La Bataille De La Crête-de-Vimy

Le message de la Crête-de-Vimy est celui de la bravoure et du sacrifice. La bataille, qui s’est déroulée le 9 avril 1917, est généralement considérée comme un événement déterminant dans l’histoire canadienne, alors que les quatre divisions canadiennes s’avancèrent ensemble en une seule unité militaire pour la première fois. Malgré le fait que 3598 soldats canadiens ont péri durant la bataille, cette victoire décisive contre les Forces allemandes est souvent citée comme le tournant qui a marqué le début de l’évolution du Canada de dominion à nation autonome. La Fondation Vimy travaille à passer le mot à la jeunesse canadienne – par des initiatives comme le Prix Vimy et l’Épinglette Vimy – pour que tous les Canadiens saisissent pleinement l’importance de Vimy pour l’identité de la nation.

En reconnaissance des sacrifices consentis par le Canada, qui a perdu 60000 hommes durant la Première Guerre mondiale, la France lui a fait le don de 107 hectares à Vimy pour y construire et entretenir un monument. Ce site emblématique est aujourd’hui considéré comme l’un des monuments les plus émouvants de la Grande Guerre, et sans aucun doute le plus important monument de guerre du Canada.

La Victoire À Vimy

Le Corps canadien a attaqué la Crête-de-Vimy il y a 94 ans. Jusque-là, la position allemande avait résisté avec succès aux attaques alliées et elle était solidement défendue. Mais les Canadiens ont pris la crête, établissant du même coup une réputation redoutable pour le Corps.

En 1917, les Canadiens étaient au front depuis deux ans. Les jeunes recrues qui avaient résisté aux Allemands à Ypres en avril 1915 étaient maintenant des soldats aguerris. Mais la clé du succès à Vimy fut la décision prise par Byng d’envoyer le Général Arthur Currie de la Première Division canadienne étudier les méthodes des Français. Currie apprit que les Français mettaient l’accent sur la reconnaissance et qu’ils utilisaient beaucoup les photos aériennes qu’ils distribuaient largement. Pendant les attaques, leurs objectifs étaient des points géographiques, et ils s’entraînaient à perfectionner leurs techniques. Currie recommanda alors que les Canadiens suivent cet exemple, et à la bataille de la Crête-de-Vimy les idées mises de l’avant par Currie ont eu un rôle décisif.

Chacun des hommes à Vimy connaissait bien la tâche qu’il devait accomplir. Commettant une indiscrétion, le soldat Ronald MacKinnon du régiment Princess Patricia’s Canadian Light Infantry avait écrit à son père :

« Nous partons avec une bonne bande de gars et un solide appui d’artillerie, nous allons sûrement atteindre notre objectif. Je sais que nous nous battrons contre des gardes prussiens. »

Quand les troupes prirent d’assaut la montée, à 5 h 30 le lundi de Pâques, ils avancèrent sous la pluie et la neige, et pénétrèrent les lignes ennemies avec le vent. L’attaque fut lancée avec « le plus extraordinaire barrage d’artillerie de l’histoire », écrivit un officier. Derrière le barrage, les hommes s’avancèrent sur le sol accidenté, fonçant à découvert dans toutes les directions, a écrit l’aumônier F.G. Scott. Les prisonniers allemands étaient ramenés en grand nombre. Stupéfiés par la victoire canadienne, les Allemands se retirèrent. Le Corps canadien avait subi 10 602 pertes, mais il avait gagné 4 500 verges.

Byng reçut une promotion et on lui confia le commandement de la IIIe Armée britannique. Currie le remplaça, à 41 ans, et fut le premier Canadien à commander l’armée du Canada en campagne.

J.L. Granatstein OC, FRSC
L’historien J.L. Granatstein est l’ancien directeur du Musée canadien de la guerre
et président du comité consultatif de La Fondation Vimy

L’Importance De La Crête-de-Vimy

« LES NATIONS SE FORMENT EN FAISANT DE GRANDES CHOSES ENSEMBLE » – RENAN

La célébration par le Canada de sa victoire à la Crête-de-Vimy, le 9 avril 1917, doit beaucoup à l’historien et philosophe français Ernest Renan. Comme il disait à ses étudiants, « les nations se forment en faisant de grandes choses ensemble ».

