Congé – i partie

L’espoir de se voir accorder un congé vers « Blighty » (Royaume-Uni) était souvent cause de discorde parmi les troupes de première ligne. Les soldats des tranchées ressentaient qu’ils étaient constamment perdants en comparaison aux officiers et aux troupes occupant des rôles de soutien: ceux qui ne se battaient pas, profitant plutôt des postes « à l’abri des bombes » semblaient toujours obtenir le congé. En plus de se faire dépasser par les officiers (qui en raison de leur rang obtenaient plus fréquemment des périodes de repos), le hasard de la pige ne semblait jamais aller en faveur des « anciens » ou « originaux ». Victor Wheeler, du 50e Bataillon (Calgary), a fourni le témoignage suivant au sujet de son ressentiment par rapport à la distribution des congés dans son unité:

« Les “originaux”, qui s’étaient enrôlés lorsque le Bataillon avait d’abord été organisé, avaient 434 comme trois premiers chiffres sur les numéros de série de leurs plaques d’identification. Nous étions jalousement fiers d’avoir les numéros les plus bas du Bataillon et avions du ressentiment envers le fait que des privilèges étaient accordés à des hommes qui s’étaient enrôlés bien plus tard, alors que des membres du contingent original étaient constamment dépassés… à maintes reprises, j’étais « dû » pour un congé à Blighty, mais chaque fois que c’était mon tour, la priorité était accordée à quelqu’un d’autre. J’avais écrit: « C’était encore mon tour pour un congé à Blighty, mais un gars quelconque du “435” est passé devant moi… » (Wheeler, The 50th Battalion In No Man’s Land, p. 132).

Des camarades en meilleure santé viennent saluer les membres blessés des troupes, en direction vers Blighty. Ceux qui étaient affligés d’une « blessure Blighty » faisaient généralement l’envie de ceux qui restaient derrière dans les tranchées.
Crédit: Ministère de la Défense nationale du Canada/Bibliothèque et Archives Canada/PA-000975.

 

Bruce Bairnsfather

Dans notre histoire du 26 mai 2017, Capitaine Canadien George B. McKean, CV, a fait rMcKean, CV, a fait référence à un bande dessiner de Bruce Bairnsfather, « Si vous connaissez un meilleur trou… », pendant qu’il décrivait une de ses expériences dans le No-Mans-Land.  www.fondationvimy.ca/raids-1e-partie/

Bruce Brainsfather était deuxième lieutenant dans le Régiment Royal Warwickshire, quand il fut hospitalisé pour le stress post-traumatique et les blessures à l’ouïe après la deuxième bataille d’Ypres en 1915. Lors de son rétablissement il créa « Old Bill ».

Grinchu et bourru, « Old Bill » était drôle et était la star de sa propre bande dessiner. Ses aventures et mésaventures démontraient la vie hebdomadaire des soldats au front. La série « Old Bill » est devenu très populaire avec les soldats et ceux qui étaient dans la patrie car elle donnait de l’humour aux difficultés de la guerre. Reconnu pour l’effet sur la morale des soldats, Le 2e Lieutenant Bairnsfather était engagé par le Bureau de la Guerre pour publier sa bande dessiner pour le duré de la guerre. Ses dessins étaient reproduits ainsi qu’imprimer sur de nombreux articles de tous les jours.

Ici, un des dessins le plus reconnu de Bairnsfather, imprimé sur une assiette. Dans le dessin « Old Bill » et un autre soldat sont accroupit dans un trou d’obus, tandis que les obus et tirs les entourent. Le soldat fait une remarque à « Old Bill » sur l’état de son trou, au quel « Old Bill » répond avec toute sa sagesse « bon, si vous en connaissez un meilleur trou, va s’y. »

Assiette avec le personnage « Old Bill » de Bruce Bairnsfather.
Grâce au Centre Canadien pour la Grande Guerre, 2017.

la Fête du Dominion 1917

1 juillet 1917

En 1917, le 1 juillet a marqué le 50e anniversaire de la fête du Dominion. Le quartier général du Corps canadien a commandé que chaque fusil Canada devait tirer à midi, donnant un total de trois salves dans des intervalles de deux minutes.

« Chaque fusil » comprenait les fusils de l’artillerie lourde, l’artillerie de campagne, les sièges, les champs, les Howitzers et les batteries antiaériennes. De plus, des milliers de fusils mitrailleuses, de mortiers, d’obus et de grenades ainsi que deux millions rondes de balles .303 de plusieurs mille fusils Ross et Lee-Enfield. Ce fut le bruit le plus incroyable qui ne fut jamais produit par les instruments des tranchées des Alliés !

