La capture de Mons et l’armistice
Une action centenaire

Le gouvernement allemand avait entamé les négociations de paix avec les Alliés le 4 octobre, par l’envoi d’un télégramme au président Wilson. Étant donné que ses alliés se retiraient de la guerre (la Bulgarie a signé un armistice le 30 septembre, l’Empire ottoman le 30 octobre et l’Empire austro-hongrois le 3 novembre), que ses armées battaient complètement en retraite et que sa population était affamée, l’Allemagne n’avait d’autre choix que de conclure un armistice.

Cependant, les négociations d’armistice prennent du temps et les Alliés, surtout Wilson, refusaient de négocier si le gouvernement en place en Allemagne n’était pas élu démocratiquement. Même si les Allemands espéraient obtenir une paix négociée, il est vite devenu évident que les Alliés, et particulièrement la France, ne concluraient pas d’accord sans une capitulation inconditionnelle.

Dans la foulée de la retraite allemande rapide et générale, il y avait encore des embuscades, des attaques d’artillerie et d’intenses échanges de feu pour gagner les villages où des unités allemandes avaient décidé de livrer une dernière bataille. Les Canadiens ont pénétré en Belgique le 7 novembre, et le 9 novembre, ils parvenaient dans les banlieues de Mons.

Le général Currie avait l’ordre de prendre la ville et a donc ordonné une attaque contre Mons le 10 novembre. Même si Currie savait que la guerre achevait, il n’en avait aucune confirmation le 10 novembre, pas plus que de l’abdication du Kaiser. Néanmoins, cette décision a suscité beaucoup de controverse depuis, certains accusant Currie d’être un boucher et d’avoir sacrifié des vies canadiennes pour remporter une victoire symbolique, alors que la guerre était déjà gagnée.

La ville de Mons avait effectivement une valeur symbolique, car c’est à cet endroit que la Force expéditionnaire britannique avait mené son premier combat contre les Allemands en 1914. Reprendre la ville le dernier jour de la guerre revêtait donc une grande puissance symbolique. La ville avait également été sous l’occupation allemande pendant toute la guerre et avait servi de centre de logistique critique. Currie souhaitait prendre la ville pour briser le moral des Allemands et s’assurer que ces derniers n’aient pas l’impression de détenir des atouts pour la négociation. Les officiers supérieurs de Currie n’ont pas protesté; par ailleurs, les hommes sur le terrain étaient moins ravis de cette décision, mais ils ont tout de même obéi.

La bataille de Mons elle-même a été planifiée comme manœuvre d’encerclement : la deuxième division a attaqué à partir du sud et du sud-est, et la troisième division a attaqué depuis l’est. Le 10 novembre, les Canadiens ont pénétré dans les quartiers périphériques de la ville, avec des escarmouches en patrouille, mais sans attaque à grande échelle sur les postes allemands retranchés. Il n’y a pas eu de bombardement massif de la ville, selon les ordres du haut commandement.

Vers 23 h, les pelotons du 42e bataillon et du RCR ont percé les défenses du sud de la ville. À l’ouest, d’autres compagnies sont entrées dans la ville en franchissant des ponts. Le 11 novembre, tôt en matinée, ces unités menaient des combats urbains et des combats de rue pour pénétrer dans la ville. Les derniers défenseurs allemands se rendaient ou étaient tués lorsque, à 6 h 30, le quartier général du Corps canadien a été informé que l’armistice entrerait en vigueur à 11 h. Il a fallu un certain temps pour que le message atteigne le front, mais la plupart des unités étaient informées à 9 h. Les Canadiens ont fini de chasser les Allemands hors de la ville et les ont poursuivis vers l’est. À leur réveil, les civils de Mons étaient libérés.

Quatorze hommes du 42e bataillon et du RCR ont été tués, soixante-dix ont été blessés et deux sont disparus pendant l’attaque de Mons. Les pertes subies au sein de la deuxième division sont inconnues.

Le dernier soldat de l’Empire britannique mort pendant la Première Guerre mondiale était un Canadien. Le soldat George Price du 28ebataillon de la deuxième division a été tué le 11 novembre, à 10 h 58, atteint d’une balle à la poitrine tirée par un tireur embusqué. Deux minutes plus tard, les armes se taisaient.

