30-31 octobre 1917 – George Randolph Pearkes, VC, DSO, MC, CDG
Une action centenaire

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG

Major George Pearkes, VC, CM, en décembre 1917 montrant son ruban de la CM (il n’avait pas encore reçu son ruban de la CV) et quatre galons de blessé..
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002310.

George Pearkes est né à Watford, en Angleterre. Immigrant au Canada, il a servi cinq ans dans la Police montée du Nord-Ouest avant de s’enrôler à Victoria, en Colombie-Britannique, le 2 mars 1915, au sein du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Le service de Pearkes est un exemple remarquable d’avancement dans les rangs, médailles et blessures à l’appui.

Avant d’embarquer pour l’Angleterre, Pearkes avait déjà été promu caporal suppléant. En septembre 1915, le 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval est atterri en France, où Pearkes a rapidement suivi un cours de la Grenade School, devenant un tireur de bombes. Au début du printemps de 1916, il était lieutenant intérimaire et affecté à la 8e brigade en tant qu’officier de bombardement de brigade. En mai 1916, Pearkes a été hospitalisé avec de graves blessures par balle à la tête et au bras. En septembre 1916, il a été transféré au 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval, devenant rapidement capitaine intérimaire, puis ensuite major intérimaire. En octobre 1916, il avait été blessé à nouveau.

En décembre 1916, Pearkes a reçu la première de plusieurs médailles – la Croix militaire, pour ses actions le 21 novembre 1916 (Voir l’image ci-dessous).

Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 101.

Le 30 octobre 1917, le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a attaqué le flanc gauche de la 8e Brigade d’infanterie canadienne, en bordure du 18e Corps britannique. Le fait de se battre le long d’une frontière tend à créer des avances maladroites et ceci s’est avéré vrai encore une fois lorsque la contrepartie britannique du 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval a été incapable de tenir le rythme, créant un flanc ouvert dangereux.

Bien qu’il avait été blessé par des éclats d’obus aux fesses, Pearkes a mené le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval dans des batailles difficiles. Le renforcement entravé par les basses terres marécageuses des affluents de la rivière Lekkerboterbeek (littéralement  « ruisseau de beurre succulent »), les hommes étaient laissés à eux-mêmes pour faire face à des contre-attaques ennemies croissantes. Déterminant que des tirs d’enfilage provenaient d’un point fort appelé « Source Farm », Pearkes a rallié ses hommes et a mené une attaque à la frontière, prenant la place d’assaut. Son bataillon beaucoup moins fort (certaines sources affirment qu’il restait seulement 20 hommes – voir le Bureau canadien des archives de guerre, Thirty Canadian V.Cs., p. 69), Pearkes a établi une ligne défensive de « Source Farm » à « Vapour Farm », et ils ont continué à repousser les contre-attaques ennemies. Tout ce temps, Pearkes avait gardé le quartier général du bataillon au courant de la situation au moyen de pigeons voyageurs (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 322).

Réalisant l’importance des gains faits par Pearkes, le général Currie a émis l’ordre qu’à 19 h tous les efforts devaient être déployés pour protéger la ligne. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914 – 1919, p. 323). Lorsque les renforcements du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval ont fait des avancées sur le sol marécageux pour les rejoindre, de nombreux hommes sous les tirs lourds de mitrailleuses ennemies. Ceux qui ont pu continuer ont renforcé la position précaire de Pearkes et ont sauvé la situation.

Pour ses actions et son leadership durant les journées du 30 et du 31 octobre 1917, Pearkes a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à guerre, bien qu’il ait été blessé à cinq occasions distinctes. Il a d’ailleurs reçu plus tard une citation à l’ordre du jour, la Croix militaire, l’Ordre du service distingué, la Croix de Guerre et la Croix de Victoria. Il a terminé la guerre à titre de lieutenant-colonel aux commandes du 116e bataillon (Ontario County) il est demeuré un soldat de métier, servant durant la Deuxième Guerre mondiale. Il a ensuite pris sa retraite et fait son entrée en politique, son dernier poste ayant été celui de ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960.

George Randolph Pearkes, CV, DSO, CM, CDG est décédé à Victoria, C.-B., en 1984.

Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du capitaine (major intérimaire) George Pearkes, CM (deuxième entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 722.
Commentaire officiel sur l’Ordre du service distingué du lieutenant-colonel George Pearkes, VC, CM, tiré de son dossier de service.
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7681 – 35, Numéro d’item : 567692, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 102.

30 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

En ce jour en 1917, le Corps expéditionnaire canadien renouvelle son assaut à Passchendaele. Le plan consistait à conquérir ce qui restait de la ligne rouge, et de faire une avancée de 600-700 verges de plus à l’est de la ligne bleue. Sur papier, les Canadiens font face à des positions avec des noms pacifiques trompeurs comme « Vienna Cottage », « Crest Farm » et « Duck Lodge ». Mais à la tombée de la nuit, trois Canadiens s’étaient mérité la Croix de Victoria, tandis que 884 avaient été tués et 1 429 blessés (Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322).