À Vimy ce matin-là, à la levée du jour, près de cent mille Canadiens s’élancèrent des tranchées, des abris souterrains et des tunnels, ils déferlèrent de partout et s’emparèrent d’une position de l’ennemie allemande jusque-là considérée comme imprenable. Le 9 avril sur le coup de midi, une seule des divisions canadiennes n’avait pas réussi à atteindre tous ses objectifs. Mais le 12 avril, un télégramme reçu d’un commandant de brigade annonçait aux commandants canadiens sur un ton cavalier « Je suis le roi du Bourgeon » : le travail était terminé.

Les Canadiens doivent se rappeler que la Crête-de-Vimy n’a pas été leur triomphe exclusif. En effet, l’artillerie britannique et la 51e (Highland) Division élite ont contribué à la victoire. Par ailleurs, une visite au cimetière militaire français de Notre-Dame-de-Lorette nous rappelle que dix fois plus de soldats français sont morts pour amener la ligne des forces alliées jusqu’à la Crête, en plus de procurer aux visiteurs une vue imprenable par temps clair sur l’objectif des Canadiens.

Ce fut une victoire coûteuse. Le 9 avril, la journée la plus meurtrière de toute la guerre pour le Canada, 10 000 Canadiens ont trouvé la mort ou ont été blessés. Un conseiller militaire britannique, le major général Willoughby Gwatkin, avait averti le gouvernement de Sir Robert Borden que le recrutement volontaire ne pourrait fournir au front que deux divisions. Les pertes subies à Vimy allaient obliger le Canada à adopter la politique très controversée de la conscription pour forcer les jeunes hommes à servir, une politique qui a divisé les Canadiens plus que jamais auparavant. Sir Robert Borden avait-il vraiment le choix ? Avec toutes les félicitations enthousiastes de ses collègues, les autres premiers ministres, était-il pensable pour lui d’annoncer que l’armée de combat canadienne serait réduite de moitié ? La fragile unité du pays s’ajoute aux pertes subies à la Crête-de-Vimy.

Vimy est suivie par d’autres victoires canadiennes, dont certaines sont des faits d’armes encore plus admirables. Sir Arthur Currie, commandant du Corps canadien après Sir Julian Byng, le vainqueur de Vimy, a obtenu le commandement en se vantant d’avoir remporté une victoire encore plus éclatante à Lens en persuadant son commandant en chef britannique de laisser les Canadiens s’attaquer à la côte 60, ce qui force les Allemands à une contre-attaque qui leur coûte énormément de soldats. Les arguments de Currie en faveur de tactiques plus ingénieuses ont eu plus de poids en raison de la victoire canadienne à Vimy. L’expérience de Vimy a aussi servi de modèle pour d’autres succès à venir. Les Canadiens s’étaient entraînés sans relâche avant la bataille. Ils avaient creusé des tranchées et des tunnels, et empilé des tonnes de munitions pour les énormes canons qui ont servi à pulvériser les tranchées allemandes et qui ont fait disparaître la presque totalité de l’artillerie allemande cachée derrière la Crête-de-Vimy. Le mot d’ordre qui a mené les Canadiens à la victoire était « Rigueur ». Rien de ce qui pouvait contribuer à la victoire des soldats ne serait mis de côté. Creuser les tranchées et les tunnels, et traîner les obus d’artillerie dans les tranchées humides et boueuses était un travail inhumain. Les soldats râlaient et se plaignaient, mais ils se devaient de gagner la guerre avant de pouvoir rentrer chez eux. La fatigue n’était qu’une petite partie du prix à payer.