Pendant la campagne des cent jours, du 8 août au 11 novembre, le Corps canadien a perdu plus de 45 000 soldats. Pendant toute la guerre, la Force expéditionnaire canadienne a envoyé environ 425 000 Canadiens en Europe. Le Corps canadien recense plus de 60 000 morts et 172 000 blessés.

Canadiens défilant dans les rues de Mons le matin du 11 novembre 1918.
Mention de source : Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-003547. Colorisée par Canadian Colour.

 

Ouverture du Parc du centenaire de la Fondation Vimy
Le 5 novembre 2018

Le 9 novembre 2018, deux jours avant le 100eanniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la Fondation Vimy ouvrira au public un monument moderne commémorant le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, le premier mémorial du genre. Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy, sur un site adjacent au Mémorial de Vimy sur la crête de Vimy en France, accueillera les visiteurs dans ses sentiers de commémoration entourés de plus de 100 chênes rapatriés à Vimy depuis le Canada.

Avant de pouvoir être aménagé sur des terres agricoles privées achetées par la Fondation Vimy, le Parc a nécessité d’importants travaux de déminage et de préparation du terrain. Au cours de ce processus de préparation, de nombreux artéfacts ont été découverts, notamment des obus (dont certains encore actifs), des grenades, des détonateurs et des fils de communication, ainsi que les restes des soldats qui ont combattu à la crête de Vimy il y a plus de 100 ans et qui reposent maintenant dans un cimetière militaire officiel.

En sa qualité de parc et mémorial vivant, le Parc du centenaire de la Fondation Vimy de quatre acres est à la fois un espace vert public pour les collectivités avoisinantes et un lieu de commémoration et d’éducation. Le Parc, qui évoque les liens naturels entre la France et le Canada, le désir de paix et notre devoir de mémoire, a été conçu par Linda Dicaire, architecte paysagiste canadienne renommée.

Parmi les principales composantes du Parc du centenaire de la Fondation Vimy, mentionnons le rapatriement des Chênes de Vimy (recueillis sur le champ de bataille en 1917 par un soldat canadien, qui allaient ensuite grandis au Canada pour maintenant être retournés en France) fournis par la Société de legs des Chênes de Vimy et la sculpture commémorative du clairon, conçue par l’artiste canadienne de renom Marlene Hilton Moore, un don de la Ville de Barrie et des collectivités environnantes de la Base des Forces canadiennes Borden. Le clairon du centenaire de Borden est l’une de deux statues jumelles, l’autre étant érigée à l’entrée de la BFC Borden. Les clairons sonnent pour toutes les générations, d’un continent à l’autre et au-dessus des tranchées désormais vides qui autrefois entraînaient des soldats avant qu’ils ne partent combattre à l’étranger.

« Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy est un lieu unique de commémoration et de réflexion sur l’impact durable de la guerre sur tous les pays et tous les peuples en cause », affirme Jeremy Diamond, directeur général de la Fondation Vimy. « Le Parc aura un impact sur tous les visiteurs et grâce à la générosité de nos donateurs, qui ont parrainé les nombreux aspects du Parc en commémoration des soldats qui ont combattu pour le Canada il y a plus de 100 ans, beaucoup d’entre eux y trouveront aussi un lien très personnel. »

Un siècle plus tard, la Première Guerre mondiale exerce toujours son impact, avec les cicatrices marquant le sol des champs de bataille. L’histoire de la création du Parc du centenaire de la Fondation Vimy témoigne de l’impact dévastateur de la Première Guerre mondiale, non seulement pour les soldats et les pays concernés, mais aussi sur les terres où se sont déroulés les combats.

Le Parc du centenaire de la Fondation Vimy n’aurait pas été rendu possible sans le soutien généreux d’organismes publics et privés et de particuliers de partout au Canada, en particulier le commanditaire principal, la Province de la Colombie-Britannique, le commanditaire du mât du centenaire, Molson Coors, et le commanditaire de la sculpture commémorative du clairon, la BFC Borden.

