La Déclaration de Guerre – ii partie
août 1914-2017

Un avis officiel aux recrues détaillant les nouveaux standards pour le service militaire.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada, Acc. no. 1983-28-2311.

La semaine dernière a marqué le 103e anniversaire de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne en 1914. Dans une époque précédant l’avènement de la télévision, et où l’utilisation de la radio était répandue, les communications instantanées n’étaient pas toujours à point. Par conséquent, pour ceux qui ne vivaient pas dans les centres urbains majeurs, un bon nombre de temps pouvait s’écouler avant d’apprendre que l’Empire était en guerre, et la façon de l’apprendre pouvait parfois être non conventionnelle. Cela s’est avéré particulièrement vrai pour les gens vivant dans les régions sauvages du Nord, comme le raconte ce témoignage:

« Un arpenteur travaillant dans la province, à Cascade Range, à plus de 150 miles du bureau télégraphique le plus près, n’a appris qu’en septembre que la guerre avait éclaté ailleurs. Il était difficile pour lui d’obtenir plus de détails, puisque l’homme qui l’avait mis au courant ne pouvait communiquer que par l’intermédiaire de la langue chinook. »

« Qui se battait? » a demandé l’arpenteur.

« Tout le monde » lui a répondu l’Indien. Ils se battaient à Victoria et à Vancouver, mais pas à Seattle.

Rien de cela n’avait de sens pour l’arpenteur, dont les questions ne donnaient lieu qu’à plus d’images de bagarres de rue devant les hôtels Empress ou Georgia. Finalement, l’Indien s’est arrêté puis a crié de façon triomphante: « Le roi George, il se bat ». Sachant que dans la langue chinook, « le roi George » signifiait la Grande-Bretagne, et que les Anglais étaient appelés « les hommes du roi George », l’arpenteur a soudainement compris. « Je savais que cela voulait dire que l’Angleterre et l’Allemagne se battaient, et j’ai immédiatement su ce que je devais faire ».

(Zuehlke, Brave Bataillon – The Remarkable Saga of the 16th Battalion (Canadian Scottish) In The First World War, p. 11)  

Des recrues sur la rue Station à Toronto, le 9 novembre 1915. 
Crédit: John Boyd/Bibliothèque et Archives Canada/PA-071690.

*Note du rédacteur: La publication d’aujourd’hui a été tirée de Brave Battalion (Le brave bataillon) de Mark Zuehlke, écrit en2008. Cependant, il est important de noter que cette histoire précise est elle-même tirée de The History of the 16th Battalion (The Canadian Scottish) Canadian Expeditionary Force in the Great War, 1914-1919 (L’histoire du 16e Bataillon (Canadien écossais), Corps expéditionnaire canadien durant la Grande Guerre, 1914-1919), écrit en 1932 par H. M. Urquhart. Le langage n’a pas été changé afin de demeurer fidèle au document original et de refléter le vocabulaire de l’époque, malgré l’utilisation d’une terminologie qui serait considérée comme inappropriée selon les standards d’aujourd’hui.

5 août 1917
Une action centenaire

Au 5 août 1917, la pluie qui avait débuté le 29 juillet n’avait toujours pas cessé, au grand chagrin du porteur de civière Ralph Watson, qui a sarcastiquement remis en question l’allégeance de présentateur météo: 

« Toujours de la pluie, pluie, pluie, pas de changement. Les tranchées et les trous d’obus sont sans doute désormais bien remplis… mais nous ne pouvons combattre les éléments aussi, et puisque l’Allemagne a de toute évidence recruté présentateur météo de son côté, que peut-on faire? Je n’ai pas de mots. Vous pouvez sans crainte préparer les festivités de Noël, je n’y serai pas. » (Watson, Letters of a Canadian Stretcher-Bearer (Lettres dun porteur de civière canadien), p. 154) 

Sous la pluie, le soleil ou le tir ennemi, il y avait bien peu que le soldat moyen pouvait faire autre que de sourire et souhaiter le meilleur. Dans des lettres écrites à la maison, les troupes décrivaient souvent leur souffrance de façon légère, comme Watson continue de le faire dans sa lettre du 5 août 1917.  

« La nuit dernière, les Allemands sont revenus dans ce petit bourg. Personne n’est passé trop près de notre chambre. Du moins, nous n’avons pas considéré cela comme trop près, bien que j’imagine que si des obus éclataient assez près de ta maison à Ottawa pour faire parvenir de la boue et des briques jusqu’aux escaliers de ton sous-sol, tu ne dormirais pas beaucoup. Ça dépend toujours du point de vue. La nuit dernière a été la meilleure nuit à date, j’avais mon propre oreiller et ma propre couverture en sacs de sable… j’ai pris quelques sacs de sable aujourd’hui, je les ai attachés ensemble, je les ai séchés et j’ai ce qui fera, je crois, toute une couverture. » (Watson, Letters of a Canadian Stretcher-Bearer (Lettres dun porteur de civière canadien), p. 155) 

La photographie d’aujourd’hui, de Canadiens sur la plaine de Salisbury, a été colorisée dans le cadre du projet La première guerre mondiale en couleur de la Fondation Vimy.    Apprenez-en plus à propos de ce projet et découvrez des photos additionnelles en suivant ce lien:  http://www.fondationvimy.ca/projets/

Des Canadiens marchent dans la boue à Salisbury Plain, Angleterre, l’hiver 1915-1916. Heureusement pour les Canadiens, ils étaient habituéà la boue, ayant été endoctrinés dans ses points les plus fins lors de leur formation sur la plaine de Salisbury.
Crédit: Bibliothèque et Archives Canada/PA-022705 (modifée de l’originale)
Colorisée par Canadian Colour

4 août 1914-2017
La Déclaration de Guerre

La déclaration de guerre britannique.
La Gazette de Londres, date de publication : 5 août 1914, supplément : 28861, page : 6161

Aujourd’hui, le 4 août 2017, marque le 103e anniversaire de la déclaration de guerre par les Britanniques contre l’Empire allemand en 1914. La déclaration a été effectuée plus d’un mois après l’assassinat de l’archiduc #FranzFerdinand d’Autriche en juin 1914. Quatre ans plus tard, les pays, empires et, on peut bien l’affirmer, le monde entier, avaient été irrévocablement altérés.

L’une des explications populaires pour la déclaration de guerre par les Britanniques maintient que les Anglais avaient été provoqués par l’invasion de la Belgique par les Allemands, les forçant automatiquement à respecter leur alliance pour protéger laneutralité belge. Bien qu’il soit au-delà des limites de nos publications sur les médias sociaux d’aborder un sujet aussi complexe, nous aimerions partager l’émission de baladodiffusion suivante, produite par la BBC Radio 4 pour le centenaire de 1914-2014. Elle fournit une amorce intéressante à une discussion sur les raisons britanniques pour déclarer la guerre. Le programme du Mois de la folieen entier est une étude intrigante et accessible des cinq nations au centre de cet été 1914 tumultueux.
 
La foule à l’extérieur du palais de Buckingham acclame le prince George, la reine Mary etle prince de Galles Wales (qui peut tout juste être vu sur le balcon) suite à la déclaration de la guerre en août 1914.
© IWM (Q 81832)