Si la musique d’Orphée pouvait déplacer les arbres et les rochers, la musique sublime des fusils canadiens joués plusieurs strophes à plusieurs intervalles de deux minutes auraient aplati les arbres et écrabouillé les rochers qui auraient protégé l’ennemie au Front du Corps canadien. Sans doute que la synchronisation de nos tires a terrifié et a convaincu  l’Armée allemande que le Canada est devenu une Nation ce jour de la fête du Dominion! Bienvenue aux Allemands!’ (Wheeler, The 50th Battalion In No Man’s Land, p. 129).

Canadians qui fêtent la Journée de la Dominion dans un village, 1 juillet 1917.
Crédit: Dépt Natioanle de la défence Canada. / Bibliothèque et Archives Canada/PA-001414. (modifié de l’originale )

Journée de Mémoire

1 juillet 1917 – 2017

Journée de Mémoire – Terre-Neuve & Labrador

Aujourd’hui nous célébrons la fête nationale du Canada et les 150 depuis la confédération. Au milieu de ces célébrations, il est important de marquer pour certains ce jour marque aussi un anniversaire plus triste. En Terre-Neuve, le 1 juillet marque l’anniversaire de grandes pertes du Régiment royale de Terre Neuve à Beaumont-Hamel. Le 1 juillet 1916, les braves jeunes hommes se sont lancés dans la première journée de la bataille de la Somme. En une demi-heure, tout le régiment fut détruit, 324 sont morts et 386 blésés. Des 801 hommes, seulement 68 pouvaient répondre à l’appel le lendemain matin.

En réponse de ces grandes pertes, les personnes de Terre-Neuve et Labrador ont établi leur propre journée de deuil, bien avant la journée de souvenir du 11 novembre, marquant le 1 juillet 1917 leur première journée de mémoire. Résultat, le 1 juillet 2017 est non seulement la fête des 150 ans du Canada, mais aussi les 100 ans de la première journée de mémoire au Terre-Neuve. Après les commémorations le matin, la fête nationale du Canada commencera.

Panneau de la Tranchée dans le secteur du régiment Royal Newfoundland lors de leur attaque à Beaumont-Hamel.
© IWM London (FEQ 68)

Bains Publics iii partie

Les Bains publics au front de l’ouest, 3e partie

Non loin de Lens, Sgt. Frank Iriam raconte une autre expérience plein de vie aux bains publics, mais cette fois pendant l’hiver.

« J’ai eu chaud un jour avec un maillot de corps qu’on m’a donné. Juste avant qu’on retourne dans la ligne, on était dirigés directement des bains aux tranchées. On m’a donné un maillot de corps en laine épaisse qui était très serré et couper dans mes les aisselles. J’ai marché environ deux kms avec tous mon équipement et j’ai commencé à transpirer. Parlant de la vie, la chemise en avait une vie d’elle-même. Je pensais que m’a peau brulait. Le maillot était vivant et bougeait. Je suis déshabillé là dans la tranchée de la communication pour me débarrasser de ce maillot en vitesse. Je l’ai jeté aussi loin que possible dans la neige et je suis resté sans maillot jusqu’au prochain bain. »

(Iriam,  In The Trenches – 1914-1918, p. 187).

La Tranchée d’avion – ii partie

Centennaire de la capture de la tranchée d’Avion – 2e partie

Suite aux succès du matin du 28 juin 1917, la deuxième partie de l’attaque de la rivière Souchez commença à 19h10 la même journée. L’attaque commença pendant une grande tempête de tonnerre. Les Allemands, surpris fut vite battus et les objectifs des alliés fut consolidés. Au nord de la rivière Souchez, la 46e division garda la Hill 65. Du côté sud, la 4e division a pris Eleu ainsi qu’une grande partie d’Avion tandis que la 3e division canadienne a établi un flanc renforcé le long de la route Avion-Arleux. Les inondations de la Souchez ont empêché les opportunités de profiter de leur avance et après le choc initial des Allemands, ils ont réussi des fortes contre-attaques. Le soir du 29 juin, les alliés ont avancé de presque 2 km, avec les troupes britanniques à l’ouest d’Oppy.

La destruction totale le long de la Souchez-
août 1917, Canada. Dept. of National Defence/Library and Archives Canada/PA-001728.
Carte de la région Souchez-Avion, où les Canadians et les britanniques ont avancé le long de la rivière Souchez River, 28-29 juin 1917.
Credit: Nicholson, Canadian Expeditionary Force, 1914-1919, p. 280.

