Bagarre d’un million de dollars

« La bagarre d’un million de dollars » – 17 janvier 1917

Une scène de destruction couverte de neige sur la route de Lens-Bethune.
Photo du Dépt. de la défense nationale du Canada/Bibliothèque et Archives Canada/PA-002358.

Pendant les longs mois de l’hiver de 1917, la guerre devient de plus en plus statique. Pour la haute commande, les raids étaient plus attirants. De plus, avec les succès du corps canadien la commande voulait des raids plus élaborés avec un nouveau plan chaque fois. Les avances dans les techniques de raids ont atteint leur zénith lors d’un raid, connu comme celui avec le plus de succès, le 17 janvier 1917. (Cook, Shock Troops, p. 57)

5 km est de Lens dans une région  du chemin de fer de Lens-Bethune, la 4e brigade de la 2e Division étaient prêtes pour le raid. Avec 860 soldats attaquant un front de 780 mètres. Les hommes étaient choisis des 20e et 21e bataillons (du centre et l’est de l’Ontario) et ils avaient le soutien des unités d’ingénieurs et de mitrailleuses, tous ayant eu l’entrainement spécifique à cette mission.

Avec une telle mission, la planification était méticuleuse – 5 groupes qui prenaient l’assaut étaient créés autour des tireurs, les poseurs de bombes et les personnes qui coupaient les fils, suivi des tireurs Lewis qui passaient anéantir l’opposition ainsi que soutenir les soldats. Les planches couvertes de toile étaient portés par chaque groupe et étaient posés sur les fils barbelés. Les ingénieurs avaient des « bunker bombes » (souvent une grenade de phosphore rattacher à un litre de gazoline ainsi que 10 kg d’amonal) pour détruire les tranchées abris et les emplacements. (Cook, Shock Troops, p. 57-58) Le plus surprenant était l’heure prévue pour l’attaque, 7h45, dans la lumière du jour.

Une fois de l’autre côté du No Man’s Land, le raid était typique avec la technique casser-fracasser. Les soldats ont vidé les tranchés abris, prenant des prisonniers ceux qui ont capitulé. Les tireurs Lewis tiraient sur les ennemis qui essayaient de s’échapper. Les ingénieurs suivaient avec leurs bombes, les lançant dans les tranchées abris si l’ennemi refusait de sortir. « On arrivait à un tranchée-abri, on laissait tomber la bombe et courait comme l’enfer avant de regarder au-dessus de notre épaule pour voir la tranchée-abri sauter par la porte. » (Cook, Shock Troops, p. 58)

Après quarante-cinq minutes, les fusées vertes tirées des lignes canadiennes ont signalé la retraite et les hommes se sont retournés par là où ils sont venus, prenant avec eux tout le butin et les prisonniers qu’ils ont pu. « Un des ingénieurs a fait exploser les chaînes d’une grosse mitrailleuse allemande MG-08 et la tirée à travers No-Mans-Land sous les tirs d’ennemi. » (Cook, Shock Troops, p. 59)

Le raide fut un grand succès, en moins d’une heure les Canadiens ont « fait exploser plus de 40 tranchées abris et 3 entrepôts de munitions. Ils ont capturé deux fusils-mitrailleuses et deux mortiers de tranché et ont détruit plusieurs autres. En total ils ont pris 100 prisonniers. » (Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 234). Grâce au  prix des milliers d’obus et des 327 000 rondes de petites armes pour une opération d’une heure le raide fut ainsi appelé « la bagarre d’un million de dollars », prix totale selon les rumeurs à travers le corps canadien.  (Cook, Shock Troops, p. 59) Le prix en vies perdus n’était pas aussi drôle, 40 soldats sont morts et 135 blésées. Mais un précédent fut établi, la commande continuera à engager les Canadiens dans les raids plus grands et plus souvent.