Cecil John Kinross, VC

Soldat Cecil John Kinross, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-006734.

Cecil John Kinross d’Uxbridge, en Angleterre, a émigré à Lougheed, en Alberta, où il a travaillé sur la ferme familiale avant de s’enrôler dans le 51e bataillon (Edmonton) en 1915. Une fois en France, il a été transféré au 49e bataillon (régiment Edmonton). En octobre 1916, il a été blessé pour la première fois, recevant des éclats d’obus au bras et au cou.

Le 30 octobre 1917, alors que le 49e bataillon avançait de la ligne rouge à la ligne bleue, la compagnie de Kinross a été arrêtée par des mitrailleurs. Kinross s’est réfugié à l’abri et a retiré tout son équipement. Plus légé, portant seulement son fusil et des cartouchières, Kinross s’est faufilé au travers du champ de bataille criblé de trous d’obus, prenant le mitrailleur par surprise. S’étant rapproché, Kinross s’est levé et a attaqué de plein fouet, tuant l’équipe de six hommes et détruisant l’arme. Soulagé et inspiré par ses actions, la compagnie de Kinross s’est avancée de 300 autres verges, attaquant deux autres points forts.

Plus tard durant la journée, Kinross a été victime d’une explosion d’obus et a souffert de graves blessures au bras droit et à la tempe gauche. Ces blessures l’ont finalement laissé incapable de servir pour des raisons médicales, ce qui a entraîné sa libération en février 1919.

Cecil John Kinross, VC, est décédé à Lougheed, Alberta, en 1957. Le mont Kinross du chaînon Victoria Cross dans les Rocheuses canadiennes a été nommé en son honneur.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise au soldat Cecil John Kinross (dernière entrée dans la colonne de gauche).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 8 janvier 1918, supplément : 30471, page 724.
Le document « Medical History Of An Invalid » (antécédents médicaux d’un invalide) dans le dossier de service de Kinross indique que ses blessures avaient eu des effets à long terme sur son corps.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 5190 – 38, Numéro d’item : 500752, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hugh McKenzie, VC, DCM

Lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Inverness, en Écosse, Hugh McKenzie a émigré à Verdun, au Québec, en 1911. Six ans de service dans diverses unités d’artillerie à son actif, Hugh s’est enrôlé presque immédiatement, le 12 août 1914.

Le 22 mai 1915, McKenzie est atterri à Rouen, en Franche. Le 11 mars 1916, il a reçu la Médaille de conduite distinguée (voir commentaire dans son dossier de service). Il a plus tard reçu la Croix de Guerre et une commission de lieutenant. S’étant d’abord enrôlé dans la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI ), il a plus tard été transféré dans la 7e Compagnie canadienne de mitrailleuses sur le terrain.

Commentaire officiel de la London Gazette pour la Médaille de conduite distinguée reçue par Hugh McKenzie, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

Le 30 octobre 1917, alors que le régiment attaquait les carrefours de la crête de Meetcheele, McKenzie et sa section du 7e Corps des mitrailleurs canadiens ont fait des avancées à leur côté en appui rapproché. Lorsque les casemates de mitrailleuses allemandes le long du chemin ont coupé la PPCLI, McKenzie a vu tomber les officiers de son ancienne unité et la compagnie entière a commencé à faiblir. Agissant rapidement, McKenzie a laissé les commandes de sa section à un caporal et il a pris contrôle de l’infanterie. Ralliant la Princess Patricia’s Infantry, McKenzie a pris connaissance des positions et a lancé des attaques de flanc, dont l’une comprenait le sergent Sergeant G.H. Mullin, qui a également reçu une Croix de Victoria pour ses actions. Lorsque ces hommes ont été en position, McKenzie s’est placé à l’avant de l’attaque frontale et ils ont attaqué. McKenzie attirant l’attention de l’ennemi, les équipes d’attaque de flanc ont rapidement profité de la position, mais pas avant que McKenzie soit abattu et meurt.

Pour ces actions cette journée-là, Hugh McKenzie a reçu, à titre posthume, la Croix de Victoria. Son corps a été perdu dans les bourbiers du champ de bataille de Passchendaele durant les batailles qui ont suivi. Son nom figure sur le Monument commémoratif de la Porte de Menin (panneau 31) à Ypres.

Le télégramme envoyé à la femme de Hugh, Marjorie McKenzie, expliquant qu’il a été porté disparu et que l’on croit qu’il a été tué.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6971 – 42, Numéro d’item : 160117, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 26.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2003.
Commentaire officiel sur la Croix de Victoria du lieutenant Hugh McKenzie, VC, DCM (texte commence dans la colonne de droite).
Crédit : The London Gazette, date de publication : 12 février 1918, supplément : 30523, page 2004.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

George Harry Mullin, VC, MM

Sergent George Mullin photographié sur le terrain, affichant le ruban de la Croix de Victoria et un galon de blessé sur son uniforme. Janvier 1918.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada/PA-002361.