100 ans tranchée d’Avion

À la fin de juin 1917, la 46e division britannique continuait son attaque et les forces allemands qui tenaient la rivièreSouchez commençaient la retraite. Cela faisait plus d’un mois que les Canadiens s’engageaient dans des raides de tranchées ayant un grand impact sur les ennemis. Les Canadiens estimaient que la ligne allemande devenait de plus en plus  faible, donc les 3e et 4e divisions ont attaqué pour garder le contact avec l’ennemi. Le 28 juin à 2h30 les Britanniques ont attaqué le nord de la Souchez tandis que le corps Canadien a attaqué au sud. Les 3e et 4e divisions ont pris la tranchée Avion avant l’aube. Le 85 e bataillon s’est rendu jusqu’à Eleu dit Leavette, un hameau au croisement des routes Arras et Givenchy. Faisant une pause, les Canadiens se préparaient pour le deuxième assaut le soir même.

Carte

Bains publics – ii partie

Les Bains au Front de l’Ouest, 2e partie

Distribution de sous-vêtements propres après un bain. Ypres, 1st Anzac Corps. Les bains publics étaient rarement aussi propre que dans la photo.
© IWM (E(AUS) 1132)

Cette semaine nous continuons les aventures comiques sur la bataille contre les poux au Front de l’Ouest. La suite est l’histoire du tireur élite Sgt. Frank S. Iriam du 8e Bataillon (Tireurs de Winnipeg) et ses vêtements pleins de vie.

« Les bains étaient une vraie institution. Ils comprenaient souvent une veille chaudière qui a été réparée et adaptée pour supporter la pression de la vapeur… affixé était de petits tuyaux avec une boite pleine de trous fait par des clous qui servaient comme pomme de douche. On se déshabillait dans une pièce, jetait nos sous-vêtements par une fenêtre à un attendant. Nu, on passait à la queue le le dans le « jet » des boites (pommes de douches). Peu de temps après un cri venait du Sargent responsable des opérations et il fallait sortir. Quelqu’un te jetait un nouveau sous-vêtement de la fenêtre. Tu prenais ce que tu recevais. Si tu étais grand et costaud tu étais presque certain de recevoir un costume pour les petits et vis-versa. Parfois on pouvait échanger avec un autre soldat. Ces vêtements étaient censés être libre de poux, mais ce n’était qu’un rêve. Mes premiers poux en France venaient d’un uniforme que j’ai reçu d’une pile de vêtements de l’usine. Or, les vêtements étaient triés sur le sol des bains  publics  et étaient placés près des vêtements couverts de poux. Ce n’était qu’au moment où on commençait à transpirer et que ça réchauffait qu’on remarquait quelque chose. Après ça devenait à la fois très vivant et très intéressant. (Iriam, In The Trenches – 1914-1918, p. 178).

100e anniversaire de la CWGC – iii partie

© IWM (Q 57417)

Après la visite de Lt. Col Edward Stewart en octobre 1914, l’unité mobile de Sir Fabian Ware a obtenu le soutien et la reconnaissance officielle en février 1915 et il est devenu responsable de la découverte, le marquage et l’enregistrement des tombes en France (Summers, Remembered: The History of the Commonwealth War Graves Commission, p. 14). Tant que la guerre d’usure augmentait, la pression publique a renforcé le besoin pour un enregistrement comme celle que proposait Ware. Le public écrivait des lettres aux journaux et au gouvernement demandant de l’information sur les tombes de leurs biens aimés, ils exprimaient l’angoisse du fait qu’aucunes informations ne leur parvenaient. « Dans une lettre du 9 janvier 1915 une femme qui avait essayé de situer la tombe de son frère était perturbé d’apprendre que toute trace de la croix et de marque qui identifiait la tombe avait disparu. » (Summers, Remembered: The History of the Commonwealth War Graves Commission, p. 14).

Renommé la Graves Registration Commission, ils ont travaillé vite et avec détermination. Dans presque un an, l’équipe de Sir Fabian War faisait face à un retard de plusieurs mille tombes qui n’étaient pas enregistrés. Pour enregistrer il fallait trouver et marquer le site et quand nécessaire monter une croix en bois avec inscription. (Summers, Remembered: The History of the Commonwealth War Graves Commission, p. 14).  Une fois enregistré, les détails de la tombe étaient inscrits dans les records par le bureau responsable de ce secteur de la bataille, qui par la suite créait un rapport sur toutes les tombes dans son secteur. (Summers, Remembered: The History of the Commonwealth War Graves Commission, p. 14).

