Annonce de nos récipiendaires du Prix Vimy Beaverbrook 2019!

Félicitations à nos récipiendaires du Prix Vimy Beaverbrook 2019! 16 étudiants ont été sélectionnés pour participer à un programme éducatif immersif en Belgique et en France du 7 au 20 août 2019. Ils en apprendront davantage sur notre histoire pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale.

Alliya Arifa – Ouroux sur Saone, France
Meaghan Bulger – Charlottetown, Î.-P.-É.
Maya Burgess-Stansfield – Uxbridge, Ont.
Phillip Darley – Hamilton, Ont.
Evan Dicesare – Stephenville, T.-N.-L.
Andelina Habel-Thurton – Montréal, QC
Rose He – Fredericton, N.-B.
Nimra Hooda – Edmonton, Alb.
Andréa Jackson – Orillia, Ont.
Noah Korver – Olds, Alb.
Sophia Long – Pinawa, Man.
Lily Maguire – Londres, Angleterre
Jack Roy – Fredericton, N.-B.
Isaac St-Jean – Prévost, QC
Florence Trigaux – Rimouski, QC
Nathan Yee – Vancouver, C.-B.

Il y avait de nombreuses applications extraordinaires et donc une fois de plus il était extrêmement difficile de chosir seulement 16 participants. Nous remercions tous ceux qui ont présenté une demande et ont démontré leur travail et leur dévouement.

Merci à la Fondation Canadienne Beaverbrook pour leur soutien continu de notre programme.

Le 26 mars – Propagande lors de la Grande Guerre
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

Le 26 mars 2019 Marie-Eve Chagnon et Guillaume Marceau du collectif Les Échos de l’Histoire se sont entretenues avec des invités rassemblés au Chateau Ramezay, Montréal, au sujet de la propagande lors de la Première Guerre mondiale. Ces deux experts ont analysé d’abord l’historiographie entourant la question des atrocités en Belgique et du Manifeste des 93, document allemand publié en octobre 1914, et ensuite ils se sont concentrées à l’importance accordée du côté canadien au concept des atrocités dans la propagande.

Marie-Eve Chagnon est une chercheure indépendante. Elle a complété son doctorat à l’Université Concordia, à Montréal en avril 2012 et a été chercheure postdoctorale au Centre canadien d’études allemandes et européennes à l’Université de Montréal de 2012-2014. Ses recherches se concentrent sur l’histoire des relations scientifiques internationales et plus précisément sur l’impact de la Première Guerre mondiale sur les communautés scientifiques allemande et française. Ses recherches actuelles analysent le rôle joué par la communauté scientifique américaine dans le processus de réconciliation après la Première Guerre mondiale. Depuis 2019, elle est cofondatrice des Échos de l’Histoire avec Guillaume Marceau.

Guillaume Marceau est conférencier, chercheur indépendant et chargé de cours (Concordia, UQÀM, UQO, UdeM). Il a complété une maîtrise en Histoire à l’UQÀM en 2007. Ses recherches se concentrent sur les guerres mondiales du 20esiècle et plus précisément sur le rapport des démocraties libérales avec le phénomène de la propagande entre 1914 et 1950. Ses travaux actuels analysent les enjeux des mythes culturels dans les relations internationales et l’impact de la mondialisation sur la mémoire historique nationale. Depuis 2019, il est cofondateur des Échos de l’Histoire avec Marie-Eve Chagnon, PhD.

Comme le Musée canadien de la guerre a noté, « Tout pays engagé dans un conflit armé a recours à la propagande pour encourager ses citoyens à faire des sacrifices et à contribuer à l’effort de guerre dans le but d’accélérer l’avènement de la victoire ou de les aider à supporter la défaite. Dès lors, les gouvernements et des organisations privées se lancent dans la production d’affiches et d’autres articles, ou les commandent, pour favoriser le recrutement, promouvoir l’industrie de guerre, informer la population des conduites à adopter et lui garantir que son gouvernement prend les mesures appropriées. »

Type de mannequin utilisé dans les Forces canadiennes pour la formation au combat à la baïonnette, conçu et monté par le sergent quartier-maître E. Drake du 4e Bataillon de réserve. Lieutenant-colonel H.G. Mayes, Service de gymnastique de l’Armée canadienne. Canada, Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-0044782 (modification de l’image originale).

Comme R.H. Thomson écrit dans La Guerre en couleur, « Alors pourquoi ce sacrifice? Pourquoi ces jeunes Canadiens sont-ils partis à la guerre? Certains y sont allés parce qu’ils tenaient pour vrais les slogans chauvins du jour. « Pour le roi et le pays » était le plus populaire, surtout pour ceux qui étaient nouvellement arrivés de Grande-Bretagne et qui ve- naient de fonder un nouveau foyer de notre côté de l’Atlantique. D’autres étaient partis parce qu’ils avaient besoin d’un travail. Celui-là payait assez bien, et en plus, ils seraient « logés et nourris gratis ». D’autres en- core y allaient parce que leurs copains y allaient. Ils sont partis quand l’appel a été lancé en août 1914, et tous croyaient que la guerre serait finie avant Noël et qu’ils seraient tous rentrés pour les Fêtes. Mais non, ça ne s’est pas passé comme ça. »

Nous défendrons le précieux joyau de la Liberté. Bibliothèque et Archives Canada. Numéro d’article 2894882.

Le recrutement et le moral étaient des thèmes importants dans les efforts de propagande de la Première Guerre mondiale. Dans cette vidéo, Guillaume Marceau parle de la manière dont différents groupes sont présentés et commémorés par divers groupes durant la Première Guerre mondiale.  Dans ce cas, il réfléchit au naufrage du Lusitania en 1915.