George Harry Mullin est né à Portland, en Oregon. Sa famille a déménagé à Moosomin, en Saskatchewan, lorsque George avait deux ans, où il a plus tard travaillé comme fermier avant de s’enrôler. Le 14 décembre 1914, George s’est enrôlé à Winnipeg dans le 32e bataillon, se joignant plus tard à la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI).

En juin 1916, Mullin a subi des blessures par balle au front, à l’oreille et à l’aine. Évacué en Angleterre, il s’est rétabli pendant deux mois, vivant sa convalescence à Dartford et Epsom. Se rejoignant à la PPCLI, Mullin a reçu la Médaille militaire pour la bravoure sur le terrain à la fin de 1916. Il a rapidement été promu de soldat à caporal. En août 1917, il a atteint le rang de sergent.

Le 30 octobre 1917, Mullin et la compagnie de la PPCLI ont été embusqués par les mitrailleuses dans des casemates à la crête de Meetcheele, comme il est décrit relativement au lieutenant McKenzie, VC. Lorsque le lieutenant McKenzie a quitté sa mitrailleuse pour prendre charge de la PPCLI qui faiblissait, le sergent Mullin a été affecté à une patrouille de flanc-garde. Alors que McKenzie se préparait pour le front, Mullin s’est faufilé dans la patrouille par lui-même. Au moment de l’attaque, McKenzie allant de l’avant, Mullin a embusqué et détruit un poste de tireur d’élite, avant de ramper au sommet de la casemate en béton. Avec une vue sur l’ensemble des autres Canadiens, Mullin a utilisé son revolver pour éliminer deux mitrailleurs allemands, avant de descendre de la casemate et de prendre les dix défenseurs qui restaient. La casemate ennemie avant été éliminée, mais pas avant que le lieutenant McKenzie ne soit tiré et abattu lors de son assaut courageux.

Pour ses actions cette journée-là, le sergent Mullin a reçu la Croix de Victoria. Il a survécu à la guerre, terminant son service au rang de lieutenant, et il est retourné en Saskatchewan. Il est décédé en 1963.

Le commentaire officiel de la London Gazette pour la Croix de Victoria de George Mullin, tiré de son dossier de service.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.
Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 6474 – 21, Numéro d’item : 206507, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 3.

26 octobre 1917 – Croix de Victoria
Une action centenaire

En ce jour en 1917, Canadiens attaquent Passchendaele. Trois Canadiens recevront la Croix de Victoria (VC).

Thomas William Holmes, VC

Thomas Holmes, VC.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002352.

Né à Montréal, Thomas William Holmes travaillait comme employé de ferme à Owen Sound, en Ontario, lorsqu’il s’est enrôlé dans le 147e bataillon (Grey) en 1915. S’étant joint au 4e bataillon canadien de fusiliers à cheval comme renfort le 7 avril 1917, il a été tiré au bras à la crête de Vimy que quelques jours plus tard. Il a regagné les rangs du bataillon canadien de fusiliers à cheval le 13 octobre 1917, à temps pour la bataille de Passchendaele.

Le soldat Holmes a reçu la Croix de Victoria le 26 octobre 1917, lorsqu’il a pris d’assaut par lui-même une casemate de béton avec son fusil et quelques grenades seulement. Après avoir tué et blessé certains membres des deux groupes de mitrailleurs, il est revenu chercher une troisième grenade auprès de ses compagnons d’armes et il a attaqué la casemate à nouveau, après quoi les 19 occupants qui restaient ont capitulé.

Holmes a survécu à la guerre, terminant avec le grade de sergent. Il s’est embarqué pour le Canada à partir du camp du parc Kinmel le 30 mars 1919, curieusement seulement 25 jours après les massives émeutes canadiennes qui ont eu lieu à cet endroit. En 1935, sa Croix de Victoria a été volée à son domicile à Owen Sound. Thomas William Holmes, VC, est décédé le 4 janvier 1950. Sa Croix de Victoria n’a pas été retrouvée.

Commentaire officiel pour la remise de la Croix de Victoria remise à Holmes tiré de son dossier militaire publié dans la London Gazzette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 4464 – 25, Notes : Victoria Cross, Numéro d’item : 457701, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 53.

Christopher Patrick John O’Kelly, VC, MC

Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002298.

Né à Winnipeg, au Manitoba, Christopher Patrick John O’Kelly s’est enrôlé dans le 144e bataillon (Winnipeg Rifles) en 1916. En tant que membre du 90e régiment de la Milice active, Winnipeg Rifles, O’Kelly est entré au rang préexistant de lieutenant. Le 2 mars 1917, il s’est joint au 52bataillon (New Ontario) outre-mer.

