« Mademoiselle From Armentières »

Bien qu’elles ne soient pas d’Armentières, deux « mademoiselles » serve à dîner aux officiers dans leur estaminet près de Méricourt. 
Crédit: Ministère canadien de la Défense nationale/Bibliothèque et Archives Canada/PA-004503.

Aujourd’hui, nous continuons notre courte publication de dimanche, fournissant le contexte historique derrière la populaire chanson des tranchées Mademoiselle d’Armentières.

La ville d’Armentières était un centre majeur pour le repos et la relaxation des troupes retirées des lignes du front. Remplie d’estaminet et de pubs, elle est devenue une légende de l’expérience de la Première Guerre mondiale. Au milieu de toutes ces réjouissances, une chanson a commencé à circuler au sein des rangs. Circulant d’une unité à l’autre, imprimée dans les journaux des tranchées ou apprise par les nouvelles recrues passant dans les zones arrières, Mademoiselle d’Armentières était reconnue universellement parmi les troupes du Commonwealth. Malgré cela (ou grâce à cela), les origines de la chanson demeurent inconnues. Alors que chaque groupe l’entendait, il commençait à l’adapter à ses propres expériences, ajoutant des noms locaux, des dictons ou des couplets entiers. Alors que la guerre battait son plein et que les hommes étaient blessés, tués ou transférés hors de leur unité, personne ne pouvait clairement se rappeler d’où la chanson provenait, mais chacun soutenait qu’elle provenait d’un événement ou d’une personne à l’intérieur des rangs de sa nation. Dans son mémoire intitulé In The Trenches, 1914-1918 (Dans les tranchées, 1914-1918), le Canadien Frank S. Iriam revendique au moins une partie de la chanson pour le Canada:

« [En février 1915] nous étions cantonnés dans des granges dans la campagne et avions l’habitude de marcher jusqu’à Armentières en soirée juste pour découvrir ce que nous pourrions y voir. La chanson prenait apparemment naissance à cette époque, et elle en était à ses débuts. Je me souviens que nous avons inventé plusieurs des paroles afin d’accompagner la musique pendant que nous marchions en direction de nos cantonnements après avoir visité la ville de nuit… le fait que ces lignes en particulier sont toujours utilisées semble indiquer que nous avons pu être les instigateurs de la majeure partie de cette chanson de soldat. J’ai lu plusieurs articles trompeurs dans les journaux et magazines actuels au sujet de cette chanson… je n’affirme pas que nous sommes les créateurs de cette chanson, et je ne me souviens pas comment elle s’est rendue à nous. Je sais que plusieurs de ces paroles ont été inventées par nous à cette époque alors que nous retournions vers nos cantonnements la nuit, et ces paroles sont encoure couramment utilisées par les anciens soldats qui la chantent parfois lorsqu’ils boivent assez pour pouvoir se laisser aller. » (Iriam, In The Trenches, 1914-1918, p. 27-28).

Soldats britannique et français qui jouent aux cartes à un stand civil. Braisne, 16 Octobre 1914.
© IWM (Q 53337)

Dans cette bande du Musée impérial de la guerre, un enregistrement de 1917 sur le front capte les troupes chantant gaiement des chansons des tranchées, dont « Mademoiselle From Armentières ». La bobine au complet fournit une occasion poignante d’écouter un moment de la Première Guerre mondiale, cent ans plus tard. 

Écoutez ici: http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/80000964
Débutant à 2:45 « It’s A Long Way To Tipperary », « Pack Up Your Troubles In Your Old Kit Bag »
Débutant à 3:37 – « Mademoiselle From Armentières »

© IWM, Catalogue numéro 970  

Nous ne fournissons ici que quelques couplets de la chanson, mais il est important de noter que certaines versions de la chanson comprenaient jusqu’à vingt-six couplets individuels! Comme d’habitude, la construction des phrases visait à se moquer de la langue française tout comme de l’incapacité des anglophones prononcer cette langue correctement. De plus, il s’agit ici d’une version plus « propre ». Un produit des lignes du front, certaines versions étaient drôlement obscènes et grossières.

Aujourd’hui, la Princess Patricia’s Canadian Light Infantry continue d’utiliser la mélodie de « Mademoiselle From Armentières » dans le cadre de sa marche régimentaire. 

« Mademoiselle From Armentières »

Mademoiselle from Armenteers, parlay-voo,
Mademoiselle from Armentieers, parlay-voo,
Mademoiselle from Armentieers,
She hasn’t been kissed for forty years,
Hinky pinky, parlay-voo. 

Our top kick in Armenteers, parlay-voo,
Our top kick in Armenteers, parlay-voo,
Our top kick in Armenteers
Soon broke the spell of forty years,
Hinky pinky, parlay-voo. 

The officers get all the steak, parlay-voo,
The officers get all the steak, parlay-voo,
The officers get all the steak
And all we get is a belly ache,
Hinky pinky, parlay-voo. 

(Les paroles tirées de la version trouvée dans When This Bloody War Is Over – Soldiers’ Songs of the First World War, p. 76 par Max Arthur)