Journée du patrimoine du Yukon – « Klondike Joe Boyle »

Aujourd’hui est la journée du patrimoine du Yukon! En l’honneur de l’occasion, nous revisiterons le « Klondike Joe Boyle », l’une des figures les plus légendaires de la Première Guerre mondiale au Canada!

L’un des soldats canadiens de la Première Guerre mondiale les plus légendaires ne s’est jamais formellement enrôlé au sein des Forces armées canadiennes. Joseph Whiteside Boyle, DSO, est né à Toronto, en Ontario, en 1867. Un entrepreneur avec la débrouillardise d’un ingénieur, Boyle s’est dirigé vers le Nord, arrivant à Dawson City, au Yukon, juste au moment où la ruée vers l’or débutait en 1897. Homme d’affaires avisé, Boyle est devenu reconnu sous le nom de « Klondike Joe Boyle », contrôlant une opération majeure de dragage d’or.

« Klondike Joe Boyle »
Gracieuseté: site historique national du musée Woodstock, Woodstock Museum National Historic Site,  numéro de catalogue 1950.1.1a

Lors de la déclaration de la guerre en 1914, l’offre de Boyle de constituer une unité entière de mitrailleuses a été accueillie avec enthousiasme par Sam Hughes, le ministre de la Milice. Désespéré de se rapprocher de l’action, Boyle a quitté le Klondike pour l’Angleterre en 1916. Jugé trop vieux pour le service militaire, Boyle a été nommé colonel honoraire de la Milice canadienne. Toujours insatisfait, Boyle s’est porté volontaire au sein du Corps américain d’ingénieurs.

En 1917, Boyle était désormais en Russie, fraternisant avec la famille du tsar et réorganisant le système ferroviaire russe chancelant qui avait été abîmé durant l’effort de guerre du pays. Arrivé à Tarnapol au moment où les défenses russes s’effritaient, Boyle, sans aucune autorité militaire, a pris sur lui d’organiser une ligne de défense d’urgence qui a tenu assez longtemps pour permettre aux Russes de se retirer dans l’ordre. Suite à la révolution russe de novembre 1917, Boyle a réussi a faire sortir clandestinement du Kremlin les joyaux de la couronne de Roumanie, afin de les rendre à la famille royale roumaine.

En 1918, Boyle travaillait avec les services secrets britanniques, organisant des actes de sabotage contre les forces allemandes et bolchéviques, et supervisant un réseau d’approximativement 500 espions. Au nom de la Roumanie, il a négocié un cessez-le-feu et, en avril 1918, a secouru 70 hauts placés tenus captifs par les révolutionnaires à Odessa. Après la guerre, Boyle a sécurisé un crédit de 25 millions de dollars de la part du gouvernement canadien pour la Roumanie.

« Klondike Joe Boyle » a été nommé le « sauveur de la Roumanie » et a reçu l’Étoile de la Roumaine avec ceinture, l’ordre britannique de Service distingué, la Croix française de la guerre et l’ordre russe de Saint-Stanislas. Le gouvernement du Canada n’a jamais officiellement reconnu ses actes.

Après sa mort en 1923, une femme inconnue vêtue de noir a visité la tombe de Boyle afin d’y déposer des fleurs. Cette visiteuse anonyme est revenue chaque année jusqu’à la mort de la reine Marie de Roumanie en 1938.