Le 26 septembre 1917, il a mené une patrouille de bombardement contre une mitrailleuse, bombardant les hommes et capturant l’arme, mettant fin à une menace contre leurs flancs. Pour cet acte, O’Kelly a reçu la Croix de Victoria. Quelques jours plus tard, il a été temporairement promu au poste de capitaine par intérim.

Le 26 octobre 1917, après l’échec de l’attaque d’ouverture de son bataillon, O’Kelly a regroupé deux compagnies et ils se sont avancés de 1 000 verges, se protégeant contre les tranchées ennemies et menant d’autres attaques contre des casemates de béton. La compagnie d’O’Kelly a capturé six des casemates, totalisant 100 prisonniers et 10 mitrailleuses. Une contre-attaque a plus tard été repoussée, faisant plus de prisonniers. Durant la nuit, un raid ennemi a été contrecarré, entraînant la capture d’un officier, de dix hommes et d’une mitrailleuse.

Plus tard durant la guerre, le 28 septembre 1918, le capitaine O’Kelly a été frappé à l’aine par une mitrailleuse et ensuite par des éclats d’obus à la jambe alors qu’il était blessé au sol. Évacué à l’hôpital, où on a découvert que son pied était fracturé, la balle de mitrailleuse a été retirée de sa fesse gauche. Malgré tout, il s’est remis de ses blessures.

O’Kelly a survécu à la guerre et il est retourné au Canada. Malheureusement, on croit qu’il s’est noyé durant une tempête sur le lac Seul, district de Kenora, Ontario, en novembre 1922. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Les citations pour la Croix Militaire de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 76.
Les citations pour la Croix de Victoria de O’Kelly, copié dans son dossier de service des citations officielles de Londres Gazette.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada. Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 7440 – 32, Numéro d’item : 551723, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 77.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Robert Shankland, VC, DCM

Robert Shankland, VC, DCM.
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale 2017.

Né à Ayr, en Écosse, Robert Shankland a immigré au Canada en 1911, s’établissant à Winnipeg, au Manitoba, sur la rue Pine. Avant la guerre, il a travaillé comme commis à la Crescent Creamery Company (il a plus tard demandé qu’une partie de son solde de service soit envoyé directement au caissier de la compagnie).

Le 18 décembre 1914, Shankland s’est enrôlé. À l’âge de 27 ans, après avoir servi au sein du 79e régiment de la Milice active, Shankland a été nommé sergent-major de compagnie au sein du 43e bataillon (Cameron Highlanders of Canada) à son arrivée en Angleterre.

Un mois après son arrivée en France, pour ce qu’il avait fait le 22 juillet 1916, Shankland a reçu la Médaille de conduite distinguée; « Pour un acte insigne de bravoure consistant à se porter volontaire pour mener une troupe de brancardiers, sous un feu de mortier très dense, et à ramener des hommes blessés et partiellement enterrés. Son courage et son dévouement ont été grandement remarqués. » (traduction libre d’un article de The London Gazette, 18 août 1916, suppplément : 29713, page 8248).

Le 26 octobre 1917, le 43e bataillon a participé à l’ouverture des attaques dans la bataille de Passchendaele. En dépit d’un succès initial, alors que les 43e et 58e bataillons atteignaient l’objectif de la ligne rouge pointillée, les Allemands ont utilisé de l’artillerie lourde sur leurs anciennes positions (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 319). Maintenant lieutenant, Shankland a agi rapidement alors que la brigade entière commençait à faiblir et a battu en retraite. Réunissant des renforts désordonnés pour renforcer son propre peloton, Shankland a légèrement pris le dessus à l’éperon de Bellevue. Les hommes de Shankland sont demeurés fermes, permettant au 52e bataillon (New Ontario) d’avancer et de rétablir le front pendant que d’autres compagnies contournaient le terrain par le sud et attaquaient des casemates ennemies, puisqu’ils travaillaient pour le groupe de Shankland et étaient armés de grenades à fusil et de mitrailleuse Lewis. (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 320).

Pour ses actions ce jour-là, Shankland a reçu la Croix de Victoria. Au cœur de la bataille, malgré un coup de feu reçu dans le dos, Shankland est demeuré au front. Des blessures semblables à la tête et au cou subies en novembre 1917 n’ont été signalées qu’après la guerre, durant son examen médical avant la démobilisation.

La rue Pine à Winnipeg, Manitoba, a plus tard été renommée le chemin Valour, puisque le domicile de Shankland et de deux autres personnes ayant reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale (Leo Clarke et Frederick Willian Hall) s’y trouvait. Shankland a servi aussi durant la Deuxième Guerre mondiale avant de prendre sa retraite et d’aller vivre à Vancouver. Il est décédé le 20 janvier 1968.