Cette affiche de recrutement en temps de guerre (MCG 19670086-007) montre comment les Britanniques transformèrent le torpillage du paquebot Lusitania par un U-boot allemand le 7 mai 1915 en une vaste campagne de propagande.

SOUVENONS-NOUS DU LUSITANIA
LE VERDICT DU JURY

« Nous en sommes venus à la conclusion que les victimes étaient décédées à la suite d’un long séjour dans l’eau, d’épuisement, à huit miles au sud-sud-ouest de Old Head of Kinsale, le vendredi 7 mai 1915, lors du naufrage du RMS Lusitania, coulé par une torpille lancée, sans sommation, par un sous-marin allemand. »

« Comme ce crime effroyable constitue une infraction à la loi internationale et aux conventions de toute nation civilisée, nous accusons les officiers dudit sous-marin ainsi que l’empereur et le gouvernement de l’Allemagne, dont ils étaient les exécutants, de meurtre prémédité et systématique devant le tribunal constitué du monde civilisé. »

IL EST DE NOTRE DEVOIR

DE BRANDIR LE GLAIVE DE LA JUSTICE POUR NOUS VENGER DE CETTE ŒUVRE DU DIABLE.

ENRÔLEZ-VOUS DÈS AUJOURD’HUI.

Nous voyons ici la carte postale allemande du naufrage de la Lusitania à laquelle Guillaume Marceau a fait référence dans sa conférence ci-dessus:

 

La propagande était non seulement un outil de recrutement, de production alimentaire et industrielle, ainsi que de dons, mais au cours de la Première Guerre mondiale en particulier, la propagande d’atrocités était très répandue. L’exagération et l’invention d’atrocités deviennent souvent la principale caractéristique des efforts de propagande. Au début de la guerre, elles ont joué un rôle majeur dans la création des vagues de patriotisme qui ont caractérisé 1914 et 1915.

Marie-Eve Chagnon a parlé des événements de la guerre en Belgique et des différentes manières dont ces actions ont été rapportées et réagies entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne, en particulier la propagande spontanée, plutôt que les nouvelles officielles et les affiches.

La Belgique, état neutre, a été contrainte à la Première Guerre mondiale par un ultimatum allemand. Ce que l’on appelle «le viol de la Belgique» a été qualifié de mauvais traitements infligés par des Allemands à des civils lors de l’invasion et de l’occupation de la Belgique pendant la Première Guerre mondiale. Les médias britanniques et alliés ont largement rapporté les atrocités commises par les soldats allemands.

Mais en réponse, les intellectuels allemands ont rédigé le « Manifeste de 93 » d’octobre 1914. Cette proclamation a été approuvée par 93 personnalités scientifiques, chercheurs et artistes allemands, affirmant leur soutien sans équivoque aux actions militaires allemandes menées au début de la guerre.

Une traduction française de la première ligne du texte se lit comme suit : «En qualité de représentants de la science et de l’art allemands, nous, soussignés, protestons solennellement devant le monde civilisé contre les mensonges et les calomnies dont nos ennemis tentent de salir la juste et noble cause de l’Allemagne dans la terrible lutte qui nous a été imposée et qui ne menace rien de moins que notre existence.»

Vous pouvez lire la traduction française du Manifeste, ainsi que la liste complète des signataires ici sur Wikipedia.

Bien que les événements survenus en Belgique aient été clairement rapportés différemment des deux côtés, après la guerre, il s’agit plus de l’expérience traumatisante des soldats dans les tranchées qui priment sur nos souvenirs collectifs de la guerre, selon Marie-Eve Chagnon. Ce n’est que dans les années 90, avec le regain d’intérêt pour la lutte contre les crimes de guerre dans les Balkans et la violence dans les pensionnats canadiens, que l’on s’intéresse de nouveau à la question controversée des atrocités de 1914.

 

Questions de discussion et activités:

– Parcourez la collection d’affiches de propagande du Musée canadien de la guerre. Y a-t-il des thèmes communs qui émergent? Choisissez une affiche qui vous parle fortement et analysez les mots et les images. Qui cette affiche essaie d’influencer? Pourquoi le concepteur aurait-il choisi ces mots ou ces images? Pensez-vous que cela aurait été une affiche influente pendant la Première Guerre mondiale? Pourquoi ou pourquoi pas?

– Comme indiqué dans notre précédente série de conférences sur le centenaire de la Première Guerre mondiale, la photographie de la Première Guerre mondiale était un autre moyen important de contrôler et de diffuser des informations du front à la maison. Parcourez la sélection d’images en ligne de la collection La Première Guerre mondiale en couleurs de la Fondation Vimy. Quels messages les photographes ont-ils essayé de transmettre aux Canadiens au Canada avec ces images? Pensez-vous qu’ils auraient réussi à motiver les émotions des gens?

– À l’aide de sources d’archives de journaux comme Google, pouvez-vous trouver des articles de presse de mai et juin 1915 sur le naufrage du Lusitania? Les journaux utilisent-ils des images ou des mots particuliers pour souligner l’atrocité de la guerre?

– Globalement, pensez-vous que la propagande a changé le cours de la guerre? Si oui, pourquoi et comment? Si non pourquoi pas?

– Pensez-vous que la propagande peut être trouvée dans notre société aujourd’hui? Bien que la propagande prenne de nombreuses formes, elle peut être reconnue par son utilisation de techniques qui activent des émotions fortes, simplifient les idées, répondent aux besoins du public et attaquent les adversaires. Pensez aux médias sociaux, aux médias d’information et à d’autres sources. Réfléchissez avec vos camarades sur des exemples récents de propagande.

 

 

Merci à nos commanditaires de la Série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale :  le gouvernement du Canada et la Fondation R. Howard Webster.