritairement par des parrains privés, dont la famille Eaton et le millionnaire du « Klondike » Joe Boyle.

La brigade est employée de manière sporadique pendant les premières années de la guerre et se déplace en général à pied, car la guerre des tranchées ne se prête pas à l’utilisation de véhicules blindés; mais de la même manière que pour la « Canadian Cavalry Brigade », les opérations qui découlent de l’Operation Michael sont parfaitement adaptées à l’utilisation des unités motorisées blindées.

22 March 1918|

En ce jour, la « CMMGB » quitte en urgence la crête de Vimy pour soutenir les lignes anglaises assiégées autour de Villers-Bretonneux. Équipée de 40 mitrailleuses et de huit véhicules blindés, la brigade parcourt le front en harcelant de tirs automatiques les soldats allemands qui progressent, en faisant passer des messages et en occupant le plus rapidement possible les brèches sur la ligne (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 371).

« Canadian armoured motor car carrying machine guns. April, 1918. »
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002614.

24 March 1918|

En ce jour, les Allemands menaçant de percer les lignes près de Cléry, «C» (Borden) & «B» les batteries entrent en action et arrivent à freiner l’avancée des Allemands pendant huit heures. Plus tard dans la journée, les batteries reculent pour couvrir le retrait d’une unité d’infanterie. Le soir, deux mitrailleuses seulement demeurent en service « commandées par un officier et une poignée d’hommes. Les batteries comptent 47 victimes à la fin de la journée tous rangs confondus. » (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 371)

Après l’action|

La contribution de la « CMMGB » à la stabilisation des lignes est encensée dans le Times, qui écrit que « partout où la brigade passait, elle stabilisait la ligne ». Le général Arthur Currie fait également l’éloge de la bravoure des hommes de la brigade dans son message aux troupes canadiennes en March 1918.

Les combats à Villers-Bretonneux n’ont pas été sans coûts pour la « CMMGB », qui compte 37 tués, 116 blessés et 11 disparus. Suite au succès de la « CMMGB », une deuxième « Motor Machine Gun Brigade » est équipée en mai 1918, et les deux brigades continuent de jouer un rôle important dans les combats mobiles de l’offensive des Cent-Jours.

Avancées technologiques|

-Operation Michael donne lieu au premier déploiement de la « CMMGB », conçue pour être une unité blindée au déplacement rapide et au rôle distinct. Jusqu’à présent, la brigade avait combattu à pied ou était demeurée stationnaire.

-Le succès des véhicules blindés légers et l’utilisation concentrée des mitrailleuses durent tout le temps de l’offensive des Cent-Jours annonçant le rôle accru des deux technologies pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Personnalités|

Raymond Brutinel, ancien soldat et personnage mystérieux, émigre au Canada avant la Première Guerre mondiale, et vit à Edmonton avant de s’installer à Montréal. Brutinel fait fortune dans la spéculation agricole et exploite ses relations politiques pour défendre son idée de créer une unité de mitrailleuse motorisée au déclenchement de la guerre. Brutinel est promu Brigadier-Général du « Canadian Machine Gun Corps » restructuré en 1918.