La citation officielle de la Croix de Victoria de Robert Shankland (dernière entrée, en bas de la colonne de gauche).
Crédit: The London Gazette, Date de publication: 14 décembre 1917, Supplément: 30433, Page: 13222.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie III

« Would some thoughtful hand in this distant land please scatter some flowers for me »

Épitaphe du soldat Edwin Grant, numéro de service 703562, compagnie B, 47e Bataillon (Colombie-Britannique), 26-28 october 1917 (âgé de 33 ans).

Le soldat Edwin Grant.
Crédit: Mémorial virtuel de guerre du Canada, Anciens combattants Canada 2017.

Un travailleur de l’acier venu d’Aberdeen, en Écosse, Edwin Grant s’est enrôlé à Vancouver en 1916. Son examen médical énumère ses marques d’identification, dont des tatouages représentant un papillon et un oiseau sur son bras gauche, et un papillon et une geisha sur son bras droit. Edwin a été tué durant l’attaque initiale à Passchendaele, la date indiquée de décès ne déterminant seulement qu’il soit mort entre le 26 et le 28 octobre 1917. Il a laissé dans le deuil sa femme Bella, qui après la guerre a quitté Vancouver afin de vivre avec les parents d’Edwin à Duluth, au Minnesota.

Les formulaires tirés du dossier de service d’Edwin indiquent son admissibilité à la réception de médailles de service posthume, incluant deux Croix du souvenir remises à sa veuve et à sa mère, qui vivaient alors ensemble au Minnesota après sa mort.
Crédit : Blibiotheques et Archives Canada, Référence : RG 150, versement 1992-93/166, boîte 3727 – 20, Numéro d’item : 429315, Groupe d’archives : Corps expéditionnaire canadien (CEC), p. 11.

 

L’émeute des Etaples de septembre 1917

« Troupes faisant un exercice de baïonnette et séance de conditionnement physique au fameux camp « Bull Ring » sur les dunes entre Étaples et Camiers. »
© IWM (Q 33326)

Alors que le Corps expéditionnaire canadien se déplaçait vers Passchendaele en octobre, d’une franche victoire est devenue d’une importance primordiale. Au milieu du mois de septembre 1917, des émeutes ont éclaté dans les dépôts de renforcement le long de la côte française, indiquant le mécontentement grandissant au sein des forces du Commonwealth. Ces émeutes suivaient bien évidemment les massives mutineries qui ont eu lieu dans l’armée française durant l’été de 1917.

À Étaples, où se trouve la plus grande unité d’infanterie à l’étranger, de nouvelles recrues, des blessés en convalescence et des anciens combattants ont été réunis pour de la formation visant à les préparer à retourner au front (Dallas, Gill, The Unknown Army, p. 64). Le terrain d’entraînement, que l’on appelait le « Bull Ring » (l’arène), était tout simplement considéré comme un enfer (Dallas, Gill, The Unknown Army, p. 64-66). En fait, des hommes encore blessés regagnaient le front dans le seul but de pouvoir quitter le Bull Ring (Dallas, Gill, The Unknown Army, p. 65).

Le 9 septembre 1917, les tensions au sein du camp d’Étaples ont débordé. Parce qu’ils avaient été poussés à leurs limites par une discipline très rigoureuse, des régimes d’entraînement horribles et une mauvaise alimentation, les troupes et les « Red Caps » (police militaire) ont subi une altercation qui s’est avérée l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Lorsque des coups de feu ont été tirés par la police militaire, le camp a explosé et les ponts et les piquets menant à Étaples ont été envahis par des foules composées de centaines de personnes.

© IWM (Q 33328)

Victor Wheeler, signaleur au sein du 50e bataillon (Calgary), se trouvait à Étaples en convalescence lorsqu’il dû faire partie d’une patrouille anti-émeutes. Il a décrit la scène comme suit :

« J’ai sorti un fusil et des munitions et, à 19 h, avec plusieurs autres hommes sur la ligne de front, je me suis précipité à Étaples… Portant des brassards blanc spéciaux de la police, nous avons patrouillé les rues, en petits groupes serrés, jusqu’à minuit. Comme une crue soudaine, des centaines de soldats sont débarqués en ville et se sont joints à la mêlée. Les émeutiers ont causé tout un désordre… un membre des « Red Caps » a été tiré et trois appelés ont été blessés : un appelé a été tiré à mort lorsqu’il a attaqué plusieurs membres de la police militaire… On a immédiatement ressenti l’atmosphère explosive de la situation lorsque la patrouille a commencé. Le fait de se tenir aux aguets de tout mouvement suspect et de tout bruit étrange – se retenant pour ne pas réagir à la façon sauvage dont les soldats au front ont défendu un allié canadien contre l’ennemi – m’a laissé complètement épuisé. » (Wheeler, The 50th Battalion In No Man’s Land, p. 151).