La victoire de Vimy a permis à développer une façon typiquement canadienne de faire la guerre. D’autres nations se démarquent par la vaillance héroïque ou ne reculent devant aucun sacrifice; les Canadiens, pour leur part, misent sur la certitude que le succès ne peut venir que d’une préparation approfondie. À la côte 60, à Amiens, pour le passage du Canal du Nord, et même lors de la prise de Passchendaele en octobre 1917, les Canadiens avaient de quoi à être fiers de leur Corps canadien « toujours gagnant ». Personne n’a souligné que le général, Arthur Currie, était un commandant charismatique. Peu de soldats ont réalisé, en effet, qu’il tenait ses meilleures idées des hommes servant dans les rangs du Corps canadien.

En août 1918, Borden ainsi que d’autres premiers ministres de l’Empire britannique s’entendaient pour dire que la guerre durerait encore deux ou trois années. Elle a pris fin le 11 novembre. À Valenciennes, le 1er novembre, les Canadiens ont réussi à faire tomber la dernière ligne de défense allemande grâce aux techniques utilisées à Vimy. Dix jours plus tard, on signait l’armistice.

Les Canadiens avaient réalisé quelque chose de grand; avec les Français et les Anglais, avec les Premières nations et les nouveaux immigrants, c’est ensemble qu’ils y sont arrivés. Comme Renan l’avait prédit, les Canadiens ont façonné une nation. Dans un geste de reconnaissance, la France leur a donné un emplacement, sur la Crête-de-Vimy, pour commémorer leur victoire et leur sacrifice. Souvenons nous de l’exploit et du prix de la victoire.

Desmond Morton OC, CD, FRSC
Titulaire de la chaire d’histoire Hiram Mills et professeur émérite, Université McGill
Desmond Morton est membre du conseil consultatif de la Fondation Vimy

Les Régiments À Vimy

La Bataille De La Crête-de-Vimy – Distinction Au Combat

Unité De La Réserve Primaire

Emplacement

1st Hussars London, ON
24th Battalion Victoria Rifles of Canada Montréal, QC
48 Highlanders of Canada Toronto, ON
The Argyll and Sutherland Highlanders of Canada Hamilton, ON
The Black Watch of Canada Montreal, QC
The British Columbia Dragoons Kelowna, BC
The British Columbia Regiment Vancouver, BC
The Calgary Highlanders Calgary, AB
The Cameron Highlanders of Ottawa Ottawa, ON
The Canadian Grenadier Guards Montreal, QC
The Canadian Scottish Regiment Victoria, BC
The Cape Breton Highlanders Sydney, NS
The Essex and Kent Scottish Windsor, ON
The Governor General’s Foot Guards Ottawa, ON
The Governor General’s Horse Guards Toronto, ON
The King’s Own Calgary Regimenth Calgary, AB
The Lake Superior Scottish Regiment Thunder Bay, ON
The Loyal Edmonton Regiment Edmonton, AB
The North Saskatchewan Regiment Saskatoon, SK
The Nova Scotia Highlanders Truro, NS
The Ontario Regiment Oshawa, ON
The Princess Patricia’s Canadian Light Infantry Edmonton, AB
The Princess of Wales’ Own Regiment Kingston, ON
The Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada Winnipeg, MB
The Queen’s Own Rifles of Canada Toronto, ON
The Queen’s York Rangers Toronto, ON
4e Bataillon, Royal 22e Regiment Laval, QC
6e Bataillon, Royal 22e Regiment Saint-Hyacinthe, QC
The Royal Canadian Hussars Montreal, QC
4th Battalion, The Royal Canadian Regiment London, ON
The Royal Hamilton Light Infantry Hamilton, ON
The Royal Montreal Regiment Westmount, QC
The Royal New Brunswick Regiment Fredericton, NB
The Royal Regiment of Canada Toronto, ON
The Royal Regina Rifles Regina, SK
The Royal Westminster Regiment New Westminster, BC
The Royal Winnipeg Rifles Winnipeg, MB
The Saskatchewan Dragoons Moose Jaw, SK
The Seaforth Highlanders of Canada Vancouver, BC
The Sherbrooke Hussars Sherbrooke, QC
The South Alberta Light Horse Medicine Hat, AB
The Toronto Scottish Regiment Toronto, ON