Un membre de la Graves Registration Commission a remarqué que le travail nécessaire demandait «  beaucoup de patience et un peu d’habilité pour un détective amateur de trouver la tombe d’un pauvre soldat tué dans un champ de navet perdu et enterré en vitesse. Mais quel sentiment d’accomplissement je ressentais quand quelques jours plus tard je revenais avec les croix en bois avec leurs inscriptions et je les enterrais à la tête de la tombe. J’étais fière de savoir que j’avais donné un peu d’honneur à cet homme courageux qui est mort pour son pays. » (H. Broadley, quoted in Longworth’s unpublished manuscript for The Unending Vigil, sourced from Summers, Remembered: The History of the Commonwealth War Graves Commission, p. 15).

Entre mai et octobre en 1915, Ware et ses hommes ont enregistré 31 182 tombes.

Billy Bishop

Capt. Billy Bishop, VC, le 6 août, 1917, Canadian Colour.

Il y a cent ans, le 2 juin 2017 que pilot canadien William Avery « Billy » Bishop fut décoré de la Croix de Victoire. Billy a su gagner la confiance de ses commandants supérieurs et donc pouvait voler sans trop de suivi ou règles, il partait tout seul et patrouillait sans soutien d’ailier et sans témoin. Le 2 juin Billy est parti seul pour patrouiller au-dessus des lignes allemandes. La citation pour sa Croix de Victoire dit :

« Pour son bravoure remarquable, sa détermination et ses compétences. »

Le Capitaine Bishop qui est parti seul est d’abord allé à un aérodrome ennemi. Il trouva aucun machine ennemi et est donc parti pour un autre aérodrome à 4.5 km sud-est et qui était à au moins 20 km de l’autre côté de la ligne. Sept machines, quelques-uns avec le moteur en marche étaient sur le sol. Le Capitaine Bishop les attaqua d’une distance de 15 mètres et un mécanicien, qui démarrait un des moteurs, tomba. Un des aéronefs décolla, mais à une altitude de 18 mètres le Capitaine Bishop tira quinze cartouches et l’aéronef  écrasa. Un deuxième aéronef décolla et le Capitaine Bishop tira une trentaine de cartouches depuis une distance de 137 mètres et celui-ci écrasa dans un arbre.

Ensuite, deux autres aéronefs décollèrent de l’aérodrome. Il engagea un aéronef à une altitude de 300 mètres vidant ce qui lui restait en munitions. L’aéronef ennemi écrasa 275 mètres de l’aérodrome, le Capitaine Bishop vida son baril en entier dans le quatrième avion et retourna à sa station.

Quatre éclaireurs, 300 mètres plus hauts la suivait pendant un kilomètre et demi, mais ils n’ont pas attaqué. Son avion par était couvert de tirs par des mitrailleuses sur le sol. »

(London Gazette, no.30228, 11 August 1917)

Dans les années qui suivaient sa mort en 1956, les records de guerre de Billy Bishop furent examinés de près suite à la divergence dans ses actions et les fichés officiels. Les historiens ont trouvé que les records de guerre allemande ainsi que les rapports de morts ne correspondaient pas avec les victoires dont Bishop réclamait. Un grand nombre de ses victoires sont inscrit dans les records de guerre britanniques sans témoignage. Cependant, les personnes qui soutiennent Bishop disputent que les records de guerre allemande sont incomplets car les allemands essayaient de cacher ce qu’ils considéraient un désastre pour la propagande allemande. De plus, à l’époque les Allemands devenaient de plus en plus attentif à ce qu’ils décidaient de publier, préfèrent de ne pas annoncer des mauvaises nouvelles. Ce qui est certain, c’est que la carrière militaire de Billy Bishop fut un de grand bravoure, comme démontrer par ses actions confirmées, mais aussi troublé par les demi-vérités et histoires de rencontres fabriqués.

Pour plus d’informations et pour lire plus sur les arguments pour ou contre le legs de Billy Bishop, nous vous suggérons de lire les articles suivants (ici, disponible en anglais).

The Incomparable Billy Bishop: The Man And The Myths by Lieutenant-Colonel David Bashow   http://www.journal.forces.gc.ca/vo3/no3/doc/55-60-eng.pdf
Billy Bishop – Brave Flyer, Bold Liary by Brereton Greenhous
http://www.journal.forces.gc.ca/vo3/no3/doc/61-64-eng.pdf