Les épisodes d’émeutes et de crises au sein du camp ont duré tout au long de la semaine à Étaples. Les émeutes de septembre 1917 à Étaples n’allaient pas être les dernières du genre. Ces « événements » (tels qu’ils étaient classés par les militaires) ont continué de se produire jusqu’à la fin de la guerre, et tout particulièrement après l’armistice durant les longues périodes de démobilisation. Les Canadians tout particulièrement ont été impliqués dans des cas très connus qui ont menacé de ternir la réputation du Corps expéditionnaire canadien.

Ces cas seront expliqués en détail dans de futurs articles pour le centième anniversaire.

Épitaphes de la Première Guerre Mondiale
Partie II

« I genitori inconsolabili villa S-Lucia, Caserta »
(Les parents inconsolable villa s-Lucia, caserte)

Épitaphe du sapeur Glorio Mita, numéro de service 2497765, 9e Bataillon, Troupes ferroviaires canadiennes, 19 octobre 1917 (âgé de 20 ans).

Glorio Mita s’est enrôlé en juillet 1917 comme renforcement lors d’un projet de construction ferroviaire et de foresterie. Le 3 octobre 1917, il s’est joint au 9e Bataillon, Troupes ferroviaires canadiennes, en France. 16 jours plus tard seulement, il est décédé des suites de blessures sévères, ayant reçu des éclats d’obus à la tête et à l’épaule droite, et souffrant d’une fracture ouverte au fémur. Jeune célibataire ayant immigré d’Italie, Glorio travaillait comme ouvrier à Toronto avant de s’enrôler, faisant son testament au nom de ses parents vivant toujours à Santa Lucia, à Caserta, Italie.

Le sapeur Glorio Mita est enterré au cimetière militaire Lijssenthoek, en Belgique.

Argot de la Première Guerre Mondiale
Le « Troisième Homme »

« A Wounded Canadian enjoys a cigarette on his way from captured Boche Trenches. August, 1917. »
Crédit: Canada. Ministère de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-001719.

C’est aujourd’hui le vendredi 13! En l’honneur de toutes les superstitions auxquelles vous croyez peut-être au sujet du 13, nous partageons avec vous un mot d’argot qui est né d’une superstition des tranchées: le « troisième homme ».

Durant la Première Guerre mondiale, il était considéré comme extrêmement malchanceux, et même fatal, d’allumer trois cigarettes avec la même allumette? Bien que cela puisse aujourd’hui nous sembler étrange, il y a dans cette peur un peu de vérité, puisqu’une allumette en feu durant la nuit était certaine de déclencher les tirs de l’ennemi. Le plus longtemps l’allumette restait-elle allumée, le plus probable était-ce qu’un tireur allait trouver un repère, prenant pour cible ce signe assuré de présence humaine. C’est pourquoi le fait d’être le « troisième homme » était un funeste présage. (Pegler, Soldiers’ Songs and Slang of the Great War, p. 182-183).

Bataille de Poelcappelle
Une action centenaire

« Lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. »
© IWM (Q 3007)

Ce jour-là en 1917, (9 octobre), le Royal Newfoundland Regiment a combattu à Poelcappelle, dans les Flandres, en Belgique.

Comme on pouvait s’y attendre, la boue des Flandres a grandement nui à la préparation de la bataille; « Les détachements de mitrailleuses avaient de la difficulté à transporter l’artillerie sur le terrain et, lorsque les chevaux en sueur se sont enlisés jusqu’au ventre dans la boue, les hommes ont pris la relève et ont traîné les armes à destination. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 392)

La boue avait tellement ralenti les Terre-Neuviens que la formation a mis cinq heures la veille de l’attaque pour marcher seulement cinq milles le long des routes délavées et des caillebotis couverts de boue, contournant invariablement les trous d’obus avant de tomber dans d’autres (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 393).

Alors qu’ils prenaient position pour appuyer le quatrième bataillon de Worcesters, les Terre-Neuviens ont vu soudainement un pistolet de signalisation Very traverser le ciel à partir des lignes ennemies à 5 h 10. Malgré le suspens, rien ne s’est passé et la lumière s’est éteinte. « Quelques minutes plus tard, un obus solitaire a été entendu au loin, suivi une minute plus tard par le son tranchant d’un canon français de modèle 75. Peu de temps après est venu le pandémonium à 5 h 30 lorsque le barrage s’est effondré. » (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

Crédit: Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 391.

Pataugeant pour traverser la Broembeek, le quatrième bataillon de Worcesters et le régiment de Terre-Neuve  sont devenus désorganisés et mêlés, tellement que les Terre-Neuviens ont fait partie de ceux qui menaient l’attaque. Heureusement, un plus grand nombre d’hommes sont restés pour nettoyer les abris ennemis le long du talus de la voie ferrée d’Ypres-Staden. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 395) À 7 h, la ligne verte pointillée avait été atteinte et les unités combinées ont continué à repousser la ligne pointillée bleue contre la résistance montante.

