La victoire à Vimy
Nous allons sûrement atteindre notre objectif : soldat canadien
Photos : Canada, ministère de la Défense nationale Le Corps canadien a attaqué la Crête-de-Vimy il y a 94 ans. Jusque-là, la position allemande avait résisté avec succès aux attaques alliées et elle était solidement défendue. Mais les Canadiens ont pris la crête, établissant du même coup une réputation redoutable pour le Corps.
En 1917, les Canadiens étaient au front depuis deux ans. Les jeunes recrues qui avaient résisté aux Allemands à Ypres en avril 1915 étaient maintenant des soldats aguerris. Mais la clé du succès à Vimy fut la décision prise par Byng d’envoyer le Général Arthur Currie de la Première Division canadienne étudier les méthodes des Français. Currie apprit que les Français mettaient l’accent sur la reconnaissance et qu’ils utilisaient beaucoup les photos aériennes qu’ils distribuaient largement. Pendant les attaques, leurs objectifs étaient des points géographiques, et ils s’entraînaient à perfectionner leurs techniques. Currie recommanda alors que les Canadiens suivent cet exemple, et à la bataille de la Crête-de-Vimy les idées mises de l’avant par Currie ont eu un rôle décisif.
Chacun des hommes à Vimy connaissait bien la tâche qu’il devait accomplir. Commettant une indiscrétion, le soldat Ronald MacKinnon du régiment Princess Patricia's Canadian Light Infantry avait écrit à son père :
« Nous partons avec une bonne bande de gars et un solide appui d’artillerie, nous allons sûrement atteindre notre objectif. Je sais que nous nous battrons contre des gardes prussiens. »
Quand les troupes prirent d’assaut la montée, à 5 h 30 le lundi de Pâques, ils avancèrent sous la pluie et la neige, et pénétrèrent les lignes ennemies avec le vent. L’attaque fut lancée avec « le plus extraordinaire barrage d’artillerie de l’histoire », écrivit un officier. Derrière le barrage, les hommes s’avancèrent sur le sol accidenté, fonçant à découvert dans toutes les directions, a écrit l’aumônier F.G. Scott. Les prisonniers allemands étaient ramenés en grand nombre. Stupéfiés par la victoire canadienne, les Allemands se retirèrent. Le Corps canadien avait subi 10 602 pertes, mais il avait gagné 4 500 verges.
Byng reçut une promotion et on lui confia le commandement de la IIIe Armée britannique. Currie le remplaça, à 41 ans, et fut le premier Canadien à commander l’armée du Canada en campagne.
J.L. Granatstein OC, FRSC
L’historien J.L. Granatstein est l’ancien directeur du Musée canadien de la guerre
et président du comité consultatif de La Fondation Vimy