 

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan :

« C’est un privilège de pouvoir apporter une contribution au nom de la population de la Colombie-Britannique pour le Parc du centenaire de la Fondation Vimy. C’est une façon importante de rendre hommage aux Canadiens courageux qui ont combattu si fort ici il y a un siècle, pour préserver nos droits et libertés. »

 

Frederic Landtmeters, Président et Chef de la direction, Molson Coors :

« À titre de plus ancien brasseur au Canada et fière entreprise canadienne, Molson Coors reconnaît l’importance de rendre hommage aux vétérans canadiens et d’honorer les sacrifices de nos frères et sœurs des Forces armées canadiennes. En commémorant le service du capitaine Percival Molson, CM, avec le don du mât de drapeau du Parc du centenaire, nous nous assurons que le drapeau canadien pourra flotter fièrement pour les prochaines générations de visiteurs. Nous sommes reconnaissants de pouvoir ainsi contribuer à la préservation de l’héritage canadien de la Première Guerre mondiale. »

 

Le colonel honoraire James G. Massie, BFC Borden :

« Le claison du centenaire de Borden souligne le 100e anniversaire de la Base des Forces canadiennes Borden, de la bataille pourla crête de Vimy et de l’armistice mettant fin à la Grande Guerre, en reconnaissant l’immense contribution de la Base des Forces canadiennes Borden à l’entraînement de la Force expéditionnaire canadienne et les liens de service et les sacrifices qui réunissent la Base des Forces canadiennes Borden, la Ville de Barrie et la Ville d’Arras par delà les grands océans de l’espace et du temps. »

 

Cliquez ici pour en savoir plus sur le Parc du centenaire de la Fondation Vimy

 

 

Le 18 octobre – Le sport et la Première Guerre mondiale
La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale

La série des conférences du centenaire de la Première Guerre mondiale
Stephen Brunt et Bob Weeks
Temple de la renommée des sports du Manitoba
Winnipeg, MB
Le 18 octobre 2018

Le 18 octobre 2018 au Temple de la renommée des sports du Manitoba, Stephen Brunt de Sportsnet et Bob Weeks de TSN ont parlé du rôle important du sport et le divertissement pendant la Première Guerre mondiale.

En tant que contributeur à notre nouvelle publication La Guerre en couleur de Dundurn Press, Stephen Brunt a écrit :

« L’art et le sport révèlent notre humanité profonde à nous tous, même dans les conditions les plus inhumaines qui soient. Au cours de la Première Guerre mondiale, sur les lignes de front et partout où des troupes étaient assemblées, formées ou soignées, les jeux et les divertissements émergeaient organiquement dans les circonstances les plus atroces qu’on puisse imaginer. Nous sommes ainsi faits : nous aimons jouer, chanter et danser et être divertis; nous aimons rire et pleurer, applaudir et interagir collectivement. C’est encore plus vrai dans la proximité du champ de bataille. »

Lors de notre événement, il a expliqué pourquoi les militaires auraient encouragé les soldats à faire du sport et des jeux alors qu’ils étaient à l’étranger:

Et ils ont pratiqué différents types de sport dans l’armée. Un match improvisé de cricket, un match de rugby: c’était courant pour beaucoup de soldats britanniques et canadiens à l’époque. Le football était le passe-temps le plus populaire des deux côtés de la ligne, et le simple besoin de ballon et de quelques poteaux de but facilitait certainement la création d’un match.

Brunt écrit: « Les Canadiens et les Terre-Neuviens connaissaient sûrement ces jeux britanniques, mais ils emportèrent dans leurs bagages des sports qui étaient distinctement nord-américains : le baseball, chaque fois qu’on arrivait à trouver une balle, un bâton et des gants; et l’hiver, si l’on trouvait une surface glacée et des patins, un match de hockey ne tardait pas à se mettre en branle, procurant aux soldats une détente dont ils avaient grand be- soin ainsi qu’un rappel du pays. »

Des Néo-Écossais rentrent au camp après un match de baseball, février 1918. Bibliothèque et Archives Canada/PA-002464 (modification de l’image originale).

De nombreux athlètes canadiens du début du XXe siècle se sont enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien et sont partis à l’étranger pour se joindre au combat. Six de ces athlètes exceptionnels avaient déjà représenté le Canada aux Jeux olympiques au moment du déclenchement de la guerre. Bob Weeks a évoqué leur motivation potentielle et a notamment souligné Alex Decoteau:

 

Apprenez-en plus sur Alex Decoteau en lisant son dossier du personnel à Bibliothèque et Archives Canada:

Alex Decoteau, avec la permission des Archives publiques de la Saskatchewan

Le jour du Dominion, au cours de la dernière année de la Première Guerre mondiale, cinquante mille Canadiens se rassemblèrent pour des événements sportifs à Tincques, à quatorze milles à l’ouest d’Arras, dans le nord de la France. Les Championnats du Corps canadien le Jour du Dominion – le 1er juillet 1918. 

Une vue des terrains depuis un avion, Tinques. Sports du Corps canadien.Juillet 1918. PA-003237. Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Les ingénieurs avaient mis en place un stade, une plate-forme VIP et une scène de théâtre. De nombreux invités de marque y ont assisté, dont sir Robert Borden, le général John J. Pershing (commandant en chef des forces expéditionnaires américaines) et le duc de Connaught, avec le lieutenant-général Arthur Currie comme président d’honneur de l’événement. Le YMCA canadien a fourni l’équipement et le décor, et a servi les rafraîchissements pour les non-officiers.

Les événements de la journée incluaient des compétitions sportives plus traditionnelles – courses à pied, baseball, boxe, crosse et tennis – ainsi que des événements plus inhabituels et amusants: combats d’oreillers, courses en sac et tir à la corde.

Les gagnants du match de baseball, les Championnats du Corps canadien. Juillet 1918. PA-002836
Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada.

 

Stephen Brunt se penche également sur d’autres formes de divertissement durant la Première Guerre mondiale : « La musique jouait également un rôle important dans le divertissement des troupes. En marge des fanfares militaires établies, si un soldat pouvait jouer d’un instrument ou avait une belle voix, ses camarades pouvaient toujours lui demander de jouer ou de chanter quelque chose. À l’instar des athlètes, certains des plus grands musiciens professionnels du temps revêtirent l’uniforme, et leurs talents étaient particulièrement recherchés. »

«En 1917, près de la crête de Vimy, dix membres de la 3e Division de l’Armée canadienne se réunirent sous la direction de Mert Plunkett qui… organisait divers amusements et concerts populaires et d’où naquit sa troupe, les Dumbells. Le mot signifie haltère en français, et le nom venait de l’emblème de la 3e Division, un haltère rouge symbolisant la force. »

Les Dumbells ont diverti les troupes canadiennes pendant la guerre avec de la musique et des comédies. Leur popularité a été telle qu’ils ont continué à tourner pendant des années après la fin de la guerre. Vous pouvez avoir un aperçu de ce que leur comédie musicale impliquait en regardant un spectacle hommage de Soldiers of Song, basé sur les œuvres originales des Dumbells (en anglais seulement).

 

Questions de discussion :

– Les Jeux Olympiques sont mentionnés à plusieurs reprises ici. Les athlètes auraient voyagé dans d’autres régions du monde pour rivaliser avec d’autres pays dans le sport. Comparez cela à leurs expériences de voyage outre-mer pour combattre. La guerre et les Jeux olympiques sont souvent discutés à travers le prisme du « nationalisme ». Y aurait-il une fierté similaire dans son pays? Comment cela changerait-il d’une compétition sportive à une guerre?

– Êtes-vous d’accord avec la suggestion de Bob Weeks selon laquelle les athlètes seraient enrôlés dans le Corps expéditionnaire canadien pour devenir des héros? Pourquoi ou pourquoi pas? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de guerre? Qu’est-ce que cela signifie d’être un héros en temps de paix?

– Cette page contient deux photos qui ont été colorisées. Utilisez le guide Vimy 100 en classe sur «La photographie et la Première Guerre mondiale» pour analyser les photos et l’ajout de couleurs.

– Les sports ont contribué à maintenir les soldats en bonne condition physique et à la thérapie physique à la suite de blessures subies pendant la guerre. Pourquoi la musique et la comédie auraient-elles été importantes pour les soldats?

– Pourquoi était-il si important pour ses camarades soldats de récupérer la montre en argent d’Alex Decoteau? Comment imaginez-vous qu’ils se sentent lorsqu’ils l’envoient chez sa mère?