À Pascal Farm, les ruines de béton étaient envahies par le bruit des mitraillettes, mais des tactiques minutieuses de « tires et de mouvements » l’ont emporté. D’autres édifices le long de la route Poelcappelle-Houthulst Forest ont subi les feux de quatre chars d’assaut, mais la boue des  Flandres a empêché l’ennemi de dépasser la ligne de départ. Sur le flanc gauche, les Terre-Neuviens ont vu les équipes avec mitrailleuses Lewis des Irish Guards se tenir debout, leurs armes sur l’épaule pendant que leurs camarades continuaient d’attaquer la Cairo House. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 394)

À midi, les Terre-Neuviens étaient en train de consolider leurs faibles positions le long de la ligne verte, le troisième et dernier objectif. Les contre-attaques des forces ennemies ont été repoussées avec succès, mais les difficultés dans les flancs ont forcé les troupes à prendre des positions plus solides juste au nord du chemin Poelcappelle-Houthulst Forest. Les Terre-Neuviens ont été libérés par le deuxième bataillon d’Hampshires à la brunante, indiquant la fin d’une autre victoire durement gagnée.

Le 9 octobre 1917, le Royal Newfoundland Regiment a compté 67 victimes et 127 blessés. Pour leur bravoure, trente-trois décorations ont été remises aux Terre-Neuviens; sept ont reçu la Croix militaire ou la Croix de guerre avec agrafe, cinq ont reçu la Médaille de conduite distinguée, et 20 autres ont reçu la Médaille militaire. La bataille à Poelcappelle a donné le seul gain important sur le flanc nord, dans le secteur du quatorzième corps. (Nicholson, The Fighting Newfoundlander, p. 397)

CWGC 100 e anniversaire – viii partie

« Canadians attending to a chum’s grave at the Front. »
Crédit: W.I. Castle / Canada. Ministère canadien de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-000969.

Dans son rapport annuel de 1926, Sir Fabian Ware, le fondateur et vice-président de la Commission impériale des tombes militaires, explique la raison derrière le maintien de plusieurs petits cimetières du Commonwealth isolés dispersés sur les différents champs de bataille de la Première Guerre mondiale:

« Durant la guerre, certains sites autorisés ont été choisis, certains près des tranchées, où les morts pouvaient être enterrés, et on a promis aux soldats que s’ils y ramenaient leurs camarades morts, ce qu’ils faisaient fréquemment au péril de leurs propres vies, ceux-ci y resteraient en paix pour toujours. Cette promesse a été tenue dans la plupart des cas, sauf à quelques endroits où les sites originalement choisis ont été finalement déclarés inappropriés. » (Ward, Gibson, Courage Remembered, p. 49-50).

Durant notre programme du prix du Pèlerinage de Vimy, de grandes distances sont parcourues dans un effort de permettre à chaque étudiant de visiter la tombe d’un soldat au sujet de qui ils ont fait de la recherche.

Si vous connaissez un étudiant âgé de 14 à 17 ans, encouragez-le à soumettre sa candidature dès aujourd’hui pour le 2018 Prix du Pèlerinage de Vimy afin qu’il puisse participer aux commémorations. Appliquer ici! http://bit.ly/2w4rIjg

Le 2018 Prix du Pèlerinage de Vimy est rendu possible par le parrainage de la Banque Scotia et par le soutien constant d’Histoire Canada.

Bataille de Passchendaele
Une action centenaire

« Champ de boue après la bataille de Passchendaele. »
Mention : Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-040139.

Le Corps canadien est entré dans la bataille de Passchendaele en octobre 1917, après un printemps et un été de grandes victoires à Vimy et à la cote 70. Ils étaient confiants, bien entraînés et, plus important encore, reposés. La bataille de Passchendaele durait déjà depuis la fin de juillet et avait détruit des milliers de troupes britanniques pour prendre la crête qui a donné son nom à la bataille. Accablée par le mauvais temps, la bataille de Haig ne s’est pas bien déroulée. En octobre, il était devenu évident qu’ils auraient besoin de plus d’hommes pour renforcer la cinquième armée britannique.

La plan original consistait à ce que le Corps canadien attaque à nouveau Lens, la ville qu’il n’avait pas réussi à prendre à la fin de la campagne de la cote 70 en août. Haig a toutefois rencontré Currie à la place pour expliquer que le Corps était nécessaire à Passchendaele. Ici, Currie a tiré le maximum de la position du Corps dans la structure politique des alliés. Le Corps ne serait pas suborné par Gough et la cinquième armée puisque Haig a fourni une artillerie plus lourde et Currie a planifié l’attaque lui-même. Même dans ce cas, Currie avait prévu que le Corps perdrait probablement autour de 16 000 hommes, dont ils avaient tant besoin à Passchendaele.

Crédit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force – 1914-1919, p. 322.

L’attaque canadienne a débuté le 26 octobre à 5 h 40 avec un barrage roulant alors que la troisième et la quatrième divisions ont commencé leur avancée. La communication était problématique et la boue, souvent aussi haute que la taille, entravait le mouvement vers l’avant. Il a fallu deux jours, mais les premiers objectifs, y compris l’éperon de Bellevue, ont été atteints avant le 27 octobre. La phase suivante de la bataille en quatre parties a commencé le 30 octobre, à nouveau avec la troisième et la quatrième divisions. Les avancées le 30 octobre ont été plus petites, et le barrage roulant a été un succès, particulièrement au front de la troisième division.

La troisième et la quatrième parties de l’avancée ont eu lieu après que les divisions ont été relayées, et la première et la deuxième divisions ont commencé leur travail le 6 novembre. Il était facile de se perdre au front à Passchendaele, même avec une carte, et un membre du Corps canadien s’est retrouvé par accident en terrain allemand et a révélé la date de la prochaine attaque – 6 novembre. Même avec cet avertissement, le barrage canadien a été suffisamment fort pour que les divisions puissent avancer de façon plutôt sécuritaire et, à la fin de la journée, le village de Passchendaele avait été capturé. Au 10 novembre, les dernières forces allemandes avaient été entièrement repoussées de la crête et l’offensive avait été annulée – Haig a déclaré victoire.

La prédiction de Currie était correcte. Le Corps canadien a perdu 16 404 hommes à Passchendaele. Bon nombre des blessés laissés sur le champ de bataille se sont noyés dans la boue et l’eau avant de pouvoir être secourus. Au total, Passchendaele a coûté la vie à 275 000 hommes de la Grande-Bretagne et du Dominium, comparativement à 220 000 victimes allemandes. Un prix élevé pour la victoire.

Avancements technologiques|

– Currie et ses commandants ont planifié la bataille de Passchendaele en 14 jours; en comparaison, la planification pour Vimy a pris trois mois et un mois pour la cote 70. En 1918, Currie a planifié ses deux cents assauts en moins de temps encore. Le Corps était devenu une armée professionnelle bien entraînée et avait besoin de moins en moins de temps pour s’entraîner.

– Currie a compris que l’artillerie et son utilisation étaient essentielles au succès des soldats sur les lignes de front. Sans un barrage roulant réussi et un fort soutien, les hommes étaient pris à leurs lignes et étaient des cibles faciles pour les mitrailleuses allemandes.

– Comme à Vimy, le transport pour se rendre et quitter Passchendaele était essentiel; le Corps de l’intendance de l’Armée canadienne et des ingénieurs ont d’ailleurs passé les 14 jours avant la bataille à bâtir des centaines de mètres de routes et de caillebotis dans un geste désespéré de créer des chemins sur lesquels ils pourraient marcher dans la boue. Dans bien des cas, les caillebotis ont sauvé des vies, puisque ne pas les suivre signifiait la noyade. Les équipes de transport de l’artillerie travaillaient la nuit pour déplacer les armes requises pour la bataille, et des milliers de chevaux et de mules ont été tués en service.

À noter|

Major Talbot Mercer Papineau,  a été tué le 30 octobre 1917, durant son service au sein de la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI). Papineau, petit-fils du fameux patriote, Louis-Joseph Papineau, est surtout connu pour les lettres publiques envoyées à son cousin Henri Bourassa qui demandaient le soutien de l’effort de guerre. Papineau a été frappé par un obus et son corps n’a jamais été retrouvé.

Neuf Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions à Passchendaele. Lors du centenaire, un récit complet des actions des bénéficiaires de la croix sera disponible en cliquant sur les hyperliens par-dessus de leurs noms.

Soldat Thomas Holmes, VCa reçu la Croix de Victoria pour ses attaques sur une série de nids de mitrailleuses le 26 octobre 1917. Résident d’Annan, en Ontario, Holmes était fermier avant de s’engager en 1915. Il a servi avec le quatrième CMR et avait 19 ans lorsqu’il a reçu la Croix de Victoria. Holmes a survécu à la guerre et est décédé en 1950. Sa Croix de Victoria a été volée dans un cambriolage à domicile dans les années 1930.

Christopher O’Kelly, VC, MC – 26 octobre 1917

Robert Shankland, VC, DCM – 26 octobre 1917

Cecil Kinross, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 30 octobre 1917. Kinross a attaqué à lui seul un nid de mitraillettes avec rien d’autre que son fusil, permettant à sa compagnie de faire une avancée de 300 verges. Kinross a été blessé à Passchendaele, mais a survécu à la guerre.

Hugh McKenzie, VC, DCM – 30 octobre 1917

George Mullin, VC – 30 octobre 1917

George Pearkes, VC, DSO, MC, CDG – 30-31 octobre 1917

Colin Barron, VC, a reçu la Croix de Victoria pour ses actions posées le 6 novembre 1917. Barron a attaché un nid de mitraillettes qui empêchait son unité d’avancer, tuant l’équipe, et retournant son arme contre l’ennemi. Il a survécu à la guerre et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale au sein du Royal Regiment of Canada.

James Robertson, VC – 6